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Thousand tears under the blue sky.

Summary:

Quelque part en Europe, 1900~1920, contexte sans guerre.

Après le décès de sa femme, Mr Troyard se renferme dans sa demeure sans plus en ressortir et commence à négliger son fils. Pour pallier à ce manque d'attention, les gouvernantes font le nécessaire pour convaincre le Maître de faire venir quelqu'un pour égayer le quotidien de Slaine qui n'a aucun ami. Maltraité dans son école privée pour garçons dont il était la risée, le jeune Maître s'est rapidement déscolarisé. Le déclin de la noble famille Troyard devient inévitable depuis ce drame, presque tous les riches la regardent d'un mauvais œil. Un jeune orphelin est donc engagé pour donner des cours au domicile des Troyard. Qu'il soit payé pour être le professeur ou l'ami de Slaine, il habitera désormais dans leur manoir jusqu'à la réhabilitation totale du jeune Maître.

Notes:

Bonjour / Bonsoir !

Ceci est ma première fanfiction et le site ne les héberge pas en français... Ne sachant où mettre mon travail je le laisse ici, en espérant que certaines personnes trouveront du plaisir à me suivre ! Soyez indulgent je vous en prie !

N'ayant aucune inspiration pour le titre des chapitres je donnerai le nom d'une nuance de bleu à chacun d'eux en attendant d'avoir l'idée du siècle.

Bonne lecture !

Chapter 1: Pétrole.

Chapter Text

  L'ombre des arbres ne se découpait pas de manière très nette du ciel, ce jour là. L'ambiance grisée de cette route forestière ne présageait pas une journée extraordinaire, bien que cette dernière fut de très loin monotone. Chaque sortie de l'orphelinat ne pouvait être qualifiée de monotone en effet, bien qu'elles n'aient en soi rien exaltant. Aller à l'école et rentrer directement après les cours puis goûter, escortés par les autres enfants. Quelques rares fois, accompagner Dame Marceline chercher de nouveaux vêtements ou tissus, destinés à remettre en état ceux qui étaient trop abîmés. Rencontrer parfois ceux qui seraient des familles potentielles pour sa sœur et lui. Des familles potentiellement trop pauvres pour accueillir deux enfants au sein de leur foyer. Alors il avait fallu trouver une solution, la vie qu'ils menaient ne pouvaient continuer ainsi. Attendre de pouvoir compter un foyer pour grandir, que dis-je... Sur un père autoritaire mais gentil et sur une mère aimante. Non vraiment, c'était une perte de temps que d'attendre ce jour tant espéré.

  Les cahots réguliers et doux de la voiture ne le dérangeaient absolument pas. Nullement accoudé contre la vitre de l'arrière du véhicule contrairement à son précepteur, il restait assis de la façon la plus droite qu'il fut. Ses orbes rougeâtres restaient plantées sur un papier qu'on lui avait donné plus tôt. A quoi pouvait-il bien penser ? Il avait disposé de plus de deux heures de trajet pour le mémoriser, ce papier. Deux longues heures regroupant les kilomètres traversés via le réseau ferroviaire ainsi qu'en voiture. Sagement déposée à ses côtés sur le siège central de la banquette, sa mallette en cuir de l'école ne bougeait point, même dans les virages. Celle-ci contenait quelques cahiers et manuels, quelques crayons, ses deux plumes ainsi qu'un encrier. La petite malle de voyage contenant le peu de ses effets personnels avait été disposée dans le coffre, hors de portée.


« Nous arrivons bientôt, c'est l'histoire de quelques minutes. » avait signalé le conducteur.

« Merci pour le renseignement... Il me tarde de sortir me dégourdir les jambes. » renchérissait le précepteur. « Tout ira bien pour toi, gamin ? Tu ne regrettera pas ton choix ? » l'interrogation fut suivie de près par un regard pour le moins inquiet. C'est qu'il était vraiment jeune pour tenter de voler de ses propres ailes.


