Work Text:
⁃ On a un problème.
Des grésillements se firent entendre dans les oreilles d’Oikawa Tooru. Il soupira et répondit :
⁃ Non Kuroo, tu as un problème, et là il est 23h02 et je suis sensé finir à 23h, donc tu me fais chier. Explique ce qui t’emmerde rapidement que je puisse rentrer chez moi voir mon merveilleux mari qui est mille fois plus intéressant que ta vie.
⁃ Eh ! Je suis en danger là, je te signale !
⁃ Et c’est sensé changer quoi ? Dépêche, je veux mon foyer.
⁃ Tss, y’avait plus de garde qu’on pensait, je suis caché mais ils vont finir par me trouver. Si tu pouvais envoyer des renforts ce serait cool.
Devant son ordinateur, Tooru grogna.
⁃ Je suis pas prêt de rentrer...
⁃ Ma vie est en jeu !
⁃ J’en ai rien à foutre de ta vie, je veux juste voir Iwa-chan.
Seule une exclamation outrée lui parvint en retour.
⁃ T’es où exactement ?
⁃ Dans le local de nettoyage du premier sous-sol.
⁃ Bon, j’envoie quelqu’un, essaye de survivre une vingtaine de minutes de plus et peut-être qu’on se reverra ailleurs qu’à ton enterrement.
⁃ Tu vois, c’était pas si compliqué.
⁃ Un merci ça tue pas.
Directement sur cette parole, Tooru quitta le canal et Kuroo resta planté devant sa petite radio, recroquevillé derrière des vieux cartons poussiéreux.
⁃ Bon... plus qu’à attendre...
Et le temps fut longtemps. La première fois qu’il jeta un œil à sa montre, il déchiffra difficilement l’heure dans le noir et se rendit compte que seul 5 petites minutes s’étaient écoulées depuis la fin de sa communication avec Oikawa. À partir de là, il s’interdit de regarder son poignet, convaincu qu’ainsi le temps passerait plus vite.
Ce ne fut pas le cas. Et en plus de ça, les secours avaient du retard. Testuro le savait puisqu’il avait enfreint la règle qu’il s’était posé, 3 minutes après l’heure supposée de l’arrivée des renforts.
Il passa le reste du temps qui suivi à marmonner tout un tas d’insultes à l’encontre de chaque employés de la boîte où il bossait. Lorsque Kuroo arriva à la lettre Y, il s’arrêta net, absolument certain que s’il disait quelque mal que ce soit de Mika, elle le saurait et il se ferait assassiner même s’il ne ressortait pas vivant de cette opération ratée.
C’est à 23h35, avec 13 minutes de retard sur les estimations d’Oikawa, que la porte à sa droite s’ouvrit, lentement et silencieusement. Kuroo eu un instant un doute sur l’identité de la personne qui était entrée mais ce fut de courte de durée.
⁃ Kuroo, t’es une merde sérieux.
Un frisson parcouru ladite "merde" et il hésita à sortir. La mort serait sûrement moins énervante que d’être sauvé par lui, Kuroo en était persuadé. Puis il se rappela que s’il mourait, cette sale vipère se foutrait de sa gueule pour trois ans encore et même si rien de ce qu’il pourrait dire ne l’empêcherait de trouver le repos éternel, il n’avait aucune envie d’être moqué sans pouvoir se défendre.
⁃ Daishou, c’est un plaisir de te voir pour moi aussi.
⁃ C’est ça, grouille-toi, je veux pas y passer la nuit, j’ai un lit et il me manque déjà.
Le concerné essaya de se relever mais ses genoux engourdis ne furent pas du même avis et il s’écroula sans grâce au milieu du local, aux pieds de Daishou.
⁃ J’appelle pas ça se grouiller.
⁃ Oh, ça va ! Si t’étais arrivé plus vite j’aurais peut-être les muscles plus réveillés.
