Chapter Text
Le soir venu, Isagi pouvait voir Kaiser encore réveillé, assis à table.
Il tenait un sac de glace sur sa joue en espérant que ça ne s'empire pas durant la nuit, son traducteur traduisait des lignes entières d'insultes et de jurons allemands qu'Isagi ne comprenait pas.
Il hésitait à rejoindre Kaiser.
Sa main posée contre la chambranle de porte, il se demandait si sa curiosité n'allait pas le perdre.
C'est Kaiser qui l'a ramené dans la réalité en l'appelant.
Isagi a relevé la tête, perdu dans ses pensées, Kaiser s'était tourné vers lui.
Isagi le voyait porter sa tenue décontractée, les cheveux lâches, des vêtements de nuit et le sac de glace toujours sur sa joue.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'es pas encore couché ?
Kaiser s'amusait clairement d'avoir pris Isagi au dépourvu, son sourire éclatant et ses yeux pétillants de malice peuvent en témoigner.
Isagi n'avait plus le choix, se cacher ou s'enfuir était impossible pour son ego.
Il se renfrogne comme si Kaiser l'avait réveillé de son sommeil et se plaint.
- Et toi ? J'ai entendu dire que le manque de sommeil était mauvais pour la peau.
- Arrête de t'inquiéter pour moi, tu me fais rougir.
Isagi ne peut s'empêcher de rougir sous le regard doux que Kaiser lui lance, il ne sait pas depuis combien de temps leur interaction ressemble à ça, mais il sait que ça a commencé bien avant qu'ils n'arrivent en Allemagne.
Isagi ne peut s'empêcher de s'inquiéter en voyant Kaiser aussi affecté par sa joue :
- Est-ce que ça fait mal ?
Kaiser recule le sac de glace et le regarde comme s'il pouvait lui donner une réponse :
- Plus vraiment, c'est juste pour éviter que ça ne gonfle.
Isagi regardait la joue encore gonflée et rouge de Kaiser, quand celui-ci le sort de sa contemplation :
- Tu as quelque chose derrière la tête n'est-ce pas ? Ne me ment pas Yoichi, je le sais. Tu fais toujours cette tête au lieu de parler.
Isagi ne savait pas depuis combien de temps Kaiser pouvait lire les expressions de son visage, il a sursauté avant de s'asseoir d'un coup en face de Kaiser pour tenter de remettre son esprit en place.
- Espèce d'idiot, ce n'est pas comme si c'était facile.
Isagi mit une main sur son front pour le retenir de s'exploser contre la table :
- Sûrement, ce n'est pas la première fois que je te vois autant réfléchir. À quoi est-ce que tu penses ? À moi ?
Isagi releva brusquement la tête, offensé :
- Pourquoi est-ce que je penserai à toi ?
- Parce que ça ne t'arrive que quand je suis dans les parages.
Isagi regarde le sourire doux de Kaiser, son visage retenu par une main, l'autre autour du sac de glace sur la table.
Il comprend que Kaiser l'a percé à jour et soupire :
- Ce n'est rien, je suis curieux.
Kaiser fredonne en hochant doucement la tête, incitant Isagi à continuer.
- Je me demandais juste… eh bien…
Isagi n'arrive plus à le regarder dans les yeux et pendant un instant il se dit qu'il peut encore s'enfuir, s'il arrive à distancer les foulées de Kaiser.
Mais le mal est fait, ses rougissements ont sûrement réveillé les instincts prédateurs de l'allemand, celui-ci se penche et sourit de plus en plus :
- Oui ?
- Je voulais juste savoir contre qui tu gagnerais au bras de fer. Quelle place tu aurais ?
C'était une question assez étrange vu comment Kaiser clignait rapidement des yeux :
- Tu veux savoir ma moyenne au bras de fer ?
- Euh oui ? Enfin, est-ce que tu gagnes souvent ? Contre qui tu penses gagner ?
Kaiser rigole un instant avant de remettre son sac de glace sur sa joue :
- Tu es vraiment très divertissant.
Isagi serre son poing sur la table, mécontent et fustige :
- Eh ! Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Est-ce parce que tu n'es pas fort ?
- De quoi ?
- J'ai remarqué que tu poses beaucoup de questions en rapport avec ma force. Je pensais que c'était parce que tu ne l'étais pas.
Isagi est un peu décontenancé, il n'y avait jamais vraiment réfléchi non plus.
- Eh bien, oui et non. C'est juste que j'aime en savoir plus sur mes rivaux, je me suis mis au yoga grâce à Rin tu sais.
