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Fandom:
Relationship:
Characters:
Language:
Français
Collections:
Plume d'ARMY Fest Saison 1
Stats:
Published:
2021-10-16
Completed:
2021-10-16
Words:
20,619
Chapters:
14/14
Comments:
1
Kudos:
12
Bookmarks:
7
Hits:
251

La mélodie

Summary:

Jimin est déterminé à tout donner pour le spectacle de fin d'année du conservatoire. Mais quand son binôme lui est donné et qu'il réalise qu'il doit faire équipe avec lui, la panique le prend. Comment aurait-il pu oublier ses yeux fins et cette mélodie. Il ne veut pas être associé à sa réputation, pourtant il va être obligé de faire équipe avec Yoongi s'il veut gagner la récompense.

Notes:

Chapter 1: Une rencontre

Chapter Text

Jimin avait toujours été un bon élève, un élève avec des facilités, qui n’avait pas besoin de beaucoup travailler pour faire partie des excellents. Il profitait de ce gain de temps et d'énergie pour s’adonner à sa passion; la danse. Depuis tout petit, il trouvait son réconfort dans la musique et l’expression corporelle. Il ne savait s’exprimer qu’en dansant, n’ayant jamais eu besoin d’écrire ou de hurler ses sentiments, il les faisait simplement passer en créant des chorégraphies gracieuses et puissantes.

Ainsi, il était entré sans grandes difficultés au conservatoire de musique de Séoul où il étudiait la danse contemporaine en matière principale avec, en option, la danse hip-hop qu’il prenait plaisir à découvrir, surtout pendant cette deuxième où il approfondissait un peu plus cette matière. Cette année n’était rythmée que par les cours de danse pratique, il n’avait presque plus de cours théoriques ou d’histoire de la danse, ces cours étant concentrés dans la première année d’études. Ainsi, il avait souvent cours seulement le matin, de sa matière principale ou de son option qu’il travaillait avec acharnement. Ses après-midi et soirées étaient libres, même si l’école leur recommandait fortement de consacrer ce temps aux répétitions personnelles, en solitaire ou en groupe, en fonction des projets à présenter.

 

Jimin ne considérait pas ces répétitions suggérées par l’école comme un réel devoir ou même un fardeau. Il passait, de toutes manières, le plus clair de son temps libre dans les salles de répétitions, depuis son plus jeune âge. Il avait grandi dans une famille assez aisée pour lui permettre de s’exercer dans une école de danse dès qu’il put en exprimer le désir, il n’avait plus jamais quitté les parquets depuis. Il y serait allé même si l’école ne lui avait pas gentiment conseillé de le faire.

 

Et même quand il n’avait pas de chorégraphie à travailler ou de projet de groupe à répéter, il profitait quand même des nombreuses salles de répétitions de toutes tailles qu’offrait le conservatoire, elles étaient rarement toutes occupées et il y passait la plupart de ses soirées. Sa famille habitait toujours à Busan et il vivait tout seul dans un petit appartement du centre ville. Il n’avait pas beaucoup d’amis car il travaillait trop et ne sortait pas assez pour rencontrer du monde. Ses seuls amis étaient soit avec lui en cours, soit des amis de personnes avec qui il était en cours.

Il y avait Hoseok, qu’il avait rencontré quand il était venu aider son professeur de hip-hop pendant son cours d’option. Il avait deux ans de plus et était assistant professeur pour les jeunes années, un stage qui comptait pour son diplôme. Et, via Hoseok, il avait rencontré Jungkook qui dansait avec lui dans sa troupe. Il n’était pas au conservatoire car il était encore trop jeune, mais comptait y entrer l’année suivante, quand il aurait eu son diplôme de fin de lycée.

A vrai dire, il connaissait beaucoup de monde, surtout au conservatoire. Il passait un temps fou à saluer toutes les personnes qu’il connaissait de vue ou à peine plus que ça. Il avait croisé beaucoup de monde pendant ses cours ou ses répétitions. Et pas seulement des danseurs, mais aussi les musiciens et les chanteurs avec qui il était souvent mis en groupes pour proposer des prestations plus complètes musique-chant-danse à 100% produite par les élèves du conservatoire. Mais il ne tissait que peu de liens forts qu’il appelait amitié, car il n’avait jamais ressenti le besoin de s’entourer d’énormément de monde. Il appréciait les gens sans devoir en être proche ou intime pour autant.

Il était donc souvent entouré à l’école, ou, au moins, jamais vraiment esseulé, contrairement à chez lui, où, dès qu’il rentrait, il ressentait la triste solitude de la vie d’adulte. Il aurait aimé rentrer dans sa maison chaleureuse tous les soirs, retrouver son frère et sa mère, mais il ne pouvait pas faire le trajet jusqu’à Busan tous les jours. Et il se savait chanceux d’avoir une famille assez fortunée pour lui permettre de suivre ces études et avoir son propre appartement. Bien des élèves avaient dû abandonner leur rêve à cause de la distance, ou vivaient bien moins confortablement que lui. Malgré tout, il préférait passer son temps à l’école. Il y mangeait, travaillait, s’y lavait. En fait, il ne rentrait chez lui que pour y dormir, une fois totalement épuisé par sa journée. Et ça lui allait totalement.

Il était 20h et il n’avait pas encore envie de rentrer. Il se sentait un peu fatigué, mais n’était pas d’humeur à dormir. Oui, car cela relevait aussi de son humeur. Il avait pris la direction des salles de répétitions qui étaient à l’étage des musiciens. A cette heure-là, il était presque sûr que tous étaient rentrés chez eux ou dans leur chambre, aux dortoirs. Il n’allait croiser personne, pourrait mettre une musique douce beaucoup trop fort et se laisser aller à l’improvisation contemporaine, son activité préférée.

