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La journée avait bien commencée, vraiment. Je m’étais levée après une nuit bien reposante, j’ai bien travaillé toute la matinée où Thompson m’a enfin laissé en paix pour faire mon travail, sans une seule remarque déplacée, ce qui est un soulagement, mais depuis que nous sommes revenus de l’URSS et depuis que je lui ai sauvé la vie, il me respecte un peu plus, ce qui n’est pas trop tôt.
Mais tout a basculé lors de ma pause déjeuner à l’automate, ce midi, Angie n’était pas de service ayant une audition. J’étais vers les tasses à café, à discuter avec M. Jarvis, le majordome d’Howard Stark lorsque j’ai remarqué qu’une procédure d’évacuation était en cours pour m’isoler des civils et pour m’appréhender. Les 2 agents du FBI et les 3 agents de la SSR présent m’ont largement sous estimé, sans aucun doute parce que je suis une femme et que M. Jarvis n’est qu’un majordome et je les ai tous mis hors d’état de nuire et nous nous sommes enfuis par la sortie arrière. Pas sûre que ce soit la meilleure option, mais c’était la seule que j’avais à ce moment là.
J’aurais dû m’y attendre à ce que des agents soient postés à l’arrière et je suis tombée directement sur Jack Thompson. Il a voulu me convaincre de me rendre bien gentiment sans faire d’histoire. Il faut croire qu’après un an à travailler ensemble, il ne me connaît toujours pas et j’ai enfin pu lui mettre mon fameux crochet du droit, beaucoup moins satisfaisant qu’il aurait pu l’être il y a quelques jours.
-Nous devons nous séparer, je dis à M. Jarvis.
-Où allez vous ? Me demande le majordome.
-Je dois retourner au Griffith, je lui dis. On se retrouve où vous savez à 21h et nous aviserons pour la suite, je lui dis.
-C’est le premier endroit où ils iront vous chercher, me dit-il alarmé et inquiet.
-Je sais, mais il faut que je récupère quelque chose. Soyez prudent, ne courez pas et tout se passera bien, je tente de le rassurer alors que je tourne les talons et que je marche à vive allure.
Je suis vraiment heureuse d’avoir décider de porter un pantalon ce matin, il est bien plus aisé de se battre avec plutôt qu’en jupe ou en robe. Je m’apprête à tourner dans une ruelle pour retourner sur l’axe principal lorsque l’agent Sousa se dresse sur mon chemin.
-Margaret Carter vous êtes en état d’arrestation, me dit-il alors qu’il lève son arme de service en ma direction.
-Daniel, non.
-Ne fuyez pas Peggy, sinon, je saurais que c’est vrai, lance-t-il douloureusement.
-Désolée, je m’excuse avant de prendre la fuite.
Je me dirige vers le Griffith qui est une résidence pour jeune femme célibataire, bien que cela ne s’applique pas vraiment à mon cas. Avec Steve encore en Europe, prendre un appartement seule aurait trop attiré l’attention sur moi et lorsque Angie, m’avait proposé de rejoindre sa résidence, après que ma colocataire soit décédée, par ma faute et que je ne pouvais vraiment pas rester dans cet appartement, j’avais accepté. La résidence en elle-même est agréable et mon espace à moi bien assez grand et confortable pour le temps que j’y passe. Le seul inconvénient est les horaires qu’a imposé Miss Fry, la logeuse mais je ne suis pas une bonne espionne pour rien et j’arrive à les contourner si besoin.
Lorsque j’arrive, je me dirige sans perdre de temps à saluer les autres résidentes dans la salle commune et je monte à ma chambre au troisième étage. Je déplace le tableau présent sur mon mur et je récupère la petite sphère. Je la glisse rapidement dans ma sacoche et je m’apprête à repartir lorsque j’entends Jack Thompson et Daniel Sousa. Ils sont arrivés plus tôt que ce que je pensais. N’ayant pas le choix, je me glisse par la fenêtre et je me tiens sur les petites pierres qui dépasse. Si je ne me romps pas le cou, j’aurais de la chance.
Je me glisse jusqu’à la fenêtre d’Angie qui a sa chambre juste à côté de la mienne, pendant que j’entends la SSR et Miss Fry qui débarque dans ma chambre et voient l’état du mur, je ne culpabilise même pas. Je manque de tomber, ce qui me provoque une sacrée frayeur et je toque à la fenêtre de mon amie qui semble surprise au premier abord avant de comprendre par elle-même ce qu’il en retourne.
