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Have you ever stared into the owl's eyes?

Summary:

Akaashi Keiji a prévu de passer sa journée d'anniversaire seul avec son travail et les messages de son petit-ami, Bokuto Kôtarô, à l'étranger pour un entraînement. Mais quand on a des amis comme les siens, ce n'est pas forcément ce qui se déroule réellement...

Work Text:

5 décembre, 6h25. 

 

Akaashi entend son réveil le tirer de son sommeil. Il se roule dans sa couette, tentant désespérément d’ouvrir ses yeux. Il finit par s’asseoir, s’étire de tout son long, avant de prendre ses lunettes sur sa table de chevet. Il n’a pas envie de quitter son lit si chaud et moelleux, et d’aller travailler. En plus, c’est son anniversaire aujourd’hui, et il préfèrerait largement rester au lit, profiter d’un petit déjeuner fait avec amour et amener au lit, et lire toute la journée. Malheureusement, il doit travailler, et en plus, il est seul ce matin. Bokuto, son compagnon depuis plusieurs années déjà, est en stage intensif avec l’équipe japonaise de volley-ball en Corée du Sud. Ca avait d’ailleurs attristé le gris de ne pas être présent pour son compagnon, mais la vie est ainsi faite. Keiji lui avait dit que ce n’était pas grave, et qu’ils en profiteraient plus tard. C’était vrai sur le coup, mais finalement, ce matin, il est un peu mélancolique. En plus, ça fait quinze jours qu’ils ne se voient que par les appels visio le matin et le soir. Akaashi suit aussi tous les matchs de préparation aux prochains championnats sur les chaînes de sport, qu’il ne peut avoir qu’avec un supplément financier, mais ça vaut le coup, forcément. 

Après un soupir et quelques minutes à regarder les notifications sur son téléphone, Akaashi se lève, se dirige directement vers la salle de bain et prend sa douche. Il tente de coiffer ses cheveux comme il peut : depuis qu’il les laisse un peu pousser, il se bat chaque matin, mais son compagnon aime sa coupe. Il va ensuite dans la cuisine, et prépare son café, prend une bolée de riz qu’il a cuit la veille, un peu de sauce soja et une tranche de brioche spécialement achetée pour l'occasion. Ce mélange rendait toujours fou Bokuto, qui ne comprenait pas comment on pouvait mélanger tout ça dans un même repas le matin. Cette pensée fait toujours sourire le brun, surtout que son compagnon a aussi des mélanges bizarres parfois. Et c’est justement à cet instant qu’il reçoit un appel visio Line de son amoureux.

 

- Keijiiiiiiiiii, joyeux anniversaire mamour !!!, hurle-t-il presque en faisant un signe de cœur avec son index et son pouce.

- Quelle énergie dès le matin !! Enfin, comme souvent... Merci, répond le brun avec le même signe et un grand sourire. Tu es déjà dehors ?

- Iwaizumi est un sadique, il nous a fait courir dehors alors qu’il caille !! Couvre-toi, vraiment.

- Il fait plus froid à Séoul qu’à Tokyo, ne t’inquiète pas.

- Ah oui, pas faux.

- Aaaaah, c’est pour ça qu’on t’entendait crier !! Akaashiii, joyeux anniversaire !!

- Oh, merci Hinata !

- Bokuto arrêtait pas de nous dire qu’il ne devait surtout pas oublier de t’appeler ce matin, avant que tu ailles au travail, on sait tous que c’est ton anniversaire. Atsumu, c’est Akaashi!

- Oh, joyeux anniversaire, m’sieur l’amoureux de Bokkun et meilleur client de mon frère !!

- Merci, Miya. 

- Keiji, je vais devoir te laisser avant de me faire massacrer par Iwaizumi, j’aimerai bien ne pas rester plus longtemps dehors. Je te dis à ce soir en visio, bon courage pour ta journée !! Je t’aime !

- Moi aussi, Kôtarô. 

