Chapter Text
Être à nouveau perdue dans les bois avec pour seule lumière la pleine lune est déjà bien assez effrayant sans qu'il ne soit nécessaire d'ajouter les soupires apeurés d'une bande d'idiots inutiles.
Max soupire aussi mais d’agacement cette fois, et peut être un peu en raison de sa mauvaise fois.
Comme toujours, Mike fonce sans même réfléchir, suivant Eleven à la trace. Sa prodigieuse meilleure amie sans pouvoir traque le monstre qu'elle pense responsable de la disparition de son père. Dustin tremble de peur mais avance tout aussi courageusement, ne reste que Will et son air apeuré habituel et les jérémiade de Lucas.
- Mais tu vas la fermer, gronde Max. Tu vas finir par l'attirer.
- On ne devrait pas être ici, dit Lucas. On aurait dû attendre Jonathan et Nancy.
- Bien sûr, parce que sa majesté t'aurait protéger de sa splendide crinière, grince la jeune femme.
- Ils ont des flingues, explique son ex.
- On en a pas besoin, contre t elle, agitant sa batte. Je vais lui régler son compte à cette saloperie.
- Et ça nous aidera pas à retrouver Hopper, ajoute Lucas.
- C'est clair, mais au moins on n'aura plus à craindre d'attaque, affirme Dustin.
Lucas le regarde de ses grands yeux sombres, la trahison marquant clairement ses traits, « Quoi » marmonne Henderson.
- Suzie vient le week end prochain, tu crois vraiment que je veux un de ses monstres près d'elle ?
- Il a raison, acquiesce Will. On ira chercher Hop dès que cette cochonnerie sera morte et enterrée.
- On va la brûler, dit Mike, quelques pas devant eux.
- Faudrait d'abord le trouver, rappelle Lucas.
- Sérieux, fermez la, gronde Max.
La jeune femme soupire, elle devrait être au cinéma, le bras rassurant et réconfortant de Nathan autour de ses épaules, sa voix douce et affirmée lui dire qu'ils devraient quitter la salle discrètement pour passer les deux heures qui leur reste à l'arrière de sa voiture et que si le film lui plaît tant que ça, il pourrait le piquer au vidéo club dès qu'il sortira, et rien que l'idée fait naître un sourire radieux sur ses lèvres. Peut être que Lucas a raison finalement, mais cela lui fait mal de le reconnaître peut être qu'ils devraient faire marche arrière, rentrer et......
Le coup la prend par surprise, les cris mêlés de tous ses amis lui laisse penser que les bras de Nathan l’attendront longtemps peut être même éternellement quand Max sent la morsure le long de son mollet. Les dents n'ont pas percé le tissu rêche de son Jeans mais la pression présager d'un hématome monstrueux, voir bien pire.
La créature est forte, bien trop forte pour eux, Max peut voir la batte de Dustin s’abattre dans son dos mais ne semble même pas l'atteindre, le monstre ne fait que jouer des coudes pour repousser ses amis, tout en cherchant à enfoncer ses dents plus profondément dans son pantalon. Aussi solide que puisse être le tissu, le Jeans finira par céder et sa chair sera déchiquetée par les dents acérées.
Le monstre lâche sa jambe, remontant rapidement le long de son corps, le feulement est atroce, les longues mains osseuses agrippent ses hanches, puis plus haut ses bras pour l'immobiliser, la gueule immonde se rapproche dangereusement de sa gorge, au loin les cris désespérés d'Eleven lui font monter les larmes aux yeux.
Son amie, sa merveilleuse amie ne se remettra jamais de sa mort dont elle pensera être la cause. Alors dans un dernier effort surhumain, Max pousse de toutes ses forces, cherchant à déloger la créature avant d'être brutalement plaquer au sol, sa tête l'élance, ses bras commencent à fourmiller sous la pression inimaginable des mains squelettiques.
Max s'apprête à fermer les yeux, pas décidée à voir venir la fin quand la tête du monstre est brutalement rejetée en arrière par une batte qu'elle ne connaît que trop bien.
