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- Papi ?
Jungkook regarde sa petite fille et fronce les sourcils. Il était à deux doigts de s’endormir dans son fauteuil sans plus de cérémonie mais, c’est vrai, il a ses petits-enfants à la maison ce soir. Ses petits-enfants, son fils et sa belle-fille, qui sont tous venus réveillonner pour Noël. Ils dorment à la maison ce soir, comme tous les ans.
- Oui ma chérie ? répond Jungkook.
- Tu peux nous raconter l’histoire de la fée Jimi ?
Jungkook se fige un instant. Ça fait des années que Lisa et Chaeyoung ne lui ont plus demandé une histoire pour s’endormir le soir, au grand dam de leur grand-père qui adorait ces moments privilégiés avec ses deux petites-filles adorées. Mais peut-être que, cette fois, Jungkook pourra leur raconter une version plus honnête de l’histoire de la fée Jimin. Elles ont quatorze et seize ans, après tout.
Lisa est toujours devant lui, les mains serrées en un poing devant elle. Elle a sûrement peur que son Papi lui demande qu’est-ce qui lui prend et lui dise qu’elle est trop grande pour ce genre de bêtises. Jungkook la connait bien, maintenant. Elle a peut-être seize ans mais c’est une grande angoissée qui a toujours peur des autres. Il aimerait l’aider à traverser les épreuves auxquelles elle fait face mais il ne la voit qu’une fois tous les trois mois et elle n’ose pas le contacter. Il presse son épaule et se lève.
- Bien sûr, allons-y.
Chaeyoung est déjà installée dans son lit quand Jungkook et Lisa reviennent dans leur chambre. Il s’assoit sur le bord de son lit et regarde Lisa se glisser entre les draps en leur demandant :
- Comme vous êtes plus grandes, maintenant, est-ce que vous voulez entendre la version complète de l’histoire de la fée Jimin ?
Les deux adolescentes froncent les sourcils, étonnées, et Jungkook rit :
- Oui, il y a une version complète. Et même si ça fait longtemps, je vous assure que celui que vous appelez la fée Jimi s’appelle Jimin.
- D’accord Papi, fait Chaeyoung. On veut bien la version complète.
- Très bien.
C’était il y a très, très longtemps, un jour de Noël, un de ces matins supposément heureux et familiaux – ou au moins l’un des deux. Pour le Jungkook de vingt-deux ans que j’étais, ce n’était pourtant ni un matin heureux, ni un matin où je voyais ma famille. Et ce, pour une raison simple : ma propre famille ne voulait plus me voir. Quelqu’un avait dit à mes parents que je suis bisexuel, sans que je le sache. Au début, mes parents m’ont ignoré mais ils ont commencé à devenir méchants et violents envers moi. Finalement, un jour de fin d’automne, je me suis retrouvé à la porte. L’anniversaire de mes vingt-deux ans est le dernier que j’ai passé avec mes parents et mes grands-parents.
J’ai survécu grâce à l’aide de mes amis. J’avais mes deux meilleurs amis, Taehyung et Seokjin, mon tuteur à l’université Namjoon, Hoseok du bureau des étudiants à qui je donnais un coup de main pour organiser les expositions et Yoongi de l’association LGBTI+ de la fac. Nous nous sommes beaucoup rapprochés à cette époque, qui a été très difficile pour nous tous.
En deux semaines, à eux tous, ils m’ont trouvé un colocataire, un job étudiant et du réconfort. J’étais chanceux et j’en avais conscience. Mais en ce matin de Noël, même si j’avais la chance d’avoir un toit, un boulot et des amis, je n’arrivais pas à sourire. Mon colocataire était un étudiant britannique en échange, un gars horrible. D’abord, j’avais été agacé par son racisme et son homophobie. Mais à ce moment-là, je me sentais en danger sous mon propre toit, la seule pensée de mon colocataire à deux mètres de moi me donnait envie de vomir, j’en faisais des cauchemars toutes les nuits et je dormais à peine. Comme si mon colocataire ne suffisait pas, mes partiels – vous savez, les examens de milieu d’année à l’université – s’étaient mal passés. J’étais trop occupé à essayer de dormir au chaud, de manger et de me doucher quotidiennement sans dépendre financièrement de mes amis.
