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Phénix - XiYao

Summary:

« Phénix » est une fanfiction Xichen / A-Yao, issue du roman BL chinois « Mo Dao Zu Shi ». Elle se situe sept années après la fin de la série TV, « The Untamed », adapté du roman, et débute par le mystérieux (et mouvementé !) retour à la vie de Jin GuangYao.
Cet événement va chambouler tout le petit monde de la Cultivation, et certains personnages, plus que d'autres…
Mais alors que chacun semble avoir son avis sur l’attitude à tenir face à ce phénomène, l'amnésie de Jin GuangYao vient semer le doute : énième manipulation ou vérité ?
Nous sommes deux auteurs (Zinie et Tan) à écrire cette histoire, qui compte déjà 30 chapitres… N'hésitez pas à nous laisser un petit mot pour nous dire ce que vous en pensez ! Merci et très bonne lecture ! 😉

Chapter 1: Le silence

Chapter Text

Chapitre 1

La première chose qu’il ressentit fut le froid. Un froid pénétrant, humide, comme une brume opaque dans laquelle on répugnerait à respirer de peur qu’elle ne nous infecte. Un froid qui, sans être vraiment inquiétant, rendait tout désagréable et... hostile. Un froid hostile.

L’odeur vint ensuite. Une fragrance putride, la senteur de mille nuits de terreur suintante contenue à grand-peine. La nausée le submergea tandis qu’il tentait de bouger ses bras, en vain. Jamais il ne s’était senti aussi malade, aussi accablé… Quand l’avait-il été pour la dernière fois ? Impossible de se concentrer suffisamment pour s’en souvenir.

Il s’efforça de respirer calmement, de faire le point sur son état. Avait-il été blessé ? Était-il souffrant et alité depuis tant de jours qu’il peinait à se rappeler ce qui l’avait mené jusqu’ici ? Peu à peu, l’engourdissement au bout de ses doigts cessa et il put ouvrir et fermer les poings. Ses articulations semblaient autant de charnières grinçantes d’avoir été trop peu utilisées. Cependant, aucune douleur ne le limitait, ce qui rendait d’autant plus incompréhensible cette immobilité dont son esprit tentait de le défaire avec urgence. Il prit une profonde inspiration saccadée et jugula un élan de panique en se sentant suffoquer. La toux qui suivit le laissa vidé de ses quelques forces et il dériva vers l’inconscience.

Il ignorait combien de temps s’était écoulé lorsqu’il perçut de nouveau le bruit de sa propre respiration, le froid contre ses joues, et le son doux et sourd de son sang pulsant dans ses veines. Il tourna la tête et sonda l’obscurité, sans succès. Ses yeux étaient-ils seulement ouverts ? Bandés peut-être ? Il releva péniblement les doigts jusqu’à son visage et toucha ses paupières. Lorsqu’il appuyait légèrement, une myriade de couleurs passait devant lui. Ses yeux allaient bien, mais ne voyaient rien. Peut-être n’y avait-il rien à voir ?

Il tenta de se redresser mais fut stoppé par une surface dure et froide qu’il s’empressa d’étudier du bout des doigts. Ne pas paniquer. Respirer calmement, malgré cette odeur. La surface semblait le recouvrir entièrement, comme s’il s’était glissé sous un meuble. Si tel était le cas, peut-être avait-il dû fuir un danger et se réfugier là après un mauvais coup. Il força sa respiration à se faire plus calme encore, plus silencieuse, et écouta autour de lui. Le silence. Pas un frémissement, rien. Un silence de…

Il fit glisser ses mains sur les côtés de son corps, à la recherche de son épée ou de quoi que ce soit susceptible de l’aider. Il trouva d’un côté une autre surface dure, sans doute le mur contre lequel le meuble reposait, et de l’autre, des doigts. Des doigts qui n’étaient pas les siens. Froids, minces et secs.

Un cri s’étrangla dans sa gorge tandis qu’il s’éloignait dans un sursaut incontrôlable. Son dos heurta le mur derrière lui, et il s’intima encore de garder son calme, de ne pas paniquer, de ne pas chercher à tâtons la moindre faille dans cette surface partout où il pouvait l’atteindre. Mais son corps bougeait malgré lui, son esprit implorant une issue. Il luttait autant pour trouver des réponses que pour ne pas laisser la vérité s’imposer. Retarder le plus possible le moment où il devrait admettre qu’une seule explication était envisageable : il était enfermé dans une boîte avec un cadavre. Il était enterré. On l’avait enterré vivant.

