Chapter Text
Alya était assise sur le trottoir en face de l'école. Un tic nerveux ne cessait de faire bouger sa jambe. La tête entre les mains, ses yeux fixaient anxieusement le bâtiment du collège.
Nino avait beau passer une main rassurante sur ses épaules, rien ne la calmait.
Elle respirait lentement, tentant d'oublier l'agitation qui était autour d'elle.
D'ordinaire, lors de l'attaque d'un akuma, elle aurait été la première sur le terrain, à tenter d'avoir la meilleure photo des deux supers-héros en action. Cette fois-ci pourtant, l'attaque d'akuma n'avait absolument rien d'existant pour elle.
-Alya…
La voix douce de Nino lui fit lentement tourner la tête.
Le jeune garçon lui sourit et la serra un peu plus contre lui, espérant une nouvelle fois la calmer.
Leurs deux amis sont là dedans. Leurs deux amis sont les deux supers-héros de Paris. Alya avait cru penser que découvrir l'identité secrète de Ladybug, lui aurait apporté une certaine satisfaction, mais au finale, c'était un plus grand stress qu'autre chose.
Une tornade de coccinelles vola autour du collège, qui retrouva son état initiale et Alya, tout comme Nino, sentit enfin ses muscles se détendre.
Ils se levèrent de la position inconfortable dans laquelle ils étaient, pour rejoindre le reste de leur classe, devant leur professeur.
Dans un coin de son champ de vision, elle les aperçu.
Les deux héros sont là. Ils n'ont rien et ils font comme-ci rien ne venaient de se passer.
Leur professeur leur parla, mais Alya n'y prêta pas du tout attention. Ses yeux étaient fixés sur Adrien et Marinette.
La main de Nino se glissa dans la sienne et ils se comprirent en un instant. Tous deux étaient soulagés que leurs amis n'aient rien.
Lorsque leur professeur les congédia, la métisse essaya de courir après Marinette, mais la brune était bien trop rapide. Elle se faufila au milieu de la foule et disparu de sa vue.
Alya retourna sur ses pas. La foule avait commencé à se disperser et certains de ses camarades commençaient à partir chez eux.
- Où vous allez comme ça ? Les interpella-t-elle.
Kim se retourna en haussant les épaules.
- On rentre chez nous.
- Non, non, non ! Statua la journaliste, en remuant son index devant elle. Personne ne rentre chez lui pour le moment.
- Qui es-tu pour nous donner des ordres ? Lui renvoya Chloé.
- Et bien, Mademoiselle Bourgeois, je suis ta suppléante délégué ! Comme Marinette n'est pas là, c'est moi qui prends les rênes !
La blonde croisa les bras sur sa poitrine. Elle murmura, rancunière, mais ne bougea pas de sa place pour autant.
- Maintenant, suivez-moi ! Ordonna la métisse.
Quelques plaintes s'élevèrent au milieu du groupe, pour autant, personne n'osa tenir tête à Alya et tous se mirent docilement à la suivre.
La jeune fille les conduisit dans un parc, pas très loin de leur collège. Ils s'assirent dans un coin tranquille, en rond, les uns en face des autres.
Maintenant que l'euphorie était retombée, ils étaient tous silencieux, se regardaient en chien de faïence et aucun n'osaient parler le premier. Parce que, malgré tout, ils savaient quel allait être le sujet abordé et ce qu'ils venaient de vivre leur paraissait tellement surnaturel.
Alya finit par se racler la gorge pour attirer l'attention de tous.
-Je pense qu'il faut parler. Sa voix manquait d'assurance et elle faisait traîner ses phrases. Sérieusement, de ce qui s'est passé en classe, tout à l'heure.
Les élèves se dévisagèrent un par un.
- J'espère que vous n'avez encore rien dit à personne ? Demanda-t-elle de façon générale.
Tous hochèrent la tête.
Alya posa une main sur son cœur, soulagée.
Mais elle se reprit bien vite, devant l'air dédaigneux de Chloé.
- Chloé tu n'as rien dit ? Rassure-moi.
Cette fois-ci c'est Nino qui avait parlé, mais la blonde ne lui donna pas plus d'attention qu'elle en donnait quelques minutes auparavant à Alya.
La métisse sentit la colère monter en elle.
-Chloé, tu pourrais répondre quand on te parle ! Explosa-t-elle. Est-ce que tu l'as dit à quelqu'un ?
La blonde fit volte face.
- Je n'ai pas d'ordre à recevoir d'aucun d'entre vous, et je n'ai pas à répondre à ta question ! Lui répondit-elle sur le même ton.
-Chloé… Grogna Alya.
- Je n'ai rien à ajouter. Souffla la fille du maire.