Lorsque Thompson et Sousa toquent à sa porte pour l’interroger et entrent dans la chambre sans y être autorisés, je me dis que je vais être démasquée mais c’est sans compter le talent d’Angie qui les berne et arrive même à embarrasser Thompson. Je me demande quand il finira par ne plus sous estimé les femmes, mais en attendant, cela me sert bien pour le moment.
Lorsqu’ils repartent enfin, Angie m’ouvre à nouveau sa fenêtre et me laisse entrer. Je la quitte après une rapide étreinte et la promesse de lui expliquer plus tard plus en détails ce qu’il se passe. Je me crois sauvée lorsque je croise Dottie Underwood, une autre des résidentes mais elle me surprend en m’embrassant et je me sens fatiguée, nauséeuse et je comprends qu’elle a utilisé mon rouge à lèvres spécial. Elle est sur le point de me tuer lorsque Sousa et Thompson arrivent et ils viennent sans le savoir, de me sauver la vie.
C’est un véritable choc pour toutes les jeunes femmes présentes dans la salle commune de me voir escortée vers la sortie, tenue par deux agents fédéraux et menottée mais je n’en ai que faire. Je viens de comprendre que Dottie est loin d’être aussi innocente qu’elle ne semble l’être et qu’elle vient probablement de Russie, peut-être même du même complexe où une jeune fille nous a attaqué il y a moins de deux jours.
En arrivant au bureau de la SSR, je passe, toujours menottée et flanquée de Thompson et Sousa jusqu’à la salle d’interrogation. Tous les collègues me regardent sous le choc mais je ne me laisse pas démonter et je garde le menton haut et la tête droite.
Une fois installée et menottée à la table, Thompson vide ma sacoche sur la table, mettant bien en évidence la sphère de métal et je ressens un pincement au cœur à le voir la manipuler, ainsi que de la colère, il n’a aucun droit de la toucher !
-Bien, commençons, dit le Chef Dooley alors qu’il entre dans la pièce. Je suis impressionné Carter, vous avez réussi à nous duper, j’ai au moins une dizaine d’agent qui rêveraient de jouer aussi bien que vous.
-Je ne joue pas, je ne l’ai jamais fait, je lui rétorque.
-Vraiment ? Comment vous expliquez toute cette situation ?
Je reste silencieuse parce que je ne sais pas ce que je pourrais lui dire, je vois dans son regard qu’il me croit coupable, il ne sert à rien que je perde du temps et de l’énergie à me défendre, son opinion est déjà faite.
-Vous ne voulez pas parler ? Très bien, parlons de ça ? Dit-il en tenant la sphère.
Je me renferme encore davantage si c’est possible. Il n’insiste pas et ressort de la pièce, à la place c’est Thompson qui entre.
-Je suis confus, je vous ai vu en action, cela ne colle pas. Pourquoi m’avoir sauvé la vie si vous aviez tué Krzeminski ?
-Si vous voulez me cogner, c’est le moment ou jamais, je dis en montrant mon poignet menotté.
-Je ne veux pas le faire, alors dites moi pour Krzeminski.
-Je n’ai pas tué l’agent Krzeminski, je l’ai pleuré avec vous tous, je dis en faisant référence à un collègue mort il y a quelques semaines, lorsque j’ai retrouvé les armes volées d’Howard Stark sur un bateau.
-Carter, je veux vous aider, alors dites moi ce que nous voulons savoir, c’est après Stark que nous en avons, pas après vous. Vous savez très bien que dans quelque temps Dooley me fera sortir pour me demander de vous faire parler de la manière forte, vous m’avez vu depuis l’autre côté du miroir, vous savez de quoi je suis capable.
-Et vous savez de quoi Moi je suis capable, je lui rétorque en m’avançant vers lui.
-Marge, soyez raisonnable, dit Thompson presque suppliant et il me paraît sympathique pour la première fois.
-Je n’ai rien d’autre à vous dire.
-Même pas concernant cela ? Demande-t-il en prenant la sphère.
