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J'ai de la chance de t'avoir

Summary:

« B-ben il y a un très bel inconnu dans ma chambre d’hôtel, et je peux même pas épeler ton nom ! », marmonna Shouyou. « T’es probablement en train de te dire que je suis stupide. Tu veux probablement rentrer à la maison. Je parie que t’as une copine chez toi, tu peux pas être célibataire. », bouda-t-il.
Tobio sourit malicieusement.
« Et pourquoi je peux pas être célibataire, Shou ? », demanda Tobio pour le taquiner.
Shouyou fronça son nez. « Ben parce que t’es le plus trop beau du monde. T’es tout… gwaah. »
Tobio le fixa, puis gloussa. Le gloussement se transforma doucement en un rire franc, et il passa encore une fois sa main dans les cheveux de Shouyou.
« Je suis pas célibataire », dit-il après avoir fini de rire.
Shouyou fit la moue. « Je sais. Pas besoin de remuer le couteau dans la plaie. », marmonna-t-il.
« J’ai un mari. Il fait- Je dirais qu’il fait à peu près ta taille. Il a une coupe comme la tienne… Il est juste un peu plus intelligent par contre. »Tobio s’arrêta, réfléchissant à quelque chose. « Pas de beaucoup. », gloussa-t-il.

 

ou Hinata Shouyou se fait retirer les amygdales et ne sais pas qui est le bel inconnu dans sa chambre d'hôpital.

Notes:

Thanks to kurapikas_chains for letting me translate their work !
It's my first translation, sorry for the quality, but this fic is just too cute, I wanted more people to be able to read it...
//
Merci à kurapikas_chains de me laisser traduire sa fanfic !
C'est ma première traduction, je m'excuse de la qualité, mais cette fic était tellement mignonne que je voulais que plus de gens la lise...

Work Text:

Shouyou était mort.

D’accord, il n’était pas certain d’être mort étant donné qu’il n’en avait jamais fait l’expérience, mais il était plus ou moins sûr que ça se rapprochait de ça.

Il flottait dans une sombre mer infinie, entre ses pensées et d’étranges idées qui s’écoulaient près de lui. Quand il essayait d’en attraper une, elle lui échappait des mains et suivait le courant qui le submergeait. Il tenta d’en suivre une en vain, ses jambes refusant de lui obéir, et ses bras ne trouvant aucune prise dans le néant  autour de lui.

Une voix émergea près de lui, l’incitant à penser que peut-être  qu’il n’était pas mort, juste… C’était quoi ce film américain qu’il a regardé récemment ? Celui avec le code et les œufs extraterrestres… Non, ça c’est Matrix. C’était à propos de rêves et… Le gars dans Titanic

Incepted !  

Non, Inception.

Pourquoi avait-il besoin de se souvenir de ça ? Un truc sur les rêves dans les rêves…

Ah, oui, pensa Shouyou pendant que la voix repartait à la dérive au fond de sa tête. Il connaissait cette voix. Il n’était pas sûr d’où exactement, mais il la connaissait. C’était familier. Son ton grave et  velouté l’enveloppait comme une couverture, étouffant ses pensées et l’extirpant hors de l’éther.

Des fragments commencèrent à devenir nets, mais il ne les percevait qu’hors de leur contexte.

« …il va beaucoup délirer ?» demanda la voix.

Qui ? Qui va beaucoup quoi? De quoi il parle ?

« Ça dépend… » répondit une nouvelle voix inconnue. Shouyou fit la moue. Cette voix-là était loin d’être aussi plaisante. « Vu sa taille, c’est plus que probable… » La phrase se dissipa, laissant Shouyou encore plus confus qu’avant.

La taille de qui ? Plus que probable que quoi ?

Il soupira quand il n’entendit plus les voix, et se laissa retomber dans l’ombre.

Il y resta pendant ce qu’il aurait pu être quelques secondes, des heures ou même des années. Qu’importe la durée, être tiré de l’ombre pour atterrir dans un monde de lumière était très désagréable. C’est pourquoi il resta immobile quelques minutes.

Il pouvait sentir la plupart de son corps. Il savait qu’une couverture lui couvrait les jambes, qu’un courant d’air lui passait dans le cou, et il étirait doucement ses doigts pour vérifier qu’il pouvait.

Le problème était qu’il n’avait aucune idée d’où il se trouvait.

