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Souvenirs souvenirs... (Serquel)

Chapter 12: Le coeur a ses raisons...

Notes:

Hello ! Voici le dernier chapitre de cette petite histoire. J'espère qu'elle vous aura plu ! N'hésitez pas à laisser en commentaires des impressions, critiques, pensées etc ! MERCI pour votre temps dédié à cette aventure !
L'histoire : "Et si" continuera à être publiée chaque jour normalement...
MERCI ! THANK YOU ! GRACIAS ! GRAZIE !

Chapter Text

Palawan, trois heures plus tard…

 

Ils se croyaient au Paradis même s’ils touchaient les portes de l’Enfer. Les murs étaient blancs, fades et froids. Un moindre objet lumineux se reflétait, éblouissant les yeux déjà fragilisés par les larmes fraichement coulées. Une atmosphère pesante flottait dans la salle. Cette dernière, presque vide, abritait tout de même trois personnes.
Ils attendaient, assis sur des chaises tout aussi blanches que les murs vides. Une femme et deux hommes de chaque côté. Au centre, ses coudes sur ses genoux, elle refermait son visage de ses mains. L’homme, à sa droite, fixait le mur en face, sérieux. Mais parfois, il jetait un coup d’œil en direction de la femme, soucieux. Il s’empêchait d’éprouver de l’empathie ou cette envie irrésistible de la réconforter. Ce serait inapproprié, déplacé et il ne s’attribuait pas ce rôle. L’autre homme, ne dévisageait que celle à sa droite et passait, hésitant quelques fois sa main dans le dos de sa compagne, la soutenant par des gestes plutôt que par des paroles qui ne venaient pas et qui sonneraient certainement faux.
Ils patientaient, sans bruit, sans échanger de parole. Juste leur présence suffisait à rassurer les uns comme les autres. Ils restèrent ainsi quatre heures. Puis, soudain, ils entendirent des pas couinant sur les carreaux blancs du sol.
- Mme Montilla ?
La femme ne réagit pas tout de suite, toujours pas habituée à ce nouveau nom de famille, censé la protéger.
- Raquel ? Glissa tendrement Sergio à son oreille.
Celle-ci leva la tête et rencontra les yeux interrogateurs et empathiques du médecin. Elle afficha une mine confuse puis se leva péniblement sur une jambe. Elle s’appuya sur Sergio, et Pablo vint aussi à sa rescousse pour la soutenir. Elle n’y prêta pas attention alors que son compagnon se renfrogna un peu. Sa cheville avait finalement cédé et à la place du bandage pour l’entorse, un plâtre s’étendait jusqu’à ses doigts de pieds.
- Oui, docteur ? Fit-elle d’une petite voix.
- L’opération a été longue mais vous avez sauvé votre mère. Vous pouvez vous rassurer, elle devrait être sur pieds dans peu de temps. Heureusement que vous étiez là, quelques jours plus tard, cette chute aurait pu lui être fatale.
Raquel lui adressa un sourire reconnaissant, elle se réjouissait que sa mère soit vivante. C’était tout ce qui comptait après tout.
- Merci Docteur ! Puis je la voir ?
- Je suis désolé, pour l’instant non. Elle est en salle de réveil. J’enverrai quelqu’un pour vous chercher quand elle pourra recevoir des visites. Cependant, vous pouvez rentrer vous coucher car je pense que ce ne sera pas pour tout de suite. Je vous conseille de vous reposer chez vous puis de revenir demain en fin de matinée.
Raquel voulut protester mais elle savait pertinemment que cela ne servirait à rien alors elle remercia une dernière fois le médecin et suivie par les deux hommes, elle sortit avec des béquilles en direction du 4x4. A la hauteur du véhicule, elle s’arrêta et se retourna pour leur faire face.
- Pablo, tu veux qu’on te ramène ?
- Non ma p’tite dame, j’ai ma moto ! A un de ces jours !
Il commença à se diriger vers son bolide quand elle le rappela.
- Pablo ?
- Oui.
- Merci pour tout.
A ces mots, elle sautilla sur une jambe et l’enlaça, à sa grande surprise. Au bout de deux secondes, elle desserra son étreinte et s’assit sur la siège passager de la voiture. Pablo resta pétrifié, ses joues avaient pris la couleur des coquelicots. Il fit un vague geste et démarra peu de temps après son engin et roula tout en jetant un dernier coup d’œil à cette femme qu’il trouvait surprenante et admirable. Il disparut dans les dédales des rues.
Sergio prenait place derrière le volant avec un point insupportable dans le ventre. Durant tout le trajet, il ne s’évapora pas. Aucun des deux ne lâcha un mot. L’une pensait à sa mère et à son sauvetage périlleux. L’autre ne revoyait que les deux moments où Raquel avait fini dans les bras de cet autre homme. La première fois, quelques heures plus tôt, Pablo l’avait récupérée avant qu’elle ne glisse en arrière, dans le ravin. La seconde fois avant de partir de l’hôpital. « Il faut que je me l’avoue, je suis … jaloux. » Cette pensée le rendait mal à l’aise. Il essaya de l’effacer, en vain. La jalousie est comme la rancune, un sentiment qui ronge de l’intérieur mais qu’on ne partage peu…