Je savais que j’étais sur la sellette. A deux doigts de ne pas valider mon semestre. A deux doigts de flanquer une bonne gifle à mon colocataire et de fondre en larmes d’épuisement, d’abandon, de peur, je ne savais même plus tant je ressentais d’émotions à la fois. Mes études étaient passées au second plan, elles ne m’intéressaient plus. Je n’arrivais pas à me concentrer sur mes notes ou sur les diapos des profs. Tout ce que je faisais était me morfondre dans mon lit, me morfondre sur mon banc à la fac et me morfondre sur mon bureau, et marcher dans Séoul pendant des heures pour anesthésier mes pensées avec le froid.
J’étais donc dans le froid et plongé dans ma musique, en ce matin de Noël, quand je le vis pour la première fois. L’ange. C’était peut-être un mot absurde mais c’était le seul auquel je pouvais penser en voyant ses traits éthérés, ses boucles d’oreilles qui volaient dans le vent, son bonnet noir duquel sortaient des mèches blondes et son long manteau beige. Mais quand je le dépassai, j’oubliai aussitôt son visage. J’étais préoccupé par mille autres problèmes qu’un bel inconnu, même s’il était le plus bel homme que j’avais jamais vu à cette époque.
Jour après jour, pendant ces vacances de Noël où j’aurais dû travailler pour rattraper le temps perdu, je revis l’ange dans la rue. Je le croisais, le temps d’une seconde, chaque jour. On continua de se croiser après la rentrée, quand j’allais et je revenais des cours, du boulot ou que j’allais marcher pour tromper la peur. On continua de se croiser après que j’aie appris que j’avais bien raté mon semestre et que j’avais intérêt à avoir une moyenne en béton pour réussir mon année. On continua de se croiser quand Taehyung et Seokjin, mes deux meilleurs amis, se disputèrent et que j’étais écartelé entre eux deux. On continua de se croiser quand ils se réconcilièrent en se mettant en couple et que je n’avais pas de place dans leur romance. Quand Yoongi se fit tabasser un soir à la sortie des cours et resta à l’hôpital une semaine pour en sortir en très mauvais état. Quand Namjoon se fit diagnostiquer une dépression et finit de se replier sur lui-même et de ne plus répondre à mes messages. Quand j’appris que mon colocataire homophobe avait aidé à tabasser Yoongi et qu’à la suite d’une énième dispute, je me suis retrouvé à la porte.
Ce jour-là, j’allai parler à l’ange. Je le croisais tous les jours depuis des mois et quand tout dans ma vie s’effondrait, il était la seule variable qui n’évoluait que par ses tenues et l’endroit où on se croisait. Quand mes amis disparaissaient de ma vie ou souffraient, quand j’étais au bord du gouffre et que j’étais juste un jeune homme perdu, il était la seule constante positive de mes journées. Je l’ai arrêté en plein milieu de la rue, ça faisait dix minutes que j’avais été jeté dehors pour la deuxième fois en trois mois. J’étais désorienté, désespéré, j’avais ma valise à moitié vide à la main et j’avais l’impression de ne plus appartenir à la même réalité que les gens autour de moi. Je ne savais même pas pourquoi je l’arrêtais. Je ne savais même pas quoi lui dire. L’ange m’avait alors souri.
- Bonjour, avait-il dit. Est-ce que je peux vous aider ?
Je lui ai répondu bêtement que je m’appelais Jungkook. L’ange avait encore souri et s’était présenté. Jimin. On s’est fixés quelques secondes, ne sachant ni l’un ni l’autre comment est-ce qu’on s’était retrouvés là, à discuter tous les deux. Puis, il m’avait tendu un bout de papier avec son numéro de téléphone dessus, comme s’il avait prévu que j’en avais désespérément besoin, de son aide, de son soutien, même s’il était un parfait étranger. Il m’avait dit :
- N’hésite pas à m’envoyer un SMS si tu as besoin de quelque-chose. Il parait que je suis bon à écouter les gens parler et à leur donner des conseils.
Quand j’ai tendu la main pour prendre le papier, nos mains se sont effleurées et il a attrapé la mienne pour la serrer en grimaçant.
- Tes mains sont glacées, avait-il commenté avant de me demander d’un ton naturel : Tu es plutôt café, chocolat chaud ou thé ?