« Lève toi » ordonne une voix qu'elle ne pensait plus jamais entendre, et un bras protecteur s'enroule autour de ses hanches la soulevant de terre pour la mettre à l'abri derrière un corps solide.
Max se laisse manœuvrer sans résister, une main sur l'épaule de son sauveur inattendu, elle reste aussi figée que tous ses amis, un autre coup de batte bien placé et la créature recule de plusieurs pas, et enfin « Steve » s'écrit joyeusement Dustin.
- Le seul et l'unique, réplique le jeune homme avec un sourire étincelant et un retourné de batte si caractéristique.
- Mais qu'est ce que tu fais là, s'étonne Mike, coupé par un autre « Steve » hurler de la voix d'Eleven quand la créature charge à nouveau.
Steve n'a pas le temps de lever le bras que la main difforme le cogne en plein visage, le « Outch » qu'il expulse pourrait être comique si le monstre n'ouvrait pas déjà la gueule prêt à mordre profondément dans la nuque exposée du jeune homme.
Les cris et l’effroi emplissent l'air, chacun se précipite pour tenter d'aider Steve, mais soudain le jeune homme se fige, avec un regard vers l'arrière.
- A terre, hurle t il, et malgré les années d'absence toute la bande obéit.
D'abord le cri guttural se mue en un gargouillis écœurant, puis les bras décharnés s'écartent loin au dessus de la tête difforme et enfin le corps immonde est soulevé de terre.
Le danger immédiat passé, chacun prend le temps de se lever, la créature oscille doucement dans les airs à deux mètres du sol, cherchant désespérément à se dégager de la force invisible qui la maintient prisonnière. Automatiquement les regards se portent sur Eleven, mais la jeune femme semble hypnotisée par quelque chose loin derrière eux. Le mouvement d'ensemble est parfaitement coordonné, les respirations s'arrêtent et Steve les tire doucement sur le côté laissant toute la place nécessaire au monstre venu les sauver.
Billy Hargrove, son Billy Hargrove, son frère disparu est à plus de dix mètres d'eux, tête penchée et regard acéré, il ne leur accorde pas la moindre attention, ses yeux dangereusement fixés sur la créature.
Tout semble figé, Max ne peut détacher ses yeux du visage concentré de son frère, les cheveux aussi court que la dernière fois qu'elle l'avait vu, près de quatre ans au paravent, Billy a changé, et cela n'a rien avoir avec le bouc des plus saillant autour de sa bouche. Elle ne parvient pas à mettre le doigt dessus, pas encore, mais Billy a changé, et cela lui va bien.
Pas physiquement, pas vraiment, le Jeans est toujours aussi serré, épousant à la perfection ses jambes solides, la veste de cuir noire n'est pas neuve mais ce n'est pas celle qu'elle avait empaqueté pour lui avant son départ, la chemise est toujours ouverte dévoilant la peau dorée et sûrement les cicatrices en dessous.
Et soudain la bulle les entourant vole en éclat, la créature hurle d'un cri bien trop humain, ses membres se ratatinent sur eux même, la masse décharnée grouille alors que la chair se déchire atrocement, et même s'il s'agit d'un monstre, Max ne peut s'empêcher de ressentir une pointe de compassion pour la pauvre chose qui ne fait que se recroqueviller sur elle même.
Plus que de se ratatiner, les membres se consument d'un feu invisible, réduisant la créature à un torse lacéré et une tête éclatée, encore quelques secondes interminables, et l'ensemble disparaît en un nuage de fumée emporté par le vent.
Personne n'ose bougé, pas même Steve qui regarde fasciné Billy l'approcher de cette démarche féline si caractéristique.
- C'est pas de ma faute, se défend Steve, alors que la poigne ferme incline son visage sur le côté. Hey, non, je t'assure, continu t il avant de se figer.
Le regard acéré de Billy passe de la marque rouge qui se changera rapidement en un hématome immonde aux grands yeux troublés de Steve Harrington.