Inconfortablement allongé sur le côté, il concentra son attention sur ce qui se trouvait face à lui, dans l’obscurité insondable. Pas de mouvements. À priori, ce cadavre ne représentait pas de danger immédiat. Il frappa contre la surface supérieure, de son poing, mais il disposait de trop peu d’espace pour donner assez de force à son geste et espérer être entendu. Et entendu par qui ? Qui l’avait enfermé là ? Était-ce bien judicieux d’alerter quiconque l’avait placé dans pareille situation ?

— Mais peut-être alerterai-je un ami ?

Le son de sa propre voix le surprit, et il dut de nouveau s’exhorter au calme. Un ami. Quel ami viendrait le secourir ? Quel ami aurait permis qu’on l’enferme ainsi ? Peut-être l’ignorait-il ? La nausée menaça de nouveau alors qu’il faisait des efforts pour se rappeler. Il murmura pour lui-même :

— Ce n’est pas urgent. Il n’est pas utile de se souvenir maintenant. Il faut trouver un moyen de sortir.

Il frappa de nouveau, écoutant entre chaque coup ce qui pouvait venir du dessus, mais surveillant dans le même temps ce qui pourrait venir d’en face ! Il finit par tendre une main qu’il voulait sûre vers le cadavre et l’étudia du bout des doigts. Il était froid et rigide, mais semblait encore bien conservé. Les papiers qui le recouvraient presque entièrement l’encouragèrent à s’éloigner de nouveau, lentement, plus calmement qu’il n’était nécessaire.

Des talismans… On l’avait enterré vivant avec un cadavre susceptible de se réveiller et de vouloir lui faire la peau ! Il frappa de nouveau contre la paroi, se replaça sur le dos pour tenter de la repousser de ses jambes. Ses hurlements envahirent soudainement l’espace, la panique submergeant le peu de contrôle qu’il maintenait encore sur lui-même.

— Ouvrez- moi ! À l’aide ! Que quelqu’un me vienne en aide ! Au secours !

Il cessa brusquement, en sentant le sol trembler légèrement autour de lui, et tendit l’oreille. Il percevait des voix sans parvenir à distinguer les paroles et frappa de nouveau, son cœur menaçant d’exploser dans sa poitrine tant la crainte le disputait à l’espoir.

— Aidez-moi !

Les voix cessèrent, et il entendit quelques coups brefs.

— Il y a quelqu’un ?

Le prisonnier cligna brièvement des yeux. Était-ce une plaisanterie ? Que croyaient-ils donc, que les pierres s’étaient brusquement dotées de parole ?

— Oui ! Ouvrez-moi ! demanda-t-il encore, en tâchant de ne pas rendre sa voix trop implorante.

Un silence inquiétant lui répondit.

— Ouvrez-moi !… hurla-t-il à nouveau.

Il entendit des pas précipités s’éloigner et frappa de nouveau.

— Ne partez pas ! Ouvrez-moi !

La colère se mêla alors à la peur, qu’il avait tant bien que mal réussi à tenir éloignée jusque-là, et il se déchaîna contre les parois de son étroite prison, jusqu’à ce que son propre sang goutte de ses mains blessées sur son visage.

Il cessa brusquement tout mouvement, en sentant bouger près de lui. Il plaqua ses mains contre lui et se cala de nouveau contre le mur, furieux contre lui-même d’avoir été si stupide. Le sang qu’il versait allait atteindre le cadavre, et rien de bon ne pourrait sortir de tout cela.

L’odeur nauséabonde qui l’entourait depuis son réveil s’intensifia, se chargea de haine et de colère. Un hurlement sourd, féroce, animal, s’éleva à ses côtés tandis que le mort, qui ne l’était plus tant, s’efforçait à son tour de se frayer un chemin. Mais pas vers l’extérieur, vers lui ! L’homme avait dû être bien plus imposant que lui de son vivant, car il peinait à se tourner pour l’approcher, mais il dut à plusieurs reprises repousser sa main et se coller au mur pour rester hors de portée, supportant des griffures qui ne laissaient aucun doute sur les intentions de ce colocataire mal luné.

