Actions

Work Header

Rating:
Archive Warning:
Category:
Fandom:
Relationships:
Characters:
Language:
Français
Stats:
Published:
2018-11-08
Completed:
2019-06-01
Words:
30,963
Chapters:
5/5
Comments:
16
Kudos:
45
Hits:
1,298

Neiges Éternelles

Summary:

Une bande de cinq amis décident de tenter l'ascension du mont blanc ensemble pour les vacances. Leur arrogance agace profondément leur guide qui dans sa colère, manque de remarquer le jeune homme avec qui il a tant en commun

Notes:

Hello tout le monde

J'ai tellement d'histoire dans la tête xD

Celle-ci devait à la base être un os, mais finalement, elle m'a semblé trop longue, alors j'ai décidé de vous faire une petite fic en quelques chapitres, j'espère qu'elle vous plaira ;-)

Gabrielle

Chapter 1: Le Quintette Infernal

Chapter Text

Jour 2 :

 

S'il pouvait se débarrasser de ces gamins en les jetant du haut de la terrasse du refuge il le ferait. C'était la seule pensée qui lui venait maintenant qu'ils étaient arrivés au refuge. Enfin ! Au moins, il allait avoir quelques heures de répit loin de cette bande d'enfants pourri gâtés. Une belle parenthèse avant de retourner en enfer !

 

Yann n'aurait jamais cru que gravir sa montagne chérie lui soit aussi pénible. C'était bien la première fois. Jamais personne n'avait réussi à lui enlever son enthousiasme. Jamais. Il avait fallu une bande d'étudiants qui n'écoutait rien à rien pour réussir à le départir de son sourire. Yann les maudissait déjà pour ça, et il n'était sans doute pas le seul.

 

Lors de la location du matériel, l'un deux avait prétendu mieux s'y connaître que le couplé gérant ce magasin. Dans le premier refuge la veille, tout le monde leur avait fait des remarques dans le dortoir commun. Ce matin, pendant l'école de glace, son ami Mouloud avait bien failli commettre un meurtre s'il ne l'avait pas arrêté. Ces gamins pensaient vraiment savoir tout mieux que tout le monde ! “Moi j'ai déjà skié, je connais la montagne !”, “moi j'allais tous les ans en vacances à la montagne”. Je, je, moi je, c'est tout ce que ces enfants semblaient être capable de dire. Aucun pour rattraper l'autre. Et il lui restait encore quatre jours à tenir, quatre ! S'ils étaient si bons, pourquoi n'avaient-ils pas choisi la formule courte ?

 

Et ils étaient cinq : Hugo, Paul, Clément, Boris et Martin. Yann avait pris soin de retenir leurs prénoms pour préparer des poupées vaudous aussitôt rentré à Chamonix. Il leur ferait payer cette ascension s'il ne les jetait pas du sommet avant ça !

 

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, il allait devoir se farcir l'un d'eux dans sa chambre ce soir et sans doute tous les autres soirs ! Pourquoi fallait-il qu'ils soient cinq ? La plupart des refuges ne proposent aucune chambre avec un nombre de couchage impair. Il fallait donc qu'il porte sa croix, il espérait tomber sur le moins pire des cinq et réussir à fermer l'œil.

 

Quand leur réservation fut bien confirmée, il alla juste déposer ses affaires dans sa chambre habituelle, se passa de l'eau sur le visage et fila vite rejoindre ses amis qui géraient ce refuge. Il en avait réellement besoin ! Il s'écroula sur un tabouret du bar, et son amie Charlotte vint aussitôt à son secours.

 

-Alors mon bel apollon, tu m'as l'air bien morose aujourd'hui, se moqua son amie.

 

-Ça, tu n'as pas idée ! soupira fortement Yann.

 

Le rire de Charlotte résonna encore plus fort, il esquissa un sourire, il comptait bien tout lui raconter.

 

*



De l'autre côté de la salle, le quintette infernal avait déjà pris ses quartiers et le débat était encore à qui aurait la malchance de dormir avec leur guide.

 

-Franchement, je vous le dis, c'est hors de question que je m'y colle, décréta Hugo.

