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Gapa-do

Summary:

Le printemps est là, les cerisiers sont en fleurs et le ciel est toujours bleu. Un quatrième printemps sur l'île de Gapa-do, une des îles les plus au sud de la Corée, démarre pour Ji-Min et Ha-Eun, sa nièce qu'il élève seul.

Chapter 1: 야재 légumes

Chapter Text

« Ji-Min ! Ji-Min ah ! Viens donc voir là »

Ji-Min essuya ses mains pleines de farine avec le petit torchon qu’il posa sur le plan de travail avant de passer sa tête par la fenêtre de la cuisine qui donnait sur sa cour intérieure. Un de ses voisins était dans à l’entrée de son jardin, portant dans à bout de bras un panier rempli de légumes. Ji-Min lui fit un signe et sortit aussitôt après avoir enfilé une paire de vieilles slippers en caoutchouc. Il traversa sa petite cour dans un désordre qui lui fit honte ; il fallait absolument qu’il la range ce matin.

« Bonjour Monsieur Kim ! »

« Tiens, prends ça ! » Le panier était en effet énorme, rempli de gros poireaux, navets, des courgettes et plusieurs oignons. Ji-Min s’inclina plusieurs fois pour remercier son voisin qui devait bien venir toutes les semaines pour partager sa récolte. « La p’tite doit beaucoup manger, elle est… »

« L’avenir de la nation, oui ne vous en faites pas monsieur Kim, je lui ferai de bons repas pour qu’elle grandisse. » Ji-Min hocha la tête avec un sourire. Il n’avait jamais vu un vieillard aussi gâteau face aux enfants et il faisait toujours en sorte qu’elle ne manque de rien en apportant légumes et parfois de la viande.

« Merci beaucoup pour les légumes, ils sont vraiment de plus en plus gros. Ma pâte à pain est en train de reposer, je vous rapporterai vos préférés demain matin en déposer Ha-Eun à l’école ! »

« Les pains à l’ail et au fromage ? » Ji-Min sourit en voyant le regard du vieillard pétillé, il savait bien que ces pains-ci étaient ses favoris, surtout quand il y avait beaucoup de fromage. Il hocha la tête en acquiesçant.

« Il faut dire qu’il fait tellement beau ces derniers jours. » Et il partit avec un signe de la main. Ji-Min pouffa de rire, cela devait bien être le troisième voisin qui lui apportait des légumes ce qui fait que son placard et son frigo étaient pleins à craquer. Il fallait qu’il prépare des banchans avant qu’ils ne pourrissent tous…

Il jeta un coup d’œil à un bout de papier accroché sur le frigo avec un magnet en pâte à sel, dessus Ha-Eun « écrivait » toutes ses envies culinaires et Ji-Min se basait généralement là-dessus pour cuisiner. Il sourit devant ses caractères un peu approximatifs et ses dessins de légumes. Ce matin, elle semblait avoir dessiné du kimchi, un bibimbap et un cupcake. Ji-Min pouffa de rire, elle avait appris il y a quelques jours à dessiner des cupcakes et voilà qu’elle en dessinait partout.

Absolument partout…

Son ventre se mit à gargouiller un peu bruyamment, il n’avait pas mangé de la matinée et midi approchant, son estomac le lui rappela bien. Ce n’est pourtant pas comme s’il était habitué à ce rythme… Il regarda le bocal de cookies qu’il avait cuisiné hier avec un air coupable ; il pouvait bien en piocher quelques-uns ? Ne travaillant pas aujourd’hui, le repos n’était pourtant pas dans son programme et il avait besoin d’énergie. Enfin il avait surtout besoin de ces cookies au chocolat.

« Après tout je les ai bien faits… » Ji-Min grogna pour lui-même avant d’ouvrir le bocal. L’odeur sucré monta jusqu’à ses narines, réveillant encore plus son appétit. Il savait que manger des cookies n’était pas la plus brillante des idées mais tant pis, il mangerait correctement à midi.

