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Characters:
Language:
Français
Stats:
Published:
2025-02-19
Completed:
2025-06-29
Words:
10,393
Chapters:
2/2
Kudos:
3
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1
Hits:
109

Secrets mornings

Chapter 2

Notes:

En vous souhaitant une bonne lecture :)

(See the end of the chapter for more notes.)

Chapter Text

Quatre semaines.

Un mois que l’incident a eu lieu. 

Pour s’empêcher de réfléchir ou pour éviter de faire quelque chose qu’il va probablement regretter par la suite, Katsuki s’est plongé dans le boulot …, allant même jusqu’à terminer toute sa foutue paperasse. Ouais, même la pile qu’il avait en retard, celle qui traînait dans le coin de son bureau, entre sa chaise et ses tiroirs. Et maintenant, voilà qu’il était à jour sur tous les plans, qu’aucune mission ne lui était tombée dessus, aucune demande ne s’était frayée un chemin jusqu’à son bureau. Suivant la logique des choses, son patron l’avait donc renvoyé chez lui, déclarant qu’il en avait plus qu’assez de le voir au bureau à traîner sa vieille carcasse puante et inanimée.

“Repose-toi et mange !”, qu’il lui avait lancé avant de lui claquer la porte de l’agence au nez. Mais sérieusement, qu’est-ce que c’est que ce patron qui vire ses employés les plus motivés ? Il ne pouvait pas juste être heureux deux putain de secondes de sa détermination au lieu de le foutre à la porte ? Putain, mais Katsuki aura vraiment tout vu. Et puis quoi, “mange” ? Est-ce que c’est vraiment de sa faute s’il n’a plus faim en ce moment, si rien ne lui convient ? Non, bordel. 

Et “repose-toi” … Katsuki aimerait leur en foutre plein la gueule. Comment peut-il songer, ne serait-ce qu’essayer de se reposer alors que Deku a terminé dans un lit d'hôpital parce qu’il a voulu jouer au héros, parce qu’il a voulu le laisser se reposer parce que monsieur a le cœur sur la main ? Il est absolument hors de question que cette scène ne se rejoue, et s’il lui faut se passer de jour de repos pour ça, alors d’accord. Mais le cendré ne souhaite plus être mis sur le banc de touche, n’a plus envie d’être jugé fatigué. Même mort de fatigue voir même quasiment mort, il n’a jamais été un poids alors pourquoi ? 

Putain de nerd, qui le force à se remettre en question en permanence. Putain de patron, qui a trop de pouvoir sur lui. 

Alors voilà … Katsuki est de retour au point de départ : allongé dans son lit, sous sa couette, à s’abrutir devant la télévision pour faire passer ses jours de congé, pris contre son gré. 

Et là, étendu sur son flanc droit, tourner en direction de sa grande fenêtre, il a énormément de mal à se contenir. L’envie d’envoyer valser sa couette, d’attraper sa valise qui contient sa tenue et de se barrer au travail le démange tellement … Putain. S’il s’est autant mis à bosser, c’est bien évidemment pour fuir ce genre de situation merdique à souhait, celle dans laquelle il ne cesse de tourner en rond, de passer de son flanc gauche à son flanc droit, à parfois faire l’étoile de mer tout en fixant bêtement le plafond, pour enfin terrer sa tête au fond de son oreiller pour hurler sa frustration, évacuer le trop-plein.

Le boulot l’empêche de penser à ce foutu con de Deku. 

Faire son job de héros lui requiert de mobiliser toutes ses capacités physiques et psychiques, ainsi il n’a pas une seconde de disponible pour penser à ce crétin. Il n’a pas le temps de se prendre la tête sur sa décision stupide qu’est celle de ne pas se pointer à l’hopîtal pour prendre des nouvelles du nerd, pour constater par lui-même qu’il se porte bien. Et parce qu’il est vraiment le roi des connards, dans sa mauvaise humeur légendaire, il a ordonné à Kirishima de la fermer sur ce sujet, qu’il ne souhaitait rien savoir de près comme de loin. 

Putain, et même s’il se traite d’idiot à chaque fois qu’il croise son propre reflet, Bakugo ne peut s’empêcher de faire voler les noms d’oiseaux envers Eijiro. D’habitude, ce pauvre crétin ne fait jamais ce qu’il lui demande, et aujourd’hui … Aujourd’hui, alors qu’il désire véritablement savoir – mais qu’il a bien trop de fierté pour l’admettre – ce con se pense drôle en prenant au sérieux son ordre. 

Il est tout de même à deux doigts d’envoyer sa fierté et sa conscience se faire foutre pour appeler Eijiro. Qu’importe qu’il se moque de lui pendant dix minutes ou qu’il le fasse chier à huit heures du matin, lui n’arrive plus à dormir alors pourquoi la tête d’ortie aurait-il le droit à ce plaisir ? 

