Work Text:
Crédits : libre de droits + Brock O'Hurn + Warner Bros - montage de moi
Participation au concours Mangemort Inc.
Baisse la tête, Finn. Garde la tête baissée. Tu fais déjà au moins 20 cm de plus que la plupart de ces gars, ne te fais pas remarquer.
Putain qu’est-ce que j’aimerai simplement être en Irlande, à Kenmare en train de m’entraîner avec les Kestrels. J’aurais dû me barrer dès que je le pouvais. Le vieux n’aurait rien pu y faire…
Finn poussa un soupir. C’était au moins la millième fois qu’il rejouait dans sa tête le scénario de ses erreurs. Ou plutôt des erreurs de son père.
Kolbjørn Rowle était un homme froid, vindicatif et surtout prêt à tout pour s’attirer les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres. Quitte à sacrifier ses héritiers pour le bénéfice de la Cause. Il n’avait jamais réellement accordé de valeur à la vie de ses enfants, de toute façon.
Alors quand Thorfinn lui avait dit, qu’il voulait devenir joueur de Quidditch et qu’il avait été repéré par un recruteur de talent lors d’un match à Poudlard, le vieux n’avait fait que soupirer, laissant son aîné faire ce qui lui plaisait.
Après tout, peu importait.
Kolbjørn était enfermé à Rowle Tower, sur une petite île des Shetlands, aussi proche qu’il le pouvait de la Norvège d’où venaient ses ancêtres. Le vieux s’était replié là en 1981, après la chute du Seigneur des Ténèbres et emmenant avec lui sa jeune épouse, Liv, et leurs deux enfants : Thorfinn et sa petite sœur, Asveig.
Avec le recul, Thorfinn se