Seul le mutisme, comme pour le Chef Dooley lui répond. Je ne sais pas si il s’attendait vraiment à une réponse différente de ma part. Il pensait qu’en jouant le bon flic j’allais passé aux aveux ? Ont-ils vraiment oublié que je suis une espionne entraînée qui a travaillé pour les services secrets britanniques et à la SSR pendant la guerre ? Que j’ai collaboré avec les Commandos Hurlants et Captain America ? Ont-ils vraiment trop écouté ce programme ridicule sur Captain America et Betty Carver qui passe à la radio ?
Je reste seule un moment et je me dis qu’ils ont peut-être abandonné l’idée de me faire parler, puis je me souviens que c’est une technique d’interrogation, me faire patienter, pour me faire réfléchir, pour que je trouve le temps long et que je finisse par craché le morceau lorsqu’ils reviendront. Ils me sous estiment vraiment, je suis celle qui leur a expliqué cette méthode.
Lorsque après un temps indéfini, l’agent Sousa rentre dans la pièce, je lis toute la rancune et le dégoût que je lui inspire sur le visage et cela me blesse parce qu’il était mon seul allié dans ces bureaux ces derniers mois.
-Je suis dégoûté, commence-t-il. Tout ces morts, Spider Raymon, Lee Branis, Ray Krezminski, tout ça sur votre passage et pourquoi ? Me questionne-t-il alors qu’il étale des photographies des trois hommes morts.
-Je n’ai rien à voir avec la mort de l’agent Krezminski ou avec le vol des inventions d’Howard Stark.
-Le vol ? Whoa, il est aussi bon qu’ils le disent, dit-il dégoûté.
-Aussi bon qu’ils le disent ? Je demande en colère voyant où il veut en venir.
-Il vous a bien embrouillé le cerveau, continue-t-il en insinuant des choses inacceptables.
-Howard Stark ne m’a jamais brouillé le cerveau ou une quelconque autre partie de mon anatomie, je réponds froidement.
-Aller Carter, il n’y a pas de honte à avouer que vous entretenez ou entreteniez une liaison avec Stark, parce que vu de l’extérieur, on dirait qu’il vous a laissé tomber.
-Vous êtes incroyable, je dis énervée.
-C’est dur venant de vous, je vous ai aidé pendant ces six derniers mois, et quoi, on est toujours copain alors que vous m’avez planté un couteau dans le dos ?
-Vous étiez à deux doigts de la véritable coupable lorsque vous m’avez arrêté. Dottie Underwood est la femme que vous cherchez, pas moi. Mais la SSR est aveugle lorsqu’il s’agit d’Howard Stark.
-J’ai besoin d’un café, annonce Sousa en quittant la pièce et juste après lui, le Chef entre à nouveau.
-Ce n’est pas tout à fait vrai, nous commencions à explorer d’autres pistes, m’annonce-t-il.
-Alors explorons les ensemble, je lui dis. Que voulez vous savoir ?
-Dites moi, ce que vous savez à propos de ça ? Redemande-t-il en tenant la sphère et mes yeux sont assez traîtres pour me piquer et je refoule les larmes qui commencent à affluer. Vous ne voulez pas en parler, bien. Allons quelque temps dans le passé, à la bataille de Finow pour être exact.
-Bien, mais vous serez le seul à parler, je n’y étais pas à Finow, je lui rétorque.
-Vous avez eu le vent long, parce qu’excepté vos copains russes et Stark, tout le monde est mort.
-Vous pensez que vous me connaissez mais je n’ai jamais été autre chose que ce que chacun de vous a imaginé. Pour vous, je suis un chat errant, laissée sur le pas de votre porte pour être protégée, pour Thompson, je suis la secrétaire devenue demoiselle en détresse et pour Sousa, la fille sur un piédestal devenue une idiote écervelée. Vous vous comportez comme des enfants mais encore pire c’est du travail d’enquêteur bâclé ! Vous devriez chercher Dottie Underwood qui a l’heure actuelle a dû changer d’identité, je dis avec colère.
Encore une fois le chef quitte la pièce et avec la fatigue qui commence à se faire ressentir, je pense que j’ai dû passer la nuit dans cette salle d’interrogation. Je me retiens de soupirer pour éviter de montrer le moindre signe de faiblesse parce que j’ignore si l’un des trois hommes est toujours derrière le miroir ou si c’est même un autre agent qui est chargé de me surveiller.
