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La Brute et le Brave

Summary:

La vie de cuisinier n'est pas de tout repos, surtout lorsque l'on est l'un des plus jeunes cuisiniers en chef d'un restaurant très chic de la ville de Tokyo. Par chance, Nishikido Ryo a de bons amis sur qui il peut compter. Mais qu'arrive-t-il lorsqu'il perd ses repères et que tout semble s'écrouler autour de lui? C'est là qu'il prendra connaissance de ce qu'est réellement la vie et de ce qui est le plus important.

Notes:

Cette fic a été écrite il y a déjà quelques temps mais je me suis dis que peut-être elle trouverait sa place ici. Elle a été posté originalement sur mon blog à cette adresse : http://clo006.skyrock.com/

(See the end of the work for more notes.)

Chapter Text

Nishikido Ryo

Métro, boulot, dodo. Voilà ce qu’était devenu ma vie. Lorsque j’avais décidé d’accepter ce job, je n’avais pas cru que ça m’empêcherait de vivre à ce point. J’étais conscient que ça me demanderait énormément de temps, mais au point de ne plus rien faire d’autres? Je n’avais pas imaginé…Par chance, j’adorais mon job! Je pouvais faire ce que je voulais, je pouvais crier sur les autres à en perdre la voix et jamais personne ne disait rien. C’était moi le chef après tout. Personne ne viendrait contester l’autorité du chef cuisinier en tête d’un restaurant chic tel que La Granata. Je pouvais donc créer tous les plats que je désirais et les mettre au menu sans que personne ne dise rien. De toute façon, tout ce que je créais était excellent, ils n’avaient doc rien à redire sur mes nouveaux plats. J’étais le meilleur et tout le monde le savait.

J’avais débuté à ce restaurant à mes premiers balbutiements dans le métier. J’avais monté les échelons assez rapidement, jouant du coude avec les autres apprentis, jusqu’à devenir ce que j’étais aujourd’hui, après seulement trois ans, suite au départ de l’autre chef. J’avais maintenant vingt-cinq ans et j’étais devenu l’un des plus jeunes chefs cuisinier de restaurants cinq étoiles de la ville. Depuis maintenant six mois que j’étais le nouveau chef principal et le restaurant n’avait jamais été à son meilleur. Et ça, ce n’est pas moi qui le disais, c’était bel et bien le propriétaire lors de la dernière réunion que j’avais eu avec lui. Alors loin de moi de vouloir me vanter, les faits étaient là pour le prouver.

Donc en cette belle journée de printemps je me levai à mon heure habituelle, c'est-à-dire aux alentours d’une heure de l’après-midi. Je m’étais encore couché vers cinq heures le matin après avoir terminé le chiffre du vendredi soir. Les chiffres de fin de semaine étaient toujours aussi intenses, mais c’était ce qui aussi me faisait apprécier mon travail. Courir partout pour réussir à faire les commandes et tout de même prendre le temps d’aller saluer un dignitaire d’un pays quelconque qui désirait me féliciter pour le repas faisait partie de mon quotidien. Même dans un état de stress intense, je réussissais à garder mon calme. Mais qu’il ni aille pas quelqu’un qui glande à mes côtés, parce que là je devenais méchant et horrible! Plusieurs étaient partie en pleurant après que je les ais engueulé suite à une erreur de leur part qui faisait rater un repas. Certains diraient peut-être que je suis trop dure, mais j’avais appris avec les meilleurs et c’était de cette façon que j’avais appris. Alors je l’appliquais moi aussi du mieux que je le pouvais. La différence entre eux et moi, c’est que je ne pleurais jamais. Quand je me faisais engueuler je devenais une vraie machine et je persévérais jusqu’à me surpasser et surprendre la personne qui m’avait rabrouer. C’est ce qui m’avait fait avancer. En agissant de la même façon avec mes subalternes, j’espérais réussir à trouver quelqu’un qui serait digne d’être mon adjoint officiel, puisque la place était libre, celui-ci étant devenu le cuisinier en chef!