Katchan, t’es réveillé ? 

Quoi ? 

— Il est huit heures, c’est trop tôt … Il est en congé, Izuku crétin. 

Est-ce vraiment la voix du nerd qu’il entend à travers sa fenêtre ? Et la silhouette qu’il parvient à distinguer difficilement derrière ses rideaux, est-ce réellement celle de Deku ? Bordel de merde, non, il rêve ; c’est certain. C’est juste une putain d’hallucination, parce qu’il a trop forcé ces derniers jours, parce que le sommeil le fuit à toute jambe, parce que Izuku lui manque. Katsuki est simplement trop éclaté et son cerveau lui agite moqueusement ses fantasmes sous le nez. 

— Bon, attendons ici. Et puis le temps est nettement meilleur que ces dernières semaines. 

Hum. Peut-être qu’il ne rêve pas ? Parce que même le Deku de son imagination n’attend pas devant sa fenêtre comme un putain d’idiot. Celui de ses fantasmes a plutôt tendance à perdre patience et à se barrer … Le vrai nerd resterait sans aucun doute. 

Tout doucement, le cendré plie sa couverture jusqu’au bout de son lit parce qu’il ne peut décidément pas inviter Izuku à entrer si le désordre règne chez lui ? Uh, mais à quoi est-ce qu’il pense là ? Il n’en a rien à foutre du bordel qui jonche son appartement, et il ne va pas l'inviter non plus ; pas après ce qu’il a fait. Donc lui passer un savon à travers la fenêtre oui, mais certainement pas l’inviter à venir prendre le café. Et puis quoi encore ? Le nerd l’a volontairement collé sur la touche, et en prime – par son incompétence ou son inconscience – ce con a terminé à l’hôpital. Quelqu’un se doit bien de l’engueuler et sans prendre de pincette, sans le ménager. Pas comme les autres fragiles dont il est en permanence entouré. 

Maintenant qu’il se tient devant son rideau,  il n’a décidément plus aucun doute quant à la présence du nerd chez lui. L’explosif distingue son corps, ses grandes jambes qu’il a misent en tailleur et son dos large qui repose contre son carreau propre. En plus de ça, il l’entend chanter ou marmonner – avec lui, c’est du pareil au même de toute façon. Katsuki l’avoue, le simple fait de savoir que le jeune homme se tient juste ici , si proche de lui, le rend foutrement nerveux et un brin heureux. 

Izuku est incompréhensible et trop compréhensif avec lui.

— Katchan, je vois ton ombre, tu sais … 

Merde. 

Il a pris trop de temps à réfléchir. Comme toujours de toute façon quand cela concerne le vert. 

— Je sais bien que t’es énervé. 

Oh. 

Pas de bonjour, pas de comment tu vas ? ou même un bien dormi ? Izuku le chauffe comme ça, directement et sans échauffement. Très bien, puisqu’il le cherche, ce con va le trouver. En moins de deux secondes, Katsuki fait voler le rideau et coulisse brusquement la porte-fenêtre. Le nerd ne sursaute même pas et se laisse basculer vers l’arrière, comme s’il savait d’avance l’état dans lequel il allait le trouver. C’est frustrant d’être aussi bien cerné, d’être aussi bien connu.

— Énerver ? il gronde, au bord de l’explosion. Tu crois que je suis simplement énervé, Deku ? Je suis furieux ! 

— Oui, aucun doute là-dessus. 

Cet imbécile ose se foutre de lui ? Katsuki l’empoigne par le col de sa tenue verte de héros et le tire violemment vers lui pour qu’il se lève. Leurs deux fronts se rencontrent brutalement, arrachant un gémissement de douleur au plus jeune. Puis, après quelques pas en arrière, Bakugo le jette sans ménagement sur son lit, n’en ayant rien à foutre de le blesser, d’être violent ou de ravager sa chambre. Il est en colère et Deku va vite le comprendre. 

En fermant sa fenêtre, une partie de sa conscience le félicite pour son audace ainsi que son contrôle sur lui-même. Il a l’envie soudaine de prévenir Kirishima, de l’appeler et de lui hurler dans les oreilles, de lui dire qu’il l’a presque écouté et que Izuku va rester cette fois. Rester de gré ou de force, rester pour répondre à ses questions. 

Avant de se retrouver vers Deku, il prend le temps de reprendre une bonne inspiration, juste histoire d'oxygéner son cerveau et de retrouver un semblant de calme en lui, sur lui, sur son corps. Il faut qu’il reste calme, peu importe à quel point il en veut au nerd, peu importe à quel point il est remonté contre lui. Katsuki souhaite des réponses et pas un mort, par inadvertance, sur la conscience – cela ferait bien trop tâche sur son dossier de héros professionnel. 