A l’époque, je buvais beaucoup trop de café, pour le stress, les cours, les réveils difficiles, les cauchemars... Mais ce jour-là, je me suis retrouvé dans un bar, les mains serrées autour d’une tasse de chocolat chaud, avec Jimin en face de moi, cet ange que je croisais quotidiennement et qui maintenant avait un nom, une voix et un regard chaleureux qui me réchauffait de l’intérieur. Je me suis senti immédiatement à l’aise à ses côtés et quand il m’a demandé s’il pouvait quelque-chose de plus pour moi que m’offrir un chocolat chaud, je suis devenu une machine à parole. Je ne sais pas pourquoi ni comment, mais je lui ai tout raconté : mes parents, mon colocataire, mes études, mes amis, ma vie. Jimin m’a écouté attentivement, m’interrompant parfois comme pour me prouver qu’il m’écoutait bien, avec toujours une prévenance qui me donnait envie de toujours plus parler. Une demie heure et deux chocolats chauds de mon côté plus tard, j’appelai Yoongi pour lui demander de m’héberger. Jimin m’avait dit : "Si tes deux meilleurs amis et ton tuteur seront sûrement moyennement enchantés à l’idée de t’accueillir, demande à ton ami Yoongi. Ta présence chez lui lui sera sûrement bénéfique puisqu’il vient de vivre quelque-chose de grave. Profites-en pour prendre soin de lui et te trouver un autre plan. Si tu as du mal à trouver, demande-moi, on cherchera ensemble".
Ce fut le premier jour d’une longue série où j’ai contacté Jimin pour lui parler de mes problèmes. J’avais toujours peur d’abuser de sa gentillesse mais Jimin m’assurait que tout allait bien et qu’il m’aidait avec grand plaisir. Nous avions de longues conversations apaisées, assis à une table de café, marchant dans la rue ou par téléphone.
Je lui ai parlé de Seokjin et Taehyung qui s’éloignaient de moi parce qu’ils se concentraient uniquement sur leur relation. Jimin m’avait demandé duquel est-ce que je me sentais le plus proche et j’avais répondu Taehyung, à cause de notre âge. Jimin m’avait alors écrit "Envoie un message à Taehyung et dis-lui ce que tu ressens. Dis-lui que tu soutiens leur couple et que tu es heureux pour eux mais que tu as l’impression d’être mis à l’écart et que ça te blesse. Sois un ami sincère et Taehyung changera si c’est un ami qui en vaut la peine." Taehyung est un ami qui en vaut la peine, croyez-moi, et Seokjin et lui se sont excusés, m’ont promis de faire attention et tout s’est amélioré avec eux.
Je lui ai parlé de Namjoon qui faisait une dépression et de son inquiétude pour lui. Jimin me fit un exposé sur la dépression, m’offrit de nombreuses ressources et m’invita à le contacter pour le soutenir. Continuer de lui envoyer des messages, courts, pleins de soutien, qui ne demandaient pas de réponse, pour lui faire savoir que j’étais là pour lui. De temps en temps, Namjoon me répondait de petits merci, de petits je vais mieux, de petits ne t’inquiète pas pour moi, Kook. Aujourd’hui, je sais que c’est ce genre d’attentions qui a aidé Namjoon à garder la tête hors de l’eau et à guérir.
Au même moment, Jimin m’aida à trouver une colocation avec la meilleure amie d’un des membres de l’association LGBTI+ de la fac. Je lui ai parlé de ce qu’il s’est passé avec mon précédent colocataire, de ma peur la nuit, de comment il m’avait jeté à la porte. Elle m’a promis que ça ne se passerait pas comme ça avec elle et que l’appartement était autant le sien que le mien. On s’est bien entendu immédiatement, même si on ne se voyait pas forcément beaucoup. On discutait amours et études en se croisant dans la cuisine de notre petit appartement.
Les mois ont passé. Jimin et moi nous retrouvions régulièrement. Il m’aida à régler, un par un, tous mes problèmes et à apprendre à soutenir mes amis. Nous étions désormais en mai quand nous nous sommes vus au bar pour que je boive un chocolat chaud en discutant – Jimin ne prenait jamais rien – quand je remarquai qu’il avait un collier avec un pendentif en forme de fée. Je lui ai dit :
- J’aime bien ton collier, il te va bien.