La fait qu’il ait toujours les yeux fermés n’aidait peut-être pas, mais il n’était pas tout à fait sûr de quoi faire. Peut-être qu’il pouvait faire comme une chauve-souris et se repérer par écholocalisation comme lui a appris… Qui lui a appris ça? Il était certain qu’il était grand.

Je pourrais ouvrir les yeux.

Ah ! Oui ! Shouyou savait qu’il oubliait quelque chose. Le truc de la chauve-souris n’était pas une mauvaise idée pourtant. Il y repenserait plus tard.

Lentement, très, très lentement, il ouvrit les yeux, se délectant de sa vue retrouvée comme un affamé se délecterait d’un festin. Sans tourner la tête (il avait peur, pour une raison qu’il ignorait, qu’elle tomberait s’il la tournait), Shouyou commença à examiner ce qui l’entourait.

La salle n’était pas un endroit qu’il se souvenait avoir déjà vu. Il y avait une fenêtre sur le mur à sa droite avec vue sur un parc. Un enfant pleurait à cause d’une égratignure au genou tandis qu’un autre courait dans tous les sens en criant.

À sa gauche se trouvait un large rideau qui couvrait… une autre fenêtre ? Une fenêtre qui donnait sur … le reste du bâtiment dans lequel il était ?

Immédiatement devant lui se tenait une petite table, un homme assis sur une chaise, et une lampe étonnamment imposante avec-

Son regard revint subitement à l’homme sur la chaise.

C’est qui ? se demanda-t-il admirativement. L’homme fixait intensément quelque chose dans ses mains – un téléphone peut-être ? – avec la joue appuyée contre le poing. Il avait des cheveux sombres et brillants, qui contrastaient avec sa peau pâle. Ses bras était épais, il avait une forte carrure et- Shouyou sut qu’il rougissait, sans véritablement sentir le sang affluer dans ses joues. C’était bizarre.

Cet homme, il sait où je suis ! J’ai juste à lui demander !

« Excusez-moi, Monsieur, vous savez où je suis ? » demanda-t-il le plus distinctement possible, même s’il ne s’entendait pas assez pour savoir si c’était compréhensible.

L’homme leva brusquement la tête et – wow, ses yeux était très bleus et très jolis et à cet instant ils étaient très près des siens – ok, il s’est levé précipitamment et maintenant ses lèvres bougeaient, il parlait, il disait quelque chose, il s’adressait à lui.

« Doucement, doucement, » dit Shouyou dans l’espoir de comprendre ce qu’il lui disait. L’homme s’arrêta, penchant sa tête sur le côté.

« Shou, je comprends pas ce que tu me dis, » lui répondit l’homme en décomposant les syllabes de chaque mot. Cette voix, celle qu’il a entendu dans l’ombre, la voix familière, réconfortante – Donc pourquoi il ne connaissait pas le possesseur de celle-ci ?

Mais il ne comprenait pas Shouyou – Shou, comme il l’avait appelé. Un surnom ? Mais il ne connaissait pas cet homme !

Il ne doit pas parler Japonais ! pensa-t-il soudainement. (Il n’avait pas remarqué qu’il lui répondait pourtant en Japonais.)

« Where… am I ? » tenta lentement Shouyou avec un accent prononcé.

L’homme semblait paniqué, et le regardait d’un air consterné. « Shou, je peux toujours pas– C’était même pas du Japonais… Qu’est-ce que tu essayes de– » murmura l’homme avant de sortir quelque chose de sa poche en s’asseyant au pied du lit. Il mit son téléphone contre son oreille.

Arêtes! Tu m’as toujours pas dis où je suis, ou qui tu es, ou pourquoi t’es aussi beau ! Réponds-moi ! protesta-t-il dans sa tête, mais l’homme lui lança juste un regard inquiet avant de parler au téléphone. Shouyou se senti un peu exclu, étant donné qu’il ne distinguait que deux tiers de la conversation.

« Yachi- Non, il… Il va bien ? Non, c’était pas censé être une question. Il va bien. Deux-trois minutes, oui. C’est juste qu’il…  Il persiste à vouloir me parler, mais- mais j’ai aucune idée de ce qu’il me dit. C’est tout… étouffé… » L’homme se tut, et se passa une main dans les cheveux et wow que c’était sexy.

Qu’est-ce que cet homme faisait dans cette salle inconnue ?