Bien, à l’attaque

— J’te préviens Deku, il amorce en lui jetant un coup d'œil, ma patience est très limitée aujourd’hui. Tu vas tout me raconter et sans faire d’histoire, compris ? 

— Bonjour, Katchan.

Izuku le salue, insensible à sa menace qui flotte encore dans l’air et à son humeur de chien.

— Tu devrais mettre ton petit-déjeuner au micro-ondes, juste pour conserver la chaleur. Après, on parlera. 

— Mais je n’en ai rien à foutre là du petit-dej, putain de Deku ! Pourquoi tu ne m’as pas appelé l’autre soir ? il explose, en proie à l’incompréhension. Pourquoi t’as ordonné qu’on m’foute la paix ? 

Izuku en face de lui sur le lit se redresse pour adopter une position plus correcte et dépose le sachet qui contient son petit-déjeuner sur la table de chevet. Il n’a pas l’air impressionné le moins du monde par son éclat de colère, Katsuki aurait plutôt tendance à dire qu’il semble agacé. Mais agacé de quoi, putain ? Il est celui qui doit l’être agacé dans l’histoire, pas ce putain de Deku ! 

— Allons Katchan, je suis certain que quelqu’un est déjà venu te raconter l’histoire. 

— Non, pas entièrement. Toi, dis-moi pourquoi ? 

Katsuki s’approche, plante ses yeux dans les siens. La menace plane, silencieuse et tranchante. 

— Dis-le, Deku. 

— Très bien. 

Izuku capitule en soupirant, les deux mains levées de chaque côté de son visage. 

— C’est parce que tu étais en repos. Tu méritais de te reposer, et on était déjà bien assez sur les lieux comme ça. 

— Assez nombreux ? hurle l’explosif. Si nombreux que t’as terminé à l’hôpital ! 

Pour la première fois depuis que Katsuki l’a traîné de force dans la force, Izuku laisse transparaître quelque chose sur son visage. Quelque chose qui s’apparente à de la gêne. Il détourne le regard et se gratte la tempe droite, soulevant un peu de ses cheveux. 

— Ouais alors ça … C’est juste de ma faute, le nerd avoue un brin honteux. Une erreur d'inattention. 

Katsuki a-t-il vraiment entendu “une erreur d’inattention”, sortir de la bouche du vert comme excuse ou ses oreilles sont-elles devenues défaillantes ? Comment ça, une erreur d’inattention, en plein milieu d’un champ de bataille ? Non, ça n’était pas possible et surtout pas croyable de la part du jeune homme. Deku putain de nerd n’est pas croyable. Et qu’est-ce qu’il les lui brise avec son comportement de débile imprévisible. Qu’est-ce qu’il a fait pour métier un boulet pareil dans les jambes ? Que quelqu’un lui dise qu’elle putain de divinité il a contrarié, mis en colère … Car il jure de s’excuser sur-le-champ pour dégager cette malédiction qu’est Izuku. 

— Raconte, il exige en approchant son visage de celui de Midoriya. Je veux tout savoir et tu n’omets aucun détail. 

Le souffle de Izuku vient s’abattre contre son visage, et il constate qu’une de ses pupilles ne cesse de tressauter nerveusement, de passer de son œil carmin droit à celui de gauche. Quelque chose remue en lui … Se sentir si proche de Deku le retourne et se rendre compte de l’effet qu’il a sur lui, manque de lui offrir un frisson. Un frisson bien loin du dégoût. 

Ouais … 

Katsuki apprécie l’effet qu’il a sur, l’état dans lequel il le met. Depuis petit même, il adore voir ces mimiques sur le visage de Izuku qui ne lui étaient qu’uniquement réservés. Puis e con a commencé à s’ouvrir progressivement, à rougir avec les autres, à sourire à autrui et a même poussé le vice jusqu’à prendre leur défense … Il avoue, à l’époque, ça lui a complètement fait péter un câble. C’était lui que Deku devait défendre contre vents et marées, devant lui qu’il devait rougir, à lui qu’il devait sourire.  Alors il a commencé à le taper pour ne lui inspirer que de la peur, une expression que personne d’autre ne verrait jamais sur son faciès. Expression qui l’a rapidement fait regretter ses gestes, parce qu’il en était arrivé à détester voir Izuku chialer ou souffrir. Heureusement, désormais, il ne lui fait plus peur et n’a plus envie de le terroriser. Maintenant il ne souhaite plus lui taper dessus, mais plutôt lui taper dedans

L’excitation va bien mieux à Deku que l'intimidation.

— Bien, Katchan … Donc j’étais en patrouille avec Todoroki, qui est devenu mon coéquipier puisqu’on s’entend bien. 

