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Rating:
Archive Warning:
Categories:
Fandom:
Relationships:
Language:
Français
Stats:
Published:
2014-08-22
Completed:
2014-08-22
Words:
3,957
Chapters:
3/3
Comments:
1
Kudos:
4
Hits:
166

Sous le maquillage

Summary:

Reprises de quelques scènes de la série

Notes:

Cette fanfiction est dédiée à ma meilleure amie, qui m'a fait découvrir cette série et tant d'autres. En espérant ne pas la décevoir.

Chapter 1: Sous le maquillage

Chapter Text

Simon avait dit qu'il le ferait. Il avait aussi dit qu'il ne mentait pas. Alors, dans cette salle de bain, il devait être entrain de le faire mais quelques part dans son ventre, Kieren ressentait plus d'appréhension que d'impatience. Il n'avait pas réellement envie de le voir sortir ainsi. Il n'avait pas vraiment envie de voir autre chose que Simon, de trouver une image de ce qu'il avait été avant, avant même qu'il ne le rencontre. Si Simon ne s'était pas relevé, s'il n'avait pas creusé à travers son cercueil et la terre au-dessus ... Ils ne se seraient jamais rencontrés. Pourtant il lui avait demandé de réendosser ce rôle-là, pour mettre ses parents à l'aise lors du repas mais pas uniquement. C'était aussi des plus égoïstes ... Il voulait le voir ainsi, le voir se perdre et se retrouver en même temps, il voulait le voir faible, aussi faible que lui et si fort derrière son masque, il voulait le voir ... s'abandonner à lui. Oui, c'était égoïste. Simplement et purement égoïste. Pourtant, alors qu'il lui demandait s'il en avait encore pour longtemps, il n'avait qu'une envie : que Simon lui dise qu'il ne pouvait pas le faire. Qu'il refuse de tomber aussi bas. Qu'il refuse et qu'il exige de-lui qu'il retire son masque, qu'il devienne lui-même.

Simon, de l'autre côté de la porte observait son reflet. Il avait tant changé depuis qu'il avait appliqué ce masque pour la dernière fois. Il faisait de son mieux pour ne pas y penser, mais les souvenirs affluaient.

Les mots contiennent des mensonges ... Les mots et les silences. Simon avait été naïf ou peut-être que ce bon docteur n'y pouvait rien dans le fond ? Devant un miroir, une boite de maquillage à la main, Simon comprit que le mensonge n'était pas que dans les mots. Les situations toutes entières pouvaient être des mensonges. Des mensonges qui s'entrechoquaient les uns aux autres. Simon appliqua une couche supplémentaire, insistant sur le côté de ses joues et il eut soudain l’impression que la vérité n’existait pas. Elle n’était qu’une utopie, offerte aux enfants et aux naïfs, pour les rassurer le soir, quand il faisait sombre et que tout semblait devenir menaçant. Alors, on leur faisait croire que la vérité était l’objet, une fois éclairé et non pas ce qu’il était vraiment. Un objet sombre, soudain inconnu car jamais exploré. Il attendit le dernier instant pour cacher la couleur étrange de ses yeux. Il fut satisfait de ne pas voir apparaître l'empreinte de ses doigts dans la couche de produit qui masquait son véritable visage. Néanmoins, dans le miroir, il ne se reconnaissait pas. Il voyait la patine et le manque de nuance dans le maquillage. Qui aurait pu croire que la couleur d’une peau soit si peu unie … Des yeux d'une couleur quasiment standard où il ne trouvait ni tâche, ni nuance, ni quoique ce soit qui aurait pu faire de ces yeux, ses yeux. Il déglutit et se rassit. On ne lui avait pas permis de porter ses propres vêtements, il se sentait comme un détenu de l'une de ces immenses prisons, se rendant au parloir pour quelques minutes, quelques heures. Le docteur avait promis ... Ses parents ne devaient pas le voir dans cet état. Il se leva et avança au travers des couloirs, renforçant son mal-être. Il avait l'impression que le bâtiment tout entier était en train de le recracher, de le vomir, ... Il se sentait sale. Immonde. Bien davantage que le jour où il s’était vu pour la première fois dans un miroir. Devoir assumer ce masque était pire que tout.

Il avança encore, simplement parce que faire demi-tour n'était pas permit. Aucun libre arbitre n'était autorisé, seulement faire preuve de bonne volonté ou pas. Simon n'avait jamais essayé de se battre, il vit les différentes tables ou des personnes comme lui, déguisées, parlaient à leurs proches et il y avait cette table où un homme seul attendait encore. Cet homme, un peu gras, un peu avachi, un peu triste et éteint, c'était son père. Il s'assit face à lui et tenta de sourire. Maladroitement.