***************
Palawan, le lendemain à 11h30, à l’hôpital…

 

Raquel eut la possibilité de parler seule avec sa mère pendant maximum dix minutes car il fallait qu’elle se repose. Elle entra doucement dans la chambre. Un bandage autour de la tête, sa mère ouvrit péniblement les yeux et la scruta quelques secondes. Puis son visage s’illumina enfin. Raquel posa sa main sur celle de Marivi et retint ses larmes de l’autre. L’émotion était trop forte. Au bout d’une minute, l’alitée prit la parole.
- Où suis-je ?
- A l’hôpital maman. Lui répondit-elle paisiblement.
L’intéressée fronça les sourcils d’incompréhension.
- Pourquoi ?
- Tu me cherchais mais tu es tombée dans un ravin et tu t’es grièvement blessée.
Elle réfléchit puis ses yeux brillèrent.
- Mais oui ! Tu es rentrée ma chérie ! C’est Sergio qui va être heureux ! Il faut le lui dire !
Elle se dissimula pas sa joie, on aurait dit une enfant devant un magasin de bonbons.
- Il est déjà au courant, ne t’inquiète pas.
Raquel continuait de lui caresser la main.
- Bien. Tu sais, c’est un homme bien. Il était vraiment très inquiet de ton absence. Annonça-t-elle, sérieusement.
- Ah oui ? S’étonna-t-elle presque.
- Bien sûr ! Je ne sais pas s’il te l’a avoué un jour mais il t’aime, c’est certain. Je suis prête à parier qu’il doit être aux petits soins avec toi.
- Eh bien, hier soir, il m’a presque ignorée… Répliqua Raquel sèchement. Et puis franchement, s’il m’a cherchée partout comme il le laisse sous-entendre, il n’a pas fait un grand effort. L’idée de vérifier dans le bateau ne lui est même pas venue à l’esprit alors…
Elle allait continuer de se plaindre de son compagnon quand elle remarqua une lueur dans les yeux de sa mère. Elle la connaissait trop bien. Elle soupira et se tut.
- Ah mais tu es rentrée ! Mais où je suis ?! Paniqua Marivi, à nouveau.
Raquel lui répéta une dernière fois et sortit de la chambre, désespérée. Elle dévisagea Sergio qui se précipita vers elle pour prendre des nouvelles. Alors contre toute attente, elle se jeta délibérément dans ses bras. Il referma son étreinte fermement et inspira à plein poumon la délicieuse odeur de Raquel.
- Il faudra que l’on parle…Murmura-t-elle.
- Je sais. Se résigna-t-il.
Mais ils restèrent serrés, soudés contre le monde entier.

 

************
Palawan, deux mois plus tard…

 

Leur vie chamboulée par les évènements récents, s’était progressivement réorganisée. Dès que Marivi rentra chez elle, Sergio et Raquel embauchèrent d’un commun accord, une aide à domicile qui pourrait veiller attentivement sur l’évolution de la vieille dame. Alzheimer la dévorait et la perdait de jour en jour. Paula se sentait de nouveau entourée par sa famille même si chaque soir, elle se demandait quand elle reverrait son vrai père. Il lui manquait énormément, ainsi que sa tante. Quant à Sergio et Raquel, les débuts avaient été compliqués mais ils s’apprivoisaient de nouveau. La vie paradisiaque reprenait paisiblement.

