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Fandom:
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Characters:
Additional Tags:
Language:
Français
Series:
Part 5 of Elayan's Bradbury Project 2021
Stats:
Published:
2021-02-05
Completed:
2021-02-05
Words:
5,327
Chapters:
3/3
Kudos:
7
Bookmarks:
1
Hits:
131

Nobles adolescents

Summary:

Molly et Lucius ont fréquenté Poudlard quand ils n'étaient que deux enfants de bonnes familles. Se trouver des points communs n'est pas si difficile, dans ces conditions.

Notes:

[Projet Bradbury #5] Cette nouvelle a été écrite en une semaine seulement, et relue une seule fois avant publication.
Après un mois dans ce challenge (déjà !), mes plans et estimations se font plus précises et c'est bien agréable de ne pas se sentir pressé par l'horloge. Bon, ça ne veut pas dire qu'on est très confortable et ma semaine un peu agitée se reflète sur une qualité que je trouve assez irrégulière... Je ne plains pas, cependant, ça m'a fait plaisir de retrouver un peu de Mollycius héhé

Chapter 1: La retenue

Chapter Text

Lorsque Molly Prewett arriva devant la salle de classe, la porte était déjà ouverte. Elle s'y attendait, pour être honnête, elle avait tellement traîné en route… Elle ravala un profond soupir d'ennui et passa la tête dans la salle.

- Miss Prewett, vous voilà enfin ! s'exclama le Professeur Slughorn.

Molly haussa un sourcil circonspect qui passa totalement inaperçu sous son épaisse frange rousse. Le Professeur de Potions l'accueillait comme s'il l'avait personnellement invitée à l'une de ses soirées. Il vint à sa rencontre et lui secoua chaleureusement la main.

- Quel dommage que vous soyez en retard, ajouta-t-il avec une grandiloquence totalement démesurée pour la circonstance.

- Professeur, dit-elle en se penchant vers lui, vous savez que le Professeur Binns m'a envoyée ici en retenue  ?

Slughorn secoua bras et tête ensemble, comme s'il cherchait à chasser un soudain essaim de lutins de Cornouailles.

- Oui, certes, oui, jeta-t-il, admettant à contre-coeur la teneur punitive d'une retenue.

Il s'éloignait en marmonnant pour lui-même, si bas qu'il était impossible de deviner de quoi il retournait. Molly profita du fait qu'il lui tournait le dos pour rouler des yeux. Son regard retomba sur la salle de classe. Un autre élève se trouvait là. Un Serpentard, d'après son écharpe verte soigneusement nouée autour de son cou. Ses longs cheveux blonds étaient peignés et ramenés en arrière avec application. Sa coiffure était d'ailleurs si propre que Molly suspectait qu'elle tenait en place grâce à de la magie.

Slughorn semblait avoir déjà oublié les deux élèves à qui il était supposé donner du travail pour occuper leur heure de retenue. Il était affairé à rechercher lui seul savait quoi dans les profondeurs d'une immense armoire noire. Molly haussa les épaules et alla s'asseoir à côté du garçon.

- Salut, chuchota-t-elle négligemment en secouant sa crinière flamboyante, pourquoi t'es là, toi ?

Le Serpentard coula un long regard couleur d'acier sur elle. Son visage aux traits si fins qu'ils en étaient presque inexistants s'ornait d'un nez si pointu que Molly était certaine qu'on pouvait couper du parchemin avec.

- Rien qui n'impressionne les Professeurs, murmura-t-il.

Son ton était suffisamment incisif pour qu'elle puisse entendre la fin implicite de sa phrase : " à l'inverse de toi ". Il était amer, c'était évident. Il était peut-être jaloux, s'imagina Molly avec un petit sourire. La rivalité entre Gryffondor et Serpentard provoquait parfois ce genre de petit plaisir.

- Mais encore ? insista-t-elle.