 

-L'homme des glaces ne ferait qu'une bouchée de toi de toute façon, se moqua Boris.

 

-Eh ! Je fais de la boxe je te rappelle, s'offusqua Hugo.

 

-Pas sûr que face à un yeti ça serve beaucoup, rit bruyamment Paul.

 

Toute la bande rit joyeusement, en lançant quelques coups d'œil plus ou moins discrets vers leur guide. Enfin, toute, non. Celui qui était sans doute le plus petit du groupe ne riait pas. Ces plaisanteries étaient dignes de la maternelle et il n'appréciait vraiment pas le comportement de ses amis depuis le début de leur ascension. La montagne n'était pas un endroit pour jouer, la montagne n'était pas une cour de récréation. Et se moquer de la personne qui tentait comme elle le pouvait d'assurer leur sécurité était vraiment malvenu pour lui.

 

-Bon, avec tout ça on n’a pas réglé le problème, lança Clément, qui va dormir avec l'homme des glaces ?

 

-Oh...Martin ? proposa Hugo moqueur.

 

Tous se mirent à rire bruyamment autour de la table, Martin esquissa un sourire pour ne pas passer pour un rabat-joie mais il détestait cette façon qu'ils avaient de se moquer de cet homme. Il s'appelait Yann, il avait un nom, pourquoi était-ce si dur de le prononcer ? “homme des glaces”... Martin voulait lever les yeux au ciel et leur dire leurs quatre vérités, mais encore une fois, il se retenait. Ils étaient là pour passer de bonnes vacances entre amis. Et puis, ce n'était pas si long six jours.

 

Finalement peut-être, songea Martin. À y réfléchir, il aurait préféré choisir la formule en deux jours, il aurait été débarrasser rapidement de leur comportement enfantin. Mais bon, il aurait eu droit à leurs jérémiades, et puis, ils ne connaissaient pas la haute montagne. Ça aurait été totalement inconscient de tenter cette ascension en deux jours avec eux. Seul, il en était plus que capable et pour cause, il était secouriste en haute montagne chez les pompiers. De volontaire il était passé professionnel et c'était spécialisé dans la haute montagne après un accident survenu pendant des vacances qu'il avait passé avec ses amis au ski. Il avait trouvé sa vocation ainsi. C'était triste, mais aujourd'hui il était fier de pouvoir sauver des vies. C'était pour celles qu'il n'avait pas pu sauver ce jour-là.

 

-Eh bien moi je propose qu'on joue le lit de l'homme des glaces aux cartes ! lança joyeusement Boris. Et Hugo tu participes bien sûr.

 

-Hors de question que je me tape le yeti ! s'offusqua Hugo.

 

-Personne t'a demandé de te le faire, et il ferait qu'une bouchée de toi, remarqua Paul.

 

-Tu es intéressée Hugo ? rit Clément.

 

-Tu caches ton attirance, avoue, il te fait de l'effet, susurra Boris en jouant des cils.

 

Martin n'écoutait plus la conversation, il en avait assez de leurs enfantillages. Yann n'était qu'à quelques mètres d'eux et pouvait tout entendre ! C'était un manque de respect total que Martin ne supportait plus. Faisant fi des remarques de ses camarades, il quitta leur table pour aller s'installer au bar. Il avait plus que besoin d'un café !

 

*



- Sérieusement, j'en aurais déjà éventré un ! s'exclama Charlotte.

 

-Ah mais c'est pas l'envie qui me manque, crois-moi ! soupira Yann.

 

-J'admire tellement ton calme, souffla son amie.

 

-C'est qu'une façade extérieure, je t'assure, rit Yann.

 

-Même pour ça je t'admire, répéta Charlotte.

 

-Pas trop quand même ! lança son mari Ali qui arrivait vers eux.

 

Charlotte sourit à pleine dent et fut ravi de sentir son bras s'enrouler autour de sa taille. Jetant rapidement un regard autour d'eux pour s'assurer d'un minimum d'intimité, elle embrassa tendrement ses lèvres, posant ensuite sa tête sur son épaule sans cesser de le regarder.

