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Language:
Français
Stats:
Published:
2019-07-23
Completed:
2019-07-28
Words:
6,285
Chapters:
2/2
Kudos:
8
Hits:
198

Test de Personnalité 2.0

Summary:

Shizune a mis en place un test de personnalité afin d’analyser et de comprendre les motivations des ninjas à la solde du Hokage. Elle espère ainsi être en mesure de cerner leur problème et d’améliorer leur moral afin d’optimiser leur efficacité au cours des missions. Shizune choisit donc de tester son questionnaire sur un sujet connu pour son passé très tourmenté, Kakashi Hatake.

Chapter 1: PARTIE 1

Notes:

J'ai écrit ça je sais pas pourquoi. Ce devait être un délire et voilà, j'suis partie dans un truc trop sérieux pour ce que c'est.
La fic est aussi sur FF.net sous le pseudo Pigoon.

(See the end of the chapter for more notes.)

Chapter Text

Kakashi n’avait aucune envie de participer à ce test. Pourquoi parmi tous les candidats disponibles, il fallut que Shizune choisisse lui en particulier ? Il restait toujours fidèle à lui-même depuis des années, et les nombreux traitements qu’il avait dû subir pendant sa jeunesse étaient révolus. Kakashi espérait sincèrement que Tsunade n’avait pas décelé en lui de nouveaux troubles, et qu’elle n’avait pas demandé à son adjointe de l’étudier une fois de plus. Ses efforts pour paraître normal n’étaient peut-être pas aussi crédibles qu’il ne le pensait.


Kakashi souffla. Cela faisait presque trente minutes qu’il marchait de manière erratique devant l’hôpital, et le regard des passants commençait à peser sur lui. Il essayait de se rassurer en se disant qu’il ne s’agissait que d’un bête test, et qu’il lui suffisait de garder son calme pour passer entre les mailles du filet.


Il n’était plus le pauvre type détruit par son passé. Le temps avait fait de lui un homme plus stable, plus fort. Il devait s’en convaincre.


Finalement, Kakashi se décida à entrer dans l’immense bâtiment. À force d’y passer à quasiment chaque fin de mission, les lieux lui étaient familiers. Il s’avança vers l’accueil et salua la secrétaire. Elle lui répondit par un grand sourire, dont seules les femmes avaient le secret, et le dirigea vers la salle d’interrogatoire (qui n’était qu’une simple chambre aménagée). Elle fit une révérence avant de l’abandonner à son sort.


La porte était grande ouverte, révélant Shizune assise devant un bureau, en train de lire attentivement une feuille de papier et de mâchouiller un crayon.


Kakashi avait un mauvais pressentiment. La sensation d’être observé lui collait à la peau. Ce test ne s’annonçait pas si innocent qu’on le disait. Il entra sans prévenir, et continua de fixer Shizune jusqu’à ce qu’elle remarqua sa présence. Surprise, elle hoqueta et s’excusa de son inattention. Kakashi sourit et dit :


« C’est moi qui devrait m’excuser pour mon retard. Tu vois, je me suis perdu en cours de route. C’est que le village est grand !


− Je n’avais même pas fait attention à l’heure ! Je t’en pris, assis-toi ! »


Kakashi n’attendit pas davantage pour s’asseoir juste en face d’elle. Sa réaction face à son retard était inhabituelle toutefois. Tout le monde râlait après lui, même les plus patients. Shizune devait prendre ce test très à cœur pour perdre la notion du temps. Bien qu’il ne fut pas étonné, puisqu’elle en était à l’origine. Il admirait son courage. D’habitude si réservée, c’était rare que Shizune possédait l’audace de proposer quelque chose d’elle-même. Dommage que son idée ne lui plaisait pas. Dieu seul savait que ce type de questionnaire l’agaçait.


« Je vais commencer par t’expliquer le déroulement du test. Comme tu le sais déjà, il s’agit d’un test de la personnalité. Grâce à une série de questions, je vais essayer de cerner ton caractère, ainsi que tes points faibles et forts. Ensuite, j’essaierai de trouver un moyen d’atténuer ou de supprimer carrément un traumatisme potentiel afin d’améliorer ta condition de vie. Évidemment, ce test n’est qu’un test pour l’instant ! C’est pourquoi, il me faut ton entière collaboration et une honnêteté irréprochable pour que ça fonctionne. »


Comme prévu, Kakashi s’ennuyait déjà. Il craignait le pire.