Ses yeux étaient rivés sur elle. Ils étaient si clairs qu'elle pouvait y voir son reflet. Le nez du garçon se retroussa avec arrogance et il croisa les bras avec hauteur.

- J'ai gagné un duel, articula-t-il avec suffisance.

Il ne cherchait même pas à dissimuler sa satisfaction. Molly imaginait sans difficulté son adversaire étendu sur un lit d'infirmerie. Elle le considéra un instant. Il avait l'air trop jeune pour être un Septième Année et Molly ne l'avait jamais vu en classe. Ce garçon n'avait donc pas encore obtenu son B.U.S.E. ? Les sorts offensifs qu'on apprenait jusqu'en cinquième année n'étaient pourtant pas particulièrement méchants… 

- Lucius Malefoy.

Molly sortit de ses pensées. Il lui tendait la main, son regard toujours posé sur elle. C'était d'une formalité inhabituelle pour un adolescent, mais il venait tout juste d'annoncer son nom : Malefoy . Il y avait peu de familles de Sang-Pur aussi influentes que les Malefoy sur le monde des sorciers. La rigueur de cette famille était proverbiale. La famille Prewett, bien qu'elle fasse encore partie du Conseil des Sorciers, avait quant à elle dépassé son heure de gloire depuis une ou deux générations.

Ceci étant dit, les subtilités politiques inter-familiales passaient totalement au-dessus de la tête de Molly. Elle était une tête brûlée qui obtenait ce qu'elle voulait simplement en le réclamant, avec politesse et, surtout, avec culot. Elle secoua la main de Lucius avec un sourire chaleureux. La retenue ressemblait déjà moins à une corvée maintenant qu'elle avait fait la connaissance de son camarade d'infortune.

- Qu'est-ce que tu lui as fait, à ton adversaire, alors ? demanda tranquillement Molly.

- Je l'ai battu à plates coutures, répondit Lucius.

Les accents carnassiers de sa voix n'échappèrent pas à Molly. Il éludait volontairement les détails, mais, pas de chance pour lui, Slughorn était justement en train de revenir vers eux.

- Vous avez fait usage d'un sortilège interdit, Monsieur Malefoy, gronda le Professeur. Estimez-vous heureux d'être mineur ou vous auriez fini à Azkaban, purement et simplement.

Lucius, le dos raide contre le dossier de sa chaise, lui lança un regard glacé.

- Etes-vous en train de dire que les conséquences auraient été similaires si j'avais lancé un Sortilège Impardonnable ? questionna-t-il avec insolence.

Slughorn parut s'étouffer avec sa langue. Il souffla et éructa des balbutiements qui signifiaient, en substance, que le jeune homme finirait mal s'il continuait à vouloir se montrer aussi malin, avant de se détourner de lui et de choisir de l'ignorer, purement et simplement. Molly se pinça les lèvres pour ne pas éclater de rire.

Le Professeur de Potions posa devant elle un épais grimoire et un petit flacon rempli d'un liquide rouge. Sur l'étiquette de la fiole avait été écrit le mot "Alice" dans une écriture exagérément féminine. Des coeurs avaient été dessinés dans les moindres espaces autour du prénom. Molly, soudain rouge pivoine, avait instantanément reconnu cette bouteille : c'était la raison pour laquelle elle était punie.

- Dites-moi, Miss Prewett, commença Slughorn sur un ton docte, savez-vous pourquoi les Philtres d'Amour sont le plus souvent vendus dans des bouteilles en forme de coeur ?

Molly avait envie de se ratatiner sur sa chaise. Elle n'osait pas regarder à nouveau en direction de Malefoy, de peur de le trouver en train de se moquer d'elle. La supériorité Gryffondor n'avait pas duré bien longtemps ! Elle eut l'impression que le Professeur avait attendu dix minutes avant d'enfin considérer son temps de réponse comme écoulé.

- La réponse est que les Philtres commercialisés à grande échelle sont de très mauvaise qualité.

