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Homes Sweet Homes

Summary:

On dit que l'aigreur de la rancoeur détruit bien des choses. Mais avec le temps ne risque t-elle pas de se muer en un vrai fléau ?

A travers enquêtes et mystères, Judy et Nick apprendront sur eux-même plus qu'ils ne l'auraient voulu, autant sur le passé que sur leur avenir.
Mais auront-ils un avenir lorsque le passé révèlera les mensonges et le poison qui ronge Zootopia ?
Arriveront-ils à trouver ce que tous cherchent au fond de leurs coeurs ... un foyer ?

Notes:

Ceci est mon premier essai de fanfiction :-p
N'hésitez pas à laisser un petit commentaire !
 

Cet AU est inspiré de Fluent de WildBurr sur AO3 (maintenant KiltedGuy et écrivant Fluent1shots ). Je vous conseille cette petite histoire ressemblant plus à un ensemble d'idées. (WildBurr m'a bien sur autorisé à utilisé cette idée ^^) - Le chapitre 6 de son histoire est nsfw !

Outre une partie de la culture renarde qu'il a faite et qui est plutôt intéressante, l'idée principale que j'ai repris est que les animaux parlent une langue commune que tous comprennent mais il existe de nombreux vernaculaires. En général un par famille et un par genus.
Par exemple le Léporin est la langue familiale parlé par les lapins, les lièvres et les picas. Mais les lapins parlent aussi le Garrenéin qui est leur langue génique.

 

Apprendre sa langue à quelqu'un d'une autre espèce est un tabou social etculturel assez fort que peu brisent facilement.

Pour la clarté de lecture :
Garrenéin : Italique
Vulpin : Gras
<* Bla*> <*Bla*> : langues familiales
(n'ayant pas beaucoup de choix de polices, je n'utiliserai sûrement que le <*Lupin*>(langue des lupidés, les chiens n'existant pas, le mots canidé non plus) et le <*Léporin*> comme langues familiales)

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Homes Sweet Homes is my first try of fanfiction.
Don't forget a little comment if you like ^^

This AU is inspired by Fluent of WildBurr on AO3 (now he is KiltedGuy and make Fluent1Shots). I advise you to try this little story wich looks more like a set of ideas. (WildBurr granted me the right to use this idea ^^) - Chapter 6 of his story is nsfw !

Besides the fox culture he made and which is rather interesting,the principle I have taken up is that animals speak a common language that all understand but there are many vernaculars. Generally one per family and one per genus.
For example Leporin is the family language spoken by rabbits, hares and picas. But the rabbits also speak the Lapine which is their genus language.

Learning his language to someone of another species is a prety strong social and cultural taboo that littles breaks easily.

For clarity of reading:
Lapine: Italic
Vulpine: Bold
<* Bla*> <*Bla *>: family languages
(not having much choice of fonts, I will probably use only <*Lupine*>(language of the lupids, dogs don't exist, so the word canid neither) and <*Leporin*> as family languages)

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Chapter 1: Prologue

Chapter Text

 

Le sol est dur, terreux. Une odeur de poussière dans l’air. Judy se réveille avec une douleur dans la jambe. Elle regarde son membre endolori… un foulard rouge noué à son mollet.

« Qu’est-ce que… ? » Judy regarde autour d’elle et s’aperçoit qu’elle est au musée. Au fond du puits au sommet duquel Bellwether avait avoué son plan de domination par la peur. Mais contrairement à ce moment-là elle est seule. Ni la brebis folle, ni les béliers. Et surtout, pas de Nick.

La crainte commence à l’étreindre.

 

Soudain. Un bruit. Elle sursaute et recule, trébuchant sur une branche.

Elle se retrouve affalée sur le dos. Elle secoue la tête et d’un mouvement rapide elle se retourne pour se relever… sans effet. Elle se retrouve presque à quatre pattes.

Tout à coup le froid, le vent, l’herbe.

Elle cherche autour d’elle affolée, ne comprenant pas. Elle n’est plus au musée mais dans une forêt inconnue. Le matin est encore jeune et l’air est frais.

 

Un craquement se fait entendre, elle s’élance. Mais pourquoi fuit-elle comme ça ? Et pourquoi à quatre pattes ?

Judy essaie de se raisonner, de s’arrêter, de se redresser… Mais rien à faire. Elle fuit, son nez et sa gorge pique dans l’air frais et pur. Aussi pur, plus pur qu’à Bunnyburrow. Mais une odeur caresse ses narines et soudain Judy est rongée par une peur profonde. Elle se cache, comme un pauvre petit lapin effarouché.

