Actions

Work Header

Rating:
Archive Warning:
Category:
Fandom:
Relationship:
Characters:
Additional Tags:
Language:
Français
Stats:
Published:
2021-01-09
Words:
830
Chapters:
1/1
Kudos:
6
Hits:
42

Cette belle nuit de juillet

Summary:

Le nom de son ami d'enfance rappelle énormément de choses à Kaisar, et notamment une certaine nuit de juillet, sur un arbre fruitier.

Notes:

Bonjour !
J'espère vous trouver en bonne santé.
Alors, j'ai tout récemment regarder Rage of Bahamut, et comment dire.... C'est tellement évident que Favaro et Kaisar s'aiment que je devais impérativement écrire quelque chose sur eux, et au plus vite !! Si jamais vous tombez par hasard sur ce court one shot, j'espère vraiment qu'il vous plaira et que vous partagez mon amour pour ces deux idiots amoureux. <3

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Lorsqu'il songeait à son ami d'enfance ainsi qu'à son plus grand rival, c'était d'abord les souvenirs de leurs combats d'enfants qui lui emplissaient l'esprit, vestiges d'un passé encore clair auquel Kaisar ne cessait de se raccrocher comme un nourrisson à sa mère, comme un naufragé à un bouée.

Ensuite, c'était à sa voix qu'il songeait, à ses yeux verts, plus sombres et profonds encore que le marécage enchanté qu'ils avaient un jour visité avant d'être attaqués par des trolls enragés. Il pensait à ses traits, à la façon dont ses sourcils se fronçaient lorsqu'il lui souriait, teintant son visage de cet air constant de défi, comme s'il l'implorait de le combattre, tel qu'un chevalier inviterait sans doute une demoiselle à danser dans l'un de ces bals mondains.
Et d'une certaine façon, leurs combats n'étaient pas si différents d'une danse, une chorégraphie aussi naturelle que complexe, aussi gracieuse qu'infernale. Ils la connaissaient par cœur, et aucun n'oubliait jamais ses pas respectifs, aucun ne se trompait jamais. C'était presque comme s'ils jouaient un rôle duquel ils ne pouvaient pas se départir, portaient des masques qu'ils avaient finis par adopter.

Malgré cette certitude amère, il existait une tâche dans ces souvenirs immaculés, dans cette parfaite interprétation d'une rivalité inlassable, d'une amitié compétitive.
Et c'était à cela qu'il pensait enfin en se rappelant le prénom de son ami. A cette nuit de juillet et à son ciel éclairé par ses lunes rondes et ses constellations scintillantes. Ils avaient tous les deux grimpés à ce large arbre fruitier qui sentait bon l'été et dont l'odeur empreignait encore les narines du chevalier.
A cette hauteur, c'était comme si le monde s'était tu, le silence devenu roi serein de ces terres. Et grâce à lui, le jeune Kaisair avait clairement entendu, cette nuit là, son cœur battre dans sa poitrine tandis qu'il observait le profil souriant de son rival dont le regard était perdu dans les étoiles. Il avait tout aussi clairement sentit ses joues chauffer sous ce sentiment qu'il ne saisissait pas très bien et qui n'avait jamais cessé de le tirailler depuis leur rencontre et à chaque fois qu'ils se trouvaient seuls.

L'ambiance était vide de toute tension, et la paix qui régnait en reine avait transformé le visage de son ami en quelque chose de moins taquin, de moins nonchalant, et de plus banal. Ce dernier était simplement lui : un jeune adolescent au sommet d'un arbre, heureux en compagnie de son meilleur ami. Et Kaisair connaissait également ce plaisir d'être à ses côtés, malgré cette certitude douloureuse que les émotions qu'ils ressentaient l'un pour l'autre n'étaient pas les mêmes, que les raisons pour lesquelles leurs cœurs battaient en cet instant ne pouvaient être les mêmes, puisque dans le sien résidait ce sentiment, cette fièvre anonyme qui le submergeait et lui soufflait des choses si terribles que sa tête se mettait à lui tourner, et qu'il n'avait qu'une envie : celle de mêler cette adrénaline à celle du combat.

Cette nuit là ne fut pas exception, et le chevalier défia son ami, l'air plus sérieux que jamais, tentant de faire taire en lui la folie de ses songes. Dans l'ordre des choses, le roux aurait dû accepter, dégainer son sourire ainsi que son épée, aurait dû jurer qu'il ne perdrait pas. C'était son acte, ses paroles. Cela l'avait toujours été. Alors pourquoi n'avait-il pas sourit ? Pourquoi s'était-il ainsi approché de son ami, enlaçant sa main plus tendrement qu'il ne l'avait jamais fait ? Pourquoi Kaisar avait-il fermé les yeux, laissant les choses se dérouler sans tenter de les refréner, de les contrôler ? Le goût des lèvres de son ami, de son rival, était-il la raison pour laquelle sa poitrine lui faisait toujours tellement mal ? Ce soir là, il l'avait collecté, comme un trophée, comme un trésor, et son ami avait semblé aussi satisfait que lui, aussi heureux et aussi léger.
Pourtant, cet instant passé, cette nuit évanouie, aucun des deux ne reparla jamais de ce qui avait transparu entre eux.

La tentation dans le cœur du brun se substitua ainsi au manque et à l'amertume que lui provoquait la présence de son compagnon sans qu'il ne puisse jamais le saisir, l'avoir aussi proche que cette nuit de juillet.
Aujourd'hui encore, après des années de séparation, cette douleur le désolait parfois, la sensation de ses lèvres ayant désertées les siennes étant pour lui aussi douloureuse qu'une brûlure tourmentant le cœur et l'esprit. Il n'avait plus cet ami à ses côtés, et où qu'il soit, sans doute avait-il déjà oublié ce moment entre eux, aveugle et muet à cette passion dont Kaisar se souvenait encore et qui ne signifiait rien. Sans doute le moment était-il venu d'oublier tout cela à son tour, mais ce qu'il oubliait toujours c'était de laisser les vestiges du passé n'être que cela. Au fond de lui, il y avait la certitude qu'il reverrait son ami, qu'il pourrait une nouvelle fois prononcer son prénom et goûter ses lèvres. Comme durant cette belle nuit de juillet. 

Notes:

Ils méritent tout le bonheur du monde, et je me déteste de pas avoir écrit quelque chose de plus adorable et moins.... triste.