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I lived bitch

Summary:

Kakyoin est pris en charge avant la fin de la bataille contre DIO. Il survit mais personne n'est au courant jusqu'à ce que ses parents, voulant profiter d'avoir retrouvé leur fils, decident de partir en vacances dans une petite ville normalement paisible

Notes:

(See the end of the work for notes.)

Chapter Text

Depuis son réveil, il avait l'impression que chaque jour se répétait.

 

C'était en grande partie parce qu'il était cloué au lit depuis tout ce temps. La seule chose qu'il avait pour se divertir était une télévision qui diffusait à longueur de journée des films bollywoodiens ou bien des informations sur ce qui se passait dans le pays. La différence culturelle empêchait Kakyoin de profiter pleinement de ces programmes mais il ne pouvait s'empêcher de se dire que c'était bon d'être au moins vivant.

 

Des médecins et infirmiers passaient régulièrement s'occuper de lui mais le problème était le même, leur communication était limitée, Kakyoin ne maîtrisant que son japonais natif et de l'anglais.

 

C'était seulement un mois après son réveil qu'il avait pu commencer à quitter son lit mais seulement brièvement. Ça faisait en effet huit ans et demi qu'il était dans le coma. Il avait eu du mal à le croire quand un médecin le lui avait fait comprendre mais avait fini par accepter cette réalité à force de voir chaque jour la date affichée aux informations, il ne comprenait peut-être pas ce qu'ils disaient mais au moins les chiffres n'avaient pas de langage.

 

Il repensait souvent aux circonstances de sa presque-mort et ça le désolait de ne pas pouvoir connaître l'issue du combat mais il supposait que si le monde semblait aussi bien se porter après huit ans depuis le réveil de DIO, c'était que le bougre avait dû crever. En même temps, l'homme s'était confronté aux Joestars et même s'il pouvait arrêter le temps il ne pouvait pas arrêter les Joestars. Cette pensée amusa Kakyoin qui repensa aux deux Joestars avec qui il avait pu voyager pendant ces cinquante jours. Maintenant qu'il y repensait, c'était évident que DIO ne faisait pas le poids. Ces hommes étaient beaucoup trop déterminés, même la mort ne pourrait pas les arrêter.

 

La mort d'ailleurs...

 

Ils devaient le croire mort. Sa famille aussi. Cela faisait bientôt une décennie qu'il avait passée à se faire soigner à l'autre bout du monde, sans pouvoir donner aucune nouvelle. Sans que personne ne puisse donner de nouvelles de lui, les médecins ne connaissaient même pas son nom quand il s'était éveillé. Sa mère devait être désemparée. Ou devait avoir été désemparée, après tout le temps qui avait passé, il doutait qu'elle se remette entièrement de la mort de son fils unique mais elle devait au moins être passée à autre chose, après tout ce temps. Devait-il essayer de l'appeler avant de rentrer chez lui ? Ou devrait-il leur réserver la surprise, histoire qu'ils ne croient pas à un mauvais rêve ? Il n'aimait pas vraiment l'idée de voir sa mère s'effondrer sous le choc devant lui.

 

Mais pour l'instant, il devait se concentrer sur sa réhabilitation, il avait de grandes difficultés à marcher pour l'instant, en même temps sa colonne vertébrale avait été gravement touchée, il devait donc se déplacer en fauteuil roulant. Il savait que ça ne s'arrangerait jamais complètement mais il espérait gagner un peu plus de mobilité ? Des prothèses éventuellement. Il ne voulait pas rentrer chez ses parents pour qu'ils aient à le traîner partout, même si avec les circonstances ils seraient justement contents de pouvoir passer du temps avec lui.

 

Il passa encore plusieurs mois à l'hôpital, put enfin quitter son fauteuil pour des prothèses. Il ne pouvait toujours pas utiliser ses jambes trop longtemps mais il était content de récupérer sa mobilité si longtemps attendue. Il ne manqua pas de remercier le personnel de l'hôpital de l'avoir soutenu pendant neuf ans. Une infirmière qui s'était assez attachée à lui, ayant été à ses soins pendant ces dix ans lui proposa de l'accompagner à l'aéroport pour s'assurer que tout allait bien aller. Bien que gêné, Kakyoin fut obligé d'accepter, se rendant bien compte de sa faiblesse. Il aurait certes pu s'aider de Hierophant Green mais ça allait être compliqué de faire ça discrètement, il ne voulait pas inquiéter la foule egyptienne en se faisant flotter au milieu de nulle part.

