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Accouchement sous haute pression

Summary:

Enceinte du deuxième enfant de Steve, Natasha part à la recherche de son époux et des autres Avengers dont la mission a mal tourné. Il n'en fallait pas plus pour que la situation dégénère.

Il n'est pas nécessaire d'avoir lu le Tome 1 : Accouchement sous haute tension pour lire ce tome.

Chapter Text

Le vestiaire du Shield était encore désert quand Natasha s'y engouffra en catimini. Vêtue d'un simple t-shirt noir à manches courtes, d'une veste en cuir non fermée et d'un pantalon ample, elle ferma la porte derrière elle puis se dirigea machinalement vers son casier et composa le code tant de fois utilisé sur le petit boitier. Une certaine nostalgie mêlée au stress s'empara d'elle quand les voyants rouges clignotèrent par saccade en verts. Elle n'avait plus l'habitude de voir ça et anxieuse, elle retint son souffle pendant que le mécanisme de sécurité s'enclenchait. Finalement, contre toute attente, la porte s'ouvrit dans un clac qui la crispa toute entière et elle la repoussa rapidement, ne prenant pas la peine d'apprécier cette petite victoire. Ses dards de veuve ainsi que ses armes apparurent aussitôt dans son champ de vision et soulagée, elle s'autorisa à souffler. Lors d'une précédente dispute, Steve avait juré de lui cacher son équipement de Black Widow afin de la forcer à rester en dehors des dangers du terrain. Soit il n'avait pas eu le temps de le faire, soit il ne le lui avait délibérément pas retiré.

Dans les deux cas, elle n'aurait pas besoin de se servir dans l'armurerie du Shield et cela allait grandement lui faciliter la tâche, voire même, lui faire gagner de précieuses minutes.

Instinctivement, elle commença par attraper le couteau de chasse pour le placer dans l'étui situé au niveau de son omoplate gauche, puis elle rangea ses deux armes à feu dans ses holsters positionnés à ses hanches. Elle finit par ses dards qu'elle coinça à l'intérieur de ses bracelets de poignet et étudia avec appréhension son apparence dans le miroir de son casier.

Sa silhouette difforme refléta immédiatement avec toute la fatalité du présent et elle durcit le regard, les poings serrés de colère.

Enceinte de presque neuf mois, son ventre rebondi la rendait vulnérable et impotente. Elle avait beau se regarder sous toutes les coutures, plus rien de son corps ne rimait avec le mot dangereux. Même ses armes n'arrivaient pas à la rendre moins inoffensive qu'un chaton. Son aura de maman prenait le dessus sur qui elle était vraiment. Elle semblait douce. Douce et handicapée par le poids de l'enfant qu'elle portait. C'en était affreusement frustrant. Pourtant, malgré ces défauts préoccupants et bien réels, cela ne lui retirait pas ses compétences acquises depuis son plus jeune âge. Ses réflexes d'assassin coulaient inexorablement dans ses veines et sa combativité intérieure était toujours présente. Elle pouvait d'ailleurs l'entendre pulser à travers ses tempes et se propager sous forme d'électricité jusque dans le bas de ses reins.

Aucun doute, elle était prête.

Prête à aller sur le terrain et à récupérer son mari ainsi que ses amis qui se trouvaient en détresse parce qu'ils avaient voulu bien agir en se portant volontaire pour aller aider le soldat de l'Amérique dans une mission complexe.

Pour tout dire, elle se trouvait aussi fautive qu'eux. Steve n'aurait jamais dû partir en reconnaissance seul... Elle n'aurait jamais dû accepter qu'il se rende en milieu hostile alors que son fils était sur le point de naître et elle aurait encore moins dû accepter que Clint et Tony aillent à son secours. Désormais, ils se trouvaient tous trois en danger et le directeur Fury en était encore à établir un plan pour les sortir du merdier dans lequel il les avait fourrés.

Elle siffla quand son ventre se contracta violement de colère.

Rien de tout ça n'aurait dû se passer si elle avait juste dit non. Mais elle ne l'avait pas dit et maintenant l'enfer se déchaînait sur sa vie et sur ses amis.