 

-Vous savez que je me sens de trop quand vous faites ça ? leur lança Yann gêné.

 

-On en reparle le jour où tu nous ramènes ton mec, rétorqua Charlotte pas vexée pour un sou.

 

-Faudrait déjà qu'il y en ait un, répliqua Yann.

 

-Comment ? Vous avez toujours pas conclu avec Vincent ? s'étonna Charlotte faussement choquée.

 

Yann eut l'air légèrement dégouté. Vincent et lui ? C'était une blague ! Il l'appréciait énormément, mais jamais il ne le verrait de cette façon. Ce n'est pas que Vincent n'était pas séduisant, bien au contraire, il était très bel homme, plutôt son style d'ailleurs. Drôle, charismatique et guide de haute montagne comme lui. En somme, ils avaient tout pour former un couple heureux, Charlotte avait raison d'y croire. Mais Vincent était un Don Juan de première classe, un Casanova professionnel. D'ailleurs, il lui répétait souvent qu'il voulait accrocher Yann à son tableau de chasse, qu'il serait sans doute son plus beau trophée. Cependant, Vincent ne voudrait jamais plus que ça entre eux et Yann voudrait plus. Il avait passé l'âge des coups d'un soir, il en avait assez eu. Aujourd'hui il voulait de la stabilité, quelqu'un avec qui il pourrait s'installer et vieillir tout en continuant à gravir sa montagne toutes les semaines. Ça, Vincent ne pourrait jamais le lui donner.

 

-Salut la compagnie !

 

En parlant du loup, le voilà qui faisait une entrée remarquée dans le refuge. Lui aussi s'occupait d'un groupe qui faisait l'ascension en six jours. Il prenait un itinéraire légèrement différent de Yann mais ils se retrouvaient dans les mêmes refuges. De quoi passer de bonnes soirées, surtout chez Charlotte et Ali, c'était à coup sûr leur refuge préféré, en toute objectivité bien sûr.

 

-Comment va mon guide préféré ? s'exclama Vincent en lui donnant deux bises appuyées et une étreinte “amicale” un peu trop longue.

 

Charlotte le regarda faire en souriant. Il y avait si longtemps qu'elle essayait de caser ces deux-là, mais Yann n'était vraiment pas coopératif ! Elle se demandait bien ce qu'il attendait pour lui sauter dessus, Vincent était vraiment le candidat idéal pour lui. Si seulement il y mettait un peu du sien, Charlotte était persuadé que Vincent abandonnerait ses habitudes de coureurs pour lui. Il était tellement évident qu'ils étaient fait l'un pour l'autre.

 

-Oh, et mes deux tourtereaux adorés ! soupira de joie Vincent. Vous êtes bien les seuls hétéro à me faire envie. Je pourrais presque vouloir ma petite famille moi aussi ! D'ailleurs, où elle est… Où est ma…? Ah ! Ma princesse !

 

Une petite fille aux cheveux bruns clairs et bouclés venaient de faire son apparition dans la salle. Toute souriante, elle courru tout de suite dans les bras de Vincent qui se fit un plaisir de la serrer contre lui. Cependant, elle rejoignit très vite les bras de Yann, s'asseyant sur ses genoux comme si c'était la place la plus naturelle qui soit. Yann déposa un baiser tendre dans ses cheveux et massa gentiment sa tête, ce que la petite fille sembla apprécier.

 

-J'existe pas longtemps on dirait, pleurnicha Vincent, à peine tu vois Yann, il n'y a plus personne.

 

-Elle m'aime plus que toi c'est tout, sourit Yann, hein Zahra ?

 

-Oui ! sourit la petite Zahra. Je t'aime mon tonton chéri.

 

Et la petite se blottit encore plus contre Yann provoquant le sourire de ses parents et le cri de désespoir de Vincent. Tel une diva, Vincent s'écroula sur le tabouret le plus proche, la main sur son cœur, brisé d'être ainsi rejeté par Zahra.

Elle avait toujours eu une préférence pour Yann, même si elle aimait beaucoup Vincent. Son “tonton” était vraiment le meilleur à ses yeux. Puis, avec lui elle avait toujours des câlins et des bisous. Ce qui était tout ce qu'elle demandait. Il jouait dans la neige avec lui et la portait sur son dos en partant marcher autour du refuge.

