Actions

Work Header

Rating:
Archive Warning:
Category:
Fandom:
Relationship:
Characters:
Language:
Français
Stats:
Published:
2021-08-31
Updated:
2021-10-16
Words:
13,316
Chapters:
5/?
Comments:
77
Kudos:
144
Bookmarks:
7
Hits:
2,715

The Picte Effect

Chapter 5

Notes:

Pardon, pardon, pardon d'avoir pris tant de temps à poster une suite. Mais j'ai récemment repris une activité professionnelle qui me prend énormément de temps, je rentre KO tous les soirs et je bosse beaucoup à la maison pour maximiser mes chances de réussir.
J'espère que cette suite vous plaira :)
Bonne lecture!

Chapter Text

« Dîtes voir belle-mère, c’est quoi le projet ce soir ? » demanda Arthur innocemment.

« Si on vous demande, vous direz que vous savez pas, » répliqua Dame Séli avant de continuer son chemin.

« Ah mais va falloir voir à se calmer direct parce qu’au cas où vous auriez loupé l’info, je me suis marié avec votre fille ce matin et je viens de me coltiner vos potes burgondes cet après-midi. » râla-t-il en accélérant pour la doubler et se planter devant elle. Oh il savait que ça ne l’impressionnerait pas, mais au moins ça stopperait son élan.

« Et donc ? » Il n’allait pas oser mettre ça sur le tapis non ? Pas après toutes ces années quand même.

Alors là si elle croyait l’impressionner, elle se foutait le doigt dans l’œil jusqu’aux orteils. « Et donc ce soir, c’est ma nuit de noces. »

Et bah si, il osait le con ! « Vous savez quoi ? Vous ferez comme la dernière fois, y’en a pas eu et ça ne semblait pas vous emmerder plus que ça non ? »

Ah la vache, il ne l’avait pas vu venir, mais il devait admettre que c’était amplement mérité. Que pouvait-il répondre à ça de toute façon ? La vérité ? Qu’ils avaient décidé de faire table rase du passé et de tout reprendre de zéro et de faire les choses bien et comme il le fallait ? Et donc, d’avoir une nuit de noces ?

« Allez hop du vent, y’en a qu’ont du boulot ici ! » dit-elle finalement en lui passant devant et en s’éloignant.

« Bah justement, c’est quoi ce boulot ? » cria-t-il en la voyant s’éloigner au loin dans le virage d’un couloir.

« Ah on peut dire que vous savez faire dans la discrétion vous… » observa le roi de Carmélide qui était resté en retrait.

« Mais c’est elle qui organise la fiesta picte, qui d’autre aurait pu me renseigner ? » répondit-il comme une évidence.

« Mais vous êtes dur de la feuille ou vous avez vidangé le truc entre les deux oreilles ? Je vous ai dit que j’allais vous montrer tout ça ! » grogna Léodagan.

« Mais c’est QUOI ce truc ? » répéta Arthur. C’est qu’ils commençaient à lui courir sur le haricot les pictes et compagnie là !

« Je vous l’ai dit, c’est une connerie picte, un truc où elles dansent à moitié à poil sous la lune. »

« Pardon ? » non mais il avait trop pris le soleil le beau-père ? Sa femme allait danser à poil sous la pleine lune ? Devant tout le monde ? A poil sous la pleine lune à vrai dire il n’avait rien contre, mais l’aspect « devant tout le monde » par contre, ça le mettait assez de travers.

« Comme j’vous l’dis. Bon, à poil c’est un grand mot mais des fois y’a moyen de reluquer un peu. »

Arthur faillit s’étrangler, « mais c’est quoi ces traditions dégueulasses ? »

Léodagan s’amusait beaucoup, et il comptait bien faire durer le plaisir jusqu’au soir, c’était bien trop marrant pour s’en priver. Et du marrant, il en avait sévèrement été sevré ces dernières années.

« Non mais vous avez pas la lumière à tous les étages en Carmélide ou quoi ? » s’emporta Arthur.

« Eh oh faudrait voir à se calmer cinq minutes, c’est une connerie PICTE j’ai dit, c’est pas de chez moi du tout ! » grogna Léodagan. « Bon de toute façon faut que j’aille secouer les burgondes et qu’on vérifie un peu l’état de leurs tourelles, je passerai vous chercher ce soir et on les suivra de loin. »

Et il partit à grandes enjambées, se frayant rapidement un chemin le long du couloir, laissant son gendre planté en plein milieu, des questions plein la tête. Non seulement il allait être privé de sa nuit de noces, mais en prime sa femme allait se balader à poil devant tout le monde. Y’a des trucs qui ne tournaient pas rond dans ce bled !