 

*************
Palawan, un mois et demi plus tôt…

 

Raquel et Sergio n’échangeaient que de brèves paroles. Leur conversation tournait principalement autour de l’état de Marivi et des préparatifs pour son retour. Raquel dormait dans la chambre d’amis près de celle de sa fille. Sergio, habitué toute sa vie à dormir seul, détesta subitement cela, passant une grande partie de la nuit à observer la place vide à ses côtés. Il ne tiendrait plus très longtemps…
Dans l’après-midi suivante, ils reçurent la visite inopinée de Pablo, venant aux nouvelles de la mère de Raquel, et sous prétexte de récupérer les cordes qu’il leur avait prêtées. Même dissimulée, son attention toucha particulièrement Raquel et ils papotèrent près d’une heure. Ce fut suffisant pour que Sergio eusse mal au ventre. Quand enfin il partit, le Professeur fut soulagé et décida d’aller faire à manger pour le soir. Raquel, le regard furibond, le suivit avec ses béquilles.
- Qu’est ce qui se passe ? Gronda-t-elle.
- Rien. Répondit-il, étonné.
- Je ne suis pas dupe Sergio, qu’est ce qui t’arrive ? T’as vu ta tête quand Pablo est arrivé et tu as passé les trois quarts du temps à souffler et surtout à te taire alors qu’il est au départ ton ami. Et puis là, à peine tu lui dis au revoir. Je ne te reconnais pas !
Le silence tomba dans la cuisine. Raquel attendait impatiemment une réponse, le fusillant du regard. Il finit par ouvrir la bouche.
- A vrai dire, cela fait quatre jours et deux heures que tu m’adresses à peine la parole. A part des banalités, je veux dire. J’essaie de faire au mieux mais tu m’ignores. Là, Pablo vient pour des cordes et vous parlez pendant une heure. Tu ris à ses blagues et surtout il te regarde étrangement.
- Mais tu es jaloux ?! Éructa-t-elle-même si dans le fond, elle en était ravie.
Elle repensa à ce qu’avait dit sa mère et finalement lui donna raison. Peut-être qu’il ne lui dirait jamais mais il tenait vraiment à elle. Sergio, le regard triste, éluda la question.
- Tu as dit qu’on devait se parler.
- C’est vrai. Admit-elle, soudain peu enjouée.
Ils savaient tous les deux que le moment viendrait un jour ou l’autre. Alors, Raquel prit son courage à deux mains.
- Viens. L’invita-t-elle, en boitant jusqu’à leur chambre.
Sergio posa son tablier et la suivit docilement. Ses jambes tremblaient. Elle s’assit sur le rebord du lit et désigna le fauteuil où il s’installa. Un temps.
- Sergio…
- Raquel…
Ils s’esclaffèrent, complices. Ils avaient prononcés leur prénom respectif au même moment. Sergio lui fit signe de la main pour qu’elle débute, un petit sourire aux lèvres.
- Merci. Sergio... Cette mésaventure m’a éloignée de toi. Je le sais. Je sais aussi que si ma mère était réellement morte, je ne m’en serai pas remise par manque et culpabilité.
- Tu n’es coupable de rien du tout. C’est ma faute…-
- Laisse moi finir, je t’en prie. Le coupa-t-elle.
- Désolé…
- Et je pense que je t’en aurais voulu car tu as été la raison de mon départ. Mais ce que j’ai appris avec tout cela, c’est que la vie est courte et il faut en profiter avant qu’il ne soit trop tard. Et surtout il vaut mieux avoir des remords que des regrets. Demain, il pourrait t’arriver quelque chose et je sais d’ores et déjà que je ne pourrais pas le supporter.
Elle fit une pause, fixa de ses iris marrons Sergio puis reprit.
- Le passé est le passé. Ce que tu as essayé de faire durant le braquage n’a plus d’importance vu que tu n’es pas passé à l’acte. Puis tu m’as prouvé ces derniers jours que je pourrais toujours compter sur toi. Je veux que tu saches que moi aussi, je suis là. Donc cela veut dire, que je veux bien que l’on reprenne une vie à peu près normale, enfin si on peut dire cela.
Elle échappa un peut rictus auquel Sergio lui répondit de bon cœur.
- Raquel, je suis désolé. Vraiment.
- Je le sais.
Sur ce, elle s’approcha et posa sa main sur la sienne. Sa réaction fut la même qu’au Hanoï, mal à l’aise puis il se calma et apprécia cette chaleur qui remplit son cœur à nouveau. Elle lui avait terriblement manqué. Alors, cette fois il recouvrit ses doigts fins de sa paume droite. Ils s’observèrent en silence, leurs fronts collés. Un nouveau pacte pour une nouvelle vie.

 

Fin.

Notes:

Vous voilà arrivé.e.s à la fin de ce chapitre ! J'espère qu'il vous aura plu et que vous aurez envie de lire la suite.
Merci beaucoup en tout cas !