 

-Tu devrais être au lit ma chérie, chuchota Ali en lui caressant la joue.

 

-Je peux rester un peu sur les genoux de tonton ? demanda timidement Zahra.

 

-Écoute ton papa mon petit cœur, murmura Yann, je reviens dans trois jours.

 

-Mais c'est dans longtemps ! sanglota la petite fille.

 

-Je viendrai te dire au revoir demain matin avant de partir, d'accord ? promit Yann.

 

-Et on jouera un peu dans la neige ? supplia presque Zahra.

 

-Oui si tu veux, sourit Yann.

 

Charlotte eut un regard désapprobateur mais au fond, elle savait très bien qu'elle pourrait interdire à sa fille de se lever, elle ferait quand même tout pour aller jouer dans la neige avec Yann. Elle n'avait que six ans, mais c'était déjà une petite fille très indépendante et elle n'aimait pas qu'on lui dise quoi faire. En cela elle tenait beaucoup de sa mère. Mais elle avait aussi hérité le charme et l'intelligence de son père. Elle n'était pas à plaindre.

 

Zahra finit par consentir à quitter les genoux de Yann et Ali la prit dans ses bras pour l'amener à son lit. Charlotte les suivit du regard et remarqua autre chose qui la fit sourire. Elle détourna le regard vers Yann avec un air satisfait, le guide de haute montagne s'attendait déjà au pire.

 

-Wouah, mamma ! s'exclama Vincent.

 

Yann et Charlotte se retournèrent vers lui immédiatement. Se demandant ce qui avait bien pu attirer son attention.

 

-Matte moi cette magnifique paire de fesses ! Ah j'oublie toujours à quel point ces tenues peuvent être moulantes ! s'extasia Vincent. Mais je vais pas me plaindre, c'est plaisant pour les yeux.

 

-Il te faut vraiment pas grand-chose, souffla Yann en voyant sur qui son ami avait jeté son dévolu.

 

En effet, Vincent avait remarqué Hugo, le pire de tout le quintette infernal, celui-là, Yann ne pouvait vraiment pas l'encadrer. Arrogant et beaucoup trop bruyant à son goût. Mais si on ne devait parler que du physique, Hugo n'était vraiment pas son style. Il avait le physique de ces mannequins dans les magazines qui n'avaient jamais fait rêver Yann. Et puis, il avait toujours préféré les bruns au blond. Puis, il était trop musclé pour lui et beaucoup trop… Beaucoup trop. Yann ne trouvait pas vraiment l'adjectif qui exprimerait le mieux sa pensée.

 

-Tu as un homme magnifique à côté de toi, et c'est le blondinet qui te fait de l'œil ? s'exaspéra Charlotte.

 

-Écoute ma chérie, j'essaie de séduire ce cher Yannus depuis des années et je suis toujours aussi frustré, soupira exagérément Vincent. Je suis obligé de soulager ma frustration ailleurs.

 

-Arrête je vais pleurer, pouffa Yann. Et ce surnom…

 

-C'est la frustration qui parle mon amour, susurra Vincent tout proche de lui.

 

Yann n'était pas dupe de son jeu, peut-être qu'une partie de lui voulait céder, mais pour quoi ? Il le regretterai à la minute où tout se terminerait et même peut-être avant. Il ne voulait pas de ça. Vincent tenta de l'embrasser, comme toujours, et comme toujours, Yann le repoussa.

 

-Tu vois, je passe mon temps à essayer, sanglota théâtralement Vincent, j'utilise tous mes charmes et il me résiste. Je suis obligé de me contenter du blondinet au cul parfait.

 

-Ce serait presque crédible sans la dernière phrase Vincent, fit remarquer Yann.

 

Vincent hésita mais finit par acquiescer. Ce blondinet lui avait vraiment taper dans l'oeil, il n’allait en faire qu'une bouchée.

 

-Tu vas voir, je vais l'envoyer au septième ciel, il aura plus envie de me quitter ! Ah c'est dur d'être un dieu du sexe ! se plaignit Vincent.

