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Tout avait commencé il y a quelques mois, lorsqu’un homme-oiseau dans un costume monstrueusement moulant, avait mis les pieds dans un bar semi-délabré d’un quartier pauvre de Tokyo. Au début, il avait prétendu vouloir parler, il ne voulait que négocier avec le leader de la Ligue des Vilains. Il ne voulait rien de mal, il n’avait pas de micro, pas de caméra, personne ne l’avait suivi et il n’était pas armé. Hawks avait été récemment promu à la seconde place du classement des Héros, ce qui n’avait pas échappé aux oreilles de Shigaraki, celui à la tête de la petite organisation. Cependant, le petit blondinet aux ailes rouges avait fait un sacré numéro lors du “couronnement” du nouveau Symbole de la Paix, Endeavor. Il ne l’avait pas humilié, mais disons qu’il n’avait pas retenu sa langue non plus, disant qu’il serait toujours comparé à son prédécesseur, All Might. Rajoutant que s’il était là, ce n’était pas parce qu’il avait gagné cette place, mais bien parce que l’ancien héros était à un toussotement de la mort à la suite d’un combat épique avec son némésis.
Ce fut grâce ce petit numéro qu’Hawks avait pu s'infiltrer dans la petite bande qu’était les vilains. Tranquillement, il avait gagné la confiance de leur membre, allant même jusqu’à participer à quelques missions ici et là. Le jeune homme avait fait beaucoup de sacrifices, allant même jusqu’à tuer des gens. Il n’avait pas le choix, la Commission qui l’avait engagé lui avait dit que c’étaient des pertes nécessaires et que ces quelques victimes perdues n’étaient rien comparé au nombre de vie qu’il allait sauver une fois qu’il aurait complété cette infiltration. C’était ce qui avait poussé Hawks à faire toute ces horribles choses que la Ligue lui demandait de faire. Il se taisait, endurait et pensait à toutes ses vies qu’il pourrait sauver grâce à son intervention.
Si-là n’était pas l’âme d’un héros…
C’était là ou Dabi était tombé sous le charme. Malgré qu’il venait tout bonnement de joindre un groupe de dangereux psychopathes, Hawks avait le cœur d’un ange et le charisme de son apparence. Il avait un bon sens de l’humour, une manière de parler si fluide qu’on ne se rendait même pas compte que le temps passait lorsqu’on lui faisait la conversation. Dabi n’était qu’une autre personne parmi tant d’autres qui en pinçait pour lui, mais il était le seul avec qui s’était réciproque. À la base, ça ne n’aurait dû être qu’une seule soirée, ou les verres vides avaient été nombreux, ou les deux hommes avaient perdu contrôles de leurs actions et de leurs paroles. Mais bien vite, cette soirée c’est multiplié, allant jusqu’à plusieurs fois par semaine. Et ça ne s’arrêtait pas là, c’était rendu à un point tel ou l’alcool n’était même plus en jeu, ce qui ne devait qu’être qu’un simple plan cul se transformait en longue conversation sur n’importe quel sujet. Ils avaient plus de point commun qu’ils ne le pensaient, les deux ayant eu l’enfance charriée par des adultes qui se vantaient d’être sauveur de l’humanité. Les deux avaient perdus foi en quoique ce soit il y avait de cela bien longtemps.
Un jour, Dabi avait ramassé une des précieuse plumes d’Hawks qui ne cessaient pas de tomber et de grouiller autour de lui. L’homme-oiseau ne s’en était même pas rendu compte, jusqu’au jour où il avait vu une chaîne pendre au cou du plus vieux au bout de laquelle se trouvait la petite plume rouge. Trop choqué pour trouver des mots, le jeune homme n’avait pas passer de commentaire. Ainsi donc, la vie avait continué son cours, mais quelque chose avait changé entre eux, comme si par cette action, ils avaient conçu entre eux une connexion invisible, mais bien présente et passionnée. Ils avaient commencé à sortir ici et là, s’achetant quelques cadeaux lorsque leur moyen n’était pas trop limité. À vrai dire, Dabi se faisait le mal pour offrir des présents. Il savait que les biens matériels n’étaient pas nécessaire pour prouver ses sentiments, mais pour lui c’était important. Il n’était pas habile avec ni des mots, ni de romantisme, alors il comblait autrement. Après une mission plus ou moins dangereuses, le plus grand était retourné sur une scène de crime pour piller les bijoux de sa dernière victime, un homme qui devait être assez riche vu les trésors qui se perdait dans les cendres. Il avait l’intention de voler et de revendre ce qu’il trouvait pour se faire un peu d’argent, mais bien vite, il tomba sur quelque chose d’encore mieux. C’était ce qui semblait un pendentif en forme d’oiseau qui tenait un petit rubis d’une couleur écarlate. Il l’avait ramené à Hawks cette journée même.