Inconnu Magnifique se redressa subitement, et fit  à nouveau face à Shouyou. Prudemment, il se pencha sur lui, blême, et lui enfonça le doigt dans sa joue.

Shouyou ne ressentit pas le toucher, mais le doigt était dans son champ de vision.

« Non ! Non, bouge pas ma tête, elle va tomber ! » essaya-t-il de protester, mais l’homme ne l’écoutait pas. Il avait… éclaté de rire ?

« Shou, imbécile… Oui Yachi, t’avais raison, il a juste plein de la gaze dans la bouche. J’ai juste paniqué, et- Merci. Non, vraiment, merci. On t’offrira un verre ou on t’invitera au resto un de ces quatre- Quand, tu vois… Voilà. À plus, oui, bisous. »

Inconnu Magnifique gloussa doucement et caressa la tête de Shouyou du bout des doigts. Il se blottit dans sa main, décidant que si sa tête tombait, ça vaudrait le coup qu’elle tombe comme ça, papouillée par un inconnu charmant.

La porte s’ouvrit soudainement et  il fut immédiatement sur la défensive. Ok, il a rencontré cet homme il y a cinq minutes, mais il le défendrait au péril de sa vie contre un intrus dangereux.

Une femme portant une blouse blanche par-dessus d’informes vêtements bleus entra et ferma la porte derrière elle. Il semblait y avoir quelque chose de familier dans cette tenue, mais il n’arrivait pas à déterminer quoi. Elle avait une expression très sérieuse.

« Comment va-t-il ? » demanda-t-elle.

« J’irais bien si on me disait où je suis, » râla Shouyou, lançant un regard noir à la Dame Sérieuse pour avoir volé l’attention d’Inconnu Magnifique.

« Il va bien… Je pense qu’il veut parler, mais la gaze… » répondit Inconnu Magnifique. La Dame Sérieuse hocha la tête et fit quelques manipulations. Après quelques minutes d’inconfort et bien trop de mains dans la bouche, il était libéré d’un poids qu’il n’était pas conscient  de supporter.

Il essaya d’ouvrir et de fermer la bouche quelques fois, vérifiant que tout fonctionnait bien. Il ne pouvait toujours pas sentir le bas de son visage, mais il devra faire avec.

Inconnu Magnifique et la Dame Sérieuse discutaient, mais Shouyou n’était ni en train de suivre leur conversation, ni ne voulait que celle-ci s’éternise.  Il tira sur la manche de l’homme pour lui attirer l’attention et espéra qu’il sera enfin compris.

« Excusez-moi, Monsieur, vous savez où je suis ? » demanda-t-il, répétant sa première question, mais cette fois voyant que l’homme le comprenait. Inconnu Magnifique regarda la Dame Sérieuse confusément et avec inquiétude, et il tenta presque de re-tirer la manche de l’inconnu, parce que arêtes de la regarder, regarde-moi ! rapidement suivi de whoa, capter ton attention, c’est impressionnant, et dans le bon sens du terme.

« Ne vous en faites pas, c’est normal. Monsieur Hinata, vous êtes à l’hôpital central de Miyagi. Vous venez de vous faire retirer les amygdales. Vous avez été mis sous anesthésie, c’est normal que vous soyez un peu confus. », expliqua la Dame Sérieuse en écrivant sur son bloc-notes. Shouyou hocha la tête et regarda autour de lui.

Maintenant qu’elle le disait, c’est vrai que ça ressemblait à une chambre d’hôpital. Et les vêtements qu’elle portait lui rappelaient cette série Américaine pas terrible que l’un de ses amis lui a fait regarder.

« Super. J’ai quelques papiers à vous faire remplir et vous pourrez rentrer chez vous. Je vous laisse, si vous avez besoin de quoi que ce soit, appuyez sur ce bouton. »

La Dame Sérieuse s’en alla.

Fantastique. Il ne reste plus qu’un seul problème maintenant.

Inconnu Magnifique lui lança un regard curieux en penchant la tête, faisant ainsi osciller les cheveux qui lui tombaient sur le front et- Bon sang, s’il n’apprenait pas son nom dans les dix prochaines secondes, il allait exploser.

« Vous vous appelez comment ? », murmura Shouyou sans savoir pourquoi sa voix était si basse.

Inconnu Magnifique fronça les sourcils et écarta délicatement les cheveux du visage de Shouyou.