Il sortit de la cage d’escalier en arrivant à l’étage des musiciens. Il portait un jean droit, un débardeur noir et une veste à capuche également noire, un sac à dos contenant ses affaires pendait sur son épaule. Il chantonnait légèrement, convaincu de ne croiser personne. Les musiciens ne répétaient jamais aussi tard, les cours étaient finis depuis 2h et seuls les danseurs arpentaient encore les couloirs du conservatoire à cette heure.

Il ne s’attendait sûrement pas à entendre la douce mélodie visiblement jouée sur un piano sortir d’une des salles de classe. Il leva prestement la tête en entendant la musique, comme un chat qui entend un bruit suspect à un moment où il n’y aurait dû avoir que du silence. Il ne s’y était pas du tout attendu, mais, curieux comme il était, il devait savoir d’où cette mélodie venait. Il la suivit alors, lentement, sans faire de bruit pour ne pas surprendre l’auteur.

Il le trouva rapidement. Il était tout seul à l’étage et aucun des bruits ordinaires de la journée ne vint le perturber dans sa recherche. Il était également seul dans la salle de cours. Cela devait être une salle de chant, car un seul piano trônait au milieu de la pièce, seulement entouré de quelques chaises tournées vers l’instrument. Et il était là, dos à Jimin, il ne l’avait pas vu, et il jouait. Il jouait une mélodie si triste mais si belle. Jimin n’aurait pas pu donner un nom à ce qu’il ressentait en écoutant ces notes jouées les unes après les autres.

Cela faisait remonter en lui des sentiments qu’il avait lui-même oubliés d' avoir jamais ressentis. Peut-être ne les avait-il même jamais ressenti ? Peut-être que tout était créé par la musique ? C’était probable, car il ressentait une mélancolie qui ne s’expliquait nulle part dans son histoire, dans ses souvenirs. Il n’avait jamais eu de raison d’être triste, ou frustré, il avait vécu une enfance et une adolescence heureuse et relativement facile. Alors qu’est ce qui pouvait bien provoquer cette mélancolie qu’il ressentait ? Il n’en avait aucune idée. La seule explication, c’était que tout venait de la musique. Mais comment de simples notes pouvaient créer des sentiments qui n’étaient pas là à la base ? Était-ce seulement possible ?

Les notes continuaient de se suivre inlassablement, frappées délicatement sur le clavier par le jeune homme à la chevelure de jaie qui tournait encore le dos à Jimin. Ce dernier était comme hypnotisé. Il se tenait debout, immobile, dans l’encadrement de la porte et attendait. Il écoutait attentivement, attendant que le musicien se retourne mais redoutant également cet instant. Il voulait savoir qui jouait ces notes, provoquait ces sentiments chez lui, mais, en même temps, ne voulait pas se faire découvrir en train de l’espionner.

Même en connaissant beaucoup des élèves du conservatoire, il n’arrivait pas à donner une identité sur ce garçon. Des cheveux noirs, une veste en jean noir, c’était tout ce que Jimin pouvait voir depuis sa position. Il voyait pendre un reflet argenté, probablement une boucle d’oreille, mais rien de plus. Il ne savait pas du tout qui ça pouvait être.

Sans qu’il ne s’en rende compte, trop concentré sur la personne, Jimin ne remarqua que trop tard que la musique s’était arrêtée. Personne ne frappait plus les touches du clavier, les notes avaient cessé de se suivre paisiblement. En fait, il remarqua que la musique s’était arrêtée quand le pianiste s’était tourné vers lui, verrouillant directement son regard dans celui de Jimin, comme s’il savait depuis le début qu’il était ici. Pendant un instant, Jimin se perdit dans les yeux si sombres de l’inconnu.

Troublé par ce contact visuel, Jimin eut un mouvement de recul. Il ne savait plus quoi faire. Fuir ? Se cacher ? Ou l’attaquer ? L’attaquer ? Pourquoi envisageait-il même cette possibilité ? Effrayé par la situation et sa propre réaction, Jimin fit volte face. Il se retourna rapidement et se mit en route vers la cage d’escalier par laquelle il était arrivé.

Sans se retourner, il descendit les escaliers, sortit du conservatoire et rentra chez lui, ne prenant pas la peine de prendre les transports en commun tant il était perturbé par cette rencontre. Il marcha tout le chemin et se retrouva finalement dans son appartement.

En arrivant, il n’avait plus aucun souvenir de son chemin, il avait tout fait machinalement, sans y faire attention, toutes ses pensées étaient tournées vers lui. Il ne savait pas pourquoi cela l’avait tant marqué, mais c’était le cas.

Les cheveux noirs et ondulés qui tombaient sur son front, ses yeux fins qui étaient à peine ouverts et semblaient remplis de lassitude. Ses mains fines qui avaient créé cette douce mélodie sur le piano mais qui semblaient si puissantes sur le dos de sa chaise lorsqu’il s’était retourné. Ses traits fins, sa mâchoire saillante et son nez qui terminait en bouton de rose.

Une fois rentré chez lui et, même installé au fond de son lit en essayant de trouver le sommeil, toutes les pensées de Jimin restèrent concentrées sur le pianiste qu’il avait surpris. Il ne pouvait détacher ses pensées des sentiments que cela avait provoqué chez lui, se demandant si ces mêmes sentiments étaient à l’origine de cette mélodie.

Toute la soirée et une bonne partie de la nuit, Jimin ne pensa qu’à Yoongi.