“Tu sais ce que ça signifie?” Avait demandé le plus jeune, retournant le petit bijou dans sa paume de main.
L’homme cicatrisé avait secoué la tête, ne sachant pas ce qu’il voulait dire.
“C’est un phénix”, commença doucement Hawks, “Quand un phénix meurt, il prend feu et renaît de ses cendres. Il a de la chance cet oiseau, c’est comme s’il avait plusieurs vies, plusieurs chances d’être heureux.”
Depuis ce jours, Hawks portait lui aussi une chaîne qui pendait à son cou dont le pendentif représentait un piaf immortel. Les deux gardaient leur bijou sous leur tenu pour ne pas attirer l’attention, mais dès que leurs vêtements tombaient près du lit, les deux colliers s’entrechoquaient, tout comme leurs lèvres.
Leur relation était saine, plus que celle qu’expérimentait les autres adultes à leur âge. Tout se trouvait dans les non-dits, les silences et même les longs regards qu’ils échangeaient. Plusieurs fois, Hawks sentait sa loyauté défaillir envers la Commission, voulant se ranger du côté des vilains afin de conserver cette paix. Il savait qu’un jour, ce calme allait céder à une tempête des plus mortelle lorsque Dabi apprendrait que le plus jeune était en mission infiltration depuis le début. Toute la confiance qu’ils avaient construit, tous les souvenirs qu’ils avaient récoltés, la tendresse qu’ils s’étaient accordés l’un à l’autre auraient été en vain, envolé que par quelques mots de trahison. Il ne voulait pas y penser.
Il aurait peut-être dû…
Hawks n’avait jamais vraiment compris pourquoi la Ligue s’acharnait autant sur l’école UA où ils entrainaient les futurs héros. Il savait que le successeur d’All Might y allait, mais il ne voyait pas l’utilité de tuer un enfant qui savait à peine se battre sans détruire les membres de son corps. Attaquer des gosses était un coup bas dont il ne voulait pas faire partie. Malheureusement, Shigaraki s’était fait clair, sa cible était le petit aux cheveux verts, celui qui voulait désespérément être le Symbole de la Paix. La Paix et la Ligue ne rimait pas vraiment ensemble disons…
La prestigieuse école de UA avait beaucoup de budget pour ce qui en était de l’entraînement. Cependant, ils ne révélaient qu’à quelques personnes ou allait se dérouler les séances pour éviter qu’ils se fassent attaquer. Malheureusement pour eux, un membre de la Ligue avait mis la main sur l’information de manière assez efficace. Ils étaient dans un grand aréna en plein milieu de nulle part qui reconfigurait un centre-ville d’une place fictive. Il y avait plusieurs gratte-ciel, similaire à ceux de la ville de New York en plus de d’autres petits magasins insignifiants ou se promenait des hologrammes, faisant office de victimes à protéger. Rien de nouveau, le jeune héros avait passé par là, il reconnaissait le décor.