J’étais donc entrain de manger mon seul repas de la journée que mon cellulaire vibra sur le comptoir. Je l’attrapai vivement avant qu’il ne tombe par terre et répondit :

- Allo?
- Ryo-chan! T’es où?
- Yamapi, c’est quoi cette façon d’aborder les gens?
- Ahh désolé, c’est que j’avais peur de te déranger. T’es chez toi?
- Ouep, je suis chez moi. Qu’est-ce que je peux faire pour toi?
- Ben, je voulais de tes nouvelles. On ne s’est même pas parlé cette semaine…
- Tu t’ennuis? Lui répondis-je en ayant pris une petite voix de fillette.
- Ben oui…je n’ai pas le droit?

Je me mis à rire. Yamapi avait le don de dire n’importe quoi pour réussir à me faire pouffer. Yamapi riait, lui aussi, de bon cœur.

- Alors? Tu as eu une grosse soirée hier? Me demanda mon ami afin de commencer une conversation.
- Ouais! Je suis rentré chez moi à cinq heures du matin…
- Uwaaa ! Je ne sais pas comment tu fais…
- Tssss, tu es rentré à quelle heure de veiller toi hier? Demandai-je à Yamapi en riant.

Une silence gêné me répondit à l’autre bout du téléphone confirmant que je n’avais pas tord : Yamapi était bel et bien sorti en bar la veille. Je me mis à rire de plus bel et lui demandai :

- Alors? Il y avait du beau monde?
- En fait, je suis pas aller en bar. Je suis allé au karaoke…avec une fille…
- Avec une fille?! Tout seul? Répondis-je, interloqué.
- Ouais…
- Oufff à t’entendre ça pas été super comme soirée.
- Non pas super en effet. Je pense qu’elle est sortie avec moi juste pour mon corps…

Cette fois ci s’en fut trop. Je me mis à rire aux éclats. Pauvre Yamapi. Il ne savait décidément pas apprécier la bonne chair quand elle se présentait. Quand je me fus calmé je lui demandai :

- Alors? Tu as fait quoi?
- Ben, j’ai prétexté une envie d’aller aux toilettes et je me suis sauvé, répondit-il, honteux.

Encore une fois je me mis à rire à gorge déployée. Ce qu’il était rose comme homme.

- T’aurais pu en profiter quand même! Si ce n’était que ce qu’elle voulait! Ahh je sais…elle n’avait pas de gros seins?! C’est pour ça que tu n’as pas voulu?!
- Ahhh Ryo! Ça veut pas dire que toi c’est la seule chose qui t’intéresse chez une fille que c’est nécessairement la même chose pour tout le monde!
- Ben quoi…

Là-dessus, il n’avait pas tord. Pour que j’aie le goût d’une fille, elle devait avoir deux énormes intérêts pour que je m’y intéresse. En général, une fille c’était beaucoup trop compliqué. En plus, avec mon temps libre restreint à cause de mon travail, je n’avais pas le loisir de m’occuper d’une petite bestiole dans ce genre. Une fille, en général, quand tu couchais avec, tu devais absolument t’en occuper après. Soit elle te rappelait sans arrêt ou soit elle te laissait un message sur ton répondeur en pleurant parce que tu ne l’avais pas rappelé. Je ne savais jamais comment réagir! C’est pourquoi je ne couchais qu’avec des hommes. Au moins, eux, quand tu ne les rappelais pas, tu en n’entendais plus jamais parler! La sainte paix! De ce côté, Yamapi et moi étions complètement différent. Lui il prônait le respect, l’amour, le romantisme. Moi je n’avais qu’en tête le sexe, puisque de toute façon, je n’avais pas de temps pour plus. Ce n’était d’ailleurs pas le seul côté qui était différent entre Tomo et moi. Nous étions diamétralement opposé. Je n’avais jamais compris d’ailleurs pourquoi lui et moi nous étions devenu amis. Nous nous étions rencontré lors de nos études en hôtellerie et ne nous étions plus jamais quitté. Au début, faut dire, j’étais tombé pour ses larges épaules et son magnifique sourire. Il m’avait fait clairement comprendre qu’il n’était pas intéressé aux hommes, mais il ne m’avait jamais renié. On était plutôt devenu des amis inséparables, faisant les cents coups ensembles. Malheureusement pour lui, puisque j’étais un macho fini et que je le criais haut et fort, les filles me détestaient en général et puisqu’il était toujours avec moi, les filles ont fini par se dire qu’il était pareil comme moi et se sont mis à le détester aussi. C’est pourquoi Yamapi était toujours célibataire, malgré son tempérament d’homme à marier. Je voulais bien qu’il se trouve une fille, mais en même temps je m’inquiétais : j’aimais bien avoir Tomohisa pour moi seul. Oui, j’étais macho et égoïste.

