Chapter Text
Olric ne savait pas quoi faire. Depuis trois jours, son frère March était… Absent. Enfin, physiquement il était là, mais mentalement, il était ailleurs. Il n’avait pas réussi à le faire parler. March parlait difficilement de ses problèmes mais d’habitude, il arrivait à lui tirer les vers du nez... Pas cette fois cependant. Olric se décida à faire appel à la seule personne qu’il savait suffisamment proche de March pour le faire parler ; Eliot :
- Je ne sais plus quoi faire. J’ai tout essayé mais rien à faire, il ne veut rien dire.
- Qu’est-ce qui te fait dire que j’aurais plus de chance que toi pour découvrir ce qu’il se passe ?
- Parce que tu trouves toujours une solution aux problèmes et parce que March se confie à toi.
- S’il ne l’a pas fait cette fois, il a peut-être ses raisons.
- Peux-tu essayer quand même, s’il te plaît ?
Eliot ne résista pas aux grands yeux de chien battu d’Olric. Il leva les yeux au ciel avant de se diriger vers la porte de sa maison :
- Très bien, allons voir ton frère.
- Merci !
Le duo prit la direction de la forge. Olric abandonna Eliot devant leur maison pour le laisser gérer son frère.
Eliot inspira profondément. Il avait bien senti le changement de comportement de March mais avait été incapable de l’expliquer. Il avait prévu d’aller le voir pour en discuter mais depuis son mariage il y a trois jours, il n’avait pas eu une seconde à lui. Le blondinet s’approcha lentement de la forge. March était là, fixant les flammes, le regard vide :
- March ?
Il n’obtient aucune réponse. Alors il s’approcha doucement, jusqu’à pouvoir poser sa main sur l’épaule du forgeron aux cheveux roux. Ce dernier tourna la tête vers lui et ses yeux s’allumèrent enfin d’une étincelle de vie :
- Eliot ?, souffla-t-il.
- Salut, répondit-il de la même manière.
Les yeux de March se posèrent sur la main sur son épaule. Eliot voulu la retirer mais March s’en saisit et la porta à sa bouche. Le blond frissonna en sentant les lèvres du forgeron contre sa paume :
- March ?
- Je pensais que tu ne voulais plus me voir, murmura-t-il avec tristesse.
Eliot fronça les sourcils. Qu’est-ce qui avait bien pu donner une telle idée au jeune homme :
- Pourquoi ça ?
- Parce que tu n’es pas venu une seule fois en trois jours… Et parce que… Je ne suis pas… Gentil avec toi…
- March… Je n’ai pas pu venir te voir ces derniers temps car nous avions beaucoup de choses à faire avec Eiland. Réaménagé un peu l’agencement de la maison, tout ça…
Eliot glissa sa main hors de celle de March pour plonger ses doigts dans ses cheveux roux :
- Tu n’es pas méchant avec moi. Tout le monde sait que tu as un grand cœur sous ton masque de grumpy… Je le sais. Tu avais toutes les raisons du monde d’être méfiant envers moi quand je suis arrivé. Ne t’inquiète pas, je ne t’en veux pas. Tout va bien entre nous.
Les yeux de March s’emplirent soudain de tristesse :
- Non… Non, tout ne va pas bien… Entre nous.
- Que veux-tu dire ?
Le blond était maintenant inquiet. Que se passait-il dans la tête de March pour qu’il soit si triste ? Pour qu’il soit aussi incertain de leur amitié ? Face au silence du forgeron, Eliot insista doucement :
- Je ne peux pas t’aider si tu ne me parles pas March.
Ce dernier ferma les yeux et prit une profonde et tremblante inspiration :
- J’ai été un idiot et maintenant… Maintenant je t’ai perdu.
Le corps d’Eliot se figea. Il avait soudain très peur de ce qu’il allait entendre :
- Si j’avais compris plutôt… Si je n’avais pas été aussi idiot…
March se redressa brusquement, posant ses mains sur les jours d’Eliot :
- Je t’aime.
Le sang du blond se glaça dans ses veines. Il avait mal entendu. Ça ne pouvait être que ça. March ne pouvait pas lui avoir dit ça :
- Je t’aime. Et si je l’avais compris avant, tu ne serais pas avec Eiland !
Le fermier se dégagea brutalement des mains du forgeron. Une colère sourde l’animait lorsqu’il le gifla :
- Tu n’as pas le droit de dire ça ! Tu n’as pas le droit ! Je t’ai donné de nombreuses chances March, et tu m’as toujours repoussé.
- Je le vois maintenant. J’ai été aveuglé par mes incertitudes, mes doutes, mais je vois clair maintenant.
Eliot lui jeta un regard froid :
- C’est trop tard March. Et si tu ne peux pas le comprendre, je ne peux rien pour toi…
Le blond ne jeta pas un regard en arrière alors qu’il quittait précipitamment la forge, le cœur meurtri. March le regarda partir, les yeux emplis de larmes et le cœur en miettes. Le rattraper ? Pourquoi faire ? Ses sentiments n’étaient pas les bienvenus et à raison. Eliot avait essayé, March avait été trop aveugle pour s’en rendre compte et au final, il avait tout perdu pendant qu’Eliot avait reconstruit son cœur brisé avec un autre.