Tout s’était passé si vite, Hawks lui-même ne savait plus pour qui il se battait, ni pourquoi. Son seul et unique objectif avait été de sortir Midoriya Izuku de cette arène avant que l’homme aux cheveux bleu ne puisse mettre la main dessus (dans tous les sens du terme). Dès son arrivée, il avait plongé vers le petit, ignorant ce que Dabi lui avait crié à cet instant, alors qu’un des nombreux Nomu s’attaquait à Aizawa. Simplement son succès fut de courte durée, avec Midoriya dans les bras en survolant en vol l’arène, il fut percuté par une explosion à sa droite, provoqué par un jeune, un certain Bakugo s’il se souvenait correctement, qui tentait d’empêcher d’autres vilains de le tuer. Sa seconde d'inattention avait suffi pour que Dabi déclenche son feu assez fort pour frôler les ailes à Hawks, le faisant immédiatement dégringoler du ciel. Il réussit à se rattraper, lui et le petit avant qu’il ne s’écrase au sol alors que le plus vieux tendit la main pour attraper le futur héros. L’homme ailé ne lui en donna pas l’occasion, roulant sur le côté.
“Qu’est-ce que tu fous putain, on le ramène à la base et tout ça c’est fini Hawks!” Lui avait crié le vilain, se mettant en colère, avançant lentement vers eux.
Le héros reconnu l’urgence dans sa voix. Lui seul pouvait comprendre la détresse que Dabi ressentait, celle de vouloir en finir avec une mission le plus vite possible afin de ne pas avoir à plus se blesser. Lui non plus n’avait pas envie de se battre, mais il le faisait tout de même, parce qu’il était ainsi, Dabi. Ambitieux et prêt à tout pour réussir ses objectifs, dans ce cas-ci, tuer le prochain Symbole de la Paix.
C’était là le point de rupture entre les deux. Le plus jeune ne pouvait pas aller jusque-là, c’en était trop. Il avait beau aimer l’homme cicatrisé, il ne voulait pas faire de ce monde un enfer et cet enfant représentait un des seuls espoirs qu’il restait. Hawks se mit devant l’adolescent, tirant une longue plume, en position pour se défendre. Malgré les larmes qui menaçaient de couler, il réussit à articuler quelques mots.
“Je dois le protéger...”
La dernière chose qu’il entendit, ce fut la prononciation d’un seul mot:
“Traître”
Puis il y eu une seconde explosion, près d’eux et trop puissante pour qu’elle soit créée par l’élève. Il n’y avait pas de doute, une grenade avait dû exploser près d’eux. Ce fut l’ombre d’un gratte-ciel qui menaçait de tomber qui fit réagir Hawks. Sans penser, il plongea sur Dabi, perdant de vu le jeune adolescent, pour le tirer de là, mais les chances n’étaient pas de son côté. Le plus vieux tenta de le brûlé, enflammant le côté de son bras, ce qui réussit à faire flamber quelques plumes. Tressaillant, le jeune homme dû se laisser tomber à mi-chemin dans les airs alors que l’édifice s’était écroulé sur un autre, faisant pleuvoir des rochers. Au sol, ce n’était pas mieux, le sol tremblait des combats animés entre les élèves et les vilains, plus aucune place n’était sauve. Autour de lui, tout continuait de s’écrouler alors que bien vite dans son champ de vision se trouvait des flammes bleues. Il retrouva cette même teinte dans les yeux de son adversaire qui étaient animés d’une haine sans nom.
Il avait coupé le lien de confiance, s’était fini. Leur petite amourette de quelques mois prenait fin.
Les deux hommes se regardèrent et puis, comme d’un accord commun silencieux, ils s'accordèrent un dernier salut. Le feu jaillit du corps de Dabi au même moment ou Hawks se projeta dans les airs pour esquiver. Le combat dura peut-être quelques minutes, mais les deux hommes eurent l’impression que ce furent des heures durant. Ni l’un ni l’autre n’arrivait à se toucher. Lorsque l’oiseau commençait à s’approcher pour attaquer, la flamme le repoussait de son feu. À l’inverse, Hawks esquivait toutes les offensives que faisait Dabi d’un habile coup d’ailes. Les rares fois où ils arrivaient à se blesser, étaient des coups de hasard où ils étaient envoyés au sol. Au bout d’un moment, les deux saignaient de part et d’autre. Des égratignures, des brûlures, des coupures, le tout se mélangeait à leurs émotions, déjà à fleur de peau. Néanmoins, ils continuaient à se battre, la rage et l’émoi ayant pris le contrôle de leur corps. La trahison avait eu raison d’eux.