 

-Je suis étonné que tu n'ais pas tout un harem avec toi si c'est le cas, rétorqua Yann.

 

-Alors, pour ça j'ai une technique infaillible, lança Vincent fier.

 

Charlotte et Yann se regardèrent intrigués et peut-être un peu…effrayés de découvrir la réponse.

 

-Pour te débarrasser d'un amant un peu trop collant, il suffit de lui dire que ta bite est irritée, répondit simplement Vincent.

 

Charlotte et Yann partirent dans un fou rire incontrôlable en entendant la réponse de leur don Juan. Il n'y avait vraiment que Vincent pour faire ce genre de choses. Ce dernier resta plus que sérieux, son regard avait enfin accroché celui d'Hugo et il n'était pas prêt de le lâcher. Il ancra ses iris chocolat dans celui du beau blond jusqu'à ce que ce dernier craque et lui donne, inconsciemment, l'autorisation de venir répandre ses charmes sur tout son corps.

 

-Pour moi c'est gagné, la cible est verrouillée, à demain mes chéris, les salua joyeusement Vincent.

 

Charlotte le regarda partir vers l'autre bout du bar, où le blondinet avait rejoint le beau brun qu'elle avait remarqué quelques minutes plus tôt.

 

-Tu vas le laisser faire ? s'agaça Charlotte.

 

-Il va falloir que tu arrêtes de vouloir nous caser, soupira Yann, Vincent et moi, ça n'arrivera jamais.

 

-Il ne dirait pas non, et tu le sais très bien insista Charlotte.

 

-Tout ce qu'il veut c'est mon “Yannus”, sourit Yann.

 

Cette réflexion eut au moins le mérite de faire rire son amie. Son agacement fondait comme neige au soleil, mais le petit sourire en coin qu'elle avait ne lui inspirait pas confiance du tout. Pour éviter, peu importe ce qu'il sentait arriver, il reprit.

 

-Et s'il peut me débarrasser du pire de mes “élèves” je ne vais pas dire non.

 

-Ah, bien sûr, ce n'est que ça ! lâcha Charlotte soulagée. Tu veux juste qu'il te débarrasse d'un de ces gamins !

 

-Ça fait un nom de moins sur la liste de mes victimes, remarqua Yann.

 

-Par contre, tu pourrais ajouter un nom sur une autre liste, lui suggéra Charlotte.

 

-Ah oui ? l'interrogea Yann.

 

-Le beau brun avec eux te dévore du regard depuis tout à l'heure, murmura Charlotte à son oreille.

 

Yann posa son regard sur lui. Martin. Peut-être le plus discret des cinq, il n'avait pas grand souvenir de lui. C'était sans doute la première fois qu'il le regardait vraiment. La seule pensée qui lui vint à l'esprit fut celle-ci : il était beau, vraiment très beau, parfait. Une chevelure épaisse et brune, dans laquelle il se voyait déjà passer ses doigts, un regard doux, timide mais brillant, marrons ou vert, d'ici il ne pouvait le dire, pourtant il rêvait de le voir de plus près. Il remarqua les constellations de grains de beauté qui parsemait son visage. Des dessins aussi harmonieux que les étoiles qu'on pouvait si bien observé depuis le sommet de la montagne. Ce cou, à présent dénudé de tout vêtement lui faisait envie, tellement envie.

 

Sa contemplation fut interrompu quand il vit Vincent s'éloigner en caressant le bras d'Hugo qui semblait plus que consentant pour le suivre. Ce dernier s'arrêta pourtant quelques secondes avant de le rejoindre. Il murmura quelque chose à l'oreille de Martin. Quoique furent ces paroles, le regard que lui lança ensuite Martin fit réapparaître sa colère et son agacement. Un regard de pitié et d'amertume, c'est tout ce qu'il reçut. De toute évidence, ce n'était pas lui que Martin dévorait du regard.



*

 

Yann était dans sa chambre et se demandait bien avec lequel des cinq il allait bien devoir partager son lit. Il détestait plus que tout dormir avec quelqu'un, même lorsqu'il s'agissait de l'un de ses amis proches. Il n'était à l'aise qu'avec peu d'entre eux, il se comptait sur les doigts d'une seule main.