Katsuki a parfaitement conscience qu’il est celui qui a ordonné à Izuku de lui raconter toute l’histoire, tout comme il est aussi pleinement d’accord pour affirmer qu’il n’aurait jamais dû se rapprocher aussi près du nerd, parce que maintenant … Maintenant, il n’est même pas capable d’écouter quoi que ce soit qui sort de sa bouche. La seule chose qu’il se sent capable de faire là de suite, est de poser ses lèvres sur les siennes, parce qu’il en a envie, parce qu’il souhaite qu’il se taise, qu’il cesse de parler de l’autre double-face. 

Putain. Depuis quand est-il si contradictoire ? Il sait bien que l’idée de le faire venir dans sa chambre est complètement débile. Il aurait dû l’écouter et lui passer un savon dehors, puis le faire entrer pour le reste. Mais tant pis, il faut qu’il l’embrasse pour assouvir son désir, calmer ses ardeurs, réaliser son fantasme et avoir cette sensation réelle que Deku est là, de retour avec ces petits-déjeuners à la con et son sourire trop grand, trop solaire. C’est un besoin qu’il doit vite mettre sous contrôle, une inquiétude qu’il doit apprivoiser. 

— Izuku, il l’appelle, le coupant dans son récit sans remords. Je vais t’embrasser. 

Il laisse le silence s'étendre quelques secondes, parce que Deku a toujours été long à la détente, a toujours tendance à être choqué pour rien – encore plus lorsqu’il s’agit de ce genre de chose – et puis, juste pour lui permettre de se rétracter, de lui faire comprendre que … S’il ne voulait pas, s’il ne souhaitait ça, alors Katsuki le respecterait. Mais comme rien ne vient, hormis ses pupilles vertes écarquillées à leur paroxysme, Katsuki se donne le droit de venir écraser sa bouche sur celle du jeune homme. 

Le soulagement s’infiltre en lui lorsque Deku attrape son bras droit, celui sur lequel il se reposait jusqu’à là pour ne pas l’écraser, et le presse plutôt vivement. Puis, sa deuxième se met à serpenter autour de la base de sa nuque, appuie dessus et lui ordonne silencieusement de ne pas s’écarter maintenant … Et bordel, Izuku Midoriya. Deku. Le nerd. Le mec qui l'insupporte sans raison apparente depuis petit, celui qu’il a comme un connard maltraité durant leur enfance répond à son baiser comme si c’était la dernière fois. Encore mieux que ça, il le retient, l’empêche fermement de quitter ses lèvres. 

Bordel de merde. Deku lui mord même doucement la lèvre inférieure pour qu’il passe à la vitesse supérieure.

Il ne lui en faut pas plus pour qu’il s’autorise à glisser sa langue hors de sa bouche afin qu’elle rejoigne celle de Izuku. Et putain … Personne n’a eu la gentillesse de le prévenir en amont d’à quel point cela serait aussi satisfaisant, aussi agréable d’embrasser Deku – il est évident qu’il l’aurait fait bien avant, s’il en avait eu vent. De la même manière que s’il avait su que le nerd ressentait lui aussi quelque chose à son égard, il se serait permis d’agir bien plus tôt. 

Mais Katsuki est Katsuki. Il a sa fierté mal placée, débordante d’énergie et de contradiction. Sans parler de son égo surdimensionné … Il est stupide de croire que parce qu’un tier le lui aurait dit, sa conscience se serait plié en quatre pour écouter bien gentiment. La réalité aurait été sûrement tout autre … Sans surprise, Katsuki sait qu’il se serait accorder le droit d’exploser la tronche de celui ou celle essayant de lui faire comprendre qu’il se passait depuis toujours un truc au contact du nerd, qu’un étrange fil s’amusait à les relier ensemble. 

La technique de Izuku, qui consiste à lui faire prendre conscience doucement mais sûrement de ses sentiments, est largement – et de loin – la meilleure. De cette façon, il ne ressent pas cette impression d’avoir été influencé. C’est lui qui a commencé à se questionner, lui qui a remarqué la façon dont son cœur battait étrangement au contact du vert, lui qui a analysé ses propres réactions mais aussi celles de l’autre homme, lui qui a avisé ses envies, ses besoins, ses sentiments … Personne n’est venu le lui susurrer sournoisement. Et Eijiro et son venin perfide des quinze jours précédents ne compte évidemment pas. 

Et d’ailleurs, quelque part bien tapis au fond de son esprit qui résiste à l’ensorcellement des lèvres de Izuku sur les siennes, sa conscience lui hurle dessus. Elle lui balance au visage que ce qui se passe n’est que chose logique, qu’il a perdu un temps incroyable à cause de sa stupide fierté, à cause de son coeur devenu un putain de peureux lorsqu’il s’agit de son ami d’enfance. Parce qu’il n’est véritablement qu’un abruti aveugle et trop bête pour comprendre en temps et en heure que quand quelqu’un vous apporte le petit-déjeuner chaque foutu matin en ne se souciant guère de la météo, ça n’est pas juste pour le plaisir, juste par pure sympathie et amitié, juste pour faire plaisir à sa mère ! 