Le cadavre finit par se détourner de sa cible pour s’attaquer à la surface supérieure. Il l’entendait frapper et percevait le son d’un mur qui s’effrite et tombe peu à peu. Il savait qu’il tenait là sa seule chance. À la seconde où il sentirait l’air extérieur, il lui faudrait sauter hors d’ici. Le cadavre ne tentait probablement pas de se libérer, mais seulement de se donner un peu plus d’espace pour l’atteindre. Il replia un bras sous lui pour se donner un point d’appui et plia sa jambe contre le mur, les sens aux aguets. À la seconde où le coup sourd s’acheva par un son plus sec, il se précipita en avant, fermant les yeux et s’apprêtant à endurer le choc. Quelque chose lacéra sa jambe, mais il ne s’attarda pas pour étudier s’il s’agissait d’un ongle, d’une dent ou du tranchant d’une pierre. La lumière que répandaient des torchères le rendit presque aveugle et il ferma les yeux, n’ouvrant que très légèrement les paupières pour tenter de s’orienter, tandis que le cadavre perdait quelques secondes à s’extraire de sa boîte, de son trou, ou de quoi que cela puisse être d’autre. Il n’en avait cure.

Il se trouvait dans une pièce octogonale, sans issue. Pour l’instant. Des pas de course se firent entendre à l’extérieur et il se cala contre le mur proche de l’une des entrées, les yeux toujours quasi clos. Le cadavre s’extirpait, et il réprima un frisson d’horreur en l’entendant rugir de nouveau. Lorsque la porte s’ouvrit pour laisser passer les hommes venus le secourir – ou le tuer – il se glissa sur le côté et courut dans le sens opposé, profitant de l’état d’hébétude des malheureux confrontés au courroux du géant, qui se levait face à eux. Un bras pourtant le retint fermement dans sa fuite, et il crut que ses os allaient exploser sous la pression, mais des hurlements de panique et de douleur précédèrent sa libération. Qui que soit ce mort furieux, il retenait plus l’attention des vivants que lui !

Il profita de la panique générale pour s’enfuir, émergea d’une sorte de tertre perdu au milieu d’une immense forêt et boitilla droit devant. Il ouvrit légèrement les yeux, à la faveur du couvert des arbres, et observa le ciel à travers la canopée. Des étincelles de couleur formaient des emblèmes colorés qui appelaient des renforts : bientôt des cultivants de tous les clans allaient accourir, l’endroit allait grouiller d’hommes déterminés à lui mettre la main dessus.

Il s’adossa contre un arbre et respira difficilement, le souffle court, la tête tournant légèrement. Impossible encore de savoir combien de temps il avait été enfermé, réduit à l’immobilité. Beaucoup, s’il en croyait sa mauvaise condition physique. Mais une chose jouait en sa faveur : il faisait nuit. Et du diable si aucun de ces hommes y voyait mieux que lui en cet instant !

Il reprit sa course, à pas plus mesurés, écoutant le cœur battant les hommes hurler derrière lui.

— Prévenez le chef de clan Nie. Et Zewu-Jun ! Nie MingJue s’est extirpé du tombeau ! Jin GuangYao s’est enfui ! Donnez l’alerte !

Son pouls s’accéléra, et il posa une main sur sa poitrine sans stopper son avancée. Il ne put retenir un sourire en constatant l’évidence : certains cultivants étaient aussi pressés d’annoncer la bonne nouvelle, que lui de retourner dans ce trou à rats.

Il repoussa d’un hochement de tête l’interrogation qui commençait à lui ronger les entrailles. Nie MingJue ? Jin GuangYao ?… Il s’appelait Jin GuangYao, l’énervé qui avait partagé sa tombe, Nie MingJue. Aucun de ces deux noms ne lui évoquait quoi que ce soit. Mais il s’était enfui, selon ces hommes. Son instinct ne l’avait pas trompé, ces gens n’étaient nullement ses alliés.

Plus tard. Tu comprendras plus tard…

Il se concentra sur sa fuite, se persuadant qu’une fois le choc passé, il se rappellerait.

 

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