- Enfin Chloé, il ne faut pas le dire !
Les yeux bleus de la jeune fille devinrent sévères. La métisse ne l'avait jamais vu ainsi.
- Bien sûr que je ne compte pas le dire ! S'énerva Chloé. Adrien est mon ami ! As-tu seulement idée, de ce que lui ferait subir son père si cela venait à ce savoir !?
Sa voix était montée dans les aiguë et elle pointait d'un doigt accusateur vers sa camarade.
Tous les élèves la regardèrent surpris, Alya la première. C'était bien la première fois qu'ils voyaient la blonde s'énerver autant, pour autre chose que sa propre cause.
Reprenant lentement son souffle, Chloé croisa de nouveau ses bras sur sa poitrine avant de murmurer quelques paroles.
- Par contre pour Marinette…
- ON NE DIRA RIEN NON PLUS SUR MARINETTE ! Répliqua immédiatement la métisse.
- C'est bon les filles, calmez-vous ! Intervint posément Nino.
Les deux collégiennes continuèrent à se fusiller du regard pendant un moment, avant que, finalement, l'un d'entre eux parmi le groupe prenne la parole pour casser la tension ambiante.
- Alors, c'est décidé ? Demanda Alix.
- Bien sûr que c'est décidé ! Intervint Kim.
- Alya a raison. Murmura Rose. Il ne faut rien dire à personne, cela pourrait les mettre en danger.
- On l'a répéter plusieurs fois, ils nous ont tout le temps sauvé la mise, on leur doit bien ça ! Conclut Max.
Dans son coin, Chloé lâcha un soupir contrarié.
Alya se retourna vers elle, l'air rancunier.
-Ecoute Chloé, commença-t-elle calmement. Tu es peut-être déçue que Ladybug soit Marinette, mais il va falloir t'y habituer ! En attendant, tu comprends aussi bien que nous, qu'on ne peut pas dévoiler ce qu'on sait à tout Paris.
Le visage de la blonde tomba un peu plus bas.
- Je sais… Finit-elle par capituler d'une petite voix.
Le groupe resta encore un moment à discuter. Chacun appuyait le fait qu'ils devaient à présent, eux aussi, protéger en quelque sorte leurs camarades.
La classe finit par se séparer et tous rentrèrent chez eux.
Alya resta un moment de plus avec Nino, sur un banc du parc.
- Tu penses que je devrais à nouveau essayer de l'appeler ? Ma pauvre petite doit être paniquée ! S'inquiétait la métisse. Je suis sûr qu'elle va passer sa soirée à se morfondre.
Pour la énième fois, elle sortit son téléphone de son sac et tenta de joindre sa meilleure amie.
Nino lui retira délicatement le portable des mains et stoppa sa jambe qui bougeait nerveusement.
- Alya, sourit-il, je suis tout aussi angoissé que toi, mais harceler Marinette ne t'amènera à rien. On leur parlera demain, à tête reposée.
La métisse le regarda avec des grands yeux admiratifs.
- Comment fais-tu pour rester aussi calme ?
Le jeune garçon se mit à rire nerveusement.
- Je ne suis pas calme ! S'exclama-t-il. Je suis totalement paniqué ! Marinette est une fille que je connais depuis la maternelle et Adrien mon meilleur ami ! Maintenant je sais qu'ils passent leur journée à risquer leur vie pour sauver Paris. Je suis en total panique mec !
Pour appuyer ses paroles, Nino s'était pris la tête entre les mains.
Alya le regardait surprise. Pour elle, Nino était le garçon le plus décontracté de toute la classe et, c'était étrange et intéressant de le voir ainsi.
- Mais je sais que les appeler un milliard de fois ne nous apportera rien. Il vaut mieux prendre les choses plus posément.
La métisse acquiesça à ses paroles.
- Et je pense que, dans l'ombre, on peut les aider ! Termina Nino avec un clin d'œil.
La jeune fille sourit et Nino fut satisfait. Il avait réussit à la détendre un peu. Elle souffla un bon coup et posa sa tête sur son épaule. Fermant les yeux un moment, elle se laissa bercer pas la respiration calme et rassurante de son ami.
- Tu as raison, murmura-t-elle. Et puis, en y réfléchissant bien, continua-t-elle, cela va enfin permettre à Marinette de parler correctement à Adrien ! Ils finiront par sortir ensemble, puis ils se marieront, auront trois enfants, et…
- Alya ! La stoppa Nino.
- Oui ? Dit-elle en tournant sa tête vers lui et faisant papillonner ses paupières.
Le garçon soupira, malgré tout il devait se l'avouer, il avait pensé la même chose.
- Marinette est en train de déteindre sur toi… Finit par rire le jeune homme.