— Katchan, tu t’égares … Izuku lui murmure tout proche de son oreille. 

Merde. Il ne l’a même pas senti quitter sa bouche, ni-même se rapprocher. 

— Ouais, c’est … ‘scuse. 

Décidément, il ne peut pas simplement lui avouer que c’est parce qu’il pensait à lui. Et il ne peut encore moins lui confier qu’il vient seulement de percuter l’ampleur des sentiments qu’ils ont l’un pour l’autre, qu’il vient de capter que ouais, le nerd l’aime pour de vrai et qu’il a été un vrai crétin depuis le début. Deku le traiterait inévitablement d’idiot et il aurait raison. 

— T’es plutôt long à la détente, pouffe le vert en glissant sa tête dans son cou, commençant à le picorer doucement au passage. 

— La ferme, il grogne en retour.

— Est-ce que je te cogiter quelques minutes de plus ou je t’avoue le reste maintenant ? 

Bakugo lui attrape sa tignasse verte et tire dessus, de sorte à ce que sa tête trouve la sortie de son cou et le ramène à sa hauteur. Plantant ses yeux dans les siens, ils s’affrontent sans ciller, montrant à Deku que non, cette fois il ne va se laisser déstabiliser par ses attaques sournoises. 

— Le reste ? il souffle, le menaçant silencieusement. 

— Oui, le reste. 

— Quel reste, putain ? 

Le sourire de son ami d’enfance s’agrandit, donnant la sensation à Katsuki d’être un idiot incapable de voir ce qui se dandine visiblement sous son nez et depuis un moment. Franchement, qu’est-ce qu’il a bien pu louper de si énorme, bon sang ? 

— À ton avis, commence Izuku le ton moqueur, comment est-ce que je connais tes jours de congé alors que nous ne sommes pas dans la même agence ? 

— J’te connais, t’es un putain de stalker. T’as toute ma vie noté dans un stupide carnet. 

— Vrai. Mais loupé. J’ai surtout de supers complices ! 

Complices ? Qu’est-ce qu’il raconte encore, le nerd ? Comment peut-il avoir des complices si bien informés de sa vie alors que personne de la Dekusquad ne gravite autour de lui, ne travaille dans la même agence que lui, ne passe jamais les saluer ? La plupart de leurs anciens camarades de classe ont suivi le même chemin que celui du nouveau number one ou sont restés dans des agences à proximité des autres, juste au cas où. Personne ne s’était aussi éloigné du centre-ville que lui … Bon, Kirishima et Denki ne comptent pas vraiment parce qu’ils le suivent littéralement à la trace depuis leur début à Yueï. 

Enfin … Maintenant qu’il y pense, Mina et Hanta ont pointé le bout de leur nez dans son agence récemment. D’accord, ils traînaient souvent avec eux au lycée, mais Katsuki les a toujours trouvés plus proches et à l’aise avec Deku qu’avec lui. Peut-être qu’en réalité le “Eijiro et Denki nous manquait trop !!!” n’avait été qu’un prétexte, qu’une excuse ? Peut-être qu’au fond, ils ont tout manigancé avec le nerd, et qu’ils sont juste là pour mieux lui refourguer des informations ? Les sales petits fumiers … Si Katsuki les attrape, il jure de leur casser au moins un doigt. 

— Mina et Hanta, il fulmine. 

— Et encore loupé, Katchan. 

— Quoi ? 

La lumière qui a inondé son esprit se coupe instantanément. Pas eux ? Mais alors … Il ne lui reste que les deux imbéciles. Mais impossible, ils n’ont pas osé tout de même ? 

— Eijiro et Denki ?

Izuku n’a pas besoin de lui répondre, le sourire éclatant qu’il affiche lui suffit amplement pour comprendre qu’il a tapé dans le mille cette fois. La tête d’ortie et la pile électrique sont de mèche avec le nerd et sûrement depuis un moment maintenant. Ce même putain de Eijiro qui l’appelle chaque putain de soir où Izuku passe chez lui ; le même qui cherche à gratter des informations, qui l’encourage à inviter le nerd chez lui … Ce même Eijiro qui, en réalité, connaît déjà tout. Tout des sentiments que le vert peut bien éprouver pour lui, tout le foutu pourquoi du comment Izuku a monté son manège. Le petit con, il l’a bien dupé, bien emmerdé pour mieux le balancer. 

— Ne commence pas à t’énerver dans ton coin. C’est moi qui lui ai demandé de ne rien te dire. 