« Je te rassure, tu ne seras pas le seul à passer ce questionnaire. Tous les jōnin y passeront. Et si jamais son efficacité est prouvé, alors tous les ninjas seront obligés de s’y soumettre ! Ce sera un excellent moyen de déceler les problèmes et de parfaire nos unités.


Kakashi rit.


− Je suis déjà une machine ! C’est vraiment nécessaire ?


− Pour l’instant, oui. Considère moi comme une psychologue, tu peux te confier à moi.


À la différence près que ce ne sera pas confidentiel, pensa ironiquement Kakashi.


− Et si je mens ?


− Tu as en face de toi une experte en analyse du comportement humain. Je le saurais en te regardant. »


Kakashi trouvait cela suspect. Shizune était réputée pour posséder des connaissances en psychologie, mais elle n’était pas infaillible. Et son intransigeance ne pouvait que l’obliger à combler les failles. Quelqu’un ou un groupe de personnes devaient forcément les observer. Il regarda discrètement les alentours, afin de déceler la moindre trace prouvant sa théorie. Néanmoins, cette tâche s’avérait être difficile sans l’aide du sharingan. Kakashi la regarda, pointant du doigt son œil gauche caché par son bandeau.


« Je suppose que je n’ai pas le droit de l’utiliser ?


− Tu supposes très bien, dit-elle en souriant.


Il s’attendait à cette réponse. La possibilité de lui poser la question devint sa seule option.


− Et nous sommes que deux ?


− Oui, bien sûr ! Tout ce que tu me diras restera entre nous. »


Sa réponse sonnait trop machinale à l’oreille de Kakashi. Encore une fois, cela ne l’étonnait pas de sa part. Shizune avait toujours été très préventive. Mais pourquoi lui mentir ? Kakashi avait son idée. Être seul face à quelqu’un prétendant être à l’écoute facilitait grandement le contact et incitait à dénouer la langue. Au contraire, un groupe pourrait éveiller la méfiance chez le patient et le pousser à se renfermer sur lui-même (surtout pour quelqu’un de très timide, comme Kakashi).


« Détends-toi, Kakashi ! Je ne vais pas te passer à la casserole. Je te pose juste des questions, et tu y réponds. Si ça te gêne de parler d’un sujet, je n’irais pas plus loin. Si tu n’as pas d’autres questions, le test peut commencer. »


Kakashi hésita à lui demander s’il pouvait rapidement aller au toilette afin de s’échapper, mais sa tentative n’aurait servi à rien. Hormis lui offrir un séjour gratuit au cachot. L’humour n’était pas leur fort, à Konoha.


« Alors, dis moi quel est ton nom ?


Kakashi la dévisagea d’un air surpris. Il réfléchissait à l’intérêt de la question. Si elle désirait jouer à ce jeu, alors il ne s’en priverait pas d’y participer également.


− Très bonne question. Je l’ai sur le bout de la langue, mais je parviens pas à m’en souvenir. Je crois que ça a un rapport avec un certain épouvantail...


− Je sais que la question est ridicule, mais le fait d’être capable de dire son nom constitue une information non négligeable en soi. Même si votre locuteur vous connaît déjà. »


Il haussa les épaules. Ce n’était pas si stupide en soi. Les ninjas subissaient un entraînement pour justement éviter de dévoiler leur identité au premier venu, et certains allaient même jusqu’à effacer leur nom de leur mémoire durant les missions. Il nota que cette dernière était en train d’écrire sa réponse, suivit d’une remarque qu’il ne parvint à comprendre juste à côté. Le ninja copieur pouvait sentir son sharingan le titiller, mais Shizune lui en avait interdit l’usage. Il s’efforça de s’en désintéresser.


« Continuons. Quelle taille estimes-tu avoir ?


− Je dois admettre en être plutôt fier. La plupart de mes collègues féminines me trouvent plutôt grand, dit-il en insistant sur le dernier mot.


Shizune soupira. Son agacement le satisfit. Kakashi adorait taquiner ses camarades.


− N’oublie pas que je note toutes tes réponses, aussi inspirées qu’elles soient. Et ce questionnaire sera analysé et gardé précieusement dans ton dossier. C’est pourquoi j’ai insisté sur l’honnêteté de tes réponses. Je dis ça pour toi.


− Bien, bien ! Je ne doute pas de toi, Shizune. Ma taille est justement inscrite dans mon dossier, je n’ai pas grandi depuis la dernière visite médicale.