Décidé à ne rien manquer de l’événement, il opta pour un repli stratégique dans sa chambre, après tout, pour une fois que tout le monde lui foutait la paix et le fuyait, il n’allait pas s’en plaindre. Un peu de repos lui ferait du bien s’il devait suivre discrètement les deux femmes avec son beau-père en pleine nuit.

Son plan tomba à l’eau lorsqu’il tomba nez à nez avec Guenièvre qui sortait de la chambre au moment où il y entrait. Elle rougit immédiatement tentant de cacher maladroitement un paquet qu’elle avait recouvert d’une cape.

« J’ai cru comprendre que vous auriez du retard ce soir ? » se décida à dire Arthur.

« Vous m’en voyez désolée, mais cela fait partie de mes obligations en temps de princesse de Carmélide. » expliqua doucement Guenièvre, « mais je vous promets de revenir dès que possible. »

Il lisait la sincérité et l’inquiétude au fond de son regard, elle n’avait jamais été capable de le duper, en fait à vrai dire, elle n’avait plutôt jamais essayé de le faire, l’honnêteté était une qualité qu’il appréciait chez sa femme. Mais il n’aimait pas y voir l’inquiétude, il l’avait trop vue avant et il savait bien qu’il en était la plupart du temps responsable. Et ça, c’était terminé.

« Faites ça là, votre truc de princesse, et revenez vite alors, » dit-il en portant sa main à sa bouche et en y déposant un baiser, la faisant doucement rougir à nouveau. Il ne lui facilitait pas la tâche car il lui semblait bien avoir compris qu’elle aurait largement préféré rester avec lui, elle était tout aussi punie que lui à ce propos. Elle avait suffisamment attendu ce moment en plus, finalement elle devait être encore plus frustrée que lui à bien y réfléchir.

Souriante, elle s’éloigna doucement, se retournant quelques mètres plus loin pour lui sourire à nouveau et lui faire un petit signe de la main lorsqu’elle constata qu’il n’avait pas bougé et qu’il la regardait avancer. Saleté de pleine lune.

Devant retrouver sa mère dans la chambre royale de Carmélide, Guenièvre déposa le paquet sur le lit de ses parents, écartant les plis de la cape qu’elle avait utilisée pour camoufler le tout, sa mère ne tarderait plus et elles devaient sérieusement discuter toutes les deux, peut-être avait-elle encore un moyen d’y échapper ?

« Vous n’êtes pas encore prête ? » s’agaça Dame Séli en la découvrant ainsi dans sa chambre.

« A vrai dire je ne me sens pas de le faire. » répliqua Guenièvre.

« Ah mais vous n’avez pas le choix ma ptite, c’est à vous maintenant, moi j’ai passé l’âge depuis pas mal de temps et vu que vous êtes présente et que le peuple en a parfaitement conscience, y’a plus le choix, ça serait un mauvais présage que je continue avec vous dans le coin. »

Guenièvre soupira, non, aucun moyen d’y échapper. Elle porta son regard sur la tenue chatoyante qui s’étalait sur le lit. Jamais de sa vie elle n’avait porté un vêtement aussi somptueux et aussi voyant. Même en tant que Reine de Bretagne, elle avait toujours eu à cœur de porter des tenues, certes élégantes, mais simples. Elle refusait de trop se différencier du peuple, à son sens c’était une façon de leur montrer qu’elle tenait à eux et qu’elle ne gaspillerait pas le trésor royal. Et elle avait toujours vu sa mère la porter depuis qu’elle avait été initiée. C’était presque un sacrilège que de la lui prendre.

« Allez on n’a pas la nuit ! Habillez-vous, je reviens dans cinq minutes pour vous coiffer. »

Soupirant, Guenièvre s’exécuta, elle savait qu’elle n’aurait pas le dernier mot, autant y aller, faire les choses comme on attendait d’elle qu’elle les fasse, et rentrer au château au chaud, sous les draps, avec son mari.

Une bouffée de chaleur lui monta à la tête, il semblait bien décidé cette fois, c’était sans commune mesure avec leur premier mariage. Rien que d’y penser elle en avait le cœur qui chavirait, à la fois de peur et d’excitation. Elle allait enfin découvrir les choses de l’amour, à son âge c’était ridicule, mais c’était comme ça. Elle espérait juste ne pas trop le décevoir et être nunuche face à lui qui avait tant d’expérience.

« Non mais vous vous foutez du monde ? Allez hop en tenue ! » gueula Dame Séli depuis le seuil de la chambre.

Guenièvre s’empressa de passer la tenue outrageusement luxueuse à son goût et s’assit sur une chaise tandis que sa mère s’occupait de ses cheveux.