— Et c’était aussi une raison de me les briser chaque soir où tu passais ? 

— C’était juste pour être sûr … Izuku marmonne en détournant le regard, honteux. 

— Sûr de quoi ? 

— De tes sentiments. Du fait que tu ressentes un petit quelque chose ? 

Deku se fiche sûrement de sa gueule. Comment Kirishima, bête comme ses pieds, aveugle lorsqu’il s’agit de sentiments, aurait-il pu lui confirmer quoi que ce soit ? Comment aurait-il pu être certain de ses putains de sentiment en l’ayant juste au téléphone ? Katsuki veut bien accorder à Eijiro le statut de “meilleur-ami” comme il aime à lui rabâcher les oreilles – et cet aveu lui écorche la bouche – mais Izuku est celui qui l’a toujours le mieux connu, mieux cerné que n’importe qui. Alors oui, comment est-ce possible que la tête d’ortie l’aide à cocher les cases de son plan ? 

— T’étais là, souffle Katsuki, qui laisse les pièces du puzzle s’emboîter. 

Ouais. 

Tout prend maintenant sens. Deku devait se trouver avec l’autre caillou à chaque fois qu’il l’appelait et c’est lui qui devait orienter discrètement les questions. Le nerd, qu’il est, devait analyser ses réponses et pouvoir savoir avant même qu’il en soit conscient, ce qu’il pouvait bien éprouver. Naturellement, cela  lui a permis de confirmer – ou non – les sentiments qu’ils avaient l’un pour l’autre. Ce qui explique aussi pourquoi ce con a continué de venir avec ce putain de petit-déjeuner, son sourire d’ange et ses yeux moqueurs. 

Merde, merde et merde. Izuku n’est pas croyable et Katsuki hésite grandement entre lui fumer la gueule ou l’embrasser. 

— J’ai une préférence pour ta bouche, plutôt que tes poings. 

— Tu m’emmerdes, putain de Deku. 

Peut-être qu’il exagère un peu, juste pour se donner un genre comme d’habitude … Parce que finalement, lui aussi a une préférence pour la bouche de Izuku contre la sienne plutôt que ses poings contre sa peau. Et oui, ça ne l’emmerde pas tant que ça non plus que Deku le connaisse si bien. Alors, c’est sûrement parce que tout ça ne le dérange pas qu’il se retrouve à embrasser le vert une nouvelle fois, avec cette impression écrasante dans la poitrine que ce n’est jamais assez, qu’il n’arrivera jamais à être rassasié. 

La main de Deku sur sa nuque et les gémissements qui s’échappent de sa bouche lui prouvent bien qu’il n’est pas le seul à ressentir cet amas de sentiments. 

— Et si tu me racontais maintenant comment tu t’es retrouvé à l’hôpital ? 

 

*

 

Katsuki aurait dû savoir que la réponse à sa question ne viendrait peut-être jamais, que Deku mettrait deux cent cinquante ans à lui répondre. Bref, qu’il n’aurait pas sa réponse dans un futur proche tout ça parce que Izuku est et serait toujours Izuku. 

Dans un premier temps, il l’a emmerdé pour qu’il lui laisse le temps d’appeler son agence. Izuku a clamé haut et fort que “Katchan, c’est juste histoire de les prévenir !” et que c’était normal puisqu’il a – Katsuki cite encore – planter son équipe à la dernière minute. Ce petit con a même osé lui dire que ce coup de fil était la moindre des choses, puisque son équipe devait sûrement l’attendre pour partir en patrouille. Ce dont le cendré doute fortement et à raison parce que Izuku a plus d’une heure de retard et qu’aucun héros n’allait perdre son temps à l’attendre. Le nerd est juste trop poli. 

Puis, après avoir papoté une trentaine de minutes avec son boss – de la pluie, de la chaleur étouffante, des coins à aller visiter en équipe pour faire le ménage de vilains et des blessures du vert qui cicatrisent et guérissent étonnamment bien, le nerd avait enfin fini par raccrocher. En réalité, Katsuki a simplement commencé à lui faire comprendre qu’il arrivait au terme de sa patience, qu’il en avait plus qu’assez d’être mis sur la touche et qu’il allait péter un câble s’il n’écourtait pas son appel dans les soixante secondes suivantes. La téléphone a terminé sa course dans un coin du lit et Katsuki a soufflé de soulagement. 

Ou pas. 

La minute suivante, Izuku lui mendiait des vêtements de rechange, tirant un peu plus sur la corde déjà très sensible et limitée de sa patience. En plus, soyons honnête … Izuku en tenue de héros, ça ne le dérangeait pas tant que ça. Encore moins depuis que Hatsume Meï avait trouvé le moyen de le rendre incroyablement beau, désirable, attirant et canon tout en le protégeant au maximum. Mais merde, quoi. On n’a pas idée de faire des pantalons aussi moulants. 