 

Un bruit à nouveau, et cette odeur. Elle reprend sa fuite, presque à perdre haleine. Un creux dans les herbes, vite ! Se cacher ! Judy devient une boule de poil tremblante.

Un grondement devant elle la tétanise. Une truffe apparaît entre les herbes, une tête. Deux yeux brûlant de faim, aux pupilles aussi fines qu’une lame. Un renard ! Nick ? Prédateur !

Ses babines se retroussent alors que le grondement s’approfondit, ses dents luisent de salive dans la lueur rasante du soleil. Si aiguisées, si pointues…

 

« AAAAH !! » Judy se réveille en criant, cherchant d’un regard paniqué les dents tranchantes.

« Où ? Dents ! » crachote-t-elle entre deux halètements. Elle a le souffle court, les oreilles dressées droites cherchant le moindre son et son nez qui se tortille comme vivant de sa vie propre est agressé par une forte odeur de poussière.

Un lit bancal taille grand prédateur et presque moisi. Un vieux studio qui semble ne pas avoir été nettoyé depuis quelques années. Et une lapine en nage presque debout dessus, sa fourrure collée sur un côté.

 

Alors qu’elle cherche un renard sauvage elle tombe sur deux paires d’yeux qui la regardent ahuris et des dents tranchantes, menaçantes et luisantes, en dessous d’une de ces paires.

« AAAH ! » crie-t-elle à nouveau les yeux exorbités. Avant de comprendre ce qu’elle voit. Un pauvre Wolford assis à une table pliante, une part de pizza dans la patte, reliée à sa bouche par un fil de bave la regarde en coin avec l’œil rond.

Plus loin, assise à la fenêtre, Fangmeyer, des jumelles à la patte tourne vers Judy un regard d’incompréhension ennuyée, secouant lentement la tête.

 

« Chut ! Ça va pas non ? Tu veux qu’on se fasse griller Hopps ? C’est ta première planque qui te met dans cet état-là fillette ? dit la grande tigresse un peu moqueuse.

– Nan. Si tu veux mon avis, notre superstar a la trouille de faire un discours devant quelques huiles de la municipalité et de la confédération. Hein Miss Héroïne de Zootopia ? Ha ha ha ! rétorqua le loup gris.

– Mouais. Dans tous les cas, silence vous deux ! On a presque fini et on aura bientôt les preuves pour coincer ces salauds », coupa sèchement Fangmeyer avant de retourner à son observation.

 

Les choses se remirent rapidement en place dans la tête de Judy. Nick à l’académie depuis plusieurs mois, et pour elle du travail de routine et quelques missions sortant de l’ordinaire, comme celle-ci. La planque. Observer et obtenir un maximum d’informations sur les activités d’un petit groupe de dealers. En effet c’était sa première planque. Pas une grosse affaire mais une nouveauté. Et en équipe en plus.

 

« Désolée… Je… oui… le stress sûrement, et baissant le ton presque à un murmure. Excuse-moi Tanya, je ne veux pas tout foirer », dit-elle sans être sûr de son état. Mais oui. Cette histoire de discours y était forcément pour quelque chose… sans doute.

 

« Enfin même si ça me met un peu mal à l’aise cette histoire de discours et que ça va me faire bizarre de retrouver un Nick officier de police. Ce rêve stupide avec nous, sauvages, c’est plus que limite, pense-t-elle. Et puis ce n’est pas comme si je ne le voyais plus depuis son départ à l’académie. Au lieu de profiter de l’académie au maximum pour travailler ce nigaud revient sur la ville presque un week-end sur deux, sauf quand il avait énervé un instructeur plus que de raison. Comme cette fois ou il avait… Rooh ! Elle entendait encore Friedkin hurler »

Wolford regarde en coin la lapine qui glousse tout bas et toute seule sur le lit après avoir faillit lui faire avaler sa pizza de travers en criant. « Ayé. Elle a pété un plomb »

 

Leur amitié avait continuée à se forger jusqu’à devenir une profonde complicité. Son impatience de le voir cette fois en tant qu’officier était en effet grande. Il lui avait promis de faire de son mieux pour maximiser ses chances d’être affecté au premier District.

« Doux fromage ! Se dit-elle en se rallongeant, perdue dans ses pensées et le plafond… Vraiment crade cet appartement ». Elle pouffe en repensant au week-end où Nick l’avait accompagné au Bras du Grand pangolin pour y récupérer sa caution et les affaire qu’elle avait oubliées en partant. Elle avait cru qu’il allait avoir une attaque.