  Un signe négatif du menton suffisait comme réponse de la part de l'enfant qui se résolvait enfin à abaisser le dossier, lâchant du regard les quelques notes à l'égard de son futur élève. Une petite photographie rectangulaire de l'intéressé ornait le coin de la page, maintenue par un trombone. Stoïque, il observait à présent le paysage végétal défiler par la fenêtre impeccable de l’habitacle. Mentalement, il notait qu'il n'en avait peut-être jamais vue d'aussi propre... Bien que l'orphelinat soit tenu d'une main de maître par la directrice Dame Marceline et ses gouvernantes. L'écart entre la richesse et la pauvreté ne pouvait se tenir réduite à ce genre de détail futile mais pourtant, c'était bel et bien ce genre de détail qui vous donnait quelques indices sur la richesse d'une famille. Avoir un majordome, une ou plusieurs gouvernantes, des domestiques, parfois même des gardes du corps. Les nobles pouvaient avoir à leur disposition bien plus qu'une flopée de personnes à leur service, et cela faisait d'eux des gens hautement distingués... Et pourtant, il préférait largement les femmes qui tenaient l'orphelinat. Elles étaient aussi forte physiquement que mentalement, assez costaud pour tenir les enfants effrayés par un orage dans leurs gros bras que pour les faire aligner face au mur dans le couloir du dortoir lorsqu'ils avaient commis quelques farces pour se coucher plus tard.

  D'ailleurs, avant qu'il ne prenne la route ces dernières s'étaient accrochées à lui pour le couvrir de baisers et lui souhaiter bon courage pour ses prochains mois. Selon une, il était le plus courageux et intelligent de l'institution. Enfin, ce n'était qu'une question de point de vue, il faisait le nécessaire, ni plus ni moins.

  Malheureusement avant de se rendre à la gare, il n'avait eu le temps de revoir sa sœur. Elle était au travail après tout. Mais ce n'était pas grave il la reverrait bien assez tôt... Puis il faisait ça en partie pour elle, aussi. Sa démarche avait un but bien précis : gagner assez d'argent pour qu'ils puissent devenir autonomes. En attendant d'avoir l'âge de réellement travailler, le brun ne pouvait que mettre son intelligence à profit en donnant des cours. Depuis ses neuf ans et haut comme trois pommes, il s'entraînait à cela en aidant les plus âgés à faire leurs devoirs, leur faisant également revoir leurs leçons pour leur faire apprendre. Il poussait même les plus jeunes à l'exercice de la lecture. Plusieurs avaient appris à lire l'heure ainsi qu'à compter grâce à sa persévérance détachée, ce qui soulageait les gouvernantes dont l'école était bien trop lointaine dans leur mémoires.

  Lentement, la voiture glissait entre les décors verts jusqu'à enfin accéder à une sorte de chemin de graviers. Les pneus s'enfonçaient légèrement dedans en ralentissant, puis la voiture s'immobilisait en crissant face à un grand portail orné de colonnes en pierres carrées. Sur chacune trônait un chérubin blanchâtre aux ailes déployées, l'un armé de son arc et l'autre semblant demander grâce au premier. Futile détail. De chaque côté s'étendaient de mornes grilles, séparant la forêt des différents jardins qu'un tel domaine devait contenir. Au loin se profilait un lac, renvoyant le reflet du ciel tel un miroir inversé.


« Jeune homme. » l'interpella la voix par la porte du véhicule ouverte de son côté, l'obligeant à s'extirper de la banquette au cuir nourrie de sa chaleur corporelle.


  Sans se presser, l'enfant attrapait l'anse de sa mallette afin de tirer celle-ci sur ses genoux. Oui, il allait descendre. Un pied après l'autre dépassèrent du véhicule puis il se mit debout. Enfant bien élevé malgré les condition de pauvreté de l'institution, il n'allait pas s'enfuir à toutes jambes et courir ci et là en s'émerveillant de la splendeur des lieux. Au lieu de ça, il abaissait de temps à autres son papier au fil de la marche pour vérifier l'état de ses chaussures. Elles n'étaient portées que pour les grandes occasions ainsi que la messe du dimanche. Si ça n'avait tenu qu'à son humble avis, les godasses en cuir qu'il portait tous les jours pour aller à l'école auraient été plus que suffisantes. Le portail se refermait derrière eux, marquant le début de la visite par le majordome. D'une oreille bien plus détachée que celle du précepteur, le brun écoutait les différentes indications. Tel jardin, telle terrasse, tel lieu affectionné par le jeune Maître... A vrai dire, il s'en fichait quelque peu. Il était ici pour donner des cours et non pour emménager définitivement. Il ne trouverait ici aucune famille, aucune place qu'il serait fier d'occuper. Sa présence servait uniquement à collecter l'argent nécessaire à ses plans. La liberté ne tenait qu'à l'argent, à cette époque.

