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Nouvelles traditions

Summary:

Neteyam fait découvrir à Ao’nung une tradition bien particulière

Notes:

Cette histoire fait partie du challenge « Nuit de l’écriture » du Discord "Le Petit Salon d'Ecriture", dont les thèmes étaient :

- Fruits secs
- Découvrir une tradition d’une autre culture
- Preuve de loyauté

Vous pouvez retrouver le lien du Discord ici : https://discord.gg/7ZQUXTdE

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Cette histoire a aussi été écrite dans le cadre de l’Echange Sancho de l’Amour

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Le vent dans les feuilles, les bruissements des animaux sur l’herbe, l’odeur des plantes familières, l’écorce d’un arbre contre sa paume… Neteyam repense souvent à ces adages qu’il a entendus dans sa jeunesse. Il n’y a aucun endroit aussi important que la maison. Et oh, son père lui a bien dit que le clan Metkayina serait sa nouvelle maison… Mais revenir quelques instants aux lieux qui l’ont vu grandir et faire de lui l’homme qu’il est aujourd’hui, c’est toujours un grand moment d’émotion. Il voit bien comment l’air marin et l’air forestier sont différents. Les odeurs ne sont pas les mêmes, la faune n’est pas la même, la flore n’est pas la même. Rien que l’eau n’est pas tout à fait pareille dans ses cheveux, entre celles des ruisseaux de chez lui et l’eau de mer de chez ses amis. Pas qu’il soit le plus soigné quand il s’agit de ses cheveux, mais il remarque bien que leur texture ont changé à force de passer tant de temps dans l’eau de mer.

Et il se demande si le voyage va changer les choses chez ses amis Metkayina.

C’est incroyable comment la distinction entre les deux peuples Na’vis est visible quand ils marchent tous ensemble dans la forêt. La fratrie Sully est tellement à l’aise, tellement dans son élément. Lo’ak marche si facilement dans ces sentiers qu’on dirait qu’il marche à l’aveugle comparé à leurs amis, plus prudents. Il se permet même de rire quand l’un d’entre eux se prend une branche, petite vengeance sur cette fois où ils se sont moqués de lui quand il a trébuché sur un coquillage un peu trop gros. Même Spider s’y met et le groupe Metkayina redouble de vigilance pour ne pas être ridiculisé à nouveau. Tsireya suit des cours de biologie locale de son côté. Tuk est ravie de lui expliquer les propriétés de telle plante ou de telle fleur, partageant ses connaissances fièrement, bombant le torse dès qu’elle fait découvrir à quelqu’un quelque chose qu’il ne connaît pas. Pour Kiri c’est comme une redécouverte : elle observe tout l’environnement dans lequel elle a grandi avec une plus grande attention et une plus grande sensibilité. Cet endroit ne lui a pas tout révélé, elle le sent.

« Alors c’est là qu’t’as grandi ? Demande Ao’nung à Neteyam, qui ouvrent la marche.
- Stylé hein.
- Ça manque d’eau.
- Ah ouais ? Viens. »

Il le prend par le poignet et signale à ses frères et sœurs qu’il l’emmène « là où vous savez ». C’est affreusement vague pour les Metkayinas qui ont l’impression d’entendre parler d’un secret de famille sans être assez proche de cette famille pour en savoir assez. Lo’ak lui recommande de faire attention aux plantes mangeuses de mâles et il faut un moment aux Metkayinas pour qu’ils comprennent qu’il s’agissait d’une blague. Quelque chose leur dit que ça va durer longtemps et qu’Ao’nung aussi risque de se faire avoir…

« J’savais pas qu’on était en rencard. »

Le taquine le Metkayina avec un rictus. Il a été pris par le poignet et traîné on ne sait où, seul avec l’aîné des Sullys… Ouais, y a de quoi faire ce genre de comparaisons moqueuses. Encore plus quand Neteyam ne répond pas. Il ne réplique pas d’un air cinglant comme il sait si bien faire, il ne boude pas non plus…

« Attends, c’est vraiment un…
- Chut. Écoute ce silence. »

Ouah, drôle de manière de lui dire de la fermer ! Et en même temps… Il est pas si désagréable ce « silence ». Surtout parce qu’à quelques pas d’eux se trouve une cascade isolée, débouchant sur un petit étang. Bon, ça ne vaut pas les cascades de chez lui, se dit Ao’nung, mais il comprend totalement pourquoi son interlocuteur a voulu l’emmener ici.

