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Aimer en Quatre Etapes

Summary:

Une rétrospective en quatre courts chapitres sur l'évolution de la relation entre Nathan et Lucien, de leurs débuts houleux à leur conclusion chaleureuse.

Notes:

De retour avec une nouvelle fanfiction sur Illusions Perdues. Cette fois-ci je pense avoir loupé le coche vu que le film est sorti maintenant depuis pas mal de temps, mais bon, je voulais vraiment explorer si ce n'est que succinctement, la relation éclectique de ces deux-là. J'espère que vous apprécierez, fans de fandom de niche !

Chapter 1: CHAPITRE I : RÉPUGNER

Chapter Text

– Il lui faut un ennemi célèbre, clama Dauriat. Nathan !

L'intéressé se retourna à son nom. Il jeta un œil sur le libraire, qui lui indiqua d'un mouvement de la tête un jeune homme se tenant debout à côté de Lousteau. Le garçon était châtain, il avait une mâchoire marquée mais de grands yeux bleus qui trahissaient son ingénuité. Nathan ne le reconnaissait pas.

– Et qui ai-je l'honneur d'avoir comme 'ennemi' ?
– C'est un angoumoisin, dit Dauriat d'un ton dédaigneux.
– Je suis Lucien de Rubempré, Monsieur.
– C'est un poète, ajouta le libraire en faisant glisser sur la table un livret dans la direction de Nathan.

Nathan rapprocha la brochure et lut  : Les Marguerites. Il lâcha un sourire en coin devant le titre candide. Il jeta un autre regard au dénommé Rubempré. N'était-ce pas là un énième bohème de province, bercé d'illusions et d'histoires naïves, qui s'imaginait conquérir Paris avec ses rêves enfantins et ses vers simplets ?
Lucien dû sentir la complaisance de Nathan, puisque ses mots par la suite se firent plus âpres. Lousteau le poussant à la mauvaise langue, le jeune lâcha des remarques cinglantes sur le roman de Nathan, qui justement entamait son impression chez Dauriat. Il le traita de convenu et d'insipide, et Nathan prit toutes les insultes pour son compte. Lucien termina en ces mots sa critique :

– Je dirait pour finir, que votre livre est tout simplement éclatant d'ennui !

Lousteau rit de bon cœur à ces paroles, les observateurs qui s'étaient regroupés autour de la table ricanèrent de même et Nathan en resta mortifié. Il ne répondit pas, mais n'en pensa pas moins. « Pour qui se prend-il, ce petit provincial qui n'a pas une publication à son actif ? Il est bien acerbe, pour un insouciant qui fait des rimes sur des marguerites ! »
Nathan, digne devant la critique, ne put faire que ce qu'un homme avec d'aussi bonnes manières que les siennes pouvait faire. C'est à dire, qu'il lança un regard lourd de condescendance à l'attention de l'insolent, et qu'il jeta irrespectueusement le recueil de poésie devant ce dernier. Nathan sorti de la salle comme si rien de tout ce qui s'était passé ne l'inquiétait et sentit même un sourire se former sur ses lèvres en imaginant la tête que devait faire l'autre brun.

 

Nathan gardait la tête haute, mais les mots de Rubempré avaient fait du mal. Malgré la petite renommé qu'avait acquis le livre, malgré les colonnes favorables qu'avait obtenu Apeth dans le journal 'les Débats' et dans d'autres magasines, la critique du jeune arriviste avait fait le tour de la sphère journalistique. Maintenant, même les collègues du journal où travaillait Nathan étaient au courant de 'l'éclatant ennui' et il pouvait en voir sourire certains quand ils le croisaient dans les couloirs du bâtiment.
Nathan ne supportait pas cet affront. S'il fallait un ennemi à ce Lucien de Rubempré, alors il n'allait pas se faire prier pour occuper la place ! Chaque ricanement, chaque regard amusé dans sa direction lui rappelait l'humiliation cuisante que l'effronté lui avait fait subir devant son imprimeur, devant ses connaissances et ses amis. Oh, s'il voulait d'un ennemi, il s'en était trouvé un !
Jamais Nathan n'oublierait cet offense à son orgueil.