Un cookie dans sa bouche, il traversa les couloirs pour retrouver sa chambre. Mais en passant devant celle de Ha-Eun, il soupira. Elle avait oublié d’ouvrir les fenêtres et de faire son lit… Il termina vite son cookie et entra dans la petite pièce pour faire les corvées que sa petite nièce avait oublié de faire. Il ne pouvait pas lui en vouloir, elle n’avait que quatre ans. Il ouvrit la grande fenêtre en bois en la faisant coulisser et y vit ses petites chaussures parfaitement alignées sur la petite estrade intérieure. Le soleil baignait dans la petite cour et s’il n’avait pas une tonne de travail dans son propre potager, il se serait bien prélassé dessous… Ji-Min fit le lit de Ha-Eun, rangea quelques-uns de ses jouets et repartit vers sa chambre. Il troqua son pantalon recouvert de farine pour un en toile marron qui lui servait à faire le travail manuel de la maison puis une vieille chemise.

Il piocha de nouveau un cookie avant de sortir de chez lui, puis un deuxième et finalement un troisième qu’il mit dans sa poche. Sa nièce n’allait pas être très contente… Le soleil était au rendez-vous alors qu’il n’était que dix heures et chauffait l’endroit de ses rayons, le printemps était enfin là… Les insectes prenaient leur aise et les grillons étaient déjà bien bruyants. Avant de quitter la cour de la hanok où ils vivaient, il décala les plantes en pot pour qu’elles se retrouvent au soleil durant la journée et il nourrit le chat qui devait être allongé quelque part sous les rayons chauds.

Voilà qu’il allait passer un quatrième printemps à Gapa-do… Ça passait vite. Le temps se réchauffait, le ciel était d’un bleu sans aucun nuage à l’horizon, Ji-Min sourit. Il fallait préparer la petite cour pour que sa nièce puisse jouer sans risquer de se blesser avec des objets qui n’avaient rien à faire ici. Ji-Min se sentit tout embarrassé car il voulait lui apprendre à faire du vélo cette année. C’était sa nouvelle mission.

Il débarrassa les vieux pots cassés durant l’hiver et partit les mettre dans le grand cabanon, il trouverait bien une idée pour les réutiliser plus tard. Il en profita pour sortir les différentes fleurs en pot qu’il avait acheté durant sa dernière escapade à Jeju-do et il les aligna sur la terrasse étroite. Ji-Min savait que Ha-Eun se ferait une joie de les replanter avec lui ce soir. Il sortit d’ailleurs son arrosoir métallique et les petits outils qui allaient d’un jaune poussin un peu fatigué et rouillé par le temps puis les posa près de la pompe à main en fonte.

« Hey tu es là monsieur chat, tu daignes enfin à te montrer. » Ji-Min s’exclama en voyant le gros chat traverser sur les tuiles d’ardoise du cabanon au fond du jardin. La hanok formait un « L » fermé par un grand muret et le large cabanon. L’île était loin d’être dangereuse, tout le monde se connaissait mais Ji-Min se sentait en sécurité, même si ses voisins entraient chez lui comme dans un moulin.

Le rangement prit à Ji-Min presque deux heures et c’est affamé qu’il retrouva sa cuisine. Le riz était maintenu au chaud dans le cuiseur à riz et il sortit divers banchans du réfrigérateur qu’il posa sur la table basse du salon. Il alluma le gaz et fit réchauffer un reste de porc mariné à la poêle. Fatigué de sa matinée, Ji-Min alluma la télévision et s’effondra sur les gros coussins qui servaient de sofa. Il tomba sur la rediffusion d’un ancien drama et le regarda sans trop y porter d’attention. De toute façon, c’était toujours la même chose, la même histoire d’amour irréaliste et mortellement ennuyante. Finalement il changea de chaîne, il n’avait pas envie qu’on lui rappelle son célibat, sûrement éternel.