Shizune rajouta une ligne sous la question, puis reprit :


− Et ton poids ?


− La même chose. Non, je n’ai pas changé mon alimentation, même si Naruto insiste toujours autant à me faire avaler dix bols de rāmen par jour. Non, ce n’est pas parce que je lis constamment Le Paradis du Batifolage que je suis un gros pervers en manque. Non, je n’ai pas l’intention de me marier. Et non, je n’ai pas l’intention d’arrêter d’être en retard. Et la raison est dans mon dossier. »


Shizune fit une pause, puis elle écrivit quelques mots avant de regarder Kakashi droit dans les yeux, l’air désespéré.


« C’est gentil de ta part d’essayer d’anticiper mes questions, mais, juste, laisse moi le temps de te les poser. Ce n’est pas contre toi-


Kakashi l’interrompit.


− Je sais. Désolé de n’en faire qu’à ma tête. Je te laisse continuer.


− Promets moi de répondre sérieusement. »


Ses jolis yeux noisettes imploraient sa pitié. Kakashi abandonna et accepta, chose que Shizune apprécia et l’exprima par un sourire vainqueur.


Ce n’était pas par mépris pour elle si Kakashi se montrait si détaché. Ce genre de test lui donnait l’impression de faire face à un miroir l’obligeant à affronter ses démons. Exprimer ses sentiments était quelque chose de très compliqué pour le ninja copieur. Et il savait très bien les conséquences que pouvaient entraîner le fait d’avouer ses peurs. Il ne voulait pas qu’on lui tripote la cervelle et qu’on le noie sous des pilules multicolores. Cette situation ne lui était pas étrangère, et il ne désirait aucunement revivre la même expérience.


« Quel est ton âge ?


Le regard insistant de Shizune le mettait mal à l’aise. Après quelques secondes d’hésitation, Kakashi répondit :


− J’ai dans la trentaine.


Il remarqua le sourire en coin de sa locutrice. Il était prêt à parier qu’elle avait écrit « n’assume pas son âge » en guise de note.


− Tes origines ?


− Mes parents étaient des étrangers[1], mais je suis né à Konoha.


Shizune réfléchit un instant avant de l’écrire sur sa feuille.


− As-tu eu des problèmes de santé récemment ?


− Outre mes nombreuses visites à l’hôpital dû aux missions que l’on me confies, non pas spécialement.


− Pas de problèmes mentaux ni sentimentaux ?


Kakashi déglutit. Il haïssait ce type de question.


− Non.


Shizune laissa échapper un « très bien » puis nota sur la feuille les informations reçues. Kakashi n’était pas naïf. Si Shizune avait regardé son dossier (et elle devait certainement posséder l’autorisation requise pour y accéder), elle devait être au courant au sujet de son état mental à l’époque. Son manque d’insistance le rassura cependant.


− Possèdes-tu des bijoux ou autres types d’accessoires sur toi ?


− Eh bien… sa main se balada sur son cou couvert par le col de son T-shirt bleu marine, j’ai un collier, très simple et qui n’a aucune importance. C’est tout.


Caché par ses vêtements, rares étaient les personnes ayant aperçu son pendentif. C’était un cadeau de sa mère, offert dès son plus jeune âge. Un présent important donc, mais préférable de le dissimuler selon Kakashi, car trop intime à ses yeux. Malgré sa réticence, il avait choisi d’admettre au moins son existence puisqu’il savait que, de toute façon, ce détail apparaissait déjà dans son dossier.


− Pas de tatouage ?


− Ça, non. Excepté celui des forces spéciales sur mon épaule gauche.


C’était une question piège. Les tatouages représentaient le plus souvent le symbole de l’appartenance à un gang (voire à un clan, mais ce n’était pas le cas pour Kakashi), et donc ils pouvaient facilement être perçus comme une tentative de rébellion. Le seul tatouage accepté était celui des anbu, très simple et peu voyant, habituellement dessiné sur le bras du concerné.


− As-tu des TOC ?


Shizune lui jeta un regard appuyé, presque moqueur. La peste, siffla Kakashi intérieurement. Non seulement cela confirmait qu’elle avait bien lu son dossier, mais en plus elle osait le narguer. S’il avouait en posséder encore, il serait bon pour faire un tour chez le médecin. Toutefois, mentir représentait un risque trop grand. Il choisit de répondre par un demi mensonge en espérant que la pilule passerait :


− Eh bien, j’en ai toujours, certes, mais ça ne gêne pas durant les missions.