Après avoir parler pendant quelques minutes, le temps que je mange mon repas, je dus raccrocher puisqu’il était temps que je me prépare pour aller travailler.

- Je ne sais pas comment tu fais. Tu es conscient que tu ne pourras pas continuer à ce rythme toute ta vie? Tu vas te brûler à petit feu…me sermonna Yamapi.
- Oui, oui maman, je sais. Est-ce que tu veux qu’on se voie demain? Dérange toi pas, je vais aller souper chez toi!
- Heu…on dirait que je n’ai pas le choix! C’est d’accord, je vais t’attendre demain soir. Fais attention à toi en attendant!
- Toujours! Répondis-je avec un grand sourire qui devait s’entendre dans ma voix.

Nous raccrochâmes donc et je me préparai. Je devais être au restaurant pour trois heures afin de préparer le rush du souper. Je m’habillai donc et partis rapidos presto pour le restaurant. Arrivé là-bas, j’entrai par la porte arrière, celle réservée aux employés. Je tombai presque face à face avec Yasu en ouvrant la porte.

- Yasu? Qu’est-ce que tu fais en arrière de la porte? On dirait que tu attends quelqu’un…
- Ben…en fait, c’est pas mal ça. Je t’attendais, me répondit-il avec un air stressé.

J’haussai les sourcils. Yasu n’était pas du genre à être crispé de la sorte. Il était plutôt du genre à toujours être joyeux, docile et bienveillant. C’était d’ailleurs pourquoi j’adorais travailler avec lui. Lui et moi travaillions ensembles depuis que j’étais arrivé dans ce restaurant. Il était déjà sur place depuis six mois lorsque j’étais rentré comme aide. Il avait été le premier à venir me parler et à m’accueillir dans la gang. J’avais toujours été quelqu’un de renfrogné, mais Yasu faisait partie des quelques personnes de mon entourage qui réussissait à tout coup à me calmer quand j’avais le goût de tuer tout le monde. D’ailleurs, c’était toujours lui qui ramassait à la petite cuillère celui ou celle que j’engueulais. Il était comme la maman dans la cuisine, toujours à vouloir s’occuper de tout le monde et s’assurer que tous aillent bien.

Mais à le voir inquiet de cette façon, je me doutais qu’il était arrivé quelque chose que je n’allais pas apprécié et qu’il s’attendait à ce que je lui en fasse subir les conséquences. Je me stationnai donc devant lui, droit, bras croisés sur le torse et j’attendis qu’il m’annonce la mauvaise nouvelle de la journée. Je sentais que ça allait être une journée de merde…

- Je voulais te dire quelque chose.
- Oui?

Il leva les yeux vers moi et détourna le regard immédiatement. Ça m’inquiétait au plus au point de le voir de la sorte. Est-ce qu’il allait m’annoncer qu’on allait manqué de pâtes? Je ne voyais pas ce qui aurait pu être pire!

- Ben voilà…c’est que…hésita-t-il encore.
- Yasu, veux-tu bien arrêter de tourner autour du pot et me dire ce qui se passe!? Tu m’inquiètes!

Il leva la tête prestement et me regarda horrifié.

- Non, non! Tu ne dois pas être inquiet! Il ni a rien de terrible! Je te jure!
- Ben c’est quoi alors?! Lui demandai-je un peu plus exaspéré, tentant de garder mon calme, malgré la patience qui commençait à me quitter.
- Tu sais, hier, on a eu une sacrée soirée de fou…
- Ça oui, tu peux le dire!
- Ben voilà! Je me suis donc dit que ce soir serait pire encore puisque le samedi est toujours notre pire soirée de la fin de semaine.
- Oui…lui dis-je, l’incitant à continuer.
- Alors, j’ai donc pris une décision sans t’en parler.