Elle la regarda au bout de longues minutes et hocha la tête, satisfaite. « Vous auriez dû faire ça plus tôt, vous êtes magnifique, » dit-elle soudain, clouant sa fille sur place tant elle ne s’attendait pas à recevoir un tel compliment de la part de sa mère qui en était si avare habituellement.

« On finira sur place, ça serait trop voyant. » dit Dame Séli en repliant la cape sur les derniers éléments de la tenue et les emportant avec elle. « Passez un manteau discret et on y va, faudrait pas faire attendre votre père. »

« Père vient ? »

« Non, il n’est pas convié, vous savez bien que c’est une cérémonie féminine. » répliqua sa mère.

« Je ne comprends pas. » répliqua Guenièvre en fronçant les sourcils, clairement intriguée.

« Il se trouve que votre père me suit tous les ans depuis des années, et croit être discret par-dessus le marché. Je suis attachée à ces traditions mais pas au point de les respecter à la lettre. Sans compter que si je les suivais à la lettre je devrais l’égorger, ça ferait un peu désordre non ? »

« Oui c’est sûr, vu sous cet angle … » répliqua Guenièvre, à la fois amusée par les chamailleries amoureuses de ses parents et effarée par la dureté des traditions pictes. Souvent quand elle était enfant, elle avait entendu son père railler les rituels de sa mère, mais finalement, il ne l’avait jamais empêchée de continuer, lui montrant par là un réel respect. Et à son adolescence, il n’avait émis aucune interdiction lorsque sa mère l’avait initiée. Et aujourd’hui, elle allait prendre le relai, c’était un jalon éminemment important dans la vie d’une princesse picte.

Arrivées au pied du château, elles prirent quelques instants pour observer les lieux, il ne manquerait plus que des saxons ou la poignée de fidèles de Lancelot ne leur tombe dessus. Sa mère regardait fixement vers la forêt, aux aguets, puis elle vit ce qu’elle cherchait, un signal lumineux qui lui donna la direction à suivre. Oh, elle savait vers où aller, mais là, elle avait maintenant l’assurance que le chemin était sûr. Les demoiselles pictes qui l’avaient suivie lors de son mariage, et leur descendance qui comme Guenièvre avait été initiées, avaient sécurisé le chemin qui menait vers le cercle de pierres.

Bientôt elles arrivèrent dans la petite clairière et Guenièvre constata que la nouvelle de sa prise de fonction était déjà connue car toutes les femmes, jeunes et moins jeunes s’inclinèrent à son passage comme elles le faisaient avec sa mère. Dans ce genre de rassemblement, il n’y avait plus de Reine, ni Princesse. Il ne restait que des femmes, toutes égales, à l’exception de celle qui les menait, la grande prêtresse, représentante de la déesse Terre.

On était loin des rituels d’adoration du Dieu unique. Et même si elle le priait régulièrement, Guenièvre ne se sentait pas d’abandonner ces traditions pictes. Elles faisaient partie de sa vie et de son sang.

Les jeunes femmes allumèrent un feu au pied d’une large pierre plate qui était couchée au pied d’un menhir gigantesque. Il faisait office d’autel pour leur cérémonie. Ensuite, tout comme Merlin l’avait fait le matin autour du chêne, elles tracèrent un large cercle, jetant du sel à plusieurs endroits. A distance régulière, elles disposèrent de petites lampes à huile qui n’attendaient qu’à être allumées. Suivant sa mère, Guenièvre se plaça devant le feu qui commençait à bien prendre. Les autres femmes prirent place à l’intérieur du cercle, à côté de chaque petite lampe à huile, en prenant toutes une dans les mains.

Séli qui avait ôté sa cape leva alors la couronne qui était cachée dans celle que Guenièvre avait apportée. Elle portait une robe éclatante de blancheur, et sa fille comprit que le moment était venu. Elle allait devenir à son tour la représentante de la déesse. Relevant le menton comme pour s’affirmer prête à relever le défi, elle ôta à son tour la lourde cape qui la tenait relativement au chaud.

Au loin, caché dans un buisson aux côtés de son beau-père, Arthur ne perdait pas une miette du spectacle, Léodagan avait eu raison, c’était à voir. Il retint un sifflement d’admiration lorsqu’il vit dans quelle tenue se présentait Guenièvre. Jamais encore elle n’avait paru aussi belle. Sa lourde chevelure avait été tressée et mise sur le côté. Elle portait une robe d’un rouge sang, rehaussée de broderies dorées. La dernière fois qu’il avait vu une tenue aussi somptueuse, c’était à Rome. Il allait secouer la tête pour faire partir ce souvenir lorsqu’il écarquilla les yeux en voyant Séli poser une couronne dorée sur la tête de sa fille, la rendant encore plus régalienne si cela était même possible. La couronne était solaire, elle faisait le tour de sa tête et des rayons dorés s’en échappait formant un halo autour de sa femme. On aurait vraiment dit une déesse.