Même si cela n’avait aucune importance en soi car son jardin était propre et c’est tout ce qui comptait aujourd’hui. Puis sa vie actuelle lui plaisait et c’est quand le soleil réapparaissait qu’il était reconnaissant d’être ici, avec sa nièce, à vivre dans leur hanok sur une des îles la plus méridionale de la péninsule. Quelle satisfaction de manger les légumes de sa propre culture, les œufs de ses propres poulaillers et même de bons pains briochés. Ça n’avait pas de prix et aucun compagnon pourrait lui apporter ça.
L’odeur du porc se répandit délicieusement dans l’habitacle, c’est presque épuisé que Ji-Min se traîna jusqu’à la cuisine pour éteindre le gaz, servir le porc dans un bol et du riz dans un autre. Il mangea avec appétit, assis en tailleurs en lisant les dernières informations sur sa tablette numérique. Sa main munie de sa baguette allait machinalement du bol à sa bouche pendant que ses yeux étaient rivés sur le petit écran, concentré dans sa lecture.

La maison était silencieuse tout comme les alentours. Le calme avait un certain charme, il entendait les oiseaux gazouiller à l’extérieur et cette ambiance agréable était seulement perturbée par le bruit des baguettes métalliques sur la vaisselle. Le silence était sans aucun doute la bienvenu dans tous les foyers, mais Ji-Min l’évitait au possible. Il était trop habitué des rires, des pleurs de la petite Park Ha-Eun et quand elle n’était pas là, il se sentait aussi vide que pouvait l’être la maison. Il avait si hâte d’aller chercher Ha-Eun et faire du jardinage avec elle, les journées étaient bien trop longues sans la présence de la petite fille de quatre ans.

Alors qu’il raclait le bol de riz de sa cuillère, son téléphone vibra et la notification d’un nouveau mail apparut sur l’écran. La cuillère pendant de sa bouche, il prit son smartphone dans sa main et se mit à lire. Il grogna, son bruit étouffé par la présence du couvert entre ses lèvres. Le travail ne l’avait pas oublié, lui envoyant un fichier compressé lourd de documents à lire, corriger et mettre en page ; le tout à faire dès la fin de son jour de repos, soit demain. Il ne voulait pas se plaindre, la paie était bonne et il pouvait travailler sur son île. Loin, très loin du dynamisme et du stress des villes. Il pouvait élever Ha-Eun dans le calme.

La vaisselle faite et la maison à peu près rangée, il la quitta avec ses vieilles slippers. Ses bottes de travail l’attendaient près de la pompe manuelle, il troqua donc ses vieilles tatanes en caoutchouc. Dire qu’il y a quatre ans il ne portait que des sneakers de dernières marques, toutes flambant neuves. Aujourd’hui, il continuait de les porter et elles étaient loin d’être neuves ; elles étaient plutôt grises, trouées et la semelle se décollait sur quasi toutes les paires. Sans parler de toutes celles qu’il avait été forcé de jeter car importables.

Ji-Min avait un énorme potager et il y cultivait des laitues toute l’année, du chou chinois et du radis japonais dès le mois de juin. Il était un peu devenu le fournisseur de ce côté de l’île et il livrait tous les samedis dans les marchés. En échange, une des vieilles ajummas lui préparait son kimchi avec.

Il pompa de l’eau dans son arrosoir et commença à arroser les fleurs, la terre s’était drôlement asséchée avec la chaleur de ces derniers jours. C’était fou comme à quel point il aimait le travail de la terre, s’occuper de ses légumes aussi. Il porta le gros arrosoir, le portant à bout de bras tant il était lourd. Il avait beau faire ce même aller-retour plusieurs fois dans la semaine, ses bras étaient toujours trop mous quand il s’agissait de le porter. Il fit une moue peinée quand il vit toute l’eau renversé sur le chemin…

C’était drôle de se dire que ses remarques se résumaient à ça. C’était fou comme à quel point il aimait le travail de la terre, s’occuper de ses légumes et de ses poules. A quel point il aimait cette île aussi. Bien sûr aujourd’hui ça allait mieux, Ha-Eun était un peu plus grande mais quand elle était bébé, il avait trouvé dans le jardinage une activité pour se délaisser de son stress. Pas étonnant qu’il fasse pousser les plus beaux choux de l’île.