Il m’avait demandé pourquoi et je lui avais répondu :
- Vu toutes les fois où tu m’as aidé et sauvé la vie, je pense qu’on peut dire que tu es ma bonne fée – ou mon ange gardien. Et il est très joli.
- Merci, il m’avait répondu en souriant. C’est pour ça qu’on me l’a offert, ma mère disait que je faisais attention aux autres.
Puis il avait enchaîné :
- D’ailleurs, Kookie, aujourd’hui, il faudrait qu’on parle de quelque chose.
- Oui ?
- Tu arrêtes pas de te plaindre de tes études... Tu es sûr que c’est encore la bonne filière pour toi ?
Ce jour-là, Jimin et moi parlâmes de mes études. J’avais besoin d’avoir au moins treize de moyenne à mes partiels pour avoir mon année et ça ne me plaisait définitivement plus. J’avais beau essayer d’étudier, je passais tout mon temps à faire mille autres choses. Je sortais avec mes amis dans Séoul, je tenais la chandelle entre Taehyung et Seokjin et on jouait aux cartes sur les marches de notre bâtiment. J’allais manger des pizzas et jouer aux jeux vidéo chez Namjoon au moins deux fois par semaine, parfois avec Yoongi, pour le distraire et passer du bon temps avec lui. Je m’impliquais dans le bureau des étudiants pour aider Hoseok avec l’organisation d’événements sur le campus et entre tout ça, j’accompagnais Yoongi dans tous les recoins de l’université. Depuis son agression, vous voyez, Yoongi avait commencé à avoir peur de récidives. Alors, discrètement, je me rendais disponible pour qu’il ne soit jamais seul quand il marchait autour du campus. Mais tout ça faisait que je ne suivais plus mes études correctement. Alors Jimin me dit :
- Peut-être que tu devrais envisager de changer de filière et de reprendre au début, Kookie.
- Mais je ne sais pas quoi faire, je lui ai dit.
- Pourtant, quand on discute tous les deux, ça me parait assez clair, répondit Jimin. Tu passes ton temps à aider les gens, à prendre des photos et des vidéos et à aider Hoseok pour la branche art du bureau des étudiants. Et si tu exploitais ça ?
- Je ne vois pas de lien entre tout ça, j’avais répondu.
- Tu pourrais travailler dans le social, entamer des études de psychologie ou de médecine pour être infirmier, par exemple. Ou faire des études d’art et travailler dans des galeries tout en devenant photographe à côté. Tu as tellement de potentiel, libre à toi de l’utiliser comme tu veux.
Je me souviendrai toujours de cette phrase-là, les filles. De Jimin, dans ce bar, qui me regardait sérieusement avec son visage angélique et qui me disait que même si j’avais le potentiel d’un astronaute ou d’un président, ce n’était pas aux autres de décider quoi en faire mais à moi. J’ai compris qu’utiliser pleinement mon potentiel ne signifiait pas faire quelque chose qui demandait toutes mes capacités mais que ça signifiait l’utiliser pour rendre heureux mes proches et pour être heureux moi-même.
Alors je lui ai dit "L’année prochaine, j’étudierai l’art. Je lâcherai les études de droit et j’étudierai l’art pour le rendre plus accessible pour les gens, comme je le fais avec Hoseok. Pour soigner les gens." Jimin avait souri et m’avait pris la main pour la serrer entre les siennes. Cette fois, ma main n’était plus glacée parce que je venais de me faire jeter dehors par mon colocataire. Je commençais à toucher le bonheur du doigt.
Le lendemain, j’essayai de contacter Jimin mais il ne me répondit pas. Ni ce jour-là, ni toute la semaine suivante, ni le mois d’après. Il avait tout simplement disparu. J’ai essayé d’en parler avec mes amis – à qui je n’avais jamais parlé de Jimin – mais aucun d’eux ne savait qui il était. Je me suis souvenu que Jimin m’avait dit qu’il dansait et j’ai fait tous les studios de danse de Séoul. Aucun d’eux ne connaissait mon Jimin. J’ai tiré sur tous les fils possibles, mais je n’ai jamais retrouvé Jimin. J’y ai passé toute la fin de mon année.