Après un moment, un agent vient me chercher et je me demande ce qu’il peut bien m’attendre, je doute qu’ils aient trouvé Dottie ou que Howard soit venu se dénoncer. Je suis surprise lorsqu’on me dirige vers la salle de conférence où se trouve M. Jarvis avec un attaché caisse en présence du Chef, de Thompson et de Sousa.
-Agent Carter, vous allez bien ? Me demande Jarvis.
-Qu’est ce que vous faites là Monsieur Jarvis ? Je lui demande.
-Je viens apporter les aveux de M. Stark, la comédie est finie Agent Carter.
-Quoi, non ! Je ne pourrais jamais le disculper si il avoue, je m’écrie.
-Vous ne disculperez plus jamais personne, c’est fini de vous, lance Dooley en lisant un document.
-Vous n’avez pas bien compris notre arrangement, lui dit Jarvis.
-Si, je l’ai très bien compris, rétorque Chef Dooley. Carter ne va pas en prison mais elle n’est plus un agent de la SSR et ne sera plus un agent du gouvernement américain. Où est la dernière page ?
-M. Stark vous la donnera lorsqu’il atterrira.
-Et quand est ce qu’il le fera ?
M. Jarvis regarde sa montre avant de donner sa réponse.
-Approximativement à 9h ce soir.
-Très bien, Carter et vous resterez ici en attendant. Sachez que vous me dégoûtez, dit le Chef en serrant la main de M. Jarvis pour marquer leur arrangement et les agents de la SSR nous quitte pour nous laisser seuls dans la salle de conférence.
-Je ne pensais pas qu’Howard ferait preuve d’une aussi grandeur d’âme. Je suppose que je passe pour la femme naïve qui a succombé au charme du Casanova moustachu américain.
-Saupoudré d’une menace de banqueroute pour expliquer le besoin d’argent, rajoute Jarvis.
-Vous ne m’avez pas vu, vous avez pris peur et vous avez appelez des renforts, c’est tout à fait normal, je le rassure.
Même si au fond de moi, je m’en veux de m’être fait arrêter et d’avoir travailler si dur ces dernières semaines pour rien. J’aime mon travail, lorsque je vais sur le terrain et que je suis utile, j’aime ce que je fais et cela va me manquer. Je ne peux même pas appeler le Colonel Phillips pour qu’il intervienne en ma faveur, j’évite déjà la prison et même lui ne pourra rien faire contre ces allégations.
-A ce propos…, commence Jarvis.
-M. Stark a bien écrit ces aveux ? Je demande alors que je commence à douter.
-Pas vraiment, il ne répondait à aucun de mes appels ! Se défend le majordome et comme vous l’avez dit, je ne vous ai pas vu et j’ai pris peur !
-Grand Dieu ! Je m’exclame. Avez vous déjà été pendu, monsieur Jarvis ? Je demande alors qu’il secoue la tête. C’est très inconfortable !
Je me tourne vers les bureaux et je les observe depuis derrière la fenêtre. Il faut que je réfléchisse parce que je n’ai que jusqu’à ce soir pour nous sortir de là et nous éviter la pendaison. Je pourrais toujours m’enfuir pour l’Europe et retrouver Steve et les autres commandos, je leur serais utile, mais je leur attirais des ennuis.
C’est en regardant que je vois le Dr Ivchenko qui tape en morse que je me rend compte que je l’avais presque oublié et qu’il y a définitivement quelque chose qui ne va pas.
Le Dr Ivchenko est un scientifique que nous avons sauvé et récupéré lors de la mission en Russie, il était prisonnier dans la base que nous avons forcé. Heureusement, il n’a jamais vu le visage de Steve ou de Bucky et il ignore donc qu’ils sont toujours en vie. Je ne fais pas vraiment confiance en l’homme, oui il peut nous apporter des informations sur le Leviathan mais il y a quelque chose de louche chez lui, comme si il était trop gentil pour être honnête et son regard est assez glaçant.
Je m’empare d’un bloc note et d’un crayon et je décode ce qu’il envoie. M. Jarvis me voit faire et comprend lui aussi le message à ma grande surprise. Nous avons 90 minutes avant que quelque chose ne se passe. Il faut que j’en avertisse Dooley, au risque qu’il ne me croit pas.