 

Elle passa les heures suivantes à penser à ce rêve. Elle avait eu conscience d’elle-même et de rêver mais ne contrôlant rien, étrange, déstabilisant et si fort qu’elle avait encore l’impression de sentir le froid et l’odeur du renard jusqu’à ce que Fangmeyer ne relâche un feulement de victoire lorsqu’elle prit les dealers la patte dans le sac en flagrant délit.

 

 

        - Académie du ZPD – Même nuit -

 

Nick rêve pour la énième fois du parcours d’obstacles de l’académie et des “encouragements” de l’instructeur.

Pourquoi ? Jamais de sa vie il n’avait fait autant d’efforts physiques. Et pour faire quoi ? Pour devenir policier. Était-ce par défi ? Pour Judy ? Pour lui prouver qu’elle avait raison ?

Nick s’était posé ces questions pendant les mois intensifs de la formation de l’académie du ZPD.

Franchement il n’était pas sûr d’avoir une vraie réponse à ses questions sans devoir se mentir à lui-même. Et même si l’idée de pouvoir regarder Judy dans les yeux et lui montrer qu’elle avait eu raison finalement de croire en lui était en soit un bon début de réponse. Il ne pouvait pas nier que Judy y était un peu beaucoup pour quelque chose. Sinon aurait-il décidé de donner plus que son maximum pour essayer de battre les records de l’académie, juste après avoir vu à la télé le soir, une allocution où la lapine s’était excusé sincèrement auprès de tous ceux qui avaient souffert à cause de ses paroles et avait expliqué l’effet du sérum de Bellwether sur tout les mammifères quels qu’ils soient, même un lapin. Elle avait fait plusieurs interviews en tant que « héroïne de Zootopia », sans aucun doute obligée par les relations publiques du ZPD, mais celle-ci elle l’avait demandé personnellement. Il fallait qu’elle s’excuse auprès de tous ceux qu’elle avait blessé.

 

Mais pour le moment Nick s’élance et saute par-dessus le sommet du mur de glace avec grâce… pour retomber lestement au milieu des hautes herbes.

Un flash d’incompréhension le traverse. Il regarde autour de lui pour ne voir qu’un mur circulaire… un piège ? Un trou… le puits ! Le musée. Bellwether ? Judy !

 

Mais rien à part le silence. Il est seul. Il fait un pas en avant et se prend les pieds dans un faux faon déchiré en deux. Nick se rattrape avant de s’affaler de tout son long, et se met sur ses pattes pour se relever. Sauf qu’il n’y arrive pas. Il est coincé à quatre pattes. Comme… comme un sauvage. La peur commence à l’envahir.

 

Soudain une odeur. Douce… florale et entêtante… Nick s’élance dans les fourrés.

Il n’est plus dans le puits mais dans une forêt. L’aube pointe son nez.

Il fait froid mais pas désagréable. La rosée a gelé sur l’herbe et le soleil encore faible ne l’a pas faite fondre.

Tout à coup un bruit de fuite. Et toujours cette odeur.

Il court, s’arrête, renifle. L’air pur et cinglant de ce frais matin de printemps lui apporte une infinité d’odeur qu’il ne connaît même pas.

 

Mais pour l’instant Nick traque. Une joie pure inonde son cœur. L’odeur se renforce, le bruit de fuite s’est arrêté.

Lentement, pas à pas, il s’avance. Sa truffe écarte les herbes, l’odeur explose dans ses narines. Il s’avance davantage. Une boule de fourrure, tremblante de peur le regarde sans arriver à bouger. Un lapin ! Judy ? Proie !

Un grondement s’échappe de sa gorge et ses babines se retroussent. La salive monte lentement.

 

« AAH… BONK… Aaagnnn ! » Nick se réveille en sursaut et emplafonne du haut du crâne le lit d’au-dessus.

« Argh. Chier », gémit-il en se tenant la tête.

« <*Crocs mous Wilde*>, ta gueule ! » Lui lança en grondant le loup voisin du dessus en même temps qu’un coussin.

Nick lance un regard noir au matelas du dessus mais ne dit rien. S’encastrer la tête dans du métal après un cauchemar n’aide pas tant que ça à avoir de la répartie.

 

« C’est quoi ce rêve pourri à la con ? Se demande-t-il. Nick, Nick… Trop d’efforts te font perdre la boule ! »

L’excitation de la fin de la formation, devenir quelqu’un, et travailler avec Judy… ça devait avoir fait péter une durite à son pauvre cerveau.

