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I Would Know Him In Death (At The End of the World) / Traduction française

Chapter 27: Epilogue

Summary:

Enjolras se souvient. Enjolras s'est toujours souvenu.

Notes:

Note de l'auteur : Voici un épilogue facultatif, un peu plus optimiste, que j'ai promis il y a longtemps à courfeyrac_princess_glitter. Désolé, ça fait si longtemps, et j'espère que vous apprécierez <3

(See the end of the chapter for more notes.)

Chapter Text

Enjolras se souvient. Enjolras s'est toujours souvenu. Ses parents plaisantaient toujours sur le fait qu'il était un vieil homme dans le corps d'un enfant. Ses amis riaient quand il essayait d'expliquer avec le vocabulaire limité qu'il avait à quel point ça faisait mal.

Au moment où il eut les mots pour décrire les choses qu'il avait vues, les choses qu'il avait faites , il avait suffisamment compris le monde pour ne pas le dire.

Le monde a beaucoup changé entre la chute de Troie et la chute de la barricade, et il a beaucoup changé entre la chute de la barricade et maintenant.

Trois vies différentes s'alignaient dans son esprit, tel un tourbillon de confusion.

Il se trouve une cause. C'était le seul moyen pour lui de ne pas se briser.

Le monde a beaucoup changé, mais il n'a pas vraiment changé en même temps. Les riches sont plus riches, les pauvres meurent de faim. Les personnes différentes sont intimidées, blessées et tuées , et souvent par celles sur lesquelles elles devraient pouvoir compter.

Il est dans un nouveau pays avec un nouveau roi à abattre, mais cette fois le roi a plusieurs noms et plusieurs visages et des centaines de milliards de dollars.

Il se lance dans la recherche, fait des campagnes, fait tout ce qu'il peut pour aider et il ne pense pas à ses vies passées, à ses anciens amis et il ne pense pas à Grantaire.

Grantaire qui avait interrompu ses réunions et qui n'avait pas voulu être là. Grantaire qui avait fait un effort pour réparer sa relation avec Feuilly et qui avait bercé une fille mourante dans la rue. Grantaire qui avait couru à travers les balles pour tenter de sauver un enfant. Grantaire qui avait donné sa vie pour qu'Enjolras ne doive pas mourir seul, pas encore .

Grantaire qui était Achille, Grantaire qu'il n'avait pas reconnu avant qu'il ne soit trop tard, Grantaire qui avait été là quoi qu’il arrive.

Il ne pense pas à Grantaire.

Il pense tout le temps à Grantaire.

Enjolras est de retour, Patrocle est de retour, et peut-être que la troisième fois est la bonne, et peut-être qu'il trouvera Grantaire, trouvera Achille, et ils finiront enfin par vieillir ensemble.

Il se sort toujours de ces rêveries avant qu’elles ne puissent prendre le dessus sur lui. Il ne peut pas… il ne peut pas espérer. Ça fait trop mal d'espérer des choses comme ça.



Enjolras quitte la maison pour aller à l'université dans la grande ville, au centre de tout. Il peut faire plus ici, aider plus de gens. Trouver sa place dans ce monde.

Ce n'est pas pour augmenter ses chances de retrouver ses amis. Ce n’est pas le cas.

Mais ils sont tous autour de lui. Il les voit partout, comme des fantômes. Dans le coin de sa vision, un œil clignote comme celui de Combeferre quand il avait une idée. Quelqu'un a une cicatrice qui lui fait immédiatement penser à Ajax. Des cheveux auburn captent la lumière de la même manière que ceux de Feuilly l'ont toujours fait.

Cela lui donne toujours envie de les appeler, de les pleurer.

Il ne le fait jamais, car il sait que ce n'est pas eux. Son apparence a radicalement changé une fois de plus, pourquoi resteraient-ils les mêmes ?



Finalement, ils le trouvent.

Cela commence avec un ami en classe, puis un large sourire et un salut à travers un café. Il se méfie au début, bien sûr qu'il est méfiant. Et si tout va mal, encore une fois ? Et s'ils mouraient tous, encore une fois à cause de lui.

Mais ils résistent à ses épaules froides et à son humeur maussade, et il se réchauffe .

Il ne les aime pas simplement parce qu'il les connaissait avant et encore avant. Il les aime pour qui ils sont maintenant. Pour la façon dont ils sont gentils, ouverts et aimants. Pour la façon dont ils ont tous surmonté les difficultés auxquelles ils ont été confrontés, et peuvent toujours regarder vers l'avenir et ce qu'ils peuvent faire pour l'améliorer.