Ji-Min se mit à chanter, ça lui donna une certaine motivation à répéter ses aller-retours entre la pompe manuelle et son potager. Bon, il continuait à renverser de l’eau, créant de la gadoue sur son passage mais Ji-Min espéra que le soleil réchauffe vite ça. Ha-Eun et la boue n’étaient pas la meilleure combinaison qui existait pour le bien-être de sa maison.

Les poules avaient dû l’entendre car elles se mirent à piailler encore plus fort qu’à l’accoutumée. « Oui les poules je vous ai entendu mais vous savez que si je récupère vos œufs sans Ha-Eun ah elle ne va pas être contente. » Ji-Min leur cria d’où il était, mais en vain... comme si ses poules allaient l’écouter et l’obéir. Elles continuaient à faire du bruit mais Ji-Min était décidé car s’il osait récupérer ne serait-ce qu’un seul œuf sans Ha-Eun… Ji-Min eut un frisson au souvenir de la dernière crise de larmes de la petite. Il valait mieux pour tout le monde, pour tout le voisinage qu’ils aillent chercher les œufs tous les deux.

*

« Samchon ! Samchon !! Ji-Min Samchon ! » Ji-Min vit courir vers lui son adorable petite nièce avec sa peluche lapin dans la main. Pourquoi devait-elle être aussi mignonne ? Il ne disait pas ça car c’était sa nièce non, elle était véritablement adorable. Il fallait la voir courir sur ses petites jambes en l’appelant de sa voix la plus mignonne du monde.

Il remarqua d’ailleurs qu’une des maitresses lui avait fait deux couettes parfaitement symétriques, loin du chignon négligé qu’il lui avait ce matin. Sa petite nièce s’agrippa à sa jambe, et Ji-Min sursauta quand elle se mit à mordre son tee-shirt tel un petit animal.

« Hey tu fais quoi toi ? »

« Regarde mes couettes Samchon ! Elles vont bien avec la jolie robe qui tourne que tu m’as faite. J’ai fait des dessins aujourd’hui puis j’ai montré à maîtresse Yoon-Ah comment écrire mon prénom, comme Samchon m’a appris. On est allé voir les lapins et les canards ce matin, avant le repas. Et le repas, c’était pas super bon, je préfère manger à la maison et… » Ji-Min était à genoux face à elle, attendant que son flot de paroles se tasse en hochant la tête avec un sourire.

« Tu as des devoirs à faire ? » Le sourire de la petite s’effaça et fronça le nez, mécontente. Ji-Min la fixa, attendant la réponse qu’il connaissait pourtant, mais c’était si drôle de la voir comme ça. Elle finit par hocher la tête, fuyant le regard. Ji-Min pouffa de rire, elle pensait vraiment qu’elle cacherait ça ?

« Allez viens, on rentre à la maison ! Pendant que tu feras tes devoirs, je finirais ta jolie robe jaune pour que tu puisses la mettre au piquenique de l’école, ça te va ? »

Elle hocha activement la tête, sautillant dans tous les sens. Ji-Min savait qu’elle attendait cette robe avec impatience depuis qu’il lui avait promis de lui en coudre une. Il avait trouvé le tissu nécessaire, assez pour faire une robe et un nœud mais aussi un tissu effet vaporeux blanc pour faire une chemise. Ji-Min avait un don pour la couture, il avait toujours aimé ça et avant l’accident, il était inscrit dans la plus grande école de design et de la mode de Seoul. Il aurait dû être diplômé à ce jour mais la vie en avait décidé autrement alors il continuait de se parfaire en confectionnant lui-même tous les vêtements de Ha-Eun. Petite, il lui faisait ses propres langes et il lui avait même cousu un doudou, une adorable tête de lapin et un corps en carré de tissu doux. Ha-Eun ne le quittait plus depuis sa naissance.

Ji-Min pédalait de bon train vers la maison, Ha-Eun dans la remorque de métal accrochée au vélo. Elle était assise correctement sur son petit coussin molletonnée et semblait compter les arbres qu’ils croisaient, de façon un peu chaotique d’ailleurs.