Un tee-shirt attrapé en vitesse et un jogging blanc jeter en plein visage plus tard, sa curiosité hurle au soulagement prochain, à la délivrance imminente. 

— Le petit-déjeuner, Katchan ! 

Le cendré va s’arracher les cheveux, il le jure. 

— T’es capable de faire plusieurs choses en même temps, bordel ! 

En quelques mouvements, il l’a tiré à sa suite pour rejoindre sa cuisine. Il envoie d’un grognement Deku poser ses fesses sur le tabouret qui traîne contre l’îlot central, pendant qu’il s’occupe de faire couler le café et de réchauffer ce que le vert a gentiment apporté ce matin. Hors de question de laisser le nerd aux commandes du repas, il va lui faire péter sa cuisine ou incendier la nourriture. Très peu pour lui. 

— Je t’écoute, Katsuki ordonne tout en s’affairant. Je suis capable de t’écouter et de cuisiner, moi. 

— Monsieur parfait, cingle le nerd. 

— Deku, il gronde, ne pousse pas. 

— Très bien, le héros du moment capitule. Je raconte … 

Bon sang. La curiosité de l’explosif hurle à la délivrance, se permet de danser la danse de la joie comme une idiote. Le sourire satisfait s’étend sur ses lèvres comme de la crème alors, heureusement qu’il est de dos, ou bien Izuku l’aurait encore charrié.  

— Comme j’ai tenté de te le dire plutôt … Tu sais, juste avant que tu ne m’interrompes, Izuku s’amuse sous le regard noir du cendré, je patrouillais avec Todoroki. Le quartier est assez mal fréquenté et une bande de vilains y a élu domicile dernièrement. On a juste voulu faire un peu de ménage. Sauf que d’autres ont rappliqué, plus vite que prévu d’où mon appel à Kirishima et Denki qui étaient dans le coin. 

Deku marque une pause, laissant le temps à Katsuki de grommeler quelque chose d’incompréhensible, parce qu’il est toujours en colère pour ça. Il en profite pour venir déposer leurs tasses de café ainsi que les viennoiseries que le vert a amenées plus tôt. 

— Merci, Katchan. 

— Ouais, ouais. Termine ton histoire. 

Pour l’emmerder un peu – et ça, l’explosif en est vraiment certain – Izuku prend le temps de boire un peu de son café, se foutant qu’il soit chaud à s’en brûler la langue et croque dans son pain au melon, le savourant avec lenteur. Putain de nerd qui joue avec ses nerfs, avec sa patience, avec son coeur. Pourquoi est-ce qu’il se sent toujours obligé de le pousser à bout, de le tester ? 

— Je te passe les détails du combat, le détenteur du One for All reprend conscient que le cendré va finir par craquer. Et vient donc le moment où Kirishima a mis sur le tapis qu’il fallait te biper parce qu’on était un peu débordé. Je t’avoue que ça m’a énervé mais c’est juste car je voulais vraiment que tu profites de tes repos … Dans l’empressement de ne pas le laisser faire, je me suis fait avoir par un vilain …, Izuku avoue honteusement. Il m’a cloué au sol et brisé quelques os. 

Katsuki est totalement décontenancé, sur le cul et abasourdi par ce qu’il vient d’entendre. Une part de lui espère être en train de rêver ou d’halluciner. C’est quoi cette façon foutrement stupie de se faire avoir ? Vraiment, il n’y a que Deku pour se faire déglinguer la gueule à cause de son inattention au combat, et en prime, juste pour le laisser en congé. Du jamais-vu. C’est débile, stupide et idiot et pourtant, ça correspond tellement bien à Deku et sa façon de faire, sa façon d’être, sa façon d’aimer. D’ailleurs, cela lui rappelle son objectif premier, à savoir celui de lui remonter les bretelles pour être si bête, si irréfléchi et inconscient. Katsuki a aussi besoin de lui hurler dessus qu’il n’est pas en sucre, qu’il n’a pas besoin que quiconque ne le protège et qu’il s’agit à lui aussi de son putain de métier. Et au vu de la tête qu’il tire – celle d’un imbécile trop heureux – son petit passage à l'hôpital ne lui a pas remis les idées en place et personne n’a dû lui dire quoi que ce soit. 

Mais Katsuki ne va pas se gêner. 

— Maudit Deku, c’est bien fait pour toi. La prochaine fois, tu m’appelleras, pigé ? Je n’suis pas en sucre et mon boulot est le même que le tiens, me foutre sur la tronche avec des vilains et protéger les citoyens. C’est normal et logique de m’appeler, crétin ! Si cette situation se reproduit, j’te fume la tronche ! 