Je sors de la salle de conférence et j’interpelle le Chef et je lui dis que les aveux sont des faux et que je peux tout lui expliquer. Il me suit dans la salle, accompagné par Sousa et Thompson et je leur explique tout, comment Howard m’a approché pour le disculper, comment je les ai dupé ces dernières semaines et pourquoi je l’ai fait. Je leur dis tout ce qui est en rapport avec l’affaire et lorsque Daniel me demande pourquoi je n’ai pas été voir l’un d’entre eux pour avoir de l’aide, je me demande si il y croit ou si il est incroyablement naïf. Je lui réponds que je suis invisible à moins de leur taper leur rapport ou de leur apporter leur café et que j’ai vu l’occasion de faire mes preuves, de faire enfin ce pourquoi j’ai été formé et que j’ai saisi cette occasion.
Évidemment, à part Daniel qui se sent mal, Dooley et Thompson ne font pas vraiment preuve de compréhension et en profitent même pour se moquer de moi.
-Pourquoi vous nous dites cela maintenant ? Me demande Jack.
-Parce que j’ai besoin que vous me croyez pleinement. J’ai vu le Dr Ivchenko communiquer en morse et vu l’angle la personne devait être au minimum au dixième étage dans l’ange sud est de l’immeuble d’en face.
-Cet homme est innocent, il n’a fait qu’aider depuis qu’il est arrivé.
-Nous ne le connaissons pas, je rétorque.
-Non, mais nous vous connaissons, vous, rétorque Dooley.
-Oui, c’est un criminel, cela se voit à a façon de se gratter le nez, ironise Daniel.
-Nous avons moins de 90 minutes avant que quelque chose n’arrive, je m’impatiente.
Je n’ai pas le temps de poursuivre que la porte de la salle de conférence s’ouvre en grand et que je vois Steve et Bucky, tous les deux armés se tenir sur le seuil et je peux entendre le glapissement de choc de Dooley, de Sousa et de tous les autres agents présents dans l’open space.
-Je peux savoir pourquoi l’agent Carter est détenue comme une criminelle ? Exige plus que ne demande Steve.
-Qui êtes vous ? Demande Dooley en reprenant quelque peu ses esprits.
-Je pense que vous savez parfaitement qui nous sommes, lui rétorque Bucky. Alors il me semble que le Captain a posé une question.
-Elle est complice dans le vol des inventions d’Howard Stark, lui rétorque le Chef.
-Et moi je suis mort, rétorque Steve avec sarcasme.
-Ce n’est pas drôle, je le sermonne.
-Désolé, je pensais qu’il fallait dire des absurdités. Je suppose qu’il est le Chef Dooley ? Me demande-t-il.
-Oui, je le suis, confirme le Chef.
-C’est pas à vous que je m’adressais, lui rétorque Steve alors que Bucky retient difficilement un sourire devant la mine outrée de mon supérieur. Je comprends mieux maintenant.
-Vous comprenez mieux quoi ? Et comment ça se fait que vous soyez toujours en vie, votre mort à tous les deux, a été annoncé de partout.
-Fermez la porte, je lance à Steve ou Buck. On va vous expliquer, je dis alors lasse.
Bucky est le plus proche de la porte et la referme devant les regards stupéfaits des agents. Je reprends ma place autour de la table et Steve s’assoit à mes côtés pendant que Bucky préfère rester debout.
-Vous êtes Captain America, réalise Daniel.
-Captain Steve Rogers, rectifie Steve et vous êtes ?
-Agent Daniel Sousa, monsieur. C’est un honneur de vous rencontrer. Vous m’avez sauvé la vie, monsieur.
-L’honneur est partagé, répond Steve mal à l’aise, il l’est toujours lorsque quelqu’un lui rappelle ses actions héroïques.
Il se tourne vers moi et nous avons une conversation silencieuse et il me fait signe de parler en première, il a confiance en mon jugement et en ce qu’il doit être dévoilé ou non. Et Steve est loin d’être un espion, c’est un tacticien hors pair, un très bon leader mais un menteur exécrable.
-Comme vous le voyez, le Captain Rogers et le Sergent Barnes ne sont pas morts. Le Captain a été retrouvé par Howard Stark et s’est remis et depuis il est en mission. C’est d’ailleurs lors d’une de ses missions que nous sommes tombés sur le Sergent Barnes qui était un prisonnier de guerre. C’est tout ce que vous avez le droit de savoir.