« Shou, c’est moi» répondit simplement l’homme. Shouyou plissa les yeux et en effet, il y avait quelque chose dans ses yeux, son menton, sa bouche- quelque chose de profondément familier, mais il ne pouvait pas se souvenir.

Il sentait les larmes lui monter aux yeux en essayant désespérément de se souvenir.

« Shou, Shou, calme-toi ! C’est moi, Tobio ! »

Shouyou cligna des yeux une, deux, trois fois.

“Tobio. To-bi-o. Tooooobio. Tobiooooo. T-o-b-o- Non, attend. T-o-i- Ah, non, punaise !”, jura-t-il, pressant ses poings contre ses yeux pour tenter d’arrêter les larmes qui revenaient.

De longs doigts attrapèrent ses poignets, éloignant doucement ses mains de sa tête. Inconnu Magnifique-Tobio-le regardait, clairement très inquiet. Une ride était formée entres ses sourcils que Shouyou voulait juste lisser avec son doigt.

« Shou, qu’est-ce qui va pas ?  L’infirmière a dit que tu serais confus, je suis pas en colère que tu ne me reconnaisses pas ou quoi-», commença Tobio avant que Shouyou ne le coupe.

« Mais c’est gênant ! » se plaignit-il, enfouissant sa tête dans son oreiller. Les doigts de Tobio revinrent, attrapant sa joue et le relevant.

« Qu’est-ce qui est gênant, Shou ? »

« B-ben il y a un très bel inconnu dans ma chambre d’hôtel, et je peux même pas épeler ton nom ! », marmonna Shouyou. « T’es probablement en train de te dire que je suis stupide. Tu veux probablement rentrer à la maison. Je parie que t’as une copine chez toi, tu peux pas être célibataire. », bouda-t-il.

Tobio sourit malicieusement.

« Et pourquoi je peux pas être célibataire, Shou ? », demanda Tobio pour le taquiner.

Shouyou fronça son nez. « Ben parce que t’es le plus trop beau du monde. T’es tout… gwaah. »

Tobio le fixa, puis gloussa. Le gloussement se transforma doucement en un rire franc, et il passa encore une fois sa main dans les cheveux de Shouyou.

« Je suis pas célibataire », dit-il après avoir fini de rire.

Shouyou fit la moue. « Je sais. Pas besoin de remuer le couteau dans la plaie. », marmonna-t-il.

« J’ai un mari. Il fait- Je dirais qu’il fait à peu près ta taille. Il a une coupe comme la tienne… Il est juste un peu plus intelligent par contre. »Tobio s’arrêta, réfléchissant à quelque chose. « Pas de beaucoup. », gloussa-t-il.

Shouyou fronça les sourcils et lui lança un regard noir.

« Arrête d’être méchant avec moi ! »dit-il entre ses dents. « J’ai pas envie d’entendre parler de ton stupide mari ! »

Tobio se pencha sur lui.

« Et si je te disais que c’est toi, mon stupide mari ? », demanda-t-il doucement.

Les yeux de Shouyou s’élargirent radicalement.

« Moi ? », demanda-t-il, abasourdi.

« Oui, Shou », dit Tobio en riant. « C’est toi. »

Pour le prouver, il tint la main gauche de Shouyou à côté de la sienne, et lui montra les bagues assorties qu’ils portaient à leur annulaire.

Shouyou fixa les alliances, puis Tobio, et à nouveau les bagues. Il leva finalement son regard sur Tobio.

« On est mariés ? », demanda-t-il, ne la croyant pas entièrement. Tobio hocha la tête. « Mariés mariés ? » Tobio hocha à nouveau la tête et Shouyou souffla d’incrédulité, choqué.

« Wow. Wow. C’est… incroyable. », murmura Shouyou. Une pensée lui traversa la tête et il se raidit, regardant Tobio différemment.

« Est-ce qu’on a… », commença Shouyou en chuchotant. « Est-ce qu’on a couché ensemble ? »

Tobio gloussa et hocha la tête. Shouyou attrapa l’une de ses grandes mains pour du soutien émotionnel, parce que l’idée de ce bel homme, son mari (son mari ?!) et de lui dans une position si… intime était… envahissante.

« On pourra coucher ensemble plus tard ? », demanda Shouyou avec une petite voix.

« Peut-être quand ta gorge ira mieux », répondit-il à voix basse. C’était pas un non. C’était même presque un oui.

Shouyou laissa sa tête retomber sur l’oreiller et soupira lourdement.

