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La dernière photo

Summary:

Harry Potter se réveille aux sons des pleurs de son filleul.

Notes:

Ma première fanfiction sur AO3 ; ma première fanfiction publiée tout court, d'ailleurs. J'ai plein d'idées, pas beaucoup de courage. Mais j'espère écrire encore beaucoup de one-shots sur ces deux-là. Pardon pardon pour les éventuelles fautes de frappe. J'espère que ça vous plaira.
(Egalement publié sur Wattpad sous le même pseudo)

Work Text:

Harry Potter dormait. Il était assis à son bureau, la tête appuyée sur sa main, et sa bouche entrouverte laissait échapper un faible ronflement. La fenêtre était ouverte en oscillo-battant et une brise légère tournoyait dans la pièce, faisant onduler les rideaux, frémir les dossiers empilés et effleurant doucement les cheveux du Survivant. Il aurait pu paraître paisible si ses paupières ne tressautaient pas irrégulièrement, si sa main libre ne se contractait pas par moments et si ses gémissements ne perçaient pas l'atmosphère de calme apparent.

Soudain, Harry se réveilla en sursaut. Les cris des défunts chers à son cœur qui hantaient ses cauchemars résonnaient encore à ses oreilles. Il lui fallut un instant pour réaliser que quelqu'un criait véritablement. Et encore un pour qu'il se calme, comprenant qui produisaient de tels sons. Un sourire tendre glissa sur ses lèvres tandis qu'il se levait.

Il sortit du bureau et se dirigea vers une petite chambre attenante. Il poussa la porte et découvrit un adorable bébé aux cheveux turquoises en train de pleurer. Des larmes dégringolaient sur ses joues et il criait. Cette vision, comme à chaque fois, fit se serrer son coeur. Il ne savait dire si c'était d'amour pour le petit ou de peine. Harry aurait voulu que son filleul ne pleure jamais ; ou du moins, seulement de joie. Il aurait voulu lui épargner toutes les souffrances à venir, car à quelques mois à peine, il connaissait déjà trop ce sujet.

Harry s'approcha du bambin et le prit dans ses bras. Il lui murmura des mots de réconfort, de soutien et, par dessus tout, d'amour. Parce que ceux qui aurait dû le faire n'étaient pas là, Harry mettait encore plus de conviction dans ses mots.

Ses yeux se tournèrent inévitablement vers la photo encadrée posée sur une petite table proche. Elle représentait une famille heureuse, une famille qui ne savait pas encore qu'elle allait bientôt être frappée par le malheur. Au centre, un nouveau-né dont les quelques cheveux se teintaient de bleu et dont le petit poing se referma sur un doigt. Le propriétaire du doigt était un homme, un homme que Harry avait respecté, plaint, admiré et finalement aimé. Oui, malgré le peu de temps qu'ils avaient passé ensemble, Harry l'avait énormément aimé. Mais il n'avait jamais eu l'occasion de le lui dire, car, quand il l'avait réalisé, c'était trop tard. Seule l'immensité de sa douleur avait montré au jeune homme combien il lui était cher. Et ne pas avoir pu le lui dire resterait à jamais l'un des plus grand regrets de sa vie.

Son regard glissa vers la femme qui tenait l'enfant dans ses bras. Harry ne l'avait pas bien connue, mais dès leur rencontre, il s'était pris de sympathie pour elle. Sa spontanéité pouvait toucher la plus insensible des âmes, sa maladresse, faire sourire la personne la plus irritable et son humour, détendre l'atmosphère la plus gênante. Ils étaient bien trop jeunes, songea Harry. Trop jeunes pour partir. Tout comme son filleul était trop jeune pour avoir connu autant de souffrance. Harry détourna les yeux de la photo de la famille dont les membres agitaient joyeusement la main et reporta son attention sur l'enfant dans ses bras. Il s'était rendormi, mais s'était apparemment appliqué à baver consciencieusement sur le tee-shirt de son parrain.

Avec un soupir, celui-ci reposa le bébé dans son lit. Avant de partir, il fit ce qu'il faisait chaque jour, ce qui était en quelque sorte son petit rituel. Il embrassa le front de son filleul, glissa une peluche à ses côtés et l'enroula plus étroitement dans sa couverture. Puis, il prit sa baguette, tapota la photographie et murmura dans le noir : "Tergeo". Quelques grains de poussière quittèrent leur abri et se rassemblèrent à l'extrémité de la baguette. Cette photo était la seule, autant en prendre soin. La seule de la famille heureuse qu'avaient autrefois été les Lupin.

Avant de quitter la pièce, Harry se tourna une dernière fois vers le lit de bébé et chuchota : "Bonne nuit Teddy... N'oublie pas que je t'aime." Et tes parents aussi, songea-t-il en jetant un coup d'oeil à la dernière photo de Remus Lupin et de Nymphadora Tonks.

Puis il quitta la chambre.