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Fais-moi vivre

Summary:

Cette fiction est écrite pour le Défi de l'Avent https://defi-de-l-avent.skyrock.com/ , des thèmes imposés et 25 chapitres à écrire et poster du 1er au 25 décembre. J'essaierai d'être dans les temps et j'espère surtout que cette fiction vous plaira autant que je me plais à l'écrire !
Vous pouvez me retrouver sur Twitter : @WrathProxy.

Notes:

Pour ce chapitre j'ai choisi une musique parmi celles imposées : https://www.youtube.com/watch?v=VbfpW0pbvaU#=_= . Je vous conseille de l'écouter en boucle pendant la lecture, en espérant que ce premier chapitre vous plaise !

Chapter 1: Chapitre I

Chapter Text

 

Quelque part, dans l'Est de la France...

 

C'était un vendredi après-midi normal de novembre dans ce village de 3 000 âmes, dont les rues portaient quasi toutes des noms d'oiseaux : alouettes, pinsons, hirondelles, etc. C'était dans l'une d'entre elles que vivait Sabrina, une jeune fille de presque 30 ans. Du haut de son mètre cinquante-sept, elle arborait une chevelure brune coupée très courte, des yeux bruns assez clair et quelques formes qu'elle ne parvenait pas à assumer.

 

Emmitouflée dans une doudoune, un bonnet enfoncé sur la tête et un châle en laine bien chaud autour du cou, elle fit le chemin jusqu'au parking du Centre Social, où elle devait retrouver Christopher. Ce n'était qu' à cinq minutes à pied, elle prit donc son temps et en profita pour envoyer un message, informant qu'elle arrivait. Râlant contre le vent qu'elle prenait de face, elle accéléra un peu sa marche. On sentait l'arrivée de l'hiver.

 

Arrivée sur le lieu du rendez-vous, elle ne fut pas surprise de découvrir que son petit-ami était déjà là, adossé à sa voiture en train de fumer une cigarette. Un sourire naquit sur le visage de la jeune-femme qui s'approcha de lui, mais au moment de l'embrasser ses lèvres ne se posèrent pas sur ses semblables, mais au coin de celles-ci. Ne s'en formalisant pas, elle commença a discuter avec lui mais rapidement se rendit compte que quelque-chose n'allait pas.

 

Lorsqu'elle lui demanda si tout allait bien, la réponse négative qu'il lui donna ne l'étonna pas tellement. Ce qui, en revanche, la prit de court, fut ce que Christopher lui donna comme explication.

 

 

- Nous. Avant qu'elle puisse poser quelconque question, il continua. Je n'ai plus envie d'être avec toi. Tu parles de nous à tout le monde, tu m'envoies pleins de messages même quand je te réponds pas, tu sors avec tes potes sans me le dire... Il planta son regard dans le sien et répéta, je n'ai plus envie de continuer.

- Mais... enfin... Tu...

- Comment est-ce que tu expliques que Marianne soit au courant de tout ?

- Je... non. J'ai juste... j'ai juste dit que, toi et moi parlions beaucoup. Je...

- Arrêtes Sabrina, il tira sur sa cigarette et recracha la fumée, elle sait tout.

- Mais tout quoi ? C'est vague « tout ».

- Ne fais pas comme si tu ne savais pas de quoi je parle.

- Mais je ne sais pas Chris !

 

Sabrina avait la gorge nouée par les larmes qui menaçaient de noyer ses yeux et ses joues, le vent n'aidait en rien et lui brûlait encore plus les yeux. Son cerveau était en mode alerte et agissait un petit peu n'importe comment. Elle ne voulait pas se faire quitter là, sur le parking du Centre Social, après sept mois de relation pour un motif aussi dérisoire.

 

Elle tendit le bras pour le poser sur l'épaule de Christopher, mais ce dernier eu un moment de recul qui la surprit, lui faisant ouvrir grand la bouche et les yeux, choquée. C'était comme si, d'un seul coup, elle était devenue une pestiférée à ses yeux et qu'il refusait tout contact. Elle comprenait maintenant qu'il avait volontairement tourné la tête lorsqu'elle avait tenté de l'embrasser, quelques minutes plus tôt.

 

Terminant son cylindre de nicotine, il le jeta au sol et l'écrasa du pied, avant de se rendre vers le coffre de son véhicule. Il l'ouvrit et en sortit un sac orange servant d'ordinaire au recyclage et le lui tendit. Mécaniquement elle le prit et regarda à l'intérieur... toutes les choses qu'elle lui avait offert s'y trouvait. Même le pull de Noël qu'elle lui avait acheté le mois dernier. Tout se trouvait pelle-mêle dans ce sac qui marquait la fin de sept mois qui, pour elle, avaient été les plus beaux de sa vie jusqu'à maintenant.