« J’ai le citron trop pressé » en conclut-il en se retournant sur le côté pour essayer de finir sa nuit. Mais le souvenir si présent des odeurs incroyable de la forêt, les sensations de la traque, et toutes les pensées qui les accompagnaient l’empêchèrent de retrouver le repos cette nuit-là.

 

 

        - Zootopia – premiers mois en duo –

 

« Et plus on essaiera de se comprendre les un les autres, plus chacun de nous sera exceptionnel. Mais il faut essayer… Je vous implore d’essayer. Essayez de rendre le monde meilleur. Regardez en vous-même et reconnaissez que ce changement commence avec vous. Avec moi. Avec nous tous »

 

On avait demandé à Judy de faire un discours et de remettre en personne son badge au major de la nouvelle promotion. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’en ouvrant la boite elle vit le nom de Nick.

Sacré roublard ! Il lui avait bien caché ça malgré le dernier appel qu’ils avaient pu se passer ce dernier week-end où il avait été bien entendu bloqué à l’académie. En même temps elle lui avait bien dit que les portables étaient interdits.

 

Mais là, son regard était rempli de fierté quand elle épingla l’insigne sur la poitrine de son meilleur ami. Et Nick lui retourna son salut tout aussi fier.

Les photos de promotions et les flashs de quelques journalistes furent moins plaisantes pour celui qui n’avait pas l’habitude d’être dans la lumière.

 

Ces photos finirent dans quelques journaux et tabloïds. Dans le Zootopian Times Nick fut relégué en informations secondaires. L’Initiative d’Inclusion des Mammifères de l’ex-maire Lionheart avait de nouveau fait des siennes en faisant entrer au ZPD le premier renard. Mais il fit la couverture du Happy Town Hérald.

 

Quelques jours plus tard Nick se faisait engueuler par Bogo pour la première fois d’une longue liste lors de son premier briefing.

« Hopps, Wilde. Un chauffard sème la pagaille dans Savannah Central. Attrapez-le et enfermez-le »…

 

Première sortie dans leur nouveau cruiser.

 

… « Tu le sais bien que tu m’aimes »

« Est-ce que je le sais ? Mouais. Oui je le sais »…

 

…« Flaaash ! Flash, rapide comme une flèche »…

 

~*~

Et trois mois après des débuts bien plus tranquilles que l’affaire des hurleurs nocturnes, Judy traîna Nick au concert de Gazelle donné en l’honneur de la paix retrouvée et par extension son actrice principale. Mais elle voulait absolument que Nick partage ce moment, car elle savait qu’elle n’y serait pas arrivée sans lui.

Mais lorsque Gazelle fit monter Judy sur scène, pour faire savoir que le collectif pour la paix et l’égalité de tous, que la chanteuse dirigeait, la remerciait pour son travail remarquable et souhaitait que lui soit pardonné les troubles qu’elle avait provoqués sans volonté de nuire, la lapine fut incapable de trouver le renard. Tristement elle renouvela ses excuses officielles et personnelles pour les maux causés aux prédateurs par son erreur de jugement.

Comprenant à contre cœur le désir de Nick, mais refusant que son action héroïque reste inconnue elle trouva normal de remercier sans le nommer de son ami prédateur sans qui elle n’aurait jamais pu élucider cette enquête.

 

Nick s’étant éclipsé discrètement à la fin du concert, ils rentrèrent donc chacun de leur côté et après avoir fermé leurs yeux Judy et Nick furent happés par les rêves. Mais ce rêve fut plutôt un cauchemar… une chasse en forêt puis dans la prairie. La peur, la traque, tout recommença comme un mois plus tôt. Sauf que cette fois le renard se tassa pour bondir sur sa proie. Ils se réveillèrent en sueur, essoufflés et le cœur battant à tout rompre. « Encore ? Mais pourquoi ? » pensèrent-ils tous les deux. Le stress de la nuit et la froide lumière hivernale donnèrent un goût peu engageant à ce matin-là.

 

Le dimanche leur permis néanmoins d’essayer de se changer les idées. Judy passa la journée sur son téléphone ou son portable à discuter avec son immense famille.

Nick quant à lui alla voir Finnick qui lui fit clairement comprendre que pour le moment il n’avait pas envie de traîner avec un poulet… enfin en plus fleurit. Il alla donc flâner vers Rainforest.