- Alors quoi, tu vas suivre mes entraînements de musculation maintenant ?
Isagi sent un frisson dans son dos, son corps ne supportera jamais une pression aussi forte que le poids que les muscles de Kaiser soulèvent chaque jour.
- Non ! C'est juste de la curiosité.
Kaiser le regarde rougir sans se lasser.
- Hmm, je ne connais pas ma moyenne au bras de fer. Mais en entrant au Bastard, je sais que je pouvais battre la moitié de l'équipe sans problème. Maintenant que j'ai répondu à ta question, tu dois répondre à la mienne. Pourquoi est-ce que tu sembles si intrigué par ma force ?
- Je... je ne sais pas.
Isagi détourne le regard de Kaiser en rougissant de nouveau, Kaiser sait que Isagi ne fait cette mimique que s'il a quelque chose à se reprocher.
- Si tu sais. Dis moi la raison, égoïste.
- Ça me surprends que tu sois si fort.
- Je n'ai pas l'impression que ce soit de la surprise.
Kaiser sait que ce n'est pas de la surprise.
Isagi aurait vite abandonné le sujet une fois qu'il aurait eu sa réponse.
Il se lève donc, laissant sa poche de glace fondre sur la table.
Le blond voulait tester une théorie.
Il s'est approché d'Isagi, armant son poing avant de le lui envoyer directement dans la joue.
Isagi regardait la main s'abattre sur lui.
Il s'attendait à un coup violent, mais la main chaude a ralentie avant de doucement se poser sur sa joue.
Kaiser caresse la pommette d'Isagi sans que celui-ci ne recule, ni ne ferme les yeux.
- Tu ne semble pas avoir peur non plus.
Kaiser réfléchit, si Isagi n'est pas effrayé par sa force, mais qu'il semble curieux à son propos, alors cela voudrait dire que…
Kaiser sourit, un sourire plus sauvage cette fois-ci.
- Et moi qui pensais t'avoir fait peur. En fait depuis le début, tu aimes ça.
Isagi veut s'éloigner de Kaiser mais celui-ci entoure sa taille d'un bras puissant et continue de le toucher doucement, malgré la main d'Isagi qui tente de le repousser.
- Non, c'est faux, c'est juste…
- Ne t'inquiètes pas, ton secret est bien gardé avec moi.
Kaiser se baisse et vient voler quelques baisers sur le visage d'Isagi, celui-ci tente de l'arrêter en le repoussant.
Sans le vouloir une de ses mains vient pousser la joue gonflée et brulante de Kaiser, ce qui déclenche de nouveau la douleur.
Isagi peut entendre Kaiser se mettre à gémir et il le voit prendre immédiatement sa joue dans sa main pour calmer la douleur.
Isagi écarquille les yeux et prend peur, il s'agenouille près de Kaiser et lui bafouille :
- Kaiser ça va ? Désolé, j'avais oublié ta joue…
Quand Kaiser sent la main du petit prendre son épaule, il se sent rigoler, fier de son piège.
Il profite de la proximité d'Isagi pour le pousser contre lui, le faisant basculer sur son épaule.
Kaiser se relève d'un coup, Isagi plié sur son épaule se débattant contre sa prise de fer.
- Kaiser, espèce de… ! Relâche moi ! Tu n'as pas le droit !
Kaiser subit des coups dans le dos tout en sortant de la pièce, triomphant.
- Je t'interdis de sortir d'ici ! Pose moi tout de suite !
- Hors de question. Pas tant que tu ne m'auras pas tout dis.
- Tu sais tout, pose moi !
Kaiser tourne pendant plusieurs minutes dans le complexe, ce qui exaspère Isagi.
- Tu fais exprès de marcher pour rencontrer du monde, tu veux qu'on nous voit dans cet état.
- Bien sûr, j'y prends du plaisir.
- Espèce de connard. Lâche moi !
- Depuis quand tu es obsédé par ma force ?
- Je ne suis pas obsédé, c'est toi qui invente…
Kaiser s'amuse à resserrer son bras autour de la taille d'Isagi jusqu'à ce que celui-ci s'arrête de parler et halète de douleur.
- Arrête tu vas laisser des marques, ça fait mal.
Isagi essaye de ne pas penser aux bleus que Kaiser avait un jour laissé sur sa taille à Blue Lock. Sur le coup, Isagi ne les avait pas sentit grâce à l'adrénaline, mais une fois au vestiaire, il s'était retrouvé avec 4 bleus en forme d'empreinte digitale sur son bassin.