 

Sabrina sembla reprendre conscience lorsque le jeune homme ouvrit la portière passager de sa Volkswagen et s'assit sur le siège conducteur. Elle lâcha le sac et se dirigea vers lui, tentant une dernière fois de le retenir sans chercher à cacher ses larmes. Avec difficulté, elle lui dit qu'elle l'aimait qu'elle était désolée d'avoir parler d'eux à Marianne et qu'elle ferait tout ce qu'il voudrait, mais qu'il ne pouvait pas la quitter comme ça.

 

Ce fut alors qu'il lui donna le coup de grâce.

 

 

- Écoutes, il releva la tête et la fixa dans les yeux, je compte me remettre avec mon ex de toute façon.

 

Et sur ce, il ferma la portière, mit sa ceinture, démarra et quitta le parking laissant Sabrina seule, les bras ballants. Totalement perdue. Le visage ravagé par les larmes, frappé par le vent glacial de cette fin d'après-midi. Et rapidement, la situation prit une tournure qui l'inquiéta. À force de pleurer, son cœur finit par s'accélérer et lorsqu'elle s'en rendit compte, la panique prit possession d'elle. Sentant qu'elle n'allait pas tarder à hyperventiler, elle décida de s'asseoir sur le trottoir et essayer de se calmer. Mais rien n'y fit.

 

Lorsque sa tête se mit à tourner et des fourmillements se firent sentir dans ses avant-bras, elle paniqua totalement. Avec difficulté, elle sortit son portable et malgré le fort tremblement de ses mains, elle réussit à appeler son meilleur ami... qui ne répondit pas au premier appel. Elle recommença alors, marmonnant des « réponds, s'il te plaît, réponds », entre deux suffocations. Mais toujours rien.

 

 

- Je vais crever ici, j'ai mal..., réponds je t'en supplie.

 

Et la troisième fut la bonne.

 

À peine eut-il répondu qu'elle laissa les sanglots se déverser. Évidemment, le jeune homme ne comprit pas immédiatement ce qu'il se passait, ni pourquoi son ami était en train de pleurer si fort à l'autre bout du fil. Il lui demanda ce qu'il se passait mais elle était incapable de formuler une phrase, il entendait simplement le bruit de l'air dans sa gorge et ses pleurs. Alors il lui demanda où elle se trouvait, et elle lui répondit simplement le nom du Centre.

 

 

- Ok, j'arrive. Je reste en ligne, j'arrive. Je te lâche pas, essayes de te calmer Sabrina. Concentres-toi sur ma voix.

 

Le jeune-homme, qui se trouvait chez lui et heureusement pas très loin du Centre Social, dévala les escaliers menant à l'étage inférieur, enfila à la hâte ses baskets et sa veste, un bonnet et sortit de chez lui oubliant presque ses clés. Il descendit les quelques marches devant la porte d'entrée et se mit à courir jusqu'au lieu dit. Dans la panique, il fut un peu désorienté mais ne laissa rien paraître à son amie, avec laquelle il continuait de parler, de la rassurer, lui dire qu'il n'était pas loin et qu'elle devait respirer.

 

Il n'avait aucune idée de ce qui avait pu se passer pour la rendre comme cela, mais il était certain que ce n'était pas anodin. Il était rare qu'elle fasse des crises aussi fortes. En tout, elle n'en avait fait que trois mais celle-ci semblait être beaucoup plus forte que les deux autres réunies. Plusieurs scénarios lui passèrent par la tête, cela pouvait toucher quelqu'un de sa famille ou elle-même. Mais il ne doutait pas que ce fut grave.

 

 

- J'arrive, je te vois. Je suis sur ta gauche. J'arrive.

 

Et là seulement, il raccrocha et se mit à courir un peu plus vite. Une fois près d'elle il s'acroupit devant elle et la prit dans ses bras. Sabrina continuait de suffoquer et de pleurer, elle s'agrippa à son pull et tenta de parler mais les sons restaient clairement coincés dans sa gorge. Le jeune-homme se mit alors à lui dire des paroles réconfortantes à l'oreille, caressant ses cheveux d'une main et son dos de l'autre. Il calma son rythme cardiaque afin que son ami se cale dessus et respire normalement, et la força également à se relever.

 

 

- Tout va bien, dit-il la joue contre son crâne, tout va bien, il la berçait doucement de gauche à droite. Je suis là, chut. Je suis là, respires s'il te plaît. Je suis là, je ne te lâches pas. Chut. Tout va bien Sabrina.

- Ti-Tim... il... il a...

- Chut, n'essayes pas de parler. Essayes de calmer ton rythme cardiaque puce.