Elle eut soudain envie de vomir et ferma rapidement la porte de son casier pour pouvoir y poser sa tête douloureuse contre son acier froid et réconfortant. L'échange entre Clint et les hommes de Fury ne cessait de vouloir la noyer sous une pluie torrentielle d'angoisse terrifiante. Tout son corps allait finir par craquer. Elle sentait déjà les prémices des violentes courbatures à venir. Ses muscles étaient contractés. Fermement contractés. De fines gouttes de sueur lui dégoulinaient dans le dos, ses oreilles bourdonnaient... La nausée la clouait sur place.

A bout de nerfs, elle renonça à tout bloquer.

« Nous somm... submergés par le nombre de nos ...versaires. Je répè..., nous sommes sub...rgés par le nombre de nos adver...res. De...andons un appuie aér... d'ur...nce. »

La voix saccadée de Clint résonna violemment à travers les enceintes de la salle de contrôle et tous les agents affectés à la mission initiale semblèrent en alerte maximum. Au loin, les coups de feu et le bruit des déflagrations qui s'abattaient sur eux, étaient assourdissants et provoquaient des interférences électromagnétiques. La situation sur le terrain paraissait chaotique... Complètement hors de contrôle.

« Qu'en est-il du quinjet Hawkeye ? » Interrogea un agent.

« Détru... en to...lité. Il n... faut de l'...ide. »

De l'aide.

Attablée à la grande table centrale pour traiter des dossiers en retard, ce mot interpella brutalement Natasha qui avait cessé son activité dès les premiers mots émis. Elle avait travaillé de nombreuses années avec Clint. Et il ne demandait jamais d'aide sauf en cas d'urgence ultime.

La situation n'était pas juste chaotique. Elle était catastrophique et sûrement sans espoir.

« Demande enregistré Hawkeye, » répondit l'officier supérieur en pianotant sur son clavier. « Restez en contact. Nous allons voir ce que pouvons faire. »

Une nouvelle déflagration eut lieu et ce dernier coupa son micro avant même d'obtenir la réponse de l'archer. Tous comprenaient l'urgence. Il fallait faire vite. La vie des trois hommes était en danger. Faisant tournoyer son dossier de chaise, l'officier se tourna vers le directeur Fury qui se tenait debout un peu en hauteur, afin de connaître les ordres. Face à son visage fermé et dur, il ne posa même pas de question. Il attendit simplement que le directeur prenne parole.

« Combien de temps avant qu'une équipe puisse aller les récupérer ? » Questionna imperturbablement Fury malgré la présence de la jeune femme arrivée discrètement à ses côtés.

Pianotant de nouveau sur son clavier, le technicien mit deux secondes à répondre.

« Vingt minutes, » informa-t-il. « Mais c'est sans compter sur l'armée russe. Il se peut qu'ils aient encore des missiles et qu'ils interceptent un nouvel avion. Sauf votre respect, nous ne pouvons pas nous le permettre. Il faut trouver une autre solution que la voie aérienne. »

« Où se trouve le gps de l'agent Barton en ce moment ? »

« Longitude 89°66 N, latitude 43°27 W, » lut-il les coordonnées sur son écran. « Mais le signal n'est pas stable, il est peut-être endommagé. »

Silencieuse, Natasha n'avait pas besoin de regarder l'ordinateur pour savoir que le gps incorporé dans la montre de Clint était défectueux. Elle avait fait suffisamment de mission. Elle connaissait le système. Une fois sur deux, le moindre choc éteignait ou faisait griller le dispositif.

Il était aussi nul qu'inefficace.

Tout comme il l'avait été pour Steve quelques heures plus tôt.

"C'...t de pir... e... pire i..." grésilla durement la voix de Clint. "On s... f...t... a...er... No... a...s be..."

Ses paroles, de plus en plus détachées et incompréhensibles, s'arrêtèrent subitement et le verdict tomba sans appel.

"Nous venons de le perdre sur le radar, Monsieur," se retourna de nouveau vivement l'officier. "Qu'est-ce que vous voulez faire ?"