Dès qu'il les touchait, il pouvait ressentir le frisson dans son dos, la force que Kaiser avait déployée pour juste l'écarter du ballon était impressionnante.
Les bleus sont restés pendant plus d'une semaine, et à chaque douche, Isagi les regardait fixement.
Alors quand il sent le bras le serrer aussi fort, il sent qu'il aura de nouveau des bleus, et il tente par tous les moyens de ne pas aimer ça.
Isagi tente de s'échapper mais le bras est fermement serré sur lui, ce qui réchauffe doucement son ventre.
- D'où t'est venue cette obsession ?
- Je… Depuis le match où tu t'es battu contre Kunigami.
- C'était il y a plusieurs jours de ça, tu m'aimes tant que ça ?
- Tais toi ! Tu sais que ce n'est pas ça.
- Je ne comprends pas pourquoi tu apprécies ça, tout ceux que j'ai croisé avaient peur de moi. Ils me traitaient tous avec crainte, ils m'offraient leurs parts de nourriture, s'écartaient dès que je haussait la voix, ils me fuyaient dès que je les poussait un peu trop fort. Tu devrais avoir peur, tu es plus petit, plus frêle…
Isagi y réfléchit et se met à la place de ceux que Kaiser décrit, mais il n'arrive pas à avoir peur.
- Je sais que tu ne me feras pas de mal, je ne t'ai jamais vu frapper quelqu'un sans qu'il ne l'ait mérité.
- Et comment as-tu réussi à trouver ma force "désirable" ?
- Tu inventes !
- Comment expliques tu tes rougissements quand j'utilise ma force sur toi ?
- C'est… Je ne sais pas. C'est plus fort que moi d'accord ?!
- Quand est-ce que tu as commencé à aimer ça ?
- Je te l'ai déjà dit, je ne sais pas. Je ne me suis pas réveillé un matin avec ça dans la tête. Je me souviens juste d'un moment. Je ne sais pas pourquoi, c'était étrange.
Kaiser laisse Isagi parler.
- Tu étais en train de finir de boire une canette, et j'ai remarqué que tu faisais toujours ce geste avant de la jeter à la poubelle. Tu l'écrase dans ta main. Je ne sais pas pourquoi, mais quand je voyais ça…
Kaiser sourit, amusé.
- Je ne t'imaginais pas comme ça.
- Comme quoi ? Demande Isagi intrigué.
- Tu es sensible à la force physique et tu aimes être dominé.
Isagi se redresse et rouspète, les joues rouges et gonflées de colère.
- Tu dis n'importe quoi !
- Tu aimes quand j'écrase des canettes dans mes mains, comment tu appelles ça ?
- C'est juste de la curiosité.
- Tu es ce genre de personnes qui aiment être marquées.
Isagi tire sur les mèches blondes et bleues pour le faire taire.
- Je t'ai demandé de te taire.
- Ne renie pas ce que tu es Yoichi...
- Je n'écoute pas un crétin comme toi.
Kaiser s'arrête de marcher et vient s'agripper au hanche d'Isagi de sa main. Isagi halète à cause de la poigne de fer dans sa hanche et surtout de la taille de la main de Kaiser qui englobe toute sa hanche.
Il tente de la dégager, sans succès.
Il sent de nouveau un éclair dans sa colonne vertébrale et un feu gronder dans son ventre. Il serre les poings pour s'empêcher de gémir.
Mais Kaiser le sent trembler contre lui, il sent son corps se tendre et se détendre et continue de marcher après avoir profondément laissé ses empreintes digitales sur la hanche d'Isagi.
- Comme je le pensais, tu aimes être marqué.
- Espèce de…
Kaiser remarque que le sweat s'est un peu levé à cause de ses doigts et s'arrête de marcher pour mordre la peau blanche. La réaction est immédiate. Isagi se tend et, surpris, lâche un cri étouffé.
Les dents de Kaiser pique et suce un court instant où Isagi est immobile, puis il sourit en voyant une trace rouge de sang derrière sa salive.
- J'ai hâte de voir quelles réactions tu feras en dessous de moi.
Isagi se sent étourdi, son ventre palpite, son visage surchauffe :
- Salaud… Tu n'as pas le droit.
Mais Isagi ne s'énerve pas plus, il reste appuyé contre le dos de Kaiser, comme s'il cherchait à se rapprocher de lui. Et quand Kaiser vient embrasser la marque de ses dents, il sent le corps d'Isagi se détendre. Comme s'il se sentait en sécurité.
- Nous avons toute la nuit pour ça.
Isagi ne répond pas, il se resserre contre lui.
