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Hybris

Summary:

Une confession de Solas parmi tant d'autres où il s'exprime sur ses sentiments à l'égard de l'inquisitrice Lavellan.

Notes:

(See the end of the work for notes.)

Work Text:

   La première fois que je t’ai aperçu, tu n’étais qu’une enfant. Une enfant apeurée sur lequel le sort avait jeté son cruel dévolu. Tes frêles épaules avaient été choisies pour porter le fardeau d’un monde auquel tu étais étrangère, d’une terre qui, si je ne l’avais pas souillé, t’aurait appartenu. Tu errais, sans attache, à la recherche d’un fragment de mémoire disparu, d’un témoignage d’autrefois, croyant naïvement qu’ils sauraient panser les plaies de ton Exode que tu portais sans le savoir sur ton visage. Tu étais le reflet des vestiges d’une ère révolue, un fantôme d’une époque si lointaine que la pierre elle-même peinait à s’en souvenir. Ce n’était à présent plus nos louanges qu’elle chantait, mais tes lamentations. Les larmes que tu versais pour tes ancêtres, je les versais pour mon peuple. Pour mes enfants. Moi, qui par péché d’orgueil, leur avais arraché la vie, je ne parvenais plus à les dissocier des ruines de cet empire que j’avais jadis aidé à bâtir. Toi et les tiens étiez le reflet de mon hybris. Une hybris dont je vous pensais être les éternelles victimes. Jusqu’à ce que nos regards se croisent. Tu m’as souri et j’ai senti le monde changer. C’est là que j’ai compris quelle serait ma punition et pourquoi j’avais dû attendre si longtemps pour payer le prix de ma démesure. Lorsque j’étais à tes côtés, le monde ressemblait à celui d’antan. Il m’arrivait parfois d’oublier ce pourquoi je m’étais endormi il y a des millénaires et de rêver à un avenir où Fen’Harel n’aurait pas sa place. Au fond de tes yeux dansaient des promesses interdites d’une idylle pour laquelle j’aurais tout sacrifié si aux quatre coins de Thédas, des enfants en guenille ne priaient pas chaque soir pour leur messie. Par égoïsme, j’ai vainement tenté de noyer le souvenir de leurs visages larmoyants dans l’ivresse de tes baisers et de tes étreintes, mais une fois la nuit tombée, la culpabilité prenait ta place dans ma couche et dans mon cœur et se faisait ma maîtresse. Jamais je n’oublierai ces nuits où, prenant ma main avec douceur, tu partageais en silence ma souffrance. Je te regardais t’immoler à mes côtés, telle Andrasté, pour des péchés que tu n’avais pas commis et dont tu ignorais jusqu’à l’existence. Aurais-tu tenu ma main avec la même ferveur si tu avais su qu’elle avait porté le glaive qui était responsable de la déchéance de ton peuple ? Aurais-tu tenu ma main avec la même ferveur si tu avais su que j’étais ton bourreau ? Dis-moi Rosal’in, lorsque le temps sera venu et que tu auras vu de tes propres yeux ce dont je suis capable, notre amour persévérera-t-il toujours ? 

Notes:

Je vous remercie d'avoir pris le temps de lire mon travail ! :)

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