 

Ces appels sont importants pour Keiji, ils lui permettent de tenir sa journée malgré l’absence parfois insupportable de son conjoint. Il a accepté cette vie, et n’a jamais dit (et ne dira jamais) à Bokuto que c’est parfois compliqué pour lui. Mais il est humain et amoureux, c’est normal de vouloir l’amour de sa vie à ses côtés quand on rentre du travail, non ?

Il jette un coup d'œil à sa montre : il est 7h15, il doit partir dans quinze minutes. Il termine rapidement son petit déjeuner, se lave les dents, prend son pardessus noir, une écharpe bleu clair, son tote bag et court jusqu’à la station de métro la plus proche. Avant d’aller à son bureau, il se dirige vers le magasin de Miya Osamu pour lui acheter ses onigiris préférés : c’est son anniversaire, il peut bien faire ce qu’il veut. 

Sa journée de travail se déroule tranquillement. Personne ne sait que c’est son anniversaire au bureau, et ça l’arrange : de toute façon, il doit enchaîner les rendez-vous avec les mangakas qu’il supervise et la direction. Il a à peine le temps de manger ses onigiris chéris. Vraiment, il aurait aimé passer sa journée avec Kôtarô. Il espère qu’il n’a pas attrapé froid en courant si tôt le matin dans un pays connu pour ses hivers glaciaux. Iwaizumi est vraiment un sadique, mais en même temps, il aime les muscles que Bokuto a développés grâce à ses entraînements sportifs… Il est plein de contradictions, une nouvelle fois. Quoi qu’il en soit, il fêtera son anniversaire avec son amoureux quand il reviendra la semaine prochaine, normalement, et il a intérêt de faire ça bien.

Il est presque 20 heures quand il sort du bureau, épuisé. Il a refusé les propositions de ses collègues pour aller boire un verre avant de rentrer : Kôtarô l’appelle souvent vers 22 heures avant de dormir, et il ne peut pas se permettre de louper son appel, surtout aujourd’hui. Puis il n’a pas envie d’être avec eux pour son anniversaire. Il compte rentrer chez lui, avant d’entendre klaxonner. Il reconnaît la belle berline rouge vif, et il ne peut s’empêcher de soupirer en s’approchant. 

 

- Joyeux anniversaire, m’sieur l’éditeur ! 

- Merci. Faudra quand même m’expliquer quel meilleur ami peut payer une telle voiture…

- Mon meilleur ami, tu sais, c’est génial de connaître un riche. Mais t’es jaloux Akaashi ?

- J’ai même pas mon permis, Kuroo, comment pourrais-je être jaloux ?

- Faudrait que tu t’y mettes d’ailleurs.

- Ma vie est à Tokyo, j’en ai pas besoin. 

- Au pire, on s’en fiche, grimpe, on va boire un verre chez Kenma.

- Il est d’accord au moins ?

- Mais tu me prends pour un squatteur ?

- Un peu. Et Tsukishima ?

- Il devait être là, mais comme d’hab, c’est compliqué.

- Quelle idée de vivre une relation à distance.

- Dit le mec qui ne vit pas dans le même pays que son compagnon une partie de l’année.

- Touché.

- Bon tu montes plutôt ? 

 

Akaashi s’installe à la place passager, accroche sa ceinture et continue de discuter avec Kuroo sur leurs vies respectives. Ils arrivent enfin devant l’immeuble haut de gamme dans lequel vit le jeune chef d’entreprise et streamer. Il habite dans un duplex sur les deux derniers étages, avec un magnifique panorama sur Tokyo. Akaashi adore rester devant les baies vitrées de son ami, à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit, happées par le ciel bleu et l’horizon, ou par les lumières tokyoïtes si hypnotisantes. 

Les deux jeunes hommes prennent l’ascenseur, et Kuroo tape le code de l’appartement de Kenma. Arrivés devant la porte de l’appartement, Kenma leur ouvre.

 

- Joyeux anniversaire Akaashi.

- Merci Kenma, j’espère que ce n’est pas Kuroo qui t’a forcé à me faire ça.

- Haha, ne t’inquiète pas. Allez-y, entrez.