« Etablissez des mesures de sécurité, un plan d'attaque et essayez de recontacter l'agent Barton ainsi que Stark ou le Captain Rogers, » donna-t-il fermement ses ordres. « Agent Romanoff, venez dans mon bu... »

« Tu vas quelque part ? »

La voix accusatrice de Bucky la sortit brutalement de ses pensées et elle cligna des yeux, incertaine du nombre de secondes ou plutôt de minutes envolées. Elle n'avait même pas remarqué qu'elle s'était effacée de la réalité. Visiblement toujours face à son casier, elle le rouvrit et constata que son corps avait repris le dessus sur sa peur. Seule la transpiration dans son dos et quelques douleurs rénales lui rappelaient qu'elle avait flanché. Elle inspira puis se retourna et ajusta devant lui ses bracelets.

« Ça dépend, » déclara-t-elle acide en le regardant droit dans les yeux. « Tu comptes m'en empêcher ? »

L'expression inchangée, le jeune homme la détailla longuement sans rien dire et sa farouche détermination fit vibrer toutes les déterminations nerveuses de son corps. Natasha avait les yeux d'une femme prête à mourir plutôt que de renoncer à son idée. Et pour l'avoir déjà combattue, nul doute qu'elle serait capable d'écraser toutes les personnes qui se dresseraient entre elle et son but. Et ce, même si cette personne se trouvait être le soldat de l'hiver en personne.

« Fury m'a expliqué la situation, » préféra-t-il contourner la question, ne sachant pas encore s'il devrait intervenir ou non. « Il est inquiet pour toi. »

Pour sa défense, la jeune femme n'avait pas attendu d'avoir une discussion avec lui pour s'extirper de la salle de contrôle. Elle avait filé à l'anglaise tel un chat silencieux et le directeur n'avait rien entendu, ni vu venir. Souhaitant à la base la convoquer dans son bureau afin de lui exposer son plan en tête à tête, il s'était retourné pour faire face à un espace vide et à des dossiers laissés éparpillés sur une table ovale.

Appeler Bucky en renfort lui avait paru un choix beaucoup plus judicieux que d'essayer de la retrouver et de la raisonner en personne.

« Depuis le temps, il ne devrait plus être inquiet pour moi, » s'exclama-t-elle en contrôlant l'ajustement du reste de son équipement. « J'ai la situation en main. »

Croisant les bras sans être pour autant menaçant, le soldat se rapprocha de son emplacement jusqu'à venir s'appuyer contre les casiers voisins. De là, il put voir les traits plissés d'angoisse de la jeune femme ainsi que la fine couche de sueur recouvrant son visage.

Elle ne renoncerait pas. C'était une certitude.

« J'y suis aussi, » l'incita-t-il néanmoins à réfléchir à ses actions futures.

L'effet n'attint pas son but. Elle roula des yeux et lui lança un regard exaspéré.

« Tu ne devrais pas non plus, » intima-t-elle tendrement en reportant son attention sur des grenades se trouvant dans le fond de son casier. Elle attrapa un sac noir suspendu à un crochet et fronça des sourcils en lui jetant un nouveau coup d'œil sournois. « Nick t'a appelé dès qu'il a perdu mon visuel ? »

Le soldat approuva silencieusement et l'observa avec rudesse remplir méticuleusement son sac à dos. L'obscurité contenue dans son regard aurait fait plier n'importe quelle personne mais Natasha n'en avait visiblement rien à faire. Elle continuait de se préparer comme s'il n'était pas là.

« Il m'a appelé pour que tu ne commettes pas de bêtise insensée, » confia-t-il alors les vraies raisons qui l'avaient fait venir dans les locaux du Shield d'une voix grave. « Tu prévois d'en faire ? »

Un petit sourire taquin aux bords des lèvres, l'espionne arrêta ses gestes et bougea les paupières dans sa direction.

« Non. »

Le son de sa voix était suave. Sucré derrière un glissement de langue ferme. Elle se fichait ouvertement de lui et cela chatouilla dangereusement la patience de Bucky. Fermant les yeux, il serra les poings d'énervement mais ne céda pas. Il connaissait son manège.

« Alors pourquoi es-tu ici ? » La poussa-t-il dans un nouveau retranchement.

Zippant la fermeture éclaire, elle porta à son épaule ses minutions de guerre et son sourire s'évanouit.