« Wow, j’ai de la chance, hein ? »

« Je crois que c’est moi qui ait de la chance »dit Tobio en changeant leur position. Ils étaient maintenant côte à côte dans un lit bien trop petit pour deux adultes. Shouyou rit et lui prit la main, puis la rapprocha de lui pour observer leur anneau. Il inspecta celui de Tobio.

Quelque chose lui attira l’attention- une sorte d’inscription. Il tourna la bague pour pouvoir la lire.

あなたは私と無敵です .

« Avec moi, tu es invincible », murmura Tobio dans ses cheveux. « On s’est dit ça au lycée, et Yachi a suggéré qu’on le mette sur les alliances. Tu t’en souviens ? »

Pendant un instant, Shouyou regarda fixement le kanji puis fit non de la tête.

« Pas vraiment. Mais je voudrais bien. »

« Mmm. »

« Pourquoi on est invincibles ? », marmonna Shouyou ?

Tobio se mit sur le côté pour lui faire face. « On jouait au volley ensemble. On s’est promis d’être toujours invincible si on était ensemble sur le terrain. »

Shouyou écarquilla les yeux.

« On joue toujours au volley, mais on est dans des équipes différentes maintenant. »

Ses yeux s’écarquillèrent encore plus. « Je fais du volley ? », demanda Shouyou, incrédule. Tobio hocha la tête, amusé. « Je suis bon ? »

Tobio sembla avoir un débat intérieur. Il se mordit la lèvre inférieure inconsciemment. C’était une vue hypnotisant.

Mais ça ne répondait pas à la question.

« Je suis pas bon ? », demanda Shouyou, ses murmures tremblant un peu, comme s’il allait se mettre à pleurer.

(Et il allait se mettre à pleurer.)

« Non, non ! Shou, t’es- t’es vraiment bizarre sous drogue, mon Dieu, ça me rappelle la fête ou tu t’es pris une cuite à la fac- oh tu pleures maintenant qu’est-ce que je-», bégaya Tobio, ne sachant que faire face  aux larmes de Shouyou.

« J-Je suis nu-nul en v-volley ! », gémis Shouyou, son bégaiement amplifié par sa mâchoire engourdie.

« Non, Shou, tu es bon. On va aux Jeux Olympiques l’an prochain, tu t’en souviens ? On joue dans l’équipe du Japon ! », s’exclama Tobio.  Shouyou se redressa immédiatement, rassuré. « Est-ce que- est-ce que ça a marché ? T’as fini de pleurer ? »

Shouyou hocha la tête et se figea, les yeux grands ouverts. Tobio se figea lui aussi, cherchant une explication dans son expression, mais il restait crispé.

« …Shou ? Tu as mal quelque part ? », demanda doucement Tobio.

Shouyou n’osa même pas le regarder. « J’ai hoché la tête trop fort ! », chuchota-t-il. « Ma tête va tomber, je dois rester droit ! »

Tobio le regarda, incrédule.

« Quoi ? »

« Si je bouge, ma tête va tomber ! »

« Non, elle ne va pas tomber. »

« Si ! »

« Je te promets que non. Elle est attachée à ton cou, je peux te l’assurer. »

Shouyou mordit sa lèvre inférieure dans un geste nerveux. « Tu le promets pour de vrai ? »

Tobio soupira. « Oui, je promets pour de vrai. »

Pour prouver son argumentaire, il entoura de sa main l’arrière du cou de Shouyou et le guida sur son oreiller, utilisant ses longs doigts pour orienter sa tête de sorte qu’ils soient face à face.

Les yeux de Tobio étaient vraiment magnifiques, avec un millier de teintes de bleu, des bords sombres, presque noirs et un saphir au centre. Ses sourcils formaient une pente au-dessus d’eux, les encadrant joliment. Ces cils étaient si longs, et ses cheveux avaient l’ai si doux, et Shouyou voulait juste tendre le bras et-

« Mais qu’est-ce que tu fais, imbécile ? », demanda Tobio, mais sur pas sur un ton dur alors que Shouyou caressait avec maladresse ses cheveux.

C’est un compliment «  imbécile » ?

« T’as les cheveux doux », dit Shouyou à mi-voix. « Et ils sont beaux. Comme toi. »

Tobio le fixa, rougissant peu à peu.

« J’ai raté quelque chose ? Les maris sont pas censés faire ça ? Ou est-ce qu’on est des maris… pour de faux ? », grommela Shouyou.