− Vraiment ? C’est-à-dire ?


Sa locutrice lui lança un clin d’œil amusé. Kakashi soupira. Elle lui avait pourtant promis de ne pas en rajouter s’il se sentait mal à l’aise. Le voilà au pied du mur. Qui aurait cru que Shizune était si sadique ? Agacé, il rétorqua sur un ton sec :


− J’ai tendance à ranger tout dans l’ordre, à me laver les mains souvent, à manger les mêmes choses. Voilà, rien de méchant.


Shizune marqua une pause, comme si elle hésitait à le mouliner davantage. Kakashi ne comprenait pas en quoi c’était spécialement drôle, et intéressant, d’être atteint de trouble obsessionnel compulsif. De plus, ses manies n’handicapaient pas son quotidien (enfin, c’était ce qu’il essayait de se persuader). Malheureusement, il avait conscience que tout type de pathologie, en particulier les maladies mentales, était très mal considéré au sein du village. Et ce test n’allait pas arranger les choses. Leur volonté d’uniformiser les ninjas écœurait Kakashi. Depuis la mort du troisième Hokage, Konoha avait reprit son masque impitoyable de l’époque. Il était bon pour s’enivrer de médicaments.


Au final, Shizune cessa d’insister pour son plus grand bonheur et continua son questionnaire :


− Quelle est l’expression que tu emploies le plus souvent ?


Kakashi sourit derrière son masque. Enfin une question qui lui plaisait. Il dit avec désinvolture :


− Désolé pour le retard. Je me suis perdu sur le chemin de la vie…


Shizune rit. Les retards fréquents de Kakashi étaient devenus une blague entre collègue, et celui-ci assumait totalement sa nonchalance (même si la véritable raison était plutôt due à un traumatisme qu’à une réelle volonté d’agacer autrui). Néanmoins, Shizune reprit vite son sérieux et continua sur un ton plus accusateur :


− Tu as conscience que tes retards posent problème ?


Tombé dans le piège.


Kakashi baissa les yeux, à la recherche d’une excuse capable de le rattraper. Il était hors de question d’avoir des ennuis à cause de ça, tout le monde savait que ses absences n’étaient qu’un moyen pour lui de faire le deuil !


− Oui, je peux l’imaginer. Mais attendre n’a jamais tué personne.


− Donc tu reconnais que tes retards sont une forme de TOC ?


Kakashi fit les gros yeux. Il voyait ce qu’elle sous-entendait. Et il détestait ça.


− Quoi ? Non ! Ça n’a rien à voir ! Je dirais, il continua en reprenant son calme, que c’est juste une blague. Je sais être à l’heure lorsque la situation l’impose.


− Mais, en tant que ninja, toutes les situations suggèrent d’être à temps. Contrairement à ce que tu as dit, attendre peut tuer, voire même causer la perte d’un pays.


Kakashi n’en revenait pas. Depuis quand Shizune était devenue aussi virulente ? Son regard se durcit, et il dit sur un ton ferme :


− Il me semble avoir entendu que tu n’insisterais pas, Shizune. Personne n’est mort de mes retards, et je suis quasiment sûr que ce n’est pas ce qui a causé la destruction partielle de Konoha, trois ans auparavant. C’est ma façon à moi de rendre hommage à un ami très cher. Et je n’ai pas l’intention de changer.


− Je ne voulais pas t’offenser, Kakashi. Désolé si tu l’as pris pour une attaque. C’est intéressant comme point de vu, c’est tout.


Pas un regard. La main de Shizune n’arrêta pas d’écrire tout le long du dialogue. Cela en disait beaucoup sur ce qui attendait Kakashi, mais il c’était déjà fait une raison. Il se débrouillerait autrement. Shizune continua comme si de rien n’était :


− La question suivante concerne tes parents. Peux-tu en parler à l’heure actuelle ?


Kakashi lui jeta un regard morne. Cette cascade de question commençait à le fatiguer.


− Tout le monde connaît l’histoire. Mon père était un héros, le célèbre Croc Blanc de Konoha. Un jour, il choisit de sauver ses camarades au péril de la mission, qui se résulta en un échec. Il a été lynché et il s’est suicidé. Triste histoire.


Kakashi nota que son apparence désintéressé troubla Shizune.


− Et ta mère ?


− Elle est morte.