 

Puis Lundi arriva et la vie du duo du ZPD reprit. Patrouille, petite délinquance, parking et paperasse… beaucoup de paperasse. Nick n’aurait jamais cru devoir remplir autant de documents administratifs à chaque fois qu’ils accomplissaient quelque chose de plus actif que coller des PV.

 

 

***

 

Tout continua calmement pendant un mois.

Un soir où un vent froid leur rappela que malgré le contrôle climatique de la ville l’hiver était là. Ils se séparèrent après avoir partagé une boisson chaude dans un de leurs cafés favoris. Rien de mieux pour se détendre après une journée éreintante. Ils rentrèrent souriant pour se coucher et terminer cette journée… Et cette fois-ci ils se réveillèrent, elle les larmes aux yeux et lui en criant, au moment où les mâchoires du renard se refermaient sur le cou de la lapine.

 

Les jours qui suivirent furent pour leurs collègues assez étranges car Nick était toujours souriant mais plus caustique que d’habitude, parfois brièvement absent. Et Judy se contentait de faire son travail sans même se plaindre de la paperasse.

Mais après quelques jours ils se retrouvèrent sur une affaire de voiture volée qui se termina en course poursuite dans les rues de Savannah Central puis en course à pied dans Sahara Square. Le fuyard n’avait pas d’arme de poing, mais lorsqu’ils finirent par le rattraper ils durent utiliser pleinement leur entraînement, car un poignard et des griffes restent plutôt dangereux dans les pattes d’un Lynx dos au mur.

Après un échange de taille et d’esquive où Nick récolta une fine estafilade sur un bras, Judy profita d’une ouverture pour le mettre ko en une frappe bien placée sous le menton. Nick nota à haute voix de bien penser à ne jamais énerver le lapin enragé du ZPD. Ce qui lui fit gagner coup de pied dans l’arrière-train.

Ils le traînèrent jusqu’à leur véhicule et le ramenèrent au Central non sans avoir prévenu le District de Sahara Square.

En arrivant ils se chamaillaient comme si de rien était. Un grand ouf retentit à l’accueil, poussé par Clawhauser.

Quelques pouces furent levés pour les féliciter. Ce n’était pas grand-chose mais au final c’était une première pour eux. Leur première arrestation en tant que coéquipier d’un vrai, certes petit, criminel. Un voleur de voiture multirécidiviste.

Bogo profita de cette arrestation pour convoquer Judy et lui faire savoir qu’elle était maintenant officier de premier échelon.

Clawhauser organisa pour l’occasion une petite fête de congratulation. Et après quelques tchins avec leurs collègues, l’ambiance était aux rires et aux blagues mordantes de Nick. La routine quoi.

 

***

 

Un mois de plus passa leur faisant récolter un palmarès assez glorieux pour un duo aussi récent. Quelques petits dealers, deux enquête de cambriolage et même un braquage. Judy avait vite compris que les années d’arnaque de Nick lui avait non seulement forgé son caractère parfois… souvent insupportable mais aussi une connaissance que très peu au ZPD peuvent se targuer d’avoir mais aussi une lecture des gens parfois trop efficace à son goût.

 

Un soir Nick se sentit étrangement énervé. Comme si quelque chose n’allait pas. Il avait beau tourner et retourner les détails de la journée dans tous les sens, rien ne paraissait étrange. Soudain ses réflexions furent interrompues par un orage grondant dans le lointain. Las il décida d’essayer de dormir.

Judy sursauta lorsque le tonnerre fit sauter le courant, plongeant son appartement dans le noir. Elle se dit qu’il était déjà assez tard et que c’était le signe d’aller se coucher. Les roulements profonds du tonnerre se rapprochant finirent par l’endormir.

 

Et bien sûr… Ils furent tout deux emportés dans le flot des rêves et se retrouvèrent dans la forêt si belle mais tant détestée.

Ces sensations, instincts, peurs, chasses. Faisaient vibrer leur cœur. Mais le pire c’était cette impression d’être passager dans leur propre corps. Se comporter en animal sauvage, tout ressentir sans rien pouvoir faire, sans rien contrôler était le plus dur.

 

Et tous deux redoutèrent le moment où le renard aller tuer la lapine. Car chaque rêve allait plus loin que le précédent, et ils ne se souvenaient que trop bien de la fin.

 

Sauf qu’au moment fatidique où Judy s’attend à ressentir la morsure de la mort, sentir sa vie jaillir de son cou, un coup de tonnerre retentit tout près, elle se réveille en hurlant et fond en larme.