“Dabi…” tentait d’appeler Hawks pour le résonner.
L’homme l’ignorait superbement, continuant à l’attaquer. À son grand désarroi, il s'aperçut que l’homme cicatrisé s’approchait de sa limite, se brûlant sa propre peau qui était épargné des greffes.
“Dabi tu vas te blesser!” Essaya Hawks une deuxième fois, ne se rendant pas compte de l’ironie de ses propos, vu les circonstances.
Un ricanement grave sorti de la bouche de son adversaire qui n’osait toujours pas le regarder dans les yeux.
“Me blesser? Alors que j’avais confiance en toi? C’est moi qui vais me blesser? Connard.” Répliqua-t-il envoyant une rafale si puissante du combustible, qu’Hawks ne put l’esquiver.
La base de ses ailes fut touchée, ce qui l’obligea à se poser au sol. Il ne pouvait plus retourner dans les airs, ne pouvait pas partir vers les zones de combats et se trouvait dans un cul-de-sac. Il était pris avec Dabi qui s’avançait de manière menaçante, le feu émanant de chaque partie cicatrisée de son corps.
“Je croyais pouvoir enfin compter sur quelqu’un…” Commença-t-il
“Tu peux compter sur moi!” Essaya de se rattraper Hawks alors qu’il faisait déjà mentalement ses prières.
Puis soudain, un bruit sourd se fit entendre, les interrompant. Ils eurent à peine le temps de regarder ce qui se passait que d’immenses rochers tombaient sur eux. Pour la deuxième fois, Hawks se précipita vers Dabi et roula en boule pour le protéger. Cette fois, le plus vieux ne s’était pas débattu, retrouvant un sentiment de sécurité, entouré des grandes ailes rouges de ce qui avait autrefois été son amant. Ils étaient maintenant pris au piège, ensevelis sous les décombre d’un édifice
Rien n’était pire que le sentiment d'appréhension qui habitaient les deux hommes.
Rien n’était pire que la tension si haute qui régnait dans le très petit espace qu’ils partageaient.
Rien n’était pire que cette situation, ils en étaient certains.
Il n’y avait qu’un très petit espace qui s’était créer entre les géants rochers qui les surplombaient, juste assez grand pour les contenir. Lorsqu’Hawks ouvrit les yeux, ce fut la petite flamme qui régnait au creux de la main à Dabi qui lui permit de s’orienter. Ils étaient hermétiquement confinés dans ce petit coin sous ses tonnes de roches et même si les vilains et les héros travaillaient ensemble pour les enlever, ils arriveraient trop tard et les deux hommes seraient mort de manque d’oxygène. Bref, ils étaient condamnés.
“Touya?” appela le plus jeune se rapprochant de lui, assez pour que la chaleur de la flamme vienne chauffer le bout de son nez.
“Tu veux quoi toi… ” demanda ce dernier d’une voix énervé qui cachait une certaine crainte.
“Tu sais quand tu as rapporté le pendentif de mission”, commença l’homme ailé, “Pour moi c’était plu qu’un simple cadeau. C’était une promesse. Que même si tu avais tué toutes les personnes qui me sont chères. Même si tu avais détruit tout ce que je possédais, même si tu avais coupé tout ce qui me relie à la vie, je savais que j’allais continuer à t’aimer. Parce que les Phénix renaissent de leurs cendres n’est-ce pas? Et que même si notre amour brûle, je savais pertinemment que j’allais revenir vers toi. Je savais qu’au fond ce n’était peut-être pas la même chose pour toi, mais j’espérais quand même…”
“Sale piaf, un jour tu vas me rendre fou…”
Les quelques larmes qui avaient coulés sur les joues de plus jeune avait suffises pour éteindre le petit feu qui maintenait les deux hommes au chaud. À moins que Dabi n’ait délibérément éteint le feu pour leur laisser un peu plus d’oxygène. À l’aveuglette, comme si elles étaient faites les unes pour les autres, leurs lèvres se retrouvèrent une dernière fois, rendant leur dernier souffle.