Le matin où je devais déposer mon dossier de réinscription dans une autre branche de l’université, je suis resté trois heures dans mon lit à fixer le plafond. En me réveillant, j’avais réalisé que j’avais tellement donné mon énergie dans ma recherche de ma petite fée que j’en avais oublié le reste. Tous les cauchemars, les pensées noires à cause de ma famille qui m’avaient rejeté, ma quête de Jimin avait effacé ça. Je me suis dit que j’avais été abandonné une fois par mes parents et une deuxième fois par ma bonne fée. Mais quand je me suis levé, complètement déprimé, j’ai trouvé sur ma table de nuit un collier avec un pendentif en forme de fée.
Jungkook tire de son tee-shirt une fine chaîne en argent, au bout de laquelle danse une petite fée. Il la montre à Lisa et Chaeyoung qui l’écoutent attentivement. Elles connaissaient déjà l’histoire, mais il n’avait jamais été aussi loin. Il ne leur avait pas parlé de la dépression de Namjoon ou de la fois où Yoongi s’était fait tabasser, même si elles en avaient entendu parler aux repas de famille où ils venaient tous et se remémoraient leurs années étudiantes.
Chaeyoung se redresse sur son lit et prend la fée dans sa main.
- Tu penses que Jimin est revenu te dire adieu, Papi ?
- C’est exactement ce que je pense, Chae. J’ai mis ce collier tous les jours depuis que je l’ai trouvé sur ma table de chevet et il ne s’est jamais altéré. C’était la manière de Jimin de me dire que s’il n’était plus là physiquement, il ne me quitterait jamais et m’aiderait toujours à être heureux, même s’il devait retourner dans son monde de fée et quitter notre monde d’humain.
- Et tu es heureux, Papi ? demande Lisa un peu innocemment, ramenée en enfance.
- Comment est-ce que je pourrais être malheureux avec deux petites filles aussi incroyables que vous ? Vous rendez Papi très fier mes chéries, vous savez que je vous aime très fort, hum ?
- On t’aime aussi, acquiesce Chaeyoung.
Jungkook se penche pour l’embrasser sur le front puis se lève pour faire de même avec son aînée.
- C’est bien, dit-il avec douceur. Dormez bien mes chéries, à demain matin pour ouvrir les cadeaux sous le sapin, hum ?
- Bonne nuit Papi.
Jungkook sourit et quitte leur chambre pour revenir dans le salon où son fils et sa belle-fille l’attendent. Ce premier l’accueille en souriant.
- Ah, Papa ! Les petites sont au lit ?
- Elles ne sont plus si petites que ça, Jongho, proteste sa belle-fille. Elles sont grandes maintenant.
- Mais elles aiment encore écouter les histoires de leur vieux Papi, dit Jungkook en se rasseyant sur son fauteuil. Elles ont eu le droit à la version complète de l’histoire de la fée Jimin.
Un silence tombe sur le salon. Jungkook sait à quoi pense Jongho, même s’il ne peut définitivement pas lire dans les pensées de son fils. Il ferme les yeux et sourit, attendant la question qui arrive.
- Quand est-ce qu’elles auront droit à l’histoire du vrai Jimin, Papa ? demande Jongho.
Jungkook ne répond pas et la tension monte dans la pièce. Yeji pose une main sur le genou de son mari pour le tranquilliser.
- Peu importe, chéri, dit-elle. C’est le choix de ton père de leur parler du vrai Jimin ou pas.
- Merci Yeji, sourit Jungkook. Quand elles seront adultes peut-être que je leur raconterai la vérité derrière l’histoire de la fée Jimin. Et si on mettait les cadeaux sous le sapin, maintenant ?
Jongho soupire et se lève :
- C’est vrai, Papi Noël, Maman Noël et Papa Noël ont du travail ce soir, dit-il.
- Surtout que les troupes viennent manger avec moi demain midi, quand vous serez partis, complète Jungkook.
- Les troupes ? reprit Jongho. Mes oncles ?
Jungkook acquiesce en se levant à son tour. Demain matin, il se lèverait pour voir quatre des personnes les plus importantes de sa vie. Et pour le midi, il avait invité les cinq autres, en les personnes de Namjoon, Seokjin, Yoongi, Hoseok et Taehyung. Quand il compare ce Noël à celui d’il y a cinquante-cinq ans, quand il était seul dans les rues de Séoul et qu’il croisait pour la première fois l’une des figures majeures de sa vie, il ne peut pas s’empêcher de sentir un énorme bonheur lui envahir le cœur. Définitivement, il a bien utilisé son potentiel.