-Vous ne semblez pas surprise, remarque Sousa.
-Parce que je ne le suis pas, je réponds simplement.
-Comment pouviez vous le savoir, je suis le Chef de ce bureau et je l’ignorais et mon accréditation est bien plus élevée que la vôtre.
-L’agent Carter était notre agent de liaison avec la SSR pendant la guerre, intervient Bucky.
-Lorsque cela nous concerne, son accréditation est aussi élevée que celle du Colonel Phillips, renchérit Steve.
-Tu ne semblais pas surpris non plus, Jack, remarque Daniel. Ni M. Jarvis.
-C’est parce que l’agent Thompson a été mis au courant durant la mission en Russie, j’interviens. Le Captain Rogers et le Sergent Barnes faisaient parti des Commandos qui nous ont rejoint et aidé. Il a été mis dans la confidence avec l’interdiction formelle d’en parler.
-Dites plutôt que vous m’avez menacé de mort, intervient Jack.
-Elle vous a prévenu, nuance Steve.
-Et j’étais au courant parce que je travaille étroitement avec M. Stark, explique Jarvis.
-D’ailleurs, je peux savoir ce que vous faites là, à débarquer armés en plein milieu d’un bureau ? Je les interroge.
-M. Jarvis nous a contacté pour nous dire que tu avais été arrêté, explique Steve.
-On ne pouvait pas te laisser te dépêtrer toute seule Carter, poursuit Bucky.
-Même si on sait que tu aurais pu le faire. D’ailleurs, il paraît que tu as mis K.O cinq agents ? Me demande Steve en paraissant extrêmement fier. J’aurais aimé voir ça !
-Phillips ne va pas être content, je les préviens.
-Bah, c’est lui qui nous a autorisé à venir armé, répond Bucky nonchalant.
-Les autres gars voulaient venir aussi, mais ils étaient demandé ailleurs. Dum Dum, le regrette. Il voulait et je cite « mettre un peu de bon sens dans la tête de ces abrutis de New Yorkais, sans offense Cap et Sarge ». L’offense n’a pas été prise puisque nous sommes d’accord avec lui.
-Je sais que tu l’es, je réponds indulgente.
-Pourquoi autant de dévotion pour un simple agent et une femme qui plus est ? Demande Dooley.
-Parce que comme nous l’avons dit à Thompson en Russie, sans l’agent Carter, nous serions tous morts à l’heure actuelle, déclare Bucky en s’approchant dangereusement de l’homme.
-Et parce que sans l’agent Carter, il n’y aurait pas de Captain America, car c’est elle qui a libéré le Dr Erskine des nazis, c’est aussi elle qui m’a appris tout ce que je sais lors de mon entraînement. Et parce qu’un homme qui ne vient pas quand sa femme a besoin de lui n’est rien d’autre qu’un lâche, assène durement Steve.
-Steve ! Je m’exclame.
-Votre femme ? Demande Sousa en devenant plus blanc que blanc.
-Oui, ma femme, répond Steve.
-Vous êtes mariée ? S’étrangle presque Dooley en se tournant vers moi.
-Oui, je le suis, mais comme la moitié des hommes de ce bureau et comme vous même monsieur alors passons à autre chose. Je vous rappelle que le temps passe et que nous ne savons toujours pas ce qu’il va se passer, je les rappelle à l’ordre.
-Et nous sommes supposés vous croire alors que vous nous avez caché davantage la vérité ?
-Vous n’aviez pas l’accréditation pour être au courant de mon mariage et de la survie du Captain et du Sergent, je leur rétorque. Mais il y autre chose, si vous voulez connaître toute la vérité.
Je me lève et je récupère la sphère et je la tends au Chef Dooley.
-Soyez prudent avec ça, je lui demande.
-Qu’est ce que c’est ? Demande-t-il alors qu’un tube contenant un liquide sort. Est ce que ça explose, implose ou ça vous relève un cocktail ? Plaisante-t-il.
-C’est le dernier échantillon de sang du Capitaine Steve Rogers, je réponds et tout le monde est sous le choc, même Steve.
-Comment tu t’es retrouvé en possession de mon sang ? M’interroge mon mari.