 

Le retour au Japon se passa paisiblement, se fut un peu long mais clairement moins que l'allée et surtout que son coma. Ses tracas était au sujet de sa famille. Au final il ne les avait pas appelé avant coup, il n'avait pas eu le courage. Il espérait qu'ils n'aient pas déménagé mais normalement ça ne devrait pas être le cas. Sa famille n'était pas très voyageuse et ils avaient déjà déménagé il y a une dizaine d'année, sur l'échelle de vie des Kakyoins, ce n'était pas suffisant pour effectuer un nouveau déménagement. Il eu la confirmation en voyant leur nom toujours sur la boîte aux lettres.

 

Il se stoppa devant la porte.

 

Il avait besoin d'un instant. Juste d'un instant. Le temps non pas de calmer les battements de son coeur mais de s'y habituer. Puis, vidant son esprit, il se força à appuyer sur la sonnette. Avec l'aide de Hierophant Green, il n'avait pas pu bouger ses propres bras.

 

En écoutant bien, il entendit un "J'arrive", inutile puisque la plupart ne l'entendrait même pas mais habituel. C'était sa mère. Il ne savait pas s'il préférait tomber sur elle ou son père en premier. Il savait qu'elle allait fondre en larmes mais son père aussi restait un homme sensible malgré l'égo masculin et les normes qui essayaient de l'empêcher de le montrer. Kakyoin l'imaginait déjà se figer, ne pouvant plus réagir, tremblant juste les yeux écarquillés.

 

Il se demandait si les parents de Jojo allaient bien. Si Holly était guérie, s'ils avaient réussi à la sauver. Et M. Joestar ? Le vieil arbre était sacrément dynamique pour son âge, ça n'étonnerait pas Kakyoin de le voir encore montrer ses biceps à chaque occasion, comme il le faisait si bien en Egypte, malgré les 10 ans qui étaient passé. Mais le temps pouvait être redoutable, même sur les plus coriaces.

 

Et Jotaro... Allait-il bien ? Que faisait-il maintenant qu'il était adulte ? Dans quoi étudiait-il ? Du moins s'il étudiait toujours, après tout, Jotaro n'était pas la personne qui aimait le plus aller en cours.

 

Il n'eut pas le temps d'imaginer les différents chemins qu'aurait pu emprunter son meilleur ami puisqu'il se retrouva devant la porte de sa maison ouverte et... devant sa mère.

 

Son coeur se pinça en constatant que la chevelure chaleureuse de sa mère s'était gravement grisé et que son visage commençait à témoigner de la fatigue de la vieillesse. Sa mère ne paraissait pas non plus vraiment vieille, elle avait même l'air de bien se porter pour son âge et Kakyoin exagéré. Mais ça faisait quand même presque 10 qu'il ne l'avait pas vu.

 

Ils ne se saluèrent pas. Kakyoin avait la gorge noué et sa mère... Sa mère n'en croyait pas ses yeux. Elle ne pouvait pas parler. Cela faisait 10 ans que son fils avait disparu et son portrait craché se montrait à sa porte ? Son fils lui-même ?

 

Autant dire qu'elle se mit à pleurer. Énormément. Elle mit plusieurs jours à réellement se calmer, repartant en sanglot régulièrement. Kakyoin assumait avoir déversé pas mal de ses larmes lui aussi, largement moins, même moins que son père, mais ça ne changeait rien.

 

Rapidement il put reconnaître leurs sourires radieux qui lui avaient tant manqué, malgré le fait qu'ils ne pourraient jamais comblé le manque d'une décennie, les Kakyoins travaillèrent pour se reconstruire, profitant de chaque moment ensemble. Après plusieurs mois pour se reconnaître, ses parent décidèrent de placer des congés les mêmes semaines, rester dans cette même maison pour autant d'émotions avaient été beaucoup trop intense, ils avaient besoin de prendre l'air. Pas de vacances dans des grandes destinations touristiques, au contraire, une petite ville suffirait. Il laissa ses parents choisir, apparemment ils connaissaient déjà un petit coin qui pourrait leur être sympathique à tous les trois. Ils avaient décidé que suite à ça Kakyoin reprendrait ses études pour rattraper ce qu'il lui manquait et préparer son avenir. Étrange, maintenant qu'il avait 27 ans. Il était un jeune de 17 ans dans un corps de 27 ans, ironique pour quelqu'un qui avait toujours été considéré comme étant mature pour son âge, bien que ces remarques étaient surtout du à son calme plutôt qu'à sa vraie maturité, après tout, ne riait-il pas sur des blagues de culottes avec Polnareff ?

 

Ces vacances allaient être le dernier instant avant qu'il reprenne une vie normale. Une vie sans danger, sans DIO, sans les Joestars... Il était heureux de pouvoir retourner à ce style de vie mais en même temps il ne pouvait pas calmer la mélancolie qui prenait son esprit.