- Bonjour, Papa.

Il revient au présent alors qu’il se souvenait si bien du regard de son père qui scrutait son visage mal maquillé. Avec un soupçon d'incompréhension et un voile de neutralité. Son père ne voulait pas montrer d'émotion. Il voulait accrocher son masque du regard et n'avoir plus que lui. Plus que cette couche ressemblant à ce qu'avait été son fils, avant. Il se fixa de nouveau dans le miroir, impossible de faire illusion s'il ne parvenait pas à se mentir à lui-même. Il se sentait si différent ... de ce qu'il voyait. Il n'était pas ce mec maquillé portant des lentilles pour mieux se dissimuler. Il n'était pas ça.

Il ne voulait pas montrer ça à Kieren, même si l'idée venait de lui. Il ne se sentait pas en colère pour autant. Non, la colère ... Elle ne bouillonnait pas en lui. Il devait se montrer courageux et ouvrir la porte. Il avait refusé que Kieren observe sa transformation. Il ne voulait pas qu'il le voit, perdu dans les souvenirs. Oh ... Il se souvenait.

Il se souvenait de ce doigt accusateur qui rayait le masque de Kieren en le raillant. Lui rappelant à quel point cette idée, ce camouflage était inutile. Les vivants voulaient le leur faire porter, pour que leurs petits coeurs ne battent plus la chamade en voyant leur peau trop blanche et ils s'en servaient pour se sentir supérieur. Ils n'étaient que des ersatz d'humains, tentant de s'en rapprocher, laborieusement et à quelques pas de la normalité, on les chassait à coup de pied. Kieren en avait fait douloureusement les frais. Ce jour-là, la colère avait envie ses veines, elle l'avait réchauffé et il avait eu envie, presque douloureusement, d'être le monstre qu'ils craignaient. Kieren avait fui. Que fuyait-il ? Simon ne pouvait s'empêcher de croire qu'il le fuyait lui, lui et sa peau, lui et ses yeux, lui et sa mort dont il n'avait pas honte. Pourtant, tout était partit d'un regard et d’une phrase.

- Couvrez-vous, ou dégagez d'ici, putain de pourritures.

C'était Gary qui avait prononcé ces mots, comme autant d'attaque. Couvrez-vous ou plutôt, devenez vivant ! Ou partez ... partez ... C'était si ridicule qu'il avait haussé les sourcils, le regard perdu dans les yeux de Kieren, recouvert, caché, envahit par une couleur qui n'était plus la sienne. Il avait accroché son regard, pour voir sa réaction. Il leur demandait de partir à demi-mot, leurs reprochaient d'être eux-mêmes, ... comment allait-il réagir aux insultes ?

- D'accord, Gary, sors d'ici.

D'accord, d'accord, d'accord, d'accord ... cela résonnait en lui, depuis ... d'accord, d'accord ... Un ton si calme, si simple, si résolu. D'accord ... Oh, il l'avait aimé à cet instant. L'instant d'après, Gary se moquait de lui. Un pourri recouvert d'une couche de fond de teint.

- Je ne reçois aucun ordre d'un mec qui porte du maquillage.

Et ce doigt, ce doigt qu'il avait envie de briser, ce doigt qui n'avait pas le droit de révéler la blancheur de Kieren. La jalousie l'avait étreint, si soudainement, qu'il avait eu envie de se lever. Mais cet homme, Kieren, il l'avait senti fort et il voulait, il voulait tant le voir fort. Kieren avait repoussé l'homme. L'instant d'après, il le protégeait. Ses yeux, perdus dans les siens. Il le protégerait toujours.

S'il n'avait pas porté ce maudit maquillage, ce souvenir serait l'un des meilleurs. Mais il était toujours important, car le maquillage n'avait rien changé à ce qu'était Kieren. Il ne pouvait qu'espérer qu'il en serait de même pour lui.

Il se demanda qui il était, à présent, sous ce masque trop étroit. Il n'était pas l'un de ces mecs maquillés qui se laissait malmener pour éviter de faire peur. Il n'avait pas le courage de Kieren. Il n'était pas l'une de ces victimes qui semblent si désolée de ne plus être totalement mortes. Il n'était pas non plus un provocateur, capable d'assumer ses idées et de les cracher à la gueule du monde. Pas ainsi. Il n'était pas un vivant. Il n'était pas plus un PDS. Il était le douzième prophète. Quelques parts. A moins que ça ne se soit échappé entre ses doigts. Il était ... amoureux. Il ouvrit la porte. Il n'avait pas la naïveté de croire que tout irait bien, mais Kieren l'attendait et ils marcheraient ensemble.