  Ils en arrivaient enfin au manoir, plan qui attrayait un peu plus l'enfant. Jamais il n'avait eu de chambre pour lui seul. A présent, la mention de cette dernière qui lui était octroyée en plus d'un bureau d'étude avait su mériter toute son attention. Mais alors que ses prunelles balayaient les vignes vierges recouvrant partiellement la façade noble de la bâtisse, celles-ci avaient significativement déviées un peu plus loin, du côté d'une aile précédemment présentée comme à l'abandon. Hm ? Une tache blond pâle s'était enfuie hors de son champs de vision. Le brun pivotait vers cette brève apparition, presque hypnotisé par la curiosité en l'espace d'une fraction de secondes. Son visage. Il n'avait pu le voir, alors qu'il était certain qu'avec son angle de vue et sa position leurs regards auraient dû se croiser. Mais il n'en fut rien.


« Vous avez dû voir le jeune Maître. Ne vous en faites pas, il est convenu que vous ayez un petit entretient avec juste à la fin de la visite. » signalait aimablement le majordome, comme s'il avait pu sentir la curiosité pressante du brun au delà de son stoïcisme naturel. Ce dernier n'avait pas cillé un instant, pourtant.

« Je ne voulais pas spécialement le voir. » intériorisait le petit professeur, serrant ses doigts autour de sa lanière de cuir comme s'il était victime d'une injuste méprise.


  Rapidement, cette coupure fut effacée et la visite pu reprendre son cours. Les somptueuses salles aux plafonds hauts se succédaient. Tapis luxueux, lustres étincelants, meubles et tables de boiserie d’exception... Des vases jusqu'aux tapisseries, en passant par les napperons : tout était pimpant et soigné, hurlant la noblesse de leur classe sociale.

  Puis on arrivait à la rencontre avec le Maître, Monsieur Troyard. Durant l'attente, il avait pu enfin glisser la note d'information entre les livres contenus dans son cartable, portant un soin particulier à ne pas la froisser... Après avoir fait patienter ses invités quelques minutes dans le corridor de son bureau à déguster un thé, le sieur se présentait enfin. Un air las et fatigué le représentait épuisé de la société, peut-être même de la vie en personne. Semblable à celle de son fils brièvement aperçu, sa chevelure d'un blond pâle retombait en douceur sur son visage et frôlait ses épaules, paraissant presque délavée avec l'âge. Ses yeux d'un bleu presque transparents reflétaient une autorité dure, ornés de sourcils trop souvent froncés pour un père de famille. Il était un bel homme, bien conservé. Mais la vie l'avait usé physiquement et mentalement plus que nécessaire.


« C'est donc toi. » avait murmuré le Maître, préparant une phrase plus longue à l'intention de l'orphelin. « Je m'attendais à ce que tu aies l'air moins jeune et un peu plus dégourdis. N'as-tu donc pas de langue ? » Ce fut les seuls mots de la conversation qui lui furent adressés, au bout d'une trentaine de minute et pourtant, le brun n'y répondit point.


  Le précepteur excusait le silence éminent du petit brun qui s'était à nouveau contenté de hocher plus ou moins le menton. Pourtant, il s'était montré irréprochablement poli et n'avait manqué de respect à aucun moment. On le dé-congédia rapidement après lui avoir annoncé que ses effets personnels seraient déposés dans sa chambre s'ils ne l'étaient pas déjà. Qu'il aille se balader dehors, l'air frais lui ferait le plus grand bien. Un enfant n'avait rien à faire dans des conversations d'adultes. Il s'était alors incliné poliment, se laissant dé-congédier sans souffler mot. Après s'être faufilé par la porte de sortie de la pièce à la luminosité grisâtre, il avait entamé la longue descente des escaliers, sa petite main suivant les serpentins que formait la rampe lisse et propre. Une rampe aussi longue aurait servi de toboggan aux autres orphelins certainement, mais lui était bien plus lucide et tranquille. Il n'était pas particulièrement à la recherche d'émotions fortes ou de moyens farfelus de se sentir vivant et conscient.

  Coupant court à ses réflexions, il dû faire face à une furie essoufflée qui l'attendait en bas des escaliers. Muet, il laissait simplement retomber sa main de la rampe et finissait de descendre les dernières marches qui donnaient accès à l'une des terrasses ombragées à sa gauche.