Il se passa de l'eau sur le visage et regarda son reflet dans le miroir. Une bouffée de nostalgie le prit. En fermant les yeux il pouvait encore entendre les hélices tourner, le vent glacial lui frapper le visage et les vibrations de l'appareil dans ses mains..

 

Le bruit de la porte qui s'ouvre le sortit de sa rêverie. Il tourna la tête pour voir lequel de ses cinq cauchemars se présentaient à lui, son cœur se serra en voyant Martin apparaître dans l'encadrement de la porte. Et toujours cet air désolé sur son visage. Yann leva les yeux au ciel et rejoignit la chambre. Il vit Martin ouvrir la bouche pour parler mais il le devança.

 

-Alors, c'est toi qui a perdu le pari et qui te retrouve avec l'homme des glaces ? lança Yann sarcastique.

 

Martin soupira tristement, il détestait vraiment la façon dont ses amis traitait Yann. Il détestait encore plus que Yann le pense comme eux. Il ne pouvait pas le nier, il avait un gros faible pour lui. Son regard bleu ciel l'avait hypnotisé dans la clarté de la neige de la montagne. Ils étaient rendus si beaux par la lumière du massif.

 

-Je suis désolé, lui dit Martin alors qu'il déposait son sac sur la chaise à côté du lit.

 

-Pour quoi ? fit mine de s'étonner Yann.

 

-Le comportement de mes amis, ils ne sont pas vraiment…aimables avec vous depuis qu'on est parti de Chamonix, hésita Martin. Et je sais que je ne vous ai pas beaucoup défendu. Alors, je suis désolé.

 

Yann fut surpris, pour ne pas dire plus, que Martin s'excuse de la sorte. Il ne s'y attendait pas du tout, il l'avait peut-être jugé trop vite. Peut-être que ce n'était pas un sale gosse comme les quatre autres.

 

-Ils sont un peu trop sûrs d'eux-mêmes, poursuivit Martin. Pour être honnêtes, ils voulaient faire l'ascension en deux jours, j'ai fait des pieds et des mains pour les convaincre qu'ils ne pouvaient pas.

 

Il avait parlé trop vite, Martin était sans doute plus arrogant que les autres. Croire qu'il pouvait faire l'ascension en deux jours !

 

-Mais toi en deux jours tu pouvais ? pouffa amèrement Yann.

 

-Je pense oui, ce ne serait pas la première fois, répondit Martin.

 

Yann se retourna une nouvelle fois vers lui, surpris. Surpris et un peu honteux d'être aussi hâtif dans son jugement. Il devait apprendre à réfléchir un peu plus.

 

-Tu as déjà fait l'ascension ? demanda Yann véritablement curieux.

 

-Oui, ça faisait partie de l'entraînement, souffla Martin comme une évidence.

 

-L'entraînement ? l'interrogea Yann.

 

-Pour le secourisme en haute montagne.

 

Yann fut surpris une fois de plus et la rêverie qui l'avait pris tout à l'heure refit soudain surface.

 

-Tu es militaire ?

 

-Non, pompier, le corrigea Martin. Oui, je sais, on intervient pas sur le mont blanc, mais mon officier supérieur pensait que c'était le meilleur entraînement pour la randonnée en haute montagne. Il avait organisé ça en dehors du service.

 

Yann sourit légèrement, comme pour s'excuser de la froideur dont il avait fait preuve un peu plus tôt. Peut-être qu'il méritait ce sobriquet d’homme des glaces que lui avaient donné les amis de Martin. Le jeune homme était bien plus que ce qu'il semblait être, Yann l'avait vraiment jugé trop vite. Ils avaient tellement plus en commun que ce qu'il n'aurait jamais pu imaginer.

 

-Tu dors de quel côté ? demanda Yann avec la plus grande gentillesse.

 

-Ça m'est égal, rit Martin.

 

Les deux hommes rirent ensemble et quand vint le temps de dormir, Yann n'eut aucune difficulté à trouver le sommeil.