-C’est Howard, il m’a convaincu que je sauvais la ville en volant la sphère, j’ignorais à l’époque ce qu’elle contenait. Lorsque je l’ai découvert, je n’ai pas été ravie. Mais même la ramener ici, je ne pouvais pas.
-Pourquoi ? Me demande Sousa.
-M. Stark craignait que vos scientifiques utilisent les échantillons pour tenter de recréer le sérum, ce qu’ils ont fait, alors vous l’excuserez d’avoir voulu préserver la plus grande avancée scientifique du XXème siècle.
-Pourquoi Peggy ? Me demande Steve.
-Parce que quand tu es mort, enfin quand on a cru que tu étais mort, je n’avais rien de toi, pas même une photographie, à part celle que j’ai volé et qui était dans ton dossier, je n’avais rien de toi et c’était la pire période de ma vie. Et je sais que tu es bien vivant, mais tu fais un métier dangereux et je voulais avoir quelque chose de toi, de vraiment toi si jamais…
-Oh Peg, chuchote Steve en me serrant dans ses bras et j’ignore les spectateurs pour juste profiter de l’étreinte.
-Pourquoi ne pas avoir récupéré plus de sang, une fois le Captain retrouvé en vie ? Demande Jack.
-Parce que je ne le voulais pas, répond Steve en se détachant de moi. J’en avais assez d’être un rat de laboratoire et je ne voulais pas qu’une personne mal intentionnée réussisse à recréer le sérum et se l’injecte, nous avons eu assez de crâne rouge.
-Bon, je ne veux pas couper court à ces touchantes confidences, intervient Bucky, mais c’est quoi cette histoire de chose qui va arriver ?
Je leur fait un rapide résumé des évènements et Buck et Steve sont volontaires pour aller voir ce qu’il se passe de l’autre côté et même si ils sont probablement les plus capables, ils sont bien trop reconnaissables, surtout Steve, pour des soldats censés être morts. A la place, je demande à Bucky si il veut bien se positionner à une fenêtre ou sur le toit vu qu’il est un excellent sniper. Sousa et Thompson sont volontaires pour aller dans l’immeuble d’en face.
-Je vous fait remarquer que vous n’êtes plus un agent ici et que vous n’avez plus à donner d’ordres.
-On ne prendra des ordres que de Carter, intervient Bucky.
-Et vous allez la reprendre comme agent parce que vous savez qu’elle est bien plus compétente que la plupart de vos hommes, que les accusations sont complètement fausses et que vous ne voulez pas recevoir un appel très désagréable du Colonel Phillips, renchérit Steve.
-Je propose qu’on aille voir si une des inventions présentes dans les labos ont été volé, je dis à Steve.
-Montre le chemin, me dit Steve en me suivant et alors que chacun de nous sait ce qu’il a à faire.
En chemin vers le labo, je me tourne vers Steve.
-C’est la deuxième fois que tu laisses échapper que je suis ta femme, en Russie avec Thompson et là avec Dooley et Sousa.
-Je n’ai pas honte d’être ton mari, même si je comprends, tu ne veux pas que tout le monde te vois autrement parce que tu es mariée.
-Et parce que c’est censé être un secret pour nous protéger, je lui réponds. Mais je suppose que cela ne va pas le rester très longtemps. Tu en as marre de vivre caché, je lui dis et ce n’est pas une question.
-Tu sais que ce n’est pas pour la gloire ou la reconnaissance, je m’en passerai bien mais oui, je voudrais qu’on puisse aller dîner et danser tous les deux, je voudrais pouvoir te tenir la main en publique et ne pas cacher mon amour pour toi.
-Je t’aime aussi, je lui dis avant que nous entrons dans le laboratoire.
Nous réussissons à découvrir ce qui a été volé et a empêcher Ivchenko ou Fennhoff de son vrai nom, de mettre son plan en action. Même si nous n’avons pas encore attrapé Dottie, nous avons arrêté un membre important du Leviathan et sauvé la vie de Dooley par la même occasion.
Ces derniers jours et même semaines ont été longues et celles qui s’annoncent risque de l’être aussi, mais j’ai espoir qu’avec mon entêtement, on me confie enfin des missions dignes de ce nom, de toute manière je sais que je suis capable de beaucoup de chose et j’ai le soutien de mon mari et de mes amis.
