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Language:
Français
Stats:
Published:
2021-08-02
Words:
1,486
Chapters:
1/1
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2
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15
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150

Une invitation

Summary:

Après leur doublé lors du contre-la-montre olympique, Primož retrouve Tom dans son hôtel. S'ensuivra un imprévu pas tout à fait imprévu.

Notes:

Comment... ne pas écrire un one-shot à propos de ce contre-la-montre olympique et du magnifique doublé de Primož et Tom ? Celui-ci ne fait pas parti de ma série, j'en profite pour dire que le quatrième chapitre de Les tourments de l'âme arrivera bientôt !

Work Text:

Primož ne fut pas tout à fait surpris quand il sentit les lèvres de Tom sur les siennes. L'instant précédent ils étaient enlacés, des retrouvailles aux allures de félicitations en l'honneur de leur doublé, des embrassades prolongées que Tom conclut par ce baiser. Primož avait toujours su que Tom ressentait pour lui plus que du respect et de l'amitié, c'était devenu une évidence à la façon dont Tom le regardait et le touchait parfois, un bras derrière les épaules ou une main dans le creux des reins. Tom n'était pas le premier homme à avoir ce comportement envers lui mais il avait ce quelque chose de différent qui faisait que Primož aimait cette attention et ces marques d'affection. Aussi, quand Tom l'embrassa, Primož ne le repoussa pas.

Tom avait les lèvres douces quoiqu'un peu gercées, il avait le goût du champagne et de la bière qu'ils venaient de consommer et sa barbe mal rasée grattait la peau de Primož, son baiser était maladroit comme ses mains qui tremblaient légèrement sur la taille de Primož. Par reflexe Primož avait fermé les yeux, intrigué et curieux des sensations que ce baiser lui procurait, il n'aurait pas pensé qu'embrasser un homme aurait été aussi agréable, aussi doux, ou peut-être était-ce seulement Tom qui embrassait de cette façon. Il s'y laissa prendre et ne rouvrit les yeux que quelques secondes plus tard quand Tom rompit le baiser.

Tom se recula et fixa Primož, visiblement troublé parce qu'il venait lui-même d'initier - un geste guidé par autre chose que de l'amitié et dont les sous-entendus se devinaient. Ses mains étaient toujours sur la taille de Primož, comme s'il ne voulait pas le lâcher de peur qu'il disparaisse à jamais et Primož tenait lui aussi Tom, plutôt pas les hanches, un contact physique rassurant pour tous les deux.

-Je suis... content de te revoir, Rogla, souffla Tom dans un sourire timide.

Les yeux de Tom étaient tristes et mélancoliques, comme plus tôt dans la journée lorsqu'il avait compris avoir atteint son objectif des Jeux Olympiques et réalisé qu'il n'avait que l'argent, ce regard que Primož n'avait pas pu voir car Tom lui avait tourné le dos par pudeur. Primož savait que Tom était sensible, une émotivité qu'il essayait de dissimuler pour sa propre intégrité et pour celle des autres.

-Tu m'as manqué aussi Tom.

Cette fois, le sourire de Tom fut sincère. Dehors il faisait nuit, la lampe à pied éclairait chaleureusement le visage de Tom, embellissait son sourire en faisant scintiller ses dents. Tom était beau, Primož le savait, c'était un fait esthétique autant qu'une appréciation personnelle, son équipier néerlandais avait cette élégance et ce charme auxquels Primož était sensible et oui, parfois, Primož avait pu se demander ce que cela ferait d'enlacer Tom intimement ou de l'embrasser. 

Maintenant, Primož connaissait les lèvres de Tom. Un baiser non volé car accepté, apprécié, un geste que Tom venait d'avoir dans un trop plein d'émotions inhérent à l'intensité de la journée qu'ils venaient de vivre. Ce contre-la-montre des Jeux Olympiques, une renaissance pour Primož et une résurrection pour Tom, le couronnement du travail et de la résilience, une incroyable réussite dans leurs vies professionnelles qui impactait directement leurs vies personnelles. Tu es le seul par lequel je ne sois pas triste d'avoir été battu Rogla, avait dit Tom à l'oreille de Primož avant de le répéter aux médias, un sous-entendu pour dire, tu es le seul autre que moi-même que je voulais voir en or, et je suis heureux de ma médaille d'argent si elle est partagée avec toi. Sur le lit de Tom il y avait leurs médailles, laissées là à leur entrée dans la chambre après avoir été portées un moment suffisamment long pour que le métal garde leur chaleur corporelle. Elles étaient belles, brillantes, finement travaillées, leurs rubans agréables à toucher et elles possédaient chacune un coffret rendu unique par les motifs des fibres du bois. La médaille d'or de Primož, la médaille d'argent de Tom, leurs deux médailles qui reposaient côte à côte et qu'ils pouvaient voir du coin de l'œil.

-Heu, hésita Tom en regardant ses pieds, désolé pour... le baiser.

-Pourquoi tu t'excuses ?

-Parce que je sais que tu es trop gentil pour me repousser.