« Non, on est des vrais maris. Juste… D’habitude tu me dis pas que je suis beau », admit Tobio.

Shouyou plissa son nez de dégoût. « Tu mériterais qu’on te le dise tous les jours. », declara-t-il.

« Je vais pas t’obliger à faire ça. »

Shouyou resta silencieux un instant, perdu dans ses pensées.

« D’accord. Je vais te dire pourquoi t’es si beau maintenant, comme ça j’aurai pas à le faire plus tard. Mais t’as pas le droit d’oublier ! Une fois que je te l’aurai dit, t’aura pas le droit d’oublier ! », murmura Shouyou. Tobio hocha doucement la tête.

Ils passèrent les dix minutes suivante comme ça, allongés dans un lit bien trop petit pour eux deux, Shouyou décrivant tout ce qui était beau chez Tobio : la couleur de ses cheveux, la forme de sa bouche, le grain de beauté sur son cou.

Tobio lui répondait en chuchotant, même s’il savait qu’il serait le seul à se souvenir ce moment. Il dit à Shouyou comme il aimait sa façon de sourire, et comme ses cheveux étaient pile à la bonne longueur pour qu’il puisse les caresser.

Shouyou s’endormi rapidement, distrait par son alliance. Tobio l’enlaça, heureux de voir son torse se lever et redescendre au rythme de la respiration de son mari.

Il y a des gens qui aiment filmer leurs amis et leur famille juste sortis du bloc opératoire, avec les anesthésiants qui font encore effet, parce qu’ils sont drôles.

Tobio était content de ne pas l’avoir fait.

C’était un moment qu’il ne voulait pas partager. Pas avec ses amis, pas sur Internet, même pas avec sa famille.

C’était leur moment.

 

 

_____

 

Shouyou se réveilla à la lumière du soleil à travers les rideaux, se frotta le nez et grimaça à la douleur causée. Il se retourna en grognant de douleur, et pressa son front dans le dos chaud et nu qui était devant lui.

Tobio se tourna vers lui, remarqua l’inconfort de Shouyou et l’enlaça.

« Tu veux un antidouleur ? De l’eau ? », demanda Tobio doucement. Shouyou hocha la tête.

Il fut absent pendant quelques instants,  laissant le temps à Shouyou de se redresser et de frotter son front pour essayer de réduire la douleur.

La main de Tobio entra dans son champ de vision avec un verre d’eau et deux petites pilules rouges.

Shouyou accepta le tout avec gratitude et avala les pilules ainsi que la moitié du verre avant de le rendre à Tobio qui le plaça sur la table de chevet.

« Mon Dieu, c’est comme s’il j’avais du coton à la place de mon cerveau, j’arrive- j’arrive pas à penser clairement… » murmura Shouyou, frottant ses tempes comme si ça allait éclaircir ses pensées.

« Disons que t’étais ailleurs… », dit Tobio avec un petit gloussement.

« Quoi ? Il y a quoi de drôle ? », demanda immédiatement Shouyou, s’avançant à quatre pattes vers Tobio.

« Tu te souviens de quoi ? », demanda à son tour Tobio au lieu de répondre, chose que Shouyou remarqua.

« Je me souviens… d’avoir été confus », commença-t-il, sur la défensive. « Mais rien de précis. Quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Dis-moi ! Dis-moi ou je demande le divorce ! », s’exclama Shouyou, levant un doigt menaçant près de Tobio.

Tobio pouffa. « Alors… Ouais, t’étais bien, bien ailleurs. Tu savais pas où t’étais- Même, au début t’arrêtais pas d’essayer de parler avec tes bandages dans la bouche et je comprenais rien de ce que tu me disais, j’ai cru qu’ils t’avaient accidentellement coupé la langue ou un truc du genre-»

« Imbécile, ils allaient pas me couper la langue ! », pouffa Shouyou.

« M’interrompt pas ! Et c’était flippant ! T’arrêtais pas d’essayer de me convaincre que ta tête allait tomber- Bref, quand on t’a sorti les bandages de la bouche, tu demandais sans arrêt où tu étais, et qui j’étais- T’arrivais pas à croire qu’on soit mariés ! On aurait dit un enfant dans un magasin de jouet, c’ était trop drôle. »

« Tu devrais en être honoré au lieu de te moquer. Ça se voit que maintenant c’est plus le cas », grommela-t-il. Tobio l’ignora et continua.