« Samchon, il y a quoi après cinq ?
- Sept.
- Ah bon ? C’est pas six ?
- Si tu sais pourquoi tu me demandes ?
- J’étais pas sûre… Samchon tu es pas gentil !
- Alors combien tu as compté d’arbres ?
- Beaucoup et c’est bien quand il y en a beaucoup, c’est bon pour la terre hein Samchon ? Nous aussi on fabriqué des arbres, mais ils sont tout petits, petits. »

Ji-Min rigola « On a planté Ha-Eun, pas fabriquer. On fabrique des choses avec les arbres mais on ne les fabrique pas nous. »

La petite se tourna vivement vers lui, ses grands yeux ouverts comme des soucoupes qui commençaient à s’humidifier par de petites larmes naissances. « On ne va pas tuer nos arbres pour fabriquer des choses, Smachon… Ji-Min Samchon je veux pas moi… »

Les arbres du jardin… Ha-Eun y tenait beaucoup et en prenait très soin dès qu’elle eut l’âge de comprendre. Ji-Min les avait planté à leur arrivée sur l’île de Gapa-do, pour la célébrer mais aussi un cerisier du Japon. Celui-ci égayait son jardin chaque année de ses fleurs roses et blanches, cette année n’avait pas failli. Une de ses photos favorites d’ailleurs était un cliché de Ha-Eun et lui assis tous les deux sur le tapis rose formé par les pétales au sol, jouant avec ces dernières. Il ne savait pas qu’à cet instant la maman d’une des petites camarades de Ha-Eun l’avait pris en photo, la rendant naturelle et pleine de joie.

Le vélo à remorque arriva au bout du chemin de pierres et de terre qui menait à leur hanok et Ji-Min le gara à l’entrée. Ha-Eun s’était déjà extirpée de la remorque pour courir devant la maison en faisant ce qu’il devait être vraisemblablement des roues. Ji-Min pouffa de rire, elle avait dû apprendre ça aujourd’hui puisque c’était le jour des activités sportives. Elle manquait un peu d’entraînement mais il la laissa se défouler au maximum ; elle dormirait bien ce soir.

« Samchon on mange quoi ce soir ? Je peux avoir du lait de soja s’il te plait ? »

Ji-Min ne lui répondit pas, s’arrêtant pour réfléchir. Qu’allait-il faire à manger ce soir… il n’en avait absolument aucune idée et comme il avait fini le reste de porc ce midi, il fallait cuisiner ce soir. Il savait qu’il lui restait des banchans, mais ce n’était pas du tout suffisant. Il tenta de se remémore le contenu de ses placards, scannant ses souvenirs. Des légumes il en avait, il lui restait même peut-être du porc cru dans le frigo… Non vraiment cuisiner n’était pas l’activité qu’il préférait, du moins chercher des idées repas. C’était tellement simple quand il cuisinait que des porridges pour Ha-Eun mais elle avait grandi, fini les porridges. Mais la petite semblait déjà avoir oublié sa question puisqu’il la voyait en train de ramener ses faux légumes en tissu dans le salon et installer un stand de marchande ; son biberon rempli de lait végétal qui pendait de façon adorable entre ses deux lèvres pleines.

Il retourna face à ses placards qu’il ouvrit et resta planté devant sans bouger. Comment les placards pouvaient être aussi pleins et son cerveau vide ? Il ne savait vraiment pas quoi faire… Il sortit tout de même quelques raviolis qu’il avait congelés. Ha-Eun avait lancé la chaine HI-FI et avait lancé une chanson au hasard, un groupe connu dont il ne connaissait pourtant pas le nom. Mais la chanson était bonne et rythmée, il entama quelques mouvements en sortant des ingrédients un peu au hasard.

« Samchon on peut manger des pâtes noires ?
- J’ai pas ce qu’il faut Ha-Eun ah mais si tu veux, on pourra aller en manger quand on ira sur l’île de Jeju, tu en penses quoi ?
- D’accord et dans combien de dodos on y va ? »