En réalité, il n’en savait rien. Son père n’avait jamais été clair sur sa disparition. Mais il ne souhaitait pas en parler, et ne surtout pas éveiller la curiosité de sa locutrice. Il estimait avoir suffisamment souffert comme ça.


Un bref moment de silence s’en suivit, où Shizune se contentait d’écrire ses notes et Kakashi de regarder le plafond.


− Quel est l’évènement qui t’a le plus marqué ?


Elle ne le regardait pas. Comme si elle craignait d’entendre la réponse. Kakashi resta silencieux pendant ce qui lui avait semblé être une éternité, avant de se décider à dire quelque chose de la façon la plus banale qu’il soit :


− La perte de mes camarades.


Il se retint d’ajouter « à cause de moi ». La culpabilité ne servait à rien dans ce cas. Heureusement pour lui, Shizune n’insista pas et passa directement à la prochaine question :


− As-tu un objectif ?


− Le même que celui de tous les ninjas. Servir le pays et les intérêts du village.


Kakashi avait répondu par automatisme. Comme un animal duquel on avait dressé à une tâche spécifique jusqu’à ce qu’il atteigne la perfection. Il n’avait pas de désir propre. Si ce n’était des choses futiles, comme lire son livre favori ou voir ses élèves grandir.


Kakashi n’était rien. Juste une coquille vide qui cherchait vainement à disparaître de ce monde déchiré par la guerre.


− Décris moi tes capacités et tes compétences.


Ça y est, pensa Kakashi, ce test s’est transformé en entretien d’embauche. Son rire s’étouffa dans sa gorge. Il dit d’une voix monocorde :


− Grâce à mon sharingan, je connais mille et une techniques, qui me sont utiles aussi bien en combat que lors d’une infiltration ou de l’espionnage. Par conséquent, je suis versatile et capable de m’adapter à toute situation. En tant que chef d’équipe, je suis également capable de collecter les informations et de mettre en place un plan stratégique le plus adapté à la situation.


L’absence d’engouement dans son discours l’ennuya lui-même. S’il avait eu besoin de se décrire pour avoir son poste, on lui aurait fermé la porte au nez. Décidé à sortir de son carcan mécanique, il essaya une description plus légère de lui-même :


− Il paraît que je suis un bon cuisinier. Ça peut toujours être utile, surtout quand un Akimichi fait partie de l’équipe.


Shizune sourit.


− J’en parlerai à Maître Tsunade, je suis sûre qu’elle sera intéressée. D’ailleurs, en parlant de compétences, tu n’éprouves pas des difficultés dans certains domaines ?


La question fit réfléchir Kakashi.


− Le pire ennemi pour un ninja, c’est sa quantité de chakra. Nous en avons jamais assez, et je sais de quoi je parle. C’est compliqué pour moi de tenir sur le long terme, notamment à cause du sharingan qui me vide très facilement toute mon énergie à chaque utilisation. C’est pénible de ne pas être un Uchiha dans mon cas, tu sais ?


Shizune hocha de la tête. Elle semblait satisfaite des réponses, et continuait d’écrire tout ce qu’elle avait entendu, en ajoutant quelques remarques supplémentaires. Comme le soupçonnait Kakashi, toutes les questions posées jusqu’à présent étaient déjà connues par le service médical. Ce test avait bel et bien pour but d’observer ses réactions plutôt que le fond de ses réponses.


Et il avait perdu.


Au début, il pensait sincèrement pouvoir s’en sortir aisément, mais il avait commis l’erreur de sous-estimer la situation. Kakashi ne pensait pas que Shizune prendrait son travail tant au sérieux. Cependant, le ninja copieur était davantage déçu que véritablement inquiet. Il trouverait bien une solution pour éviter de finir en légume.


Shizune se désaltéra puis posa une autre bouteille d’eau sur la table.


− Tiens, si tu as soif n’hésite pas. Nous sommes tout juste à la moitié des questions ! »


Le cœur de Kakashi s’arrêta net. Ce test était aussi plaisant qu’une séance de torture orchestrée par Ibiki, et elle osait lui dire que c’était loin d’être terminé.


Mais Kakashi était un ninja, et un ninja n’abandonnait jamais. Même si une fin douloureuse l’attendait.

Notes:

[1] Je préfère le préciser, mais cette information est mon headcanon, et donc pas du tout spécifiée dans le manga.

La suite est déjà partiellement écrite. Elle sortira d'ici fin de semaine normalement !