« Non, Shou, tu sais pas encore la meilleure. Quand on est rentrés à la maison, t’étais super fatigué même s’il était genre seize heures, donc je me suis couché avec toi pour faire semblant de dormir parce que tu pleurais si je m’en allais. »

Shouyou s’enfoui la tête dans les mains.

« Attend, c’est même pas ça le meilleur ! Je te fais un bisou avant que tu t’endormes- même pas un baiser, parce que, ta bouche et tout… et tu me dis, et je cite-», Tobio s’interrompit, ne pouvant empêcher son fou rire. « T’as dit ‘Wow, Tobio ! J’ai jamais autant pris mon pied !’ », réussi à finir Tobio avant de retomber dans son fou rire, se tenant les côtes.

Shouyou tenta de lui lancer un regard noir, mais il laissa échapper quelques gloussements avant d’éclater de rire. Mais sa bouche lui rappela vite qu’il venait de se faire opérer, et dut s’arrêter.

Tobio le remarqua vite et calma son rire, puis il rapprocha Shouyou de lui en caressant son bras et ses cheveux.

Shouyou souffla, et se plaignit de « ces maris qui s’en fichent que leur véritable amour souffre et qui en rient », mais les papouilles le firent vite se relaxer.

« C’était mignon, en quelque sorte, tu sais. Ça faisait peur, et c’était très drôle, mais un peu mignon. », dit Tobio affectueusement.

Shouyou rit doucement. « Essaie pas de te rattraper maintenant, Tobio. Tu te fais enlever tes dents de sagesse dans quelques mois. Ne pense pas que je vais oublier comment tu m’as traité. »

« Tu veux dire comment je t’ai offert un soutien émotionnel ? »

« Tu m’a apporté un verre d’eau. »

« Et des antidouleurs ! »

« Tellement serviable, appelez la télé ! »

Tobio lui frappa gentiment l’épaule et Shouyou gloussa.

« Tu m’as aussi dit… », commença Tobio.

« Quoi ? », demanda Shouyou en se tournant vers lui. Tobio détourna le regard, embarrassé.

« Oh-euh, rien. C’est rien. »

« Nan, j’ai dit quoi ? », insista Shouyou. Tobio  soupira.

« Tu… T’étais vraiment fatigué, et sous anesthésiants, donc je t’ai dit que je t’obligerais pas à me le répéter mais… », il s’arrêta à nouveau, mais Shouyou savais qu’il n’avait pas fini, donc il attendit.

« Tu m’as dit que je méritais qu’on me dise que je suis beau tous les jours. », laissa échapper Tobio, rougissant.

Shouyou cligna des yeux.

« Je m’attend pas à ce que tu- ce serait, enfin je sais pas- je veux juste te dire que… ça compte beaucoup. Pour moi. Même si tu te souviens pas me l’avoir dit. » Tobio baissa la tête et souhaita secrètement s’enfouir sous les draps pour se caher.

Soudain, Shouyou se souvint de la voix de Tobio qui flottait dans sa tête quand il était dans l’océan sombre. Il avait reconnu le confort, la familiarité, l’amour.

Il ressentait tout ça maintenant, allongé sur le torse de son mari, dessinant des motifs sur le dos de sa main.

C’était ça le confort. C’était ça la familiarité. C’était ça l’amour.

Même son subconscient le savait.

Kageyama Tobio était la familiarité.

« Tu mérites qu’on te dise que tu es beau tous les jours. », déclara Shouyou. Tobio releva la tête violemment et le fixa. « Même si… Même si je le dis pas, je- Je le pense. Tous les jours. Je pense à la chance que j’ai. », murmura Shouyou.

« C’est ce que t’as dit. Quand t’étais sous ces trucs, t’as dit que t’était chanceux. »

« Je le suis. Je suis très chanceux. » Shouyou se blottit dans les bras de son mari, levant la tête pour lui faire face. « Tu savais que mon mari est un athlète Olympique ? », demanda-t-il, moqueur. Tobio lui sourit. « Le miens aussi. Mais il est nul. Je sais pas comment il a atterri là. Je crois qu’il a couché avec le passeur. »

Shouyou lui tapa le bras en gloussant.

« Je suis chanceux aussi, Shou. »

« C’est sûr. »

« Gâche pas le moment, imbécile ! »

« … Je t’aime. »

« Moi aussi je t’aime, imbécile. »