Ils sont tous là, toutes les vieilles âmes de la rébellion de juin qui ont combattues à Troie.

Tous à part la personne qu'il souhaite le plus voir.

Grantaire, Achille, est introuvable.



Il essaie de ne pas y penser.

Peut-être qu'ils ne sont pas encore tombés sur lui. (Mais la ville n'est pas si grande).

Peut-être qu'il n'est pas dans cette ville. (Mais les autres le sont, alors pourquoi ne le serait-il pas).

Peut-être qu'il n'est pas du tout né à nouveau. (Mais la pensée même donne envie à Enjolras, Patrocle, l'homme qu'il est maintenant, de tomber sans se relever).



Il sait, au fond, que juste parce qu'ils se sont connus deux fois, qu’ils se sont aimés une fois (deux ?) cela ne veut pas dire qu'il y aura quelque chose entre eux maintenant.

Mais, dieux, il a besoin de le voir. Il en a besoin .

Il doit s'excuser. Pour ne pas avoir vu qui il était. Pour lui avoir parlé avec tant de dénigrement. Pour l'avoir conduit à mourir pour une cause à laquelle il ne croyait pas réellement.



Il s'est excusé auprès de tous les autres tant de fois, trop de fois, mais ce n’est jamais assez .



Il continue de vivre sa vie, sans l'autre moitié de son âme à côté de lui, parce que c'est ce qu' il voudrait qu'il fasse.

Ses amis peuvent voir qu'il est encore un peu perdu, mais ils comprennent, pense-t-il. Après tout, presque tous ont vu la réaction de Grantaire après la mort d'Enjolras, ont vu la façon dont Patrocle n'a pas reconnu Achille la deuxième fois.

Ils font de leur mieux pour l'aider, le traînant vers des manifestations (qu'il soutient, bien sûr, mais il ne peut jamais rester longtemps) et des musées (qui présentent des parties de son propre passé comme si elles étaient simplement là pour être observées ).

Ils l'ont traîné dans une soirée d'ouverture de galeries d'art pour étudiants.

Il n'est pas sûr qu'ils se soient attendus à ce qu'ils ont trouvé.

Un pan de mur en est tapissé. De leurs deux vies. Les poses se superposent. Les crins de cheval du casque d'Hector ont la même silhouette que le drapeau que Feuilly brandissait. Jehan levant une plume comme Ajax levait une épée.

Au centre de tout cela se trouvent deux figures qu'il n'a jamais vues clairement auparavant, seulement floues dans des miroirs qui n'avaient jamais atteint la clarté qu'elles ont maintenant.

Il regarde les peintures, et Patrocle, Enjolras, se regarde.

Ses yeux sont durs et impitoyables, le menton levé avec défi, fixant un dieu ou un peloton d'exécution. Il ne connaît pas l'art, il n'a jamais eu le vocabulaire pour le décrire, mais il peut quand même voir la pure révérence écrite dans les coups de pinceaux.

Toutes les peintures sont superbes, du moins à son avis. Ils le laissent respirer. Ils sont si réalistes, c'est comme s'il avait été transporté des centaines, des milliers d'années dans le passé.

« Oh. » Retentit une voix, et il se tourne. Il ne l'avait jamais entendu auparavant, mais il la reconnaîtrait n’importe où. Il n'a jamais vu le visage de l'homme qui a parlé, mais il le reconnaîtrait n’importe où. Il ne peut y avoir qu'une seule personne.

La reconnaissance est instinctive. Son propre cœur, qui se promène séparé de son corps.

Il le connaîtrait dans la mort, à la fin du monde.

Grantaire. Achille .

Notes:

Note de la traductrice : Merci beaucoup d'avoir lu jusque là !! C'était vraiment génial de traduire cette magnifique œuvre ! J'espère qu'elle vous aura plu autant que j'ai eu du plaisir à la lire et à la traduire. Si c'est le cas, laissez un kudo et/ou un commentaire ;)
:
Voici le lien de l’œuvre originale, hésitez pas à aller jeter un coup d'oeil !

Notes:

J'espère que vous avez aimé ! Si c'est le cas, n'hésitez pas à laisser un commentaire et/ou un kudo ! Allez aussi voir l’œuvre original, elle est incroyable !