Il attrapa le flacon et le souleva pour lui montrer la poudre qui s'était déposée dans le fond. Il tapota le verre comme s'il s'agissait de l'exact Philtre commercial de son exemple.

- La forme de cœur permet à celui qui boit la potion de ne pas avaler ce précipité qui, s'il n'est fort heureusement pas dangereux, rend le Philtre parfaitement inutile. Quand je pense au nombre de gens qui s'évertuent à récupérer la moindre goutte au fond de la bouteille, et qui ensuite se plaignent que la portion ne fonctionne pas…

Il secoua la tête avec un soupir. Il avait l'air de considérer que tous ces gens étaient des imbéciles qui ne méritaient même pas de bénéficier des bienfaits de ce domaine de la sorcellerie dont seuls les élites pouvaient en comprendre le raffinement.

- Ceci est une vilaine erreur, déclara Slughorn en reposant la petite bouteille, mais ce n'est pas de votre faute. Les recettes qu'on trouve dans les magazines pour sorcières au foyer contiennent toutes les mêmes approximations idiotes et, comme vous le savez sans doute, la réalisation d'une potion de qualité ne tolère aucune approximation.

Molly acquiesça d'un air absent. Elle ne savait pas comment réagir. Elle était en retenue , parce qu'elle avait fabriqué en secret une potion qui n'était pas enseignée aux élèves de Poudlard… et Slughorn était en train de l' éduquer au sujet du Philtre ? Il tournait les pages du grimoire en marmonnant dans sa barbe, jusqu'à enfin trouver ce qu'il cherchait. Il tourna le livre et le poussa vers Molly en pointant du doigt le titre de la page.

- Philtre d'Amour Véritable ? bégaya la jeune fille en levant un regard incrédule sur le Professeur.

- La recette originale ! triompha-t-il. Profitez de cette heure d'étude pour vous pencher sur ce sujet, voulez-vous ? Je m'attends à ce que vous trouviez rapidement votre erreur, Miss Prewett. Après tout, cette préparation est tout à fait à la portée d'une élève de Sixième Année.

Molly cilla plusieurs fois. Le Professeur Slughorn était complètement fou. Il s'éloignait déjà en hochant la tête avec la satisfaction d'une éthique professionnelle proprement appliquée. La limite de l'absurde étant largement dépassée, la jeune Gryffondor se risqua à jeter un œil à son camarade de retenue. Il regardait le Professeur avec une expression étrange. Il avait eu un sourire moqueur et méprisant, mais son sourire s'était cristallisé de stupeur et d'incompréhension.

La jeune fille remonta son écharpe sur son visage pour étouffer un rire nerveux. Lucius la regarda, ses yeux clairs exorbités par la frustration. Il avait écopé de trois mois de retenue, à raison d'une heure chaque soir, parce que, malgré le parfait respect des règles du duel magique, son adversaire n'était pas en état de confirmer sa version des faits. Près d'une centaine d'heures, perdues d'avance, pour flatter l'ego d'adultes qui n'avaient pas su appliquer leur autorité glorifiée. Et cette fille pouvait cuisiner des potions de manipulation mentale avec l'aide d'un expert ?

- Professeur, appela Molly en levant la main, est-ce que vous m'autoriseriez à emprunter du matériel pour préparer cette Potion ?

- Ici ? s'étonna Slughorn. Maintenant ?

Molly haussa les épaules avec une innocence un peu trop surjouée.

- C'est ici que vous donnez les cours de Potions, dit-elle, et puis, comme j'ai une heure de travail supplémentaire, et que vous êtes ici pour superviser, je me disais que c'était le cadre idéal…

Lucius n'en revenait pas. Cette fille était en train de tirer sur la corde déjà surtendue. Si Slughorn n'avait pas réalisé jusque-là qu'il était en train de l'encourager, il allait s'en rendre compte maintenant. Il pouvait voir d'ici les rouages tourner derrière les pupilles dilatées du Professeur.