 

De son côté Nick s’attend à goûter la chaire chaude de la lapine, arracher sa vie à son pauvre petit corps tremblotant… les mâchoires du renard claquent à quelques centimètres du cou de sa proie et les deux partent en roulé-boulé dans les hautes herbes. En rigolant … en rigolant !?

 

Tout à coup la lapine se propulse et met un bon coup de tête au renard et lui dit quelque chose d’incompréhensible en se frottant le crâne. Ce à quoi le renard répond par un franc éclat de rire. Et au moment où il va pour réagir… BRAOUM !!! Un second coup de tonnerre plus assourdissant claquant directement sur son quartier réveille Nick brutalement.

Hein ?? pensa Nick. Que ? De… De quoi ?! Elle a parlé ? J’ai rien compris, donc sûrement en Garrenéin, mais elle a parlé là !!

 

Judy de son côté essaie de se calmer. C’était quoi ce rêve surréaliste ou elle se retrouvait enfermée dans son propre corps à vivre comme un lapin sauvage des temps anciens, pourchassée par un renard qui lui rappelait Nick… Nick… chaque fois que ce rêve frappait, c’était si dur de le regarder en face.

Et là maintenant ça ! C’en est trop ! Il faut qu’elle prenne son courage à deux pattes et parle à Nick. Y a-t-il un malaise entre eux responsable de tout ça ?

Elle ne sait pas. Mais en lui parlant franchement il comprendra. Il se moquera sûrement mais ça sera toujours mieux que rester fuyante pendant des jours comme la dernière fois.

 

***

 

Le lendemain quand ils arrivent au Central, ils ne s’échangent qu’un timide signe de tête avant de traverser le hall sans mot dire, l’air pensif.

« À non. Pas encore. Mais bon sang qu’est-ce qui leur arrive cette fois ? Se demande le guépard bedonnant entre deux bouchées de donut. Il détestait les voir comme ça, il ne supportait pas qu’ils se disputent.

 

« Bonjour Clawhauser », dit-elle avec un sourire sans force.

« Yo Benji », lui lance Nick sans même le regarder

 

Les deux se dirigent directement en salle de Briefing. S’installent à leur place, et restent ainsi, muet, un bon moment. Ils étaient les premiers et le vide de la salle n’aidait vraiment pas à alléger l’atmosphère.

Au bout d’un moment Judy se tourne vers le renard et lui dit.

« Nick. J’aimerais te parler après le briefing. C’est… c’est vraiment bête mais promets que tu ne te moqueras pas », lui dit-elle sans oser le regarder.

Nick amorce un sourire narquois et va pour répondre quand les autres policiers commencent à renter, s’installer en discutant, riant et lançant des saluts à tour de bras.

 

« Gaaarde à vous ! » Beugle Higgins au moment où Bogo entre.

Le grand buffle se mit comme à son habitude à son pupitre avant de commencer par le sempiternel : « Silence ! Tout le monde assis ! » Il plisse les yeux et dit de sa voix grave et monocorde.

« Bon après vos coups d’éclats, Hopps, Wilde, je vous mets sur une affaire vraiment sérieuse. Hopps c’est presque de votre rang et Wilde vous avez une expérience que je ne peux ignorer. Donc même si ce n’est pas vraiment le genre de cas pour votre grade, je veux vous tester. On verra si vous êtes aussi bons détectives que sprinteurs… histoire de vous mettre aux parcmètres à vie si vous ne servez qu’à ça. Prouvez-moi que les hurleurs nocturnes ce n’était pas qu’un coup de chance. “Héros” de Zootopia. »

Cette dernière remarque eu l’avantage de couper les quelques murmures surpris qui se changent en rires et gloussements. Wolford leur lance même un petit « Bonne chance » légèrement moqueur.

 

Nick et Judy descendent de leur chaise et prennent les dossiers que leur tend Bogo. Un chacun, assez fin avec le tampon “Confidentiel” sur la pochette.

« Snarloff, Wolford, Delgato. Cambriolage au district de Rainforest vous y allez en soutient. Grizzoli, Fangmeyer… », la porte se referme derrière eux et ils se dirigent vers leur box.

 

« Carotte ? Tu voulais… », commence Nick interrompu d’un mouvement de patte de Judy.

 

« Oui oui. Mais ça c’est important Nick. Un vrai, vrai cas. On ne peut pas louper le coche, alors on en parlera après ok ? »

Nick soupire, sachant pertinemment que le mode Judy en service venait de s’activer et qu’il n’en tirerait plus rien pour le moment.