 

Kuroo passe devant, enlève ses chaussures de ville de style Richelieu noires, et avance directement vers la salle sans attendre son ami, dans les pas de son meilleur ami. Akaashi enlève ses Buck noires, pose son totebag et son manteau sur le porte-manteau et commence à avancer. Mais il est arrêté par deux mains qui se mettent devant ses yeux. Surpris, il lâche un petit cri peu viril avant de mettre ses mains sur les avant-bras du blagueur. Il reconnaît l’odeur, reconnaît les muscles mais ne veut pas y croire.

 

- Kô-Kôtarô???? 

- Gagné !

 

Keiji se retourne, d’abord surpris, voit le grand sourire de son compagnon, et il ne peut s’empêcher de lui sauter au cou et de l’embrasser, bien trop heureux de le voir plus tôt que prévu. 

 

- Mais qu’est-ce que tu fais là ?

- On a gagné tous nos matchs contre les équipes asiatiques, on ne rencontre les autres équipes que lundi, donc on a le droit à un peu de vacances.

- C’est surtout que Bokuto a fait des pieds et des mains avec les coachs pour ça.

- C’était presque gênant.

- Hinata ? Kageyama ?

- Les gars, vous étiez pas obligés de le dire.

- On est là pour être sûr que tu prennes l’avion demain, et on va devoir se taper des séances supplémentaires de muscu, je le sens… 

 

Keiji ne peut s’empêcher de sourire : ils ont accepté de souffrir plus que les autres pour être là pour son anniversaire ?

 

- Et dire que tu ne voulais pas venir, se moque Kuroo, derrière

- J’ai jamais dit ça.

- Mais ça se voyait dans tes yeux.

- Ou c’est juste voir ta face de chat de gouttière dans une voiture de luxe qu’il voulait éviter.

- Kei !!

- Tsukishima ??

- C’est moi. 

- Venez vers la salle plutôt que de rester dans l’entrée, vous deux, hurle Kenma. 

 

Bokuto attrape la main de son compagnon, lui embrasse la joue et le tire vers la salle, voyant bien que son compagnon est encore sous le choc. Là, il n’en croit toujours pas ses yeux. Deux de ses anciens coéquipiers, Konoha et Washio, sont aussi présents. La table est remplie de différentes denrées pour un excellent apéritif dinatoire. Il n’a pas l’habitude d’exposer ses sentiments, et encore moins d’être au centre de l’attention malgré sa vie sentimentale avec le joueur, donc il retient ses larmes. 

 

- Mais on est jeudi ? Les sportifs, je comprends, mais les autres ?

- On bosse presque tous à Tokyo, on dormira au bureau au pire, s’exclame Konoha.

- Je n’aurais pas dit mieux !, enchérit Kuroo.

- Je suis en formation depuis hier sur Tokyo, ça se verra pas si je somnole demain matin, termine Tsukishima.

- Tu m’as menti en disant que c’était compliqué, Kuroo.

- J’allais pas te dire que Tsukishima était chez moi depuis mardi soir, tu te serais douté de quelque chose !

- Allez Keiji, détends-toi un peu ! Au pire tu te feras porter pâle demain, ça changera !

- Me tente pas… Tu prends l’avion à quelle heure ?

- Euh, 13h45, c’est ça Kageyama ?

- Oui.

- Je me ferai porter pâle.

- KEIJIIIII !!!

 

Bokuto le prend dans ses bras, l’embrasse à nouveau, et la soirée peut commencer pour le petit groupe. Un peu d’alcool, de la nourriture en quantité, des amis mais pas trop, un peu de musique, Akaashi est heureux. Il s’attendait à faire une soirée Netflix après l’appel de Bokuto, et il se retrouve à prévoir de sécher le travail le lendemain. Vraiment, une vie avec eux vaut tout l’or du monde. Il est gâté en cadeaux en plus. 