Steve Harrington qui n'a rien à faire ici, et Billy Hargrove qui n'a rien à faire ici non plus.
- Non, non, s'exclame Steve. T'as pas intérêt !
Billy ne fait qu'incliner la tête, avec ce regard prédateur qui doit sûrement être effrayant d'aussi près, pourtant Steve ne fait que relever la tête d'un air de défi admirable avec un petit haussement de sourcils amusé.
- Fallait pas faire ta Drama Queen, Bébé. J'aurais pas eu, essaye Steve avant de se figer. Oh non, pas ma faute....
La prise sur son menton se fait encore plus forte, Max peut le deviner à la petite grimace de Steve avant qu'il ne se radoucisse, Billy se penche sur ses lèvres, l'embrassant sensuellement.
Et même s'il s'agit de deux hommes, son frère qui plus est, Max sent une chaleur indécente remonter son épine dorsale. Les mains de Steve agrippent possessivement les hanches, alors que Billy se recroqueville autour de lui, l'emprisonnant d'une étreinte étouffante et animale.
Puis soudain, Billy quitte la bouche qu'il aime tant, son regard de prédateur scanne les environs, sa prise se raffermi sur le bras de Steve.
- On y va, Trésor, gronde la voix dangereuse, et Max se sent sourire, ce que la voix de Billy a pu lui manquer.
- Pourquoi, demande Mike, brisant l'enchantement.
- Sérieux, grogne Max.
- Y en a d'autre, dit alors Billy, sans se préoccuper de l'interruption.
- Combien, demande Eleven.
- Deux peut être trois, explique son frère. On y va. Passe devant, ordonne t il, poussant Steve agressivement.
- Tu vas vraiment, commence Steve, arrêter net par le regard menaçant, avant d'ajouter un « OK » qui ne veut rien dire pour eux, alors qu'il lève les bras en un signe de résignation étonnant.
Ils marchent rapidement, suivant les ordres muets de Billy qui ne cesse de jeter des coup d’œil inquiet vers l'arrière.
- La cabane d'Hopper, demande Steve, alors qu'il croit reconnaître les bois alentour.
- Détruite, répond Eleven. Tout droit, ajoute t elle.
La jeune femme lui sourit en lui passant devant, prenant la tête du convoi, bientôt les arbres se raréfient, une route apparaît et avec elle l'orée de la ville et les premières maisons.
- Celle là, dit elle, désignant la première de la rangée.
La porte arrière s'ouvre sur une exclamation apeurée, et Max se souvient avoir vu Will laisser un mot sur la table de cuisine.
- Mais qu'est ce qui vous a pris, hurle Joyce Byers. Jim ne voudrait pas que vous vous mettiez en danger.
- Tout va bien, Maman, tente Will. On est tous entier.
- Parle pour toi, râle Max.
- Oh mon dieu, Chérie. Tu es blessée, s’inquiète leurs mère à tous.
- Dans ma fierté, réplique la jeune femme. J'ai failli y passer.
- Et voilà pourquoi vous n'auriez pas dû y aller. Je suis sûr que Murray va me rappeler rapidement. Il viendra nous aider, j'en suis sûr, explique t elle, avant de se figer sur un « Steve » débordant d'affection.
- Hey, répond l'intéressé.
Joyce Byers court presque pour refermer ses bras délicats autour de ses épaules, l'étreinte est tendre, affectueuse, parfaite.
- Mais qu'est ce que tu fais ici, rit elle les larmes aux yeux et les mains caressant doucement ses joues.
- On est venu vous sauver les miches, ironise Billy depuis la porte qu'il n'a pas encore traversé.
Et cette fois les larmes coulent pour de bon quand les bras fins se referment sur le corps solide de Billy Hargrove.
- Je dois me sentir vexer, demande Steve, quand Joyce se désintéresse complètement de lui, le ricanement de Max ne fait rien pour améliorer son humeur.