Izuku, le nez dans sa tasse et les yeux clos, se contente d’hocher la tête d’avant en arrière. Quelque chose dans le fond de ses yeux brille intensément et Katsuki s’attend à ce que d’une seconde à l’autre l’homme cherche encore à débattre avec lui, à lui prouver par A + B qu’il est celui qui a raison ou encore que son action était justifiée. Ce qui, en soi, serait du Deku tout craché … Mais le vert soupire simplement, capitule et laisse l’explosif remporter la bataille. De toute façon, Bakugo a du mal à deviner ce que Deku pourrait bien ajouter pour sa défense. Rien n’est plausible à ce niveau-là. 

— D’accord, il acquiesce avec un léger sourire. 

Hum. Le Deku docile n’est pas si mal, alors Katsuki se dit que pour cette fois, il n’ajoutera rien de plus. La leçon semble être passée, surtout après son petit séjour forcé à l'hôpital et l’inquiétude qu’il a fait naître chez ses proches. Le cendré sait qu’il s’agit de quelque chose d’important aux yeux du vert, alors il se doute que le jeune homme ne va pas recommencer de sitôt, sous peine de revoir rapidement les larmes de sa précieuse mère. Sans parler de la miss gravité ou du robot, qui pouvaient s’avérer être pire que Inko à gérer. Ouais, Katsuki est certain que Izuku ne va pas recommencer. 

De toute façon, le cendré l’a à l' oeil maintenant. 

— Dépêche-toi de manger, qu’on retourne au lit. 

— Oui, Katchan.

 

*

 

Collés l’un contre l’autre et emmitouflés sous la couette, les deux jeunes hommes profitent d’une nouvelle série qui met en scène des super-héros avec des supers-pouvoirs qui sauvent le monde, le genre de programme dont raffole Deku, alors même qu’il est la nouvelle idole des plus jeunes. Et puis bon “collés l’un contre l’autre” est un terme trop faible aux yeux de Katsuki, il est plutôt judicieux de dire que le nerd le colle comme du chewing-gum, qu’il cherche même à se fondre en lui par un quelconque miracle. 

Avec la personnalité que possède Izuku, le cendré aurait plutôt parié sur une tendance à gesticuler dans tous les sens, bien incapable de trouver une position convenable pendant plus de cinq minutes – ce qui l’aurait fortement agacé. Heureusement, la vérité est tout autre. À partir du moment où Katsuki, dans un élan de tendresse ou dans une recherche de chaleur – qui sait – l’a attiré vers lui, Izuku a presque cessé de respirer et c’est caler encore plus confortablement contre lui. Il aurait pu se mettre à ronronner que Katsuki n’aurait pas trouvé cela étrange. 

— Dit, Katchan.

— Quoi, Deku ? 

— Pas la peine d’être ronchon.

C’est lui qui vient l’emmerder pendant l’émission et il est celui qui se fait traiter de ronchon après ? Sa main, celle qui ne sert pas d’oreiller à Deku, se faufile le long de son corps et vient pincer gentillement sa hanche. 

— Aïe ! 

— Qu’est-ce que tu veux, le nerd ? 

— T’es plus fâché ? 

— Non.

L’être agaçant qui se trouve contre son torse se retourne vers, plante ses billes émeraude dans les siennes.

— T’es plus fâché non plus contre Kirishima ? 

— Si, mais ça ira mieux quand je l’aurais fumé. 

Izuku esquisse un sourire, pas effrayé un instant pour son ami. Après tout, ce dernier a un alter de durcissement … Résister à Katsuki lui sera donc facile. Dans quelques jours, cette atmosphère colérique ne sera que l’histoire ancienne. 

— Katchan ? 

— Quoi encore, Deku ? le cendré grogne, sa patience commence à s'effriter. 

— Est-ce que je peux continuer à t’apporter le petit-déjeuner ? 

— T’as vraiment eu b’soin d’ma permission jusqu’ici ? 

Deku frotte le bon de son nez contre son cou, tout joyeux. 

— J’en profiterai pour glisser des affaires à moi au passage. 

— Maudit nerd. 

Katsuki apprécie suffisamment l’idée pour capturer ses lèvres, juste pour lui montrer qu’il est d’accord avec sa suggestion. Et puis assez aussi pour clouer Deku contre le lit et faire voler ses vêtements de part et d’autre de la chambre. Tellement, que lorsque Izuku s’approche de son oreille pour lui murmurer qu’il l’aime, juste avant qu’il ne perde tout contrôle, l’explosif prend la décision de partager chaque matin de sa vie avec lui.



Notes:

Après un moment d'attente, j'espère que la conclusion de cette histoire vous aura plus !
Prenez soin de vous, à la prochaine <3

Notes:

Merci d'avoir pris le temps de me lire :)
On se retrouve dans la partie deux, plus tard !