Je n’aimais pas ça. Je détestais quand quelqu’un passait par-dessus mon autorité. Je n’avais rien contre l’initiative, mais je détestais quand les gens prenaient des décisions importantes sans me demander mon avis avant. J’essayai de continuer de garder mon calme, malgré la pression qui montait tranquillement dans mon corps. Je tentai de lui répondre doucement :

- Ah oui? Et quelle est cette décision?

Il se mordit alors la lèvre inférieure. Il avait l’air de se dire qu’il n’aurait peut-être pas dû finalement. Son malaise ne fit qu’empirer mon état. Je devais sûrement avoir le visage rouge et les yeux comme deux fentes tellement j’essayais de contenir mon explosion. Je vis finalement dans l’attitude de Yasu qu’il allait se lancer. Il serra les poings et releva la tête d’un coup en m’annonçant :
- J’ai décidé d’engager quelqu’un!

Je plissai des sourcils. Il avait quoi?!

- Quoi?! Tu as quoi?

C’est à ce moment que Yasu vit sûrement la fumée sortir de mes oreilles, car il se mit à parler très rapidement et à sautiller de stresse sur ses pieds.

- Tu le sais très bien qu’on a besoin de quelqu’un de plus! On ne s’en sortira pas! Hier ça l’a passé, mais on a bien failli l’échapper! Tu sais aussi bien que moi qu’on ne peut pas se permettre de refuser de l’aide supplémentaire. Je sais que tu ne veux jamais qu’on engage quelqu’un de nouveau le samedi, mais on n’a pas le choix. C’est ça, ou on va tous virer fous ce soir!

Je n’arrivais pas à croire qu’il ait fait ça sans m’en parler. C’était une décision très importante et il l’avait prise tout seul. C’était moi en général qui décidait des embauches de la cuisine. Pourquoi s’en était-il mêlé tout à coup? Je me mis, instinctivement, à gueuler dessus.

- TU SAIS TRÈS BIEN POURQUOI ON N’ENGAGE JAMAIS LE SAMEDI! ÇA ROULE TROP, ON PEUT PAS SURVEILLER LE NOUVEAU ET LUI IL FAIT DES GAFFES ET ÇA EMPIRE LES CHOSES! QU’EST-CE QUI EST PLUS RETARDANT? LE FAIT QU’ON NE SOIT PAS ASSEZ OU LE FAIT QU’UN NOUVEAU GÂCHE LA SAUCE CARBONARA ET QU’ON DOIVE LA RECOMMENCER…

Je ne sus pas trop le reste de mon discours puisque j’étais trop aveuglé par ma colère. Yasu me regardait avec des yeux ronds comme des 50¥ et s’était acculé au mur qui était derrière lui. Nous étions dans un corridor, donc il n’avait pas vraiment de place pour la fuite. Après je ne sais plus combien de temps d’engueulade, je dus reprendre mon souffle. Je repris conscience par le fait même de ce qui se passait autour de moi. Ceux qui étaient déjà arrivé au restaurant avaient tous, soit passé la tête par l’entrebâillement de la porte de la cuisine, soit était apparus au bout du corridor donnant sur la salle à manger. Tous me regardaient avec de l’effroi dans les yeux. Lorsqu’ils virent que je les regardais, tous se sauvèrent comme des blattes à la lumière, se souvenant tout à coup qu’ils avaient du travail. Yasu quant à lui me regardait toujours, le dos collé au mur. Ses yeux étaient toujours ouverts très grands et me fixaient. Je vis mon visage déformé par la colère dans ses yeux, ce qui me calma aussitôt. Je faisais réellement peur, je devais me calmer. Je n’aimais pas gueuler sur Yasuda-kun. Il était quelqu’un que j’appréciais et je n’avais pas envie qu’il parte à cause de ma mauvaise humeur. Je pris donc un grand respire que je soufflai tranquillement par le nez. Je passai ensuite ma main sur mon visage et repris la parole, mais cette fois, le plus doucement possible pour montrer à Yasu que je voulais faire la paix.

- Bon. Maintenant que la gaffe est faite et que tu as pris sur toi d’engager quelqu’un aussi bien faire avec.

Je poussai un soupir de découragement. Je savais que ça allait être une mauvaise journée. Je pointai alors un doigt sur mon collègue et lui dis dans le blanc des yeux.