⁃ Tu oses te plaindre alors que j’ai du immobilier une dizaine de garde pour venir au secours du plus gros abruti que je connaisse ?
⁃ C’est toi l’abruti, les vrais agents secrets prennent pas autant de temps pour faire ça.
⁃ Dit celui qui à passé plus d’une demi-heure caché derrière des cartons dans le réduis de nettoyage d’une entreprise de vente d’habits en ligne.
⁃ Une entreprise qui emploie des hommes armés pour faire la surveillance !
⁃ On s’en branle, bouge-toi.
Kuroo entièrement relevé, ses genoux de nouveau fonctionnels, les deux agents secrets s’élancèrent à travers les couloirs sombres du bâtiment.
Lorsqu’ils tombèrent sur un grand gaillard blond étalé sur le sol, l’épaule complètement sorti de l’endroit où il devrait se trouver, Tetsuro ne put s’empêcher une exclamation de dégoût.
⁃ C’est immonde Daishou, t’étais obligé de faire ça à son bras ?
⁃ Je viens te sauver d’une mission ultra facile, t’as pas le droit de faire des commentaires sur ma manière de procéder.
Kuroo plissa les yeux en lançant un regard haineux que son pire ennemi de tout les temps lui rendit avec un tirage de langue en prime.
Ils continuèrent en s’ignorant parfaitement jusqu’au premier étage, où Suguru arrêta Kuroo dans sa course d’un bras contre son torse.
⁃ Y’a quelqu’un qui vient par là.
C’était à peine si le murmure de son serpent de coéquipier temporaire avait atteint ses oreilles, mais Testuro dû retenir un frisson en entendant le timbre grave que sa voix avait pris.
Les deux agents se collèrent contre le mur brun moche du couloir et attendirent en priant pour que cette personne non identifiée passe tout droit sans les remarquer.
Mais leurs vœux ne furent pas entendu.
⁃ Qui va là !?
Immédiatement après, les deux jeunes hommes virent le canon d’une arme à feu braqué sur leurs humbles personnes. Sans se consulter, ils coururent dans la direction opposée, tournèrent à gauche à l’embranchement et essayèrent de se souvenir du plan du bâtiment pour trouver une autre sortie.
Ce qu’ils ne prirent pas en compte, c’est de tomber nez à nez avec un deuxième vigile.
⁃ Arrêtez-vous !
Derrière eux, l’homme qui les avait repérés en premier les pointaient de nouveau avec son pistolet. Sans pour autant abandonner, Kuroo sorti son tazer et tira dans sa direction. Lamentablement, il rata sa cible et les petit crochets tombèrent par terre. Daishou qui n’était pas non plus resté immobile, s’était lancé sur l’autre garde avant qu’il n’ai le temps de réagir et lui avait donné un gros coup dans la tête avec le bâton qu’il avait emporté pour venir. Il s’était alors retourné vers son pire ennemi de la terre entière juste à temps pour le voir s’écouler comme une fiente d’oiseau au sol, avant d’être lui-même assommé.
Le réveil de Kuroo fut brutal. Un coup de pied dans les côtes, et une voix insupportable :
⁃ Réveil-toi espèce d’incapable !
⁃ La douceur tu connais ?
⁃ Pas avec les idiots débile et incompétent ! À cause de toi on va mourrir.
⁃ Ta gueule, j’ai pas envie d’entendre ton pessimisme dès le réveil, si tu veux l’ouvrir, parle de truc joyeux.
⁃ Yes ! On va mourrir ! Trop cool ! Ça te va ?
⁃ Crétin.
Kuroo se redressa avec peine puisque ses mains étaient liées dans son dos et regarda autour de lui.
⁃ On est où ?
⁃ Parce que tu penses vraiment que j’en sais quelque chose ?
⁃ Je sais pas ! Je me disais que tu serais peut-être utile pour une fois sale vipère.