« Pour dépoussiérer mon équipement de Black Widow ? » Tenta-t-elle de le duper avec un sarcasme non dissimulé.

D'un geste brusque afin de lui montrer qu'il commençait à l'echauffer, elle referma la porte de son casier et voulut s'avancer vers la sortie. Ce fut sans compter sur le corps du jeune homme qui lui barra volontairement le passage.

« Tout m'a l'air propre et en état de marche, » désigna-t-il calmement, mais sans l'ombre d'une plaisanterie, ses armes et ses accessoires. « Tu peux les enlever et les ranger dans leur placard. »

Quelque peu agacée par son allure dictateur, elle siffla d'irritation contenue.

« Ne m'oblige pas à te frapper, » le prévint-elle, les iris devenus subitement noirs.

« Et ne m'oblige pas à recourir à la force pour te maitriser, » resta-t-il de marbre face à sa menace.

Le soldat de l'hiver n'en avait évidemment aucune envie mais il n'hésiterait pas une seule seconde si elle continuait à le provoquer. Il avait fait la promesse à Steve de veiller sur elle lorsqu'il serait en mission et il comptait bien la tenir, quitte à se mettre la jeune femme à dos.

« Tu sais que tu peux être aussi rabat-joie que Steve par moment ? » Gronda-t-elle en perdant patience.

Il fit un pas de plus, la surplombant.

« Aller à leur secours sans escorte c'est du suicide, » expliqua-t-il tout bas son point de vue afin de lui prouver qu'il n'était pas dupe quant à sa destination. « Je ne te laisserai pas partir... »

Les doigts de Natasha s'abattirent violemment sur sa joue gauche, l'empêchant de poursuivre. Surpris qu'elle soit passée à l'acte, il cligna des paupières et esquiva aisément son deuxième coup de poing destiné à lui briser le nez. Il profita de son élan pour enfermer son poignet dans sa main de fer tout en lui tordant le bras dans le dos avec une douceur sauvage.

« ... seule, » finit-il alors sa phrase avec un calme relativement crispé. « Tu sais où ils sont ? »

Les yeux révulsés de colère de se retrouver ainsi emprisonnée, l'espionne se débattit quelques secondes, mauvaise, avant de relâcher ses muscles et de plisser le front de stupeur. Une douleur sourde lui vrilla violemment le bas-ventre. Si elle interprétait correctement ses paroles, cela signifiait que Bucky avait un plan en tête.

« Oui je le sais, » confirma-t-elle son interrogation, les dents serrées. « Mais je ne te dirai rien tant que tu ne m'auras pas promis que je t'accompagne. »

Il grogna puis raffermit doucereusement sa prise pour lui signifier qu'il n'était pas là pour négocier.

« J'ai dit que je ne te laisserai pas partir seule. Où sont-ils ? » Répéta-t-il sa demande.

« Une base militaire clandestine russe située au nord de New-York, » indiqua-t-elle légèrement à contre cœur. « J'ai les coordonnées. »

Il la relâcha et prestement, elle se retourna pour lui faire face, les yeux clairement contrariés mais remplis de questionnements muets.

« J'aurai beau te donner cent raisons différentes de ne pas t'y rendre et de rester sagement là, tu ne m'écouteras pas, » souligna-t-il habilement son mauvais caractère en guise d'explication. « Je vais t'accompagner mais une fois arrivée sur place, tu resteras dans le quinjet. J'irai les chercher sans toi. »

Si la jeune femme fut satisfaite par la première partie décrite, la deuxième lui hérissa les poils et lui provoqua une montée de colère qui la fit haleter.

« Certainement pas, » protesta-t-elle farouchement.

« Ce n'était pas une question, » exposa-t-il impassible alors qu'il ouvrait le casier de Steve situé juste à côté de celui de l'agente pour prendre quelques armes.

Elle durcit son regard, nullement choquée qu'il connaisse le code son conjoint mais désormais énervée et frustrée d'avoir la route barrée par son corps imposant.