Il vit ensuite Guenièvre prendre une torche et faire le tour du cercle, en partant en sens inverse de celui de la course du soleil. Petit à petit, elle alluma les lampes de toutes les femmes présentes, finissant par celle de sa mère. Et tour à tour, les femmes se mirent à danser, en tournant sur elles-mêmes, chantant quelque chose dont Arthur ne saisissait pas le sens. Il ne comprenait absolument rien à ce qui se passait, mis à part que cela lui rappelait les cérémonies dont il avait entendu parler à Rome, là-bas aussi quelques hommes bravaient les interdit pour y assister en douce. La lumière du feu et des lampes projetait des ombres monumentales sur les menhirs qui étaient parsemés dans la clairière, rendant la cérémonie encore plus mystique.

Guenièvre était au centre, les bras levés au ciel, chantant également, donnant comme un rythme à la danse qui tournoyait autour d’elle, les femmes présentant leur lampe en offrande au ciel, tournant sur elles-mêmes dans des chorégraphies qui semblaient ancestrales.

Les chants s’accélèrent, et il remarqua alors qu’on entendait un tambour, qui martelait le tempo. Et d’un coup, tout stoppa, les lampes se posèrent au sol dans un mouvement presque unique tant il fut synchronisé entre toutes les femmes. Elles s’agenouillèrent et seule Guenièvre resta debout, au centre du cercle, les bras toujours tendus vers le ciel. Elle parla à nouveau, mais il était trop loin pour entendre ce qu’elle pouvait dire. Et puis de toute façon c’était probablement en picte.

« C’est le moment de se tirer en douce mon gars, c’était la fin, elles vont discuter entre bonnes femmes et repartir chacune chez elles » souffla Léodagan en commençant à battre retraite vers le château. « Si jamais on se fait choper, on va entendre parler du pays. »

Arthur le suivit aussi discrètement que possible, regrettant de ne pas pouvoir assister jusqu’au bout à cette cérémonie qui, il lui semblait, venait de consacrer sa femme à un rang élevé. Il fallait absolument qu’elle porte cette robe le jour du couronnement. Car il avait bien l’intention de faire d’elle la Reine légitime de Bretagne et plus seulement la Reine consort. Elle avait prouvé qu’elle méritait pleinement ce rôle.

Il avait à peine dix minutes d’avance sur elle lorsqu’elle arriva finalement dans la chambre. Il avait juste eu le temps de se glisser dans les draps gelés du lit et de tenter du mieux qu’il le pouvait de le réchauffer comme aurait dû l’être un lit occupé depuis plusieurs heures.

Il ouvrit légèrement les yeux, espérant de tout cœur qu’elle porte encore la magnifique robe rouge, mais c’était peine perdue, elle s’était déjà changée. « Pardon, je vous ai réveillé, » dit-elle en se glissant rapidement sous les lourdes couvertures de fourrures.

« Il me semble bien qu’on avait quelque chose de prévu ce soir non ? » dit-il doucement en lui souriant, se voulant à la fois séducteur et rassurant. Séducteur, il l’avait sans doute été, car elle se mit à rougir, une récurrence qu’il appréciait beaucoup ces temps-ci. Elle hocha la tête, incapable de prononcer un mot tant elle était dépassée par les émotions.

« Je vous propose de me laisser mener la danse, » dit-il les yeux pétillants, l’allusion à la cérémonie picte l’amusait beaucoup.

« Vous étiez là aussi ! » protesta Guenièvre, presque outrée.

« Votre père trouvait important que j’y assiste, » se décida à avouer Arthur. Guenièvre secoua la tête roulant les yeux au ciel, amusée à son tour. Elle trouvait touchant que son père ait voulu partager ce moment avec son mari. Les choses avaient tellement changé.

« C’est à notre tour de danser maintenant, rien que tous les deux, » dit finalement son mari, avant de fondre sur ses lèvres.

Notes:

J'ai une autre idée en tête avec le personnage d'Ayden, il est possible de le retrouver à un moment où à un autre, pas dans une suite à cette histoire, plutôt une autre possibilité.
Les deux trames ont tourné dans ma tête et se mélangeaient mais rien à faire, ça partait dans tous les sens, donc je me suis dit qu'il serait mieux de faire deux histoires indépendantes.