 

Il est 4 heures du matin quand Bokuto et Akaashi décident de terminer la soirée chez eux. Kuroo et Tsukishima décident de faire de même, ainsi que Konoha et Washio, tandis que Kageyama et Hinata dorment chez Kenma. L’ancien capitaine de Nekoma ramène le couple chez eux, avant de se saluer, en espérant pouvoir se revoir tous les quatre prochainement, comme au bon vieux temps. Akaashi et Bokuto se posent un peu dans le canapé du salon pour profiter encore un peu à deux. 

 

- Keiji ?

- Oui ?

- J’ai un autre cadeau.

- Mais tu m’as déjà payé un téléphone hors de prix juste parce que tu disais que le mien avait une mauvaise caméra frontale !

- Oui, mais c’est important de se voir correctement en visio, ça arrive de plus en plus souvent avec mes entraînements.

- Je suis d’accord, mais…

- Pas de mais, tiens.

 

Il sort une petite boîte en velours rouge. Akaashi lève un sourcil, jette un coup d'œil à son compagnon, avant de l’ouvrir. Ce sont deux bagues en or blanc, avec deux fines lignes en or jaune, et des pierres d’onyx incrustées.

 

- Elles sont magnifiques Kôtarô. Mais pourquoi ?

 

Bokuto sourit doucement à son compagnon, prend la plus petite des deux, attrape doucement la main gauche et met la bague à son annulaire. 

 

- Parce que j’aimerai t’épouser, bien évidemment. 

 

Akaashi rougit jusqu’aux oreilles, les larmes aux yeux. Mais Bokuto ne le laisse pas continuer. 

 

- On est toujours pas reconnu au Japon, mais j’ai pas envie de faire comme si de rien n’était malgré tout. Je t’offre juste cette bague pour que ce soit tout comme. Et comme ça, si un jour ça change, on pourra foncer !

- Ou on trouve une mairie qui accepte.

- Hein ?

- T’es trop mignon, Kôtarô, mais tu sais, dans la préfecture d’Ibaraki, on pourrait se marier ?

- Tu veux qu’on déménage ?

- Jamais de la vie, dit Keiji en embrassant son amoureux. Ou sinon, je crois qu’il y a des mairies de Tokyo qui acceptent. Ou on attend que tout Tokyo, ou même tout le pays, acceptent les gens comme nous et nos amis. On est encore jeune, et je compte pas te lâcher comme ça.

- Ou tu me suis dans un pays qui nous accepte.

- Je suis pas sûr de trouver un travail facilement dans un autre pays, tu sais. J’aimerai rester au Japon. Donne ta main que je te mette ta bague aussi.

 

Bokuto se laisse faire, avant de regarder leurs deux mains décorées, un grand sourire niais aux lèvres. Il embrasse encore et encore son petit ami, bien trop heureux de son effet.

 

- Elles te plaisent, au moins ?

- Bien évidemment Kôtarô, elles sont classes sans être trop visible, c’est d’une beauté folle. Mais il va falloir te trouver un beau collier en argent pour accrocher la tienne pendant les matchs, à moins que tu préfères ne pas la porter quand tu joues ?

- Si, je veux la garder ! 

- On essayera de trouver ça avant que tu partes demain. Il est 5h30, tu viens, on va se coucher ?, demande Akaashi en se dirigeant vers la chambre.

- Je suis pas fatigué.

- J’ai pas dit “dormir”, je crois, dit Keiji d’une voix douce, avant de faire un clin d'œil en direction de son petit-ami.

Ce dernier reste quelques secondes bloqué, avant de comprendre les paroles de son petit-ami. Un sourire pervers se dessine sur son visage, il se lève d’un bond avant de poursuivre Akaashi dans la chambre. Il compte bien terminer sa soirée d’anniversaire de la meilleure des façons possibles. 

 

Quelques jours plus tard, Bokuto fait les titres de certains journaux people, après avoir montré sa bague à la télévision avant un match. Ce jour-là, Akaashi a été appelé par à peu près tout leur entourage, après avoir vu les images en direct ou les vidéos sur les réseaux sociaux. Cette bague offerte pour son anniversaire va encore changer leurs vies, et ça ne déplaît pas au brun.