⁃ C’est toi qui sert à rien je te signale, entre nous deux, y’en a un qui est venu sauver l’autre et l’autre qui a été incapable d’abattre un simple petit garde.
Kuroo avait envie d’étriper Daishou pour deux raisons : la première était qu’il avait constamment envie de le faire et la seconde était que les paroles de son ennemi juré de l’univers contenait trop de vérité.
Alors pour éviter de répondre, il chercha autour de lui une quelconque sortie ou chose qui pourrait les aider. La pièce était sale, vraiment très sale, et sous la main de Testuro, le sol collait un peu. Il n’y avait pas d’autres meubles que des étagères à moitié vides. Un petit carreau de fenêtre mate donnait un peu de lumière mais pas assez pour que le jour soit déjà levé. Et derrière Daishou il y avait une porte. Une vieille porte en bois, peinte dans un bleu qui s’écaillait dans tout les coins.
⁃ Là ! Une sortie !
Suguru, à moitié assis, à moitié couché, se retourna et constata que son ennemi de toujours et pour le reste de sa vie avait raison.
Kuroo se releva d’une manière parfaitement ridicule et se dirigea vers ladite porte. Arrivé devant, il fit du mieux qu’il pu pour essayer de l’ouvrir mais elle était indéniablement fermée.
⁃ Il faut une clé, va falloir trouver un autre moyen de sortir.
⁃ Voilà une autre preuve de ta connerie Kuroo.
Sous le regard interrogatif de son comparse, Suguru se releva sans beaucoup de classe non plus et se plaça à une distance raisonnable de la porte.
⁃ Pousse-toi idiot.
Pour une fois, Tetsuro obéit sans protestation et regarda Daishou prendre son élan et s’envoyer de toutes ses forces contre le panneau de bois qui s’ouvrit dans un grand fracas.
Perdant l’équilibre à cause de ses mains attachées, le moins bête des deux s’écroula sur le sol dans un gémissement peu glorieux.
Kuroo devait être malade ce jour-là parce qu’il s’approcha de lui en oubliant de se moquer et essaya de l’aider à se relever. Sans grand succès mais ça eu le mérite de faire remarquer à Daishou que leurs liens étaient en réalité de simple cordes pas très épaisse.
⁃ Eh Kuroo, t’arriverais à récupérer le petit couteau dans la poche droite de ma veste ?
⁃ Hein, tu crois qu’ils nous l’on laissé ?
⁃ Je le sens il me semble.
Tetsuro s’accroupit d’abord, dos à son pire ennemi de touts les univers existant et ayant existés, et s’activa à ouvrir la fermeture éclair de sa veste, alors qu’il s’était légèrement redressé.
Quand il y arriva enfin, il plongea sa main dans le trou et fut tellement contente de toucher un bout de métal qu’il laissa échapper un cri de joie.
⁃ Cool, maintenant essaye de couper ma corde. Et fait gaffe à mes mains, t’as pas idée de ce que je te ferais subir si elles ont la moindre égratignure.
⁃ C’est vrai que t’es pauvres mains de sale type valent plus que nos vies.
⁃ Exact.
Un soupir et un claquement de langue plus tard, Kuroo entreprit de sectionner les liens de son compagnon de captivité. Mine de rien il fit extrêmement attention à ne pas blesser les doigts de Suguru parce qu’il fallait l’admettre -et ça lui arrachait le cerveau de le penser- ce serait du gâchis.
⁃ Merci.
Daishou s’insulta quelques secondes pour avoir laissé échapper cette marque de politesse et ramena enfin ses deux membres supérieurs devant ses yeux.
⁃ Tu pourrais couper les miens maintenant s’il te plaît ?
⁃ J’hésite. Je pourrais aussi te laisser comme ça, de toute manière t’es inutile même avec tes bras.
⁃ Ah, c’est sûr que là, je servirai vraiment à rien !