Primož sentit son estomac se tordre, ce moment aurait dû être joyeux mais Tom semblait toujours avoir en lui cette tristesse, un manque de confiance en soi-même qui aboutissait à un complexe d'infériorité envers Primož - mais Primož ne voyait pas Tom comme cela, il ne l'avait jamais vu autrement que comme un homme plein de qualités et un champion cycliste hors pair.

-C'est ce que tu penses ? Que je suis trop gentil pour te repousser ?

-Bien sûr que tu l'es Rogla. 

-Tom, supplia Primož avant de soupirer bruyamment. Je ne suis pas gentil, ouais ?

-Tu l'es, insista Tom en relevant les yeux.

-Pas comme ça. Ce n'est pas par gentillesse que je te laisse m'embrasser.

Les lèvres de Tom s'entrouvrirent, la confusion étalée sur son visage alors que Primož glissait ses mains dans le dos de Tom à la recherche de proximité. Primož savait que du moment où il avait accepté le baiser de Tom, il avait ouvert la porte à une évolution de leur relation, une porte que Tom avait entrouverte avec ce baiser qui était un véritable aveu de troubles sentiments.

Ils ne parlèrent plus, s'observèrent dans la quiétude de la nuit nippone. L'expression du visage de Tom avait changée et celle de Primož aussi, l'atmosphère était grave et tendue, leurs corps raides sous les mains de l'autre.

Comme s'il voulait mettre Primož à l'épreuve, Tom ferma les yeux. Une invitation, c'était cela, Tom voulait savoir si Primož flirtait ou était sérieux. Primož regarda les longs cils des yeux clos de Tom, ses lèvres entrouvertes à attendre, le calme qui dissimulait une remise en question existentielle. Tout comme cette journée avait fait d'eux des champions et médaillés olympiques à jamais, si Primož embrassait Tom il n'y aurait plus de retour en arrière possible. 

Primož ferma les yeux au dernier moment, quand le visage de Tom devint totalement flou, que leurs respirations se mêlèrent entre leurs lèvres à peine séparées. Il avait dû se mettre sur la pointe des pieds pour embrasser Tom et sitôt leurs lèvres pressées les unes comme les autres, Tom se pencha pour soulager l'extension de Primož. La position n'était pas la plus confortable, parce que Tom était plus grand et portait en plus des baskets aux semelles épaisses, Primož enlaça plus largement le dos de Tom et Tom encercla les épaules de Primož avec ses bras maladroits. La langue de Tom lécha ses lèvres alors Primož ouvrit la bouche, accueillit Tom dans un soupir partagé. C'était étrange pour Primož d'être embrassé par quelqu'un de plus grand, toutes ses petites amis avaient été plus petite ou de même taille que lui - et bien sûr aucune n'avait de barbe ou d'épaules ou de mains d'une telle largeur. 

Leurs langues se frottèrent l'une contre l'autre, c'était rugueux et bâclé car plus aucun d'eux ne voulait de douceur. Aujourd'hui ils avaient réalisé ce dont ils rêvaient depuis longtemps, médailles d'or et d'argent aux Jeux Olympiques et ce que Tom et Primož faisaient maintenant était également un vieux fantasme. Primož s'habitua à la rugosité de la barbe de Tom sur sa peau, commença à l'apprécier suffisamment pour en vouloir plus, il désirait toucher avec ses mains ce que pour l'instant seul son visage ressentait. Sous ses doigts cette même sensation de frottement, Tom l'embrassa plus intensément et caressa ses cheveux. La passion s'insinua en eux, les fit vibrer de la tête aux pieds, la main de Tom massa la nuque de Primož d'une façon affective mais aussi sans équivoque à propos de ses désirs.

Primož savait que s'ils ne s'arrêtaient pas maintenant, ils se retrouveraient tous les deux dans le lit de Tom à faire des choses qu'ils pourraient regretter plus tard. Quand ils durent s'arrêter pour reprendre leur souffle Primož desserra son étreinte, baissa la tête pour faire comprendre à Tom qu'il ne voulait pas aller plus loin. Tom comprit, laissa ses lèvres errer sur le visage de Primož pour y déposer des petits baisers puis l'enlaça, un vrai câlin corps à corps, la tête de Primož nichée dans le cou de Tom. Ils restèrent comme cela un long moment, sans rien dire ni bouger, juste serrés l'un contre l'autre comme deux hommes plus qu'amis mais pas encore amants.

Après un dernier baiser sur la tempe Tom libéra Primož, l'invita à partir en se tournant vers la porte. Primož remit ses chaussures et sa veste, prit sa médaille, fouilla sa poche à la recherche d'un masque qu'il mettrait dans la couloir de l'hôtel.

-La prochaine fois, dit Tom alors que Primož atteignait la porte, c'est moi qui gagnerait l'or.

Primož s'arrêta, se tourna vers Tom et sourit.

-Alors, rendez-vous à Paris, Tom. Mais n'attends pas d'avoir l'or pour m'embrasser à nouveau.