 

Plusieurs longues minutes passèrent, lui serrant son amie dans ses bras en la rassurant, la berçant et lui disant des paroles réconfortantes. Caressant ses cheveux tandis qu'elle s'agrippait à lui, jusqu'à ce que les sanglots se tarirent, ne devenant plus que des reniflements. Mais il ne détacha pas son étreinte pour autant, au contraire. Il attendit encore une petite dizaine de minutes avant de se détacher d'elle et ses mains, qui étaient dans son dos et ses cheveux, vinrent se poser sur ses joues.

 

 

- Ça va mieux ? Elle hocha la tête. Sûre ?

- Ouais, dit-elle accompagné d'un autre mouvement de la tête. Désolé, je...

- Non, ne t'excuses pas. Si tu as besoin de moi, tu sais que je suis là, il essuya du pouce une larme qui vint s'échapper de ses iris clairs. Tu veux en parler ?

 

Sabrina haussa les épaules. Avait-elle envie de lui raconter que son petit-ami l'avait quittée comme une malpropre sur le parking du Centre Social, et qu'il lui avait rendu tous ses cadeaux ? À cette pensée, elle détourna la tête vers le sac orange, toujours au même endroit. Son ami suivit son regard et le vit également, fronçant les sourcils il ramena son regard vers la brune et releva un sourcil d'incompréhension.

 

 

- Chr...Christopher, fut tout ce qu'elle put dire avant que sa vue ne se brouilla de nouveau.

 

Intrigué, il se détacha d'elle et s'approcha du sac plastique et regarda à l'intérieur. Il y reconnu la peluche qu'il l'avait aidée à acheté trois mois plus tôt, le pull de Noël, et diverses cartes qu'ils avaient fait ensemble pour Christopher. Sans aucune autre réponse de la part de son amie, il comprit. Il l'avait quittée et lui avait tout rendue.

 

 

- Le salop, il serra les dents et les poings. Ce connard t'as quittée ici ? Il se tourna vers elle et pointa du bras gauche le parking, Sabrina hocha la tête. Et il a invoqué quoi comme excuse ? Après sept mois, il t'as quittée comme ça... sur le putain de parking d'un putain de Centre Social ?!

- Tim...

- Non. Non Sabrina. Il n'avait pas le droit de te quitter ! Pas toi. Pas... comme ça ! Il fit de grands gestes des bras. Il t'as dit pourquoi, ou il a été trop lâche pour ça ?

- Il a dit..., elle prit une inspiration et essuya ses larmes à l'aide d'un mouchoir, il a dit qu'il... il comptait se remettre avec son ex de toute façon. Que, qu'il n'avait plus envie d'être avec moi...

- Je vais le tuer. Timothée serra les poings. Je vais le tuer, je sais que tu veux pas que je sois violent mais... putain, j'ai envie de lui refaire le portrait à ce connard là, maintenant, tout de suite... Il donna un coup de pied dans un canette écrasée au sol, putain !

 

Sabrina avait peur. Elle n'avait jamais vu Timothée aussi énervé. Il serrait et desserrait les poings, avait la mâchoire serrée, faisait les cents pas sur le parking vide.

 

Le truc était qu'il ne supportait pas ce mec de base. Il l'avait toujours trouvé trop... bizarre pour son amie. C'était vrai, qui voulait aujourd'hui être en couple et le cacher aux yeux de tous ? Il ne faisait quasiment jamais le déplacement pour venir la voir, ni ne sortait avec elle. Il était extrêmement jaloux également, au point que la brune lui faisait sans cesse savoir où elle était et ce même lorsqu'il ne lui posait aucune question. Il avait indubitablement un contrôle sur elle.

 

Christopher était plus âgé qu'elle de quatre ans, il était sans cesse en train de faire l'idiot mais cachait une profonde mélancolie. Sabrina avait tenté à de maintes reprises de percer ce secret qui semblait le hanter, sans y parvenir. Elle se disait que c'était le fantôme d'une histoire passée et qu'elle parviendrait à le lui faire oublier. Sauf que beaucoup de points avaient éveillé les soupçons de Timothée.

 

Timothée qui était encore et toujours en train de pester contre « ce connard de Christopher », jusqu'à ce que, dans un murmure, Sabrina ne lui dise qu'il lui faisait peur. Instantanément il se stoppa et se tourna vers elle, s'approcha en s'excusant et la pris à nouveau dans ses bras lui caressant le dos à travers sa doudoune.

 

 

- Viens, on va aller chez moi. Je ne te laisse pas toute seule.

 

Il se détacha d'elle et entreprit de porter le sac avant que les deux ne se dirigent en direction de la maison de Timothée. Sabrina accrochée à son bras gauche, le regard légèrement dans le vide, épuisée par la crise de larmes et d'angoisses qu'elle venait de subir. Se disant qu'elle avait une chance inouïe d'avoir un ami tel que Timothée, sur qui elle pouvait toujours compter peu importe l'heure ou le lieu. Elle savait qu'il serait présent.