Pas réellement à contrecœur mais tout de même avec une mauvaise volonté extérieur, Suguru prit le couteau des mains de son pire ennemi pour la vie et scia la vieille corde qui retenait les grandes mains, étonnamment douce au toucher -il venait de le remarquer- de Kuroo.
⁃ Tu peux les lâcher maintenant.
⁃ La ferme.
Daishou rompit le contact en détournant les yeux et rangea son arme dans sa poche.
⁃ Allez, dépêche-toi, j’avais pas l’intention d’y passer la nuit et t’as déjà du m’en pomper la moitié.
⁃ Ça va, il est 01h20.
⁃ C’est déjà trop.
Sans un mot de plus, les deux agents secrets repartirent à la cherche de l’extérieur. Ils se repèrent assez facilement puisqu’il furent rapidement de retour devant le croisement qui leur avait précédemment coûté 2 heures.
Cette fois il n’y avait personne et le duo de pires ennemis jurés du monde plus plus atteint par miracle le grand hall d’entrée sans rencontrer aucun problème.
⁃ Bon, maintenant il va falloir sortir rapidement avant qu’on soit repéré.
⁃ Oh, bordel Kuroo c’est la première chose vraiment sensée qui sort de ta bouche.
⁃ Ta gueule.
Ils ne prononcèrent pas un mot de plus et décidèrent de se lancer d’un regard entendu.
Juste arrivés devant les grandes doubles portes en verre, on les interpela.
⁃ Ne bougez plus !
Aucun des deux ne se retourna et ils ouvrir violemment la dernière barrière qui menait à leur liberté. Ensuite ils coururent dans les rues de la ville, deux vigiles à leurs trousses.
La lumière des lampadaires les aida légèrement mais le tout fut tout de même compliqué. Sur le chemin un homme assis sur son perron en train de fumer les regarda bizarrement, Kuroo failli renverser deux filles totalement bourrées et un peu plus loin, Daishou trébucha sur une sorte de truc machin qui traînait par terre. Son camarade de fuite l’empêcha de s’étaler comme une merde sur le sol en lui attrapant la main.
Le contact persista même après qu’il ait récupéré son équilibre mais Suguru n’en fit pas la remarque à voix haute.
Tetsuro l’entraîna dans une petite ruelle, le poussa derrière un grand conteneur et se colla contre lui pour pouvoir lui aussi être abrité par la poubelle géante.
Leurs mains n’étaient plus l’une dans l’autre mais désormais c’était leurs corps qui étaient collés.
Ils restèrent immobiles une ou deux minutes qui parurent bien plus longues et le silence fut rompu lorsque Daishou déglutit. Kuroo hésita un peu avant de parler :
⁃ Tu crois qu’il sont partis ?
⁃ Je crois surtout que t’as pas besoin d’être aussi proche pour ne pas être remarqué depuis la grande rue.
Sans rien répondre, Tetsuro se recula mais n’eu pas le temps de faire un deuxième pas. Il fut attiré en avant par une main sur sa chemise et remarqua après deux bonne secondes que Daishou était en train de l’embrasser.
Sans trop savoir pourquoi -à la base Suguru était son pire ennemi de tout temps temps et de tout lieux, il ne fallait pas le négliger- Kuroo passa une main dans la nuque de son colocataire de cachette et l’autre se glissa au creux de ses reins.
Quand il se séparent, après ce qu’il leur paru une vingtaine de minutes -et c’était la première fois depuis le début de cette opération que le temps avait l’air de passer plus vite que la réalité- ils se fixèrent un petit instant, et c’est alors que Daishou ouvrit la bouche et dit d’une voix un douce et dégoulinante d’amour :
⁃ Ta gueule.
⁃ J’avais même pas l’intention de parler !
⁃ Qu’est-ce que tu viens de faire ?
⁃ Je-
⁃ Non.
Et sans plus de cérémonie, Suguru repris leur baiser, Kuroo ferma sa bouche et les deux gardes qui les poursuivaient étaient partis depuis longtemps.