- Oui, j'imagine que vous avez raison, finit par répondre Slughorn avec lenteur. Prenez ce dont vous avez besoin, Miss Prewett. Appelez-moi si vous avez une question.

Il s'installa à son bureau sous le regard horrifié de Lucius, lequel regard se tourna quasi-immédiatement sur Molly. Celle-ci exultait comme si elle venait de remporter la Coupe des Quatre Maisons. Le toupet de cette fille remettait en question sa perception de la Maison Gryffondor toute entière. Si les braves petits soldats se mettaient à briser les règles…

- Est-ce que Malefoy peut m'aider ? demanda-t-elle en se levant.

Slughorn tourna les yeux vers l'autre élève, puis haussa les épaules en opinant du chef. Lucius était pétrifié. Un tel dédain de sa personne ! Et Slughorn était le Directeur de Serpentard ! Le Directeur de sa Maison !

- Bon, alors, tu viens ?

Lucius sursauta. Molly lui tapotait l'épaule. Elle était si impatiente de se mettre à l'ouvrage que son visage en était rose vif. Elle trottina joyeusement jusqu'aux étagères du fond de la salle. Lucius la suivit d'un pas lent en se demandant s'il n'était pas en train de rêver. Elle lui jeta presque un chaudron entre les bras, qu'elle remplit ensuite de divers ingrédients qu'elle prenait à mesure qu'elle les lisait à voix haute.

- T'en tire, une tête, Malefoy, commenta-t-elle entre la Moire et le Roi-Mage.

Lucius haussa les sourcils avec une expression qui demandait clairement pourquoi il ne devrait pas tirer une drôle de tête dans cette situation.

- Tu préfèrerais recopier des pages du règlement intérieur ? grinça Molly.

Le garçon lâcha un rictus. Non, certainement pas. Mais l'idée de devenir l'assistant d'un jour d'une Gryffondor ne l'enchantait pas non plus, aussi impressionnée fut-il par le tournant qu'elle avait appliqué aux événements.

- Pourquoi est-ce que t'as besoin de faire une Philtre d'Amour, de toutes manières ? questionna-t-il agressivement pour éviter d'avoir à lui répondre.

Molly haussa les épaules avec nonchalance, absorbée sur la comparaison entre les ailes de scarabée pilées ou en poudre.

- C'est pour une amie, dit-elle. Elle est amoureuse d'un garçon qui, lui, est amoureux d'une autre, mais qu'il n'aura jamais parce qu'elle est déjà prise et que, même si elle n'était pas prise, elle ne voudrait pas de lui de toutes manières… Tu sais comment c'est, ces choses-là. Je ne crois pas qu'il soit vraiment amoureux, je crois même que s'il avait juste le bon coup de pouce dans le bon sens, il laisserait tomber son béguin idiot et je n'aurais plus à entendre mon amie se plaindre qu'il ne la regarde pas.

Un jour, la mère de Lucius avait employé l'expression "une manœuvre digne d'un Serpentard" au sujet d'un plan complexe de son frère qui, sous couvert de tendre la main à un vieil ami, se rendait service à lui-même. C'était exactement le même sentiment qu'il avait vis-à-vis de l'explication de Molly. Si elle ajoutait maintenant que le garçon de son histoire était en fait amoureux d'elle, la boucle serait parfaitement bouclée.

- Elle est à toi, cette écharpe rouge, ou tu l'as empruntée à quelqu'un d'autre ? demanda-t-il, soudainement suspicieux.

Molly gloussa joyeusement en resserrant l'étoffe autour de son cou. Il faisait plutôt frais dans les cachots, c'était encore plus vrai après le coucher du soleil. Elle reposa le flacon d'ailes pilées et se dirigea vers sa place sans répondre à la question.

- Si jamais tu finis dans les soirées d'élite de Slughorn, fit Lucius en posant le chaudron devant elle, t'as intérêt à te souvenir de moi.