- Si jamais il fait une gaffe irréparable et qu’il nous gâche le souper, je te jure, je ne sais pas ce qu’il va arriver, mais c’est toi qui en auras l’entière responsabilité. Es-tu prêt à assumer les conséquences?

Yasu me regarda soudainement avec plein d’assurance et me dis :

- Oui! J’ai une entière confiance en mon ami. Tu vas voir, il ne nous embêtera pas et sera d’une grande aide. Je prends la responsabilité de ses actes.
- D’accord, soufflai-je, peu convaincu.

J’espérai du fond du cœur que Yasu avait raison et que le nouveau ne nous nuirait pas. De plus, je ne voulais pas avoir à crier sur Yasu encore.

- Bon, alors tu me le présentes ce nouveau? Lui demandai-je finalement, résigné.

Il n’en fallu pas plus pour que le sourire de Yasu revienne à la surface. Il était vraiment un gars avec une infaillible joie de vivre. Il se retourna alors vers le bout du corridor qui menait à la salle à manger et son sourire s’agrandit encore. J’haussai un sourcil et suivis son regard. Au bout du corridor, se tenant droit comme un piquet dans le contre-jour se tenait un jeune homme. Il était habillé avec les vêtements d’un apprenti de la cuisine et regardait dans notre direction. Je ne pouvais pas voir ses traits à cause du soleil derrière lui, mais je savais que je ne le connaissais pas. Aucun des apprentis n’étaient aussi grand et bâti. J’en déduisis aussitôt qu’il devait être justement la source de mes malheurs du moment. Yasu lui fit signe d’approcher. Le jeune homme sembla hésiter un peu, mais avança finalement d’un pas décidé vers nous. Il avait parcouru la moitié du corridor avant que je ne puisse finalement voir ses traits et de quoi il avait l’air. C’est là que je sentis un frisson me parcourir l’échine. Mais ce mec avec une gueule d’enfer. À faire rêver n’importe qui! Il arriva enfin près de Yasu qui s’empressa de me présenter le nouveau.

- Alors voici mon ami Ohkura Tadayoshi. Ohkura je te présente notre chef principal, Nishikido-san.

Ledit Ohkura s’inclina profondément devant moi.

- Je suis enchanté de rencontrer un chef tel que vous, senpai. Je me ferai petit et j’aiderai de mon mieux. J’espère en apprendre le plus possible en travaillant à vos côtés.

Je le regardais toujours sans dire un mot. Il s’était relevé et me regardait avec un air qui semblait être presque de la vénération. Cet homme semblait vraiment être impressionné, pas par ma colère de tout à l’heure, mais bien pour ma réputation de cuisinier. Mon ego n’en avait pas besoin, mais ça lui fit plaisir. C’était certain que j’avais bonne réputation, mais je ne croyais pas que quelqu’un puisse vouloir un jour apprendre à mes côtés. Son attitude me fit penser à moi, à mes débuts dans ce restaurant quand j’avais justement voulu travailler avec le meilleur. Je me surpris à lui répondre en souriant, malgré le fait que je voulais me montrer désagréable avec lui puisqu’il faisait mon malheur en cette journée.

- J’espère que tu as déjà travaillé dans un restaurant et que tu sais à quoi t’attendre, parce que tu vas voir, ici, ça roule le samedi! On n’a pas le temps de faire jasette!

Je ne lui laissai pas le temps de répondre et je m’éloignai pour vaquer à mes occupations. Avec toute cette histoire, j’étais en retard sur mon horaire. Je voulais aussi m’éloigner de lui au plus vite, voyant qu’il me faisait un peu trop d’effet. Je n’étais pas ici pour flirter, ma foi du bon dieu, j’étais ici pour travailler! Peu importe comment le nouveau avait une mâchoire carrée sacrément sexy et des épaules larges qui ne demandaient qu’à être empoignées fermement. Je secouai la tête, tandis que j’entrais dans la cuisine. Je devais garder le focus. Je me dis qu’il était grand temps que j’aille faire les bars pour tirer un coup, j’étais en manque c’était certain si j’en étais au point de fantasmer sur des nouveaux collègues. Je mis alors mon tablier et mon chapeau et je me mis au travail.