« J’ai appris à pêcher ici.
- C’est pour ça que tu pêches aussi mal ?
- Hé, j’te permets pas ! J’suis sûr que tu pêcherais pas mieux dans une eau que tu connais pas.
- Tu veux parier ?
- T’sais quoi, j’ai envie de parier sur autre chose.
- Espèce de lâche.
- J’ai mieux en stock oui ! »

Mieux en stock qu’une partie de pêche ? Ça, il demande à voir. Neteyam sort d’un petit pochon des espèces de minuscules fruits secs. C’est la première fois que son interlocuteur les voit et il ne peut s’empêcher d’être curieux quant à leur odeur sucrée.

« Je les ai piqués à ma grand-mère avant de venir. Elle s’en sert pour assaisonner les plats.
- Qu’est-ce que tu me réserves Neteyam ?
- On a une tradition chez nous quand on devient adulte. C’est de manger le plus de ces fruits en une minute.
- C’est tout ?
- Nan. Faut en manger le plus sans les recracher avant la fin de la minute. Sauf qu’ils sont super épicés et si tu fais pas gaffe, tu peux t’empoisonner.
- Ah ouais.
- Mais moi j’l’ai déjà fait. J’suis sûr que toi tu pourrais y arriver les yeux fermés ! »

Évidemment qu’il va arriver ! Avant même que Neteyam n’ait le temps de dire quoi que ce soit, voilà qu’Ao’nung prend la poignée de fruits secs et la met dans sa bouche. Une seconde, c’est pas ça la tradition !

« T’as peur de rien toi !
- Évidemment. J’te fais confiance. Si je meurs tu me ramèneras à la maison en héros et tu diras que je me suis battu contre ceux qui viennent du ciel de toutes mes forces.
- Je préférerais que t’évites de mourir, j’ai pas envie d’affronter ta mère. »

Ao’nung n’a pas le temps de s’offusquer sur l’insulte : il sent une sorte d’arrière-goût particulièrement épicé sur sa langue. Ouah, c’était pas censé être sucré ?! L’odeur l’a totalement mis sur une fausse piste…

« Alors ? Envie de recracher ?
- Jamais. »

Bon, il a clairement plusieurs gouttes de sueur qui s’accumulent sur son front et il est clairement sur le point de se précipiter sur la première source d’eau à côté de lui, mais il tient le coup.

« Tu veux que je te dise un truc ?
- O-Ouais ?
- Ce que je t’ai dit, sur la tradition familiale là… C’est faux. »

S’il n’avait pas la bouche en feu il l’aurait insulté de tous les noms.

« J’avais juste envie de voir à quel point tu me faisais confiance. Et… Faut croire que tu me fais vraiment confiance. Merci. Tu sais pas à quel point ça me touche, vraiment. Ça fait un moment que je veux… »

Avant même qu’il n’ait le temps de finir sa phrase et de dire ce qu’il a sur le coeur, il sent d’un coup les lèvres d’Ao’nung saisir ses lèvres avec ferveur. Wow. C’était pas comme ça qu’il pensait vivre son premier baiser.

« A-Ao’nung.
- Vengeance. J’avais pas tout mâché. »

Ah oui, maintenant il sent des petits bouts de fruits dans sa bouche. Dégoûtant… En ayant été mâchés comme ça ils relâchent déjà leur goût épicé et Neteyam sent tout le piquant dans son palais. Ça ne durera pas longtemps : il compte bien contre-attaquer et lui faire sentir le piquant, à lui aussi ! Il est temps de l’embrasser et il est temps de lui rendre ces fruits mâchés. Ao’nung se défend bien lui aussi et ni l’un ni l’autre ne veut reprendre son souffle et lâcher le baiser, parce que ça voudrait dire sentir le goût épicé. Même si… À force de s’embrasser comme ça, le goût a fini par s’estomper. Et pourtant les lèvres ne se lâchent pas. Les deux hommes s’embrassent encore malgré le goût disparu.

Quand leurs frères et sœurs les retrouvent un peu plus tard, il y a bien longtemps que le goût n’est plus dans leurs bouches.

Ils s’embrassent toujours…

Même s’ils commencent à avoir un peu mal au ventre.

Notes:

Cadeau Az ! J’espère que je te régale !