Chapter Text
Someoka dut faire pression deux bonnes journées mais parvint à faire bouger les bureaux fédéraux et le commissariat préfectoral de Sapporo afin qu'ils leur envoient des effectifs. La ligne de téléphone qui ne coupait plus à cause du mauvais temps aida beaucoup.
Les plongeurs remontèrent les quarante-quatre corps disparus des profondeurs. Le froid les avait préservés, mais rendus méconnaissables. Ils furent identifiés pour la plupart grâce aux relevés dentaires, et aux comparaisons ADN. Le plus vieux des corps, le quarante-cinquième, fut le seul à être reconnu comme une femme.
Le corps avait encore des cheveux, long et noirs, et une jambe cassée.
Someoka tint sa promesse, et fit ériger une plaque pour O-Yuki Wanabe, devant le lac.
« Ici. Avait-il déclaré en pointant un arbre qui ne se différenciait pas des autres. C'est là qu'il lui a dit d'attendre.
- Comment tu sais ? avait demandé Atsuya.
- Je sais pas pourquoi je le sais. »
Fubuki ne dit rien. Il regarda seulement Someoka prier discrètement pour le salut de l'âme de Wanabe, et vint glisser sa main dans la sienne lorsqu'il eut fini. S'il avait senti un poids se lever de ses épaules, il avait aussi senti un autre se rajouter sur les épaules de Someoka.
Yukimura et Matoro soupirèrent beaucoup en les regardant se tenir la main.
« Y'avait vraiment que toi qui était pas au courant. Asséna Oshiya.
- Il aurait pu être bi. Marmonna Matoro.
- Ce qui est surprenant c'est surtout monsieur Someoka. Il en a pas l'air hein !
- Ils sont fous ces citadins. »
Atsuya rit beaucoup de cette conversation.
Someoka resta une semaine supplémentaire, se chargeant personnellement de boucler l'affaire. Les Marcheurs Blancs s'avérèrent très intéressés par son savoir de coroner, Yukimura inclus, qui posa même quelques questions.
Fubuki se réjouit de tout, lui qui passait toutes ses nuits dans la chambre de Someoka. Il s'était rarement senti aussi heureux et apaisé de toute sa vie.
Sa montagne était redevenue belle, les gens ne mourraient plus et pouvaient monter jusqu'au lac, les morts avaient une sépulture, le wifi marchait, et il avait le plus bel homme du monde dans son lit.
Il n'osa pas lui dire qu'il aurait aimé qu'il reste. Il se disait aussi qu'il était même un peu tôt pour admettre ce genre de choses. Il n'en parla même pas à Atsuya, dont il connaissait déjà la réaction.
Sa gorge se serra tout de même en attendant le bus aux côtés de Someoka. Les Marcheurs Blancs s'agitaient autour d'eux, ravis de discuter une dernière fois avec le plus grand, auquel ils s'étaient attachés.
« Il est pas là Hyou-chan ? fit remarquer Kitami.
- Il boude probablement.
- C'est très impoli ! s'offusqua Oshiya.
- Ça m'étonne, lui qui avait l'air si intéressé par les histoires de meurtre de monsieur Someoka. Ajouta Araya.
- Aaaah, c'est pas qu'il boude, c'est qu'il est triste que Someoka s'en aille ! rit Hyoujou. S'il venait dire au revoir, il en pleurerait. »
Someoka sourit, mais à Fubuki particulièrement.
« Même pas besoin de réviser mes GTO. » chuchota-t-il.
Fubuki pouffa, collé à lui.
Oshiya et Araya eurent la gentillesse de faire partir tout le monde lorsque le bus arriva, pour laisser de l'espace à Fubuki et Someoka.
« Bon ! lança le plus grand, sans oser regarder Fubuki, Pas intéressé par une longue distance ? »
Fubuki lâcha un petit cri.
« Si ! s'écria-t-il sans hésitation.
- Ah bon ? lâchèrent Atsuya et Someoka simultanément.
- Toi non ? s'inquiéta Fubuki.
- Ah si. Si, si. Corrigea immédiatement le plus grand. J'aimerais beaucoup. Surtout maintenant que le wifi marche. Au pire j'appellerais l'auberge.
- Pitié n'appelle pas l'auberge. » firent les frères Fubuki en cœur.
Someoka rit un peu en chargeant son sac dans la soute du bus.
« Tu viendras me voir ? demanda Someoka.
- Oui.
- Bientôt ?
- Maintenant, si ça tenait qu'à moi.
- Hé ho les plans sur la comète hein. interrompit Atsuya.
- Je vous attendrais tous les deux. Sourit le plus grand. Bon, un plus que l'autre.
- On est un lot ! rétorqua Atsuya. T'avais qu'à pas m'entendre. Pas ma faute si t'es médium aussi.
- Je ne suis pas médium. »
La réponse de Someoka ne laissait pas place à la répartie, comme s'il disait un fait absolu.
Fubuki n'en pensa rien, se glissant dans les bras du plus grand, les mains sous son manteau.
« Tes mains glacées làààà. »
Someoka lui rendit tout de même son étreinte, chaude et puissante.
« C'était surprenant que Hyouga s'intéresse à tes histoires de coroner.
- Elles sont intéressantes mes histoires de coroner. Il a un caractère de cochon mais il est intelligent ce petit. »
Someoka monta dans le bus, donnant un dernier baisemain à Fubuki, qui rougissait toujours autant. Le cœur de ce dernier se pinça lorsque la porte du bus se referma derrière lui.
« C'bien la première fois que j'm'amène à Hakuren-Cho et qu'il faut aussi beau ! s'exclama le chauffeur, toujours aussi bon vivant.
- Et il va faire beau encore un moment. Affirma Someoka.
- Roooh la scoumougne que vous avez ! Vous partez au moment où il refait beau temps ! »
Someoka sourit seulement.
« Je trouverai bien une raison de revenir. »