« Tu... ! » avait-il seulement réussi à articuler tant il était essoufflé, laissant le plus jeune dans l'attente d'une suite. Un rapide coup d’œil suffit à le détailler.


  La main déposée sur son buste devait certainement tenter de contenir le rythme cardiaque qu'une telle course avait déréglé ainsi que rendre à ses poumons une respiration à peu près convenable. Mais c'était peine ratée, plus le blond s'y efforçait et plus catastrophique était sa tentative de parler. Ses doigts étaient mi-agrippés à sa chemise blanche à manches rempliées sur ses avants-bras, blancheur immaculée recouverte par un simple veston marron, semblant être un genre de soie. Il portait un short brun presque kaki qui laissait à l'air les quelques blessures de ses genoux. Du sang avait un peu coulé sur son tibias, manquant de tacher ses chaussettes blanches. Et enfin, il avait des chaussures similaires aux siennes, mais abîmées par les promenades extérieures à répétition. Le brun ne bougea à aucun moment après s'être arrêté sur la dernière marche, mallette en main. Il attendait visiblement la suite de la phrase.

  Les doigts fins et sales du noble se lièrent autour de la broche qui retenait un ruban bleu sombre autour du col de sa chemise, maintenant le tout bien serré et droit. Une broche brillante et ovale, arborant une douce couleur bleue aux reflets turquoises. Ses orbes s'y attardaient un instant, avant de méchamment se perdre dans les yeux du blond. Une couleur similaire et attirante y résidait, contourée par de longs cils épais et sombres. On aurait dit des joyaux ou quelque chose de tout aussi précieux. Ses pupilles étaient si tranchantes qu'il manquait de sursauter en les remarquant. Voulant poursuivre son observation de plus près, ses semelles neuves quittèrent la marche pour s'avancer vers le plus âgé.


« Je quoi ? Ce n'est pas très poli de commencer une phrase ainsi. » se plaignit simplement le brun d'un ton détaché pourtant très neutre.

« Tu... T-tu... » bégayait la touffe blonde et duveteuse, elle faisait peine à voir. « Tu n'as pas à me parler sur ce ton. » soufflait-elle ensuite alors que ses petits bras se croisaient catégoriquement autour de sa poitrine. Si bien que le brun cru avoir un problème d'audition, de sa main libre il tapotait son oreille, la frappant doucement à l'aide de sa paume. Il avait forcément mal entendu...

« Je pensais que les nobles étaient plus éduqués que cela, mes excuses. Je me suis trompé. »


  L'autre enfant roulait maintenant des yeux, ces derniers lançaient littéralement des éclairs. Pour qui se prenait ce gosse sans parents ? Nerveusement et surtout impulsivement, il commençait à remonter d'avantage ses manches sans hésiter un instant à tacher le tissus immaculé de ses vêtements... Désespéré, le brun poursuivait avant qu'une bagarre n'éclate pour quelques paroles mal prises.


« Je m'appelle Inaho, je viens d'avoir douze ans comme mon anniversaire est au mois de février. Je vis dans un orphelinat avec ma sœur, vers le Sud du pays. Enfin, je ne pense pas que tu puisses savoir d'où je viens, comme c'est une petite ville. Je te montrerais si cela t'intéresse. Je te monterais tout, c'est le but de ma présence après-tout. »


  Malgré son débit encyclopédique dénudé d'émotions et son regard stoïque, le brun avait forcé un très léger sourire et tendu sa main libre face à lui, la présentant au plus âgé pour qu'il serre cette dernière. En espérant qu'il se calme, surtout. Face à lui, la terreur miniature avait flanché, victime de rougeurs au niveau des joues et du nez. Hé ? Qu'est-ce qu'il avait ? Décontenancé, son regard avait filé à plusieurs endroits de la pièce jusqu'à fuir en coin. Était-il calmé ? Est-ce qu'il réfléchissait ?


« Jeune Maître ? » soufflait Inaho, conformément à ce qu'on lui avait demandé de faire. Il n'avait pas à être familier avec un enfant d'une autre classe sociale, même Monsieur Troyard avait été stricte sur ce point là. Le brun trouvait la situation quelque peu embarrassante comme son futur élève semblait incapable de poursuivre la conversation ou même serrer sa main...