« Ni moi une suggestion, » réfuta-t-elle fermement son ordre sans valeur en se plaçant devant lui. « Je ne resterai pas le cul dans un fauteuil pendant que tu risqueras ta vie tout seul. »

La notion de mort énerva encore plus le soldat. Il savait que Natasha avait étudié tous les risques possibles. Elle était née pour gérer ce genre de choses. Mais par moment, il crevait d'envie de lui rappeler qu'elle n'était pas immortelle et qu'elle n'était pas la seule à pouvoir sauver ceux qu'elle aimait. Steve lui avait déjà fait la morale là-dessus. Il ne le referait donc pas même si les circonstances s'y prêtaient grandement.

« Si tu viens, tu restes dans le quinjet, » garda-t-il solidement sa position. « Pas d'objection possible. C'est à prendre ou à laisser. »

Vexée d'être ainsi mise à l'écart, elle voulut le contourner entièrement mais il lui attrapa le bras tout en claquant la porte du casier, la forçant à pivoter sur elle-même.

« Je ne le fais pas contre toi Natasha, » crut-il bon de se justifier devant son regard haineux. « Je le fais pour toi. Pour Steve. Et pour vos enfants. »

« Il y a une nuance entre proposer gentiment une solution et s'octroyer un droit qu'on n'a pas, tu sais ? » Cracha-t-elle d'un ton dur.

Il n'eut aucun mal à comprendre le sous-entendu caché derrière ces paroles. Peu importe ce qu'il pourrait lui dire, elle ne lui obéirait pas. Malgré sa grossesse, elle comptait bien prouver à tout le monde qu'elle était encore apte à l'action et surtout à s'assurer du bon retour des trois membres de l'équipe en danger. Il songea un bref instant au verrouillage automatique du quinjet avant de renoncer. L'ancienne espionne du KGB connaissait tous les codes et toutes les failles de l'appareil. Laissée seule dedans, elle s'en échapperait en trente secondes sans demander son reste.

« Ne prends pas de risques inutiles. Steve va détester ça, » baissa-t-il le ton d'avertissement, changeant de tactique. « Il va détester ça, surtout après ce qui s'est passé dans l'ascenseur. »

Elle fixa hargneusement sa main toujours sur son bras et il comprit le message implicite. Il écarta les doigts, la libérant ainsi de toute contrainte.

« Utiliser le père de mes enfants comme moyen de pression, c'est petit, » notifia-t-elle en se massant là où il l'avait maintenue. « Tu n'étais pas là. Tu n'en as absolument pas le droit. »

L'accusation brutale lui serra le cœur.

« Tu as failli y perdre la vie, » lui rappela-t-il sèchement ce dur moment. « Ne va pas chercher des complications inutiles là où il ne devrait pas y en avoir. »

Le regard de la russe s'anima d'un sentiment de révolte.

« Lors de ma précédente grossesse j'ai levé le pied et ça n'a justement pas empêché les complications, » défia-t-elle adroitement son argumentaire.

« Raisons de plus pour continuer d'éviter d'en faire trop, » riposta-t-il posément.

Peu d'accord avec lui, Natasha inspira pour calmer ses nerfs et contrôler une nouvelle vague de douleur qui la frappait durement dans le dos. Puis elle lança un regard insistant sur sa montre. Ses entrailles se serrèrent brutalement. Les minutes défilaient inexorablement. Le temps était précieux et elle était en train de le perdre. Lasse, elle pinça des lèvres. Elle ne voulait plus se battre verbalement dans des dialogues sans queue ni tête.

« Si tu es réellement venu pour tenter de me faire changer d'avis, je te conseille de m'attacher dans ce vestiaire et de ne pas te louper, à moins de vouloir te retrouver avec un autre bras en moins, » l'avertit-elle sombrement en le bousculant de son bon côté. « En revanche, si tu es venu pour me soutenir, tu arrêtes tes réprimandes et tu m'aides à voler un quinjet. Il faut partir. Maintenant. »

Barnes la regarda de dos se diriger vers la porte. L'énervement de l'espionne était redevenu palpable. Son anxiété et sa détermination, plus fortes que jamais, faisaient vibrer toute la pièce. Les choix étaient restreints. Le soldat le savait, même s'il émettait de grosses réserves sur l'issue finale de la bataille, mieux valait être de son côté plutôt que l'inverse.

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A suivre...

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