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Cela faisait déjà trois jours que Sayaka était clouée au lit. Elle avait déjà appelé le médecin qui lui avait diagnostiqué une grosse grippe et l’avait conseiller de se reposer. Vivant seule chez elle, ses parents voyageant beaucoup, elle avait du faire face à la maladie toute seule. Elle n’avait pas beaucoup bougé de son lit en tout ce temps, la plupart du temps avait été passé à dormir, son but étant de pouvoir reprendre les cours le plus vite possible. Elle n’avait reçu aucun message sur son téléphone mais elle n’en attendait pas plus, la seule personne avec qui elle parlait étant la présidente qui, en plus d’être occupée, ne devait pas vraiment se soucier d’elle. A cette pensée le cœur de Sayaka se serra et elle ferma les yeux. Elle n’avait même pas pensé à prévenir Kirari des raisons de son absence ces derniers jours. La présidente serait peur-être en colère contre elle quand elle reviendrait. Elle pouvait peut-être réparer cela en lui en envoyant un maintenant. Elle se releva pour saisir son téléphone et taper un message un peu brouillon quand elle entendit toquer à sa porte. Elle n’attendait personne et ses parents n’étaient pas censés rentrer avant au moins deux semaines. Elle se leva lentement et attrapa sa robe de chambre qu’elle passa au dessus de sa nuisette noire pour ne pas attraper froid. Elle attrapa un mouchoir pour se moucher tout en allant jusqu’à la porte. Avant d’ouvrir elle regarda par le judas optique sur la porte et vis avec surprise que c’est la présidente se trouvait sur le seuil de sa porte. Elle ne pouvait pas lui ouvrir dans cet état mais pas non plus la laisser devant.
Elle cria qu’elle arrivait avant de courir jusqu’à la salle de bain pour essayer de démêler ses cheveux qu’elle n’avait pas touché depuis 3 jours. Quand le résultat lui paru convenable elle s’empressa de retourner devant la porte. Elle prit une grande respiration avant de tourner la clé dans la porte pour se trouver devant la présidente.
« - Présidente ! Je- je suis désolé d’avoir été longue. » Sayaka bégaya doucement en rougissant.
« - Ce n’est rien, mais tu vas me laisser dehors ? »
La présidente avait décidé de la taquiner ce qui amplifia le rougissement de la pauvre Sayaka qui se poussa de l’entrée pour laisser Kirari rentrer.
« - Bien sûre excusez-moi présidente. »
Kirari entra enfin dans la maison de Sayaka, la sienne était plus grande mais celle de Sayaka dégageait plus de chaleur, des photos familiales étaient accrochées aux murs et pourtant la maison semblait vide. Kirari hésita à poser des questions sur sa famille mais se dit que le sujet viendrait peut-être plus tard. Au lieu de cela elle lui posa la question qui lui brûlait les lèvres et pour laquelle elle était venu jusqu’ici tandis qu’elle habitait à l’opposé.
« - Pourquoi tu n’es pas venu en cours ces derniers jours ? Je commençais à m’inquiéter. »
« - Je suis vraiment désolé Présidente, je suis malade et je ne voulais contaminer personne. Je reviendrais dés que j’irais mieux. »
Kirari s’approcha doucement de Sayaka, comme pour ne pas l’effrayer et posa un baiser sur son front. A ce geste Sayaka se recula brutalement, et la regarda avec incompréhension. Elle avait toujours aimé la présidente et le fait qu’elle se trouve chez elle était déjà beaucoup à endurer mais cette action si soudaine l’avait particulièrement troublée.
« - Sayaka tu as de la fièvre tu devrais aller te coucher, tu as encore des médicaments ? Et enlève cette robe de chambre ça doit te donner chaud. »
Sayaka se décida qu’obéir à la présidente la ferait sûrement partir et arrêter de la torturer plus rapidement. Elle acquiesça de la tête avant de se diriger vers sa chambre. Kirari ne la quittait pas des yeux tandis que Sayaka baissait le regard pour ne pas rencontrer les yeux de la présidente. D’une main peu confiante elle retira le nœud de sa robe de chambre avant de la faire glisser le long de ses fines épaules. Elle se sentait presque nue devant la femme imposante devant elle.
De son coté Kirari n’était pas prête devant la scène qui venait de se jouer devant ses yeux, elle avait pensé que Sayaka porterait un short et un haut de pyjama mais elle se trouvait en simple nuisette devant elle. C’était à son tour de rougir et de détourner le regard.
« - Je suis désolé si j’avais su je ne serais pas rester si tu n’es pas à l’aise avec moi dans la chambre je peux partir... »
« - Non restez s’il vous plaît. »
La voix de Sayaka était suppliante, comme un murmure, si fragile que Kirari releva les yeux pour qu’ils se posent sur ceux de Sayaka, toujours baissé. Une nouvelle confiance la frappa quand elle s’approcha d’elle et posa une main douce sous son visage pour que leurs yeux se rencontrent.
« - Si cela peut te rassurer tu n’as aucune honte à avoir, tu as un très jolie corps. »
Les joues de Sayaka prirent une nouvelle teinte écarlate à ses mots et elle bégaya quelques mots incompréhensibles. Un sourire taquin se posa alors sur les lèvres de la fille aux cheveux platines alors que Sayaka se couchait sous un fin drap blanc. Elle toussa brièvement et le regard de Kirari se changea pour ce qui Sayaka prit pour… de l’inquiétude ? Les pensées de la jeune fille furent bientôt confirmées par les paroles de la femme en face d’elle.
« - Tu es sûr que ça va aller ? Je n’aime pas te savoir seule chez toi alors que tu es malade. »
« - Vous vous inquiétez ? ».
Les mots échappèrent à Sayaka qui ne pu que mettre les mains sur sa bouche pour s’arrêter. Elle les enleva timidement pour regarder la jolie fille désormais assise sur le bord de son lit qui la regardait. La jeune fille aux lèvres azur haussa un sourcil avant de se pencher lentement, les yeux de Sayaka flottèrent, la jeune fille demeurant autant effrayée qu’anticipative. Les lèvres de Kirari ne joignirent pourtant pas la destination pensée mais restèrent à quelques millimètres de son oreille tandis qu’elle lui murmura.
« - Je n’aime pas quand ce qui m’appartient n’est pas à ma disposition. »
C’est ce genre de discours qu’avait toujours la présidente quand elles n’étaient que toutes les deux et qui rendaient la pauvre secrétaire du conseil folle. Elle remonta la couverture pour essayer tant bien que mal de cacher son rougissement mais Kirari l’avait bien sûr remarqué. D’une main puissante elle prit la couverture et caressa la visage de la brunette en la regardant dans les yeux.
« - Tu es si mignonne Sayaka, ne te cache pas de moi, tu sais que je n’aime pas ça et tu ne m’as toujours pas répondu. »
Sayaka était à présent confuse, Kirari lui avait-elle posé une question ?
« - Je suis désolé, je- »
« - Tu es vraiment tête en l’air… Est-ce que tu vas bien ? Je veux dire tu es malade est seule dans cette grande maison. Si tu veux je peux rester cette nuit. »
La nuit commençait à tomber et c’est peut-être ce qui fit que Sayaka ne remarqua pas la fine nuance de rouge qu’avait pris les joues de la Présidente du conseil.
« - Je ne voudrais pas vous déranger en plus vous habitez sûrement loin et je serais sans doute bientôt réta- ».
« - Si je propose c’est parce que je le veux. »
Kirari toucha le front de Sayaka avant de froncer doucement les sourcils et de se lever. Elle sortie de la pièce avant de revenir quelques minutes plus tard avec un linge frais humide dans les mains et le posa sur le front de la jeune fille sans défense. L’esprit de la secrétaire tourner à cent à l’heure, la personne qu’elle aimait était chez elle et venait de proposer de rester dormir chez elle pour s’occuper d’elle, elle n’arrivait pas à y croire. La présidente la regardait dans les yeux avec un petit sourire en coin et Sayaka sentait son cœur fondre dans sa poitrine.
« - Tu devrais te reposer, je vais nous préparer un repas si ça ne te dérange pas. »
Sayaka fut surprise d’entendre ces mots, tout d’abord parce qu’elle ne savait pas que l’autre fille savait cuisiner mais aussi parce qu’elle n’aurait jamais pensé qu’elle ferait cela pour elle un jour.
« - Vous n’êtes pas obligé vous savez je peux-. »
Elle fut coupé par Kirari qui se pencha pour lui laisser un baisé sur la joue, au coin des lèvres.
« - Je m’en charge repose toi. »
La jeune femme était assez autoritaire mais c’est aussi l’une des choses qui rendait Sayaka folle de la présidente. Elle savait ce qu’elle voulait et ses ordres autoritaires mais pas trop étaient la mort de la pauvre Sayaka.
Kirari quitta rapidement la chambre alors que Sayaka ferma les yeux et sombra rapidement dans un sommeil plein de rêve.
C’est quelques heures plus tard qu’elle se réveilla, quatre heure passé indiquait le réveil sur sa table de chevet. Elle essaya de bouger pour se leva pour remarquer que quelque chose la bloquait. Elle leva son bras pour toucher ce qui était poser sur son estomac pour se rendre compte que c’était un bras. Est-ce que la présidente était couchée à moitié sur elle ? Était-ce vraiment possible ? Non Sayaka devait rêver. Elle essaya de se dégager discrètement mais sans succès. Elle senti alors le poids bouger et vit la silhouette dans le noir se tourner vers elle.
« - Sayaka ? Tu es réveillée ? »
La phrase n’était qu’un chuchotement qui se perdit dans la nuit. La secrétaire hésita à répondre, elle avait apprécié sentir le corps de la présidente contre elle.
« - Je suis réveillée présidente. »
« - Je suis désolé j’ai du m’assoupir. Je devrais peut-être y aller, je t’ai fais de la soupe, elle est dans le réfrigérateur. »
La jeune femme d’habitude si confiante semblait fragile désormais. Elle commença à se lever quand Sayaka saisit son poignet
« - Ne partez pas s’il vous plaît. »
Sayaka se sentait plus confiante, elle, la jeune secrétaire se redressa, son visage arrivant à quelques centimètres de celui de son aînée.
Kirari leva les yeux vers elle, elle savait ce qui allait arriver si elle restait là, elle savait ce qu’elle avait toujours su, l’attirance qu’elles éprouvaient l’une envers l’autre de manière irrationnelle et irrépressible. Elle savait que depuis ce qui était arrivé dans la Tour ce n’était qu’une question de semaine et qu’un jour ou l’autre sa tête ne contrôlerait plus son corps et son cœur prendrait le relai.
Leurs lèvres s’étaient soudainement rencontrées sans qu’aucune des deux ne sache qui avait initié le baisé, elles n’avaient pas envie d’y penser d’ailleurs. Le baisé était d’abord timide, tendre, il était comme les sentiments que les jeunes femmes ressentaient l’une pour l’autre, sincère sans être trop avide. C’était le premier baisé de Sayaka et elle ne pouvait penser à une meilleure personne avec qui le partager. Même si son cœur était plein de doute quand-à ce qui allait se passer ensuite, Sayaka se dit à ce moment elle qu’elle devrait tomber malade plus souvent.
Les premiers rayons du soleil de la journée commençaient à passer entre les fins rideaux de la chambre alors que la Présidente et sa secrétaire se regardaient essoufflées et rougissantes. C’était peut-être une nouvelle histoire qui commençait et au fond, toutes les deux le savaient.