« J-je... ! Je suis Slaine Troyard, j'ai treize ans ! Mon anniversaire est en janvier... Je vis ici avec père et les domestiques ! J'aime beaucoup me promener en forêt et aller explorer l'aile abandonnée, même si c'est interdit ! J-je... J'aime manger des fraises sauvages pour le goûter, quand c'est la saison je peux en débusquer facilement pleins ! »


  Wow. Le brun sursautait, ne s'attendant pas du tout à autant de motivation ni à autant d'éclat. Slaine souriait largement, si bien qu'il semblait être sur le point de pleurer de joie. Ses joues étaient toujours bariolées de rougeurs, certainement un signe de bonne santé ? Avec empressement il s'était approché pour saisir sa main. Hélas, cette dernière avait été reprise à temps... Malgré le bleu captivant de son regard et son sourire généreux, ses mains restaient sales. Il ne pouvait finalement pas passer outre ce détail qui était d'une importance capitale. D'ailleurs Slaine sembla fort stupéfait, sur le point d'à nouveau céder à la colère.


« Tes mains sont sales. » fit-il calmement remarquer au plus vieux, extirpant son mouchoir en tissus tout propre de sa poche de short. Le blond, embarrassé, essuyait vivement ses mains dedans après s'en être saisi sous le regard attentif de l'orphelin.

« ... Merci pour le mouchoir. Et tu es bien insolent pour un enfant sans parents qui va travailler pour ma famille. C'est un grand honneur tu sais, tu devrais plutôt frotter mes chaussures jusqu'à les faire briller plutôt que prendre de grands airs. » Slaine avait tendu le bout de tissus dans le vide afin de le rendre à son propriétaire comme s'il allait le laisser tomber au sol.

« Tu as beau être un jeune maître, cela ne m'empêche pas d'être un jeune professeur. De plus je suis ici pour refaire ton enseignement... Pourquoi pas aussi m'occuper de ton éducation ? Je serai payé pour, après-tout. » lâchait-il d'un ton neutre après avoir récupéré ce qui lui appartenait. Inaho le pliait minutieusement avant de le glisser dans sa poche arrière, songeant à rapidement le nettoyer. « Mais si nous pouvions bien nous entendre, ça n'en serait que plus simple. »

« Plus simple ? J'ai du mal à imaginer qu'un enfant plus jeune que moi me donne des ordres et se pense plus intelligent que moi... » fit-il en levant les yeux au ciel avant que sa main ne vienne balayer les mèches blondes qui obstruaient sa vision. Il avait l'air de réfléchir. « Mais j'imagine que père saurait m'en féliciter... Alors... » Son visage s'abaissait vers ses mains liées, lesquelles jouaient nerveusement avec leurs pouces. « Je n'hésiterai pas à te frapper si tu es aussi insolent, il me serait facile de te compliquer la vie. »


  Le frapper, vraiment ? Le brun aurait donné de sa personne pour voir ça, lui qui ne s'était jamais spécialement bagarré. Il était plutôt l'enfant délicat qui rendait des services sans qu'on lui demande, ce genre d'enfant qui peut aider les personnes âgées sans rien attendre en retour. Même s'il avait grandit entouré de la marmaille de l'orphelinat, tous le respectaient assez pour ne point venir l'embêter. Puis sa grande sœur Yuki y veillait tout particulièrement, aussi. ... Elle ne serait pas là si son élève décidait de vraiment se montrer violent. L'orphelin plissait légèrement les paupières, lui aussi réfléchissait. Il devait rester prudent en terre inconnue...


« J'y prendrai garde, dans ce cas. » concluait-il en attrapant la main du blond pour la lui serrer, comme pour lier un contrat. « Mais saches que je te rendrais coup pour coup. Tu ne devras pas t'en plaindre au Maître. »

« Evidemment, je n'irai pas rapporter... Je risquerai aussi de me faire gronder. »


  Son regard rond trahissait sa surprise alors qu'il serrait la main du brun en retour, tel un petit homme concluant une affaire. Recevoir des cours dans sa propre demeure le rendait réticent, surtout par un gosse plus jeune que lui... Mais il avait là une occasion inespérée de se faire un ami, alors il n'allait pas faire le compliqué. Secrètement, il avait hâte de le présenter aux enfants des autres familles environnantes. Son nouveau jouet, un petit servant bien élevé et pauvre ! Slaine l'imaginait déjà comme un petit animal de compagnie talonnant ses pas, lui donnant un air responsable et digne de ce nom ! Hélas, il ne savait pas du tout à quoi il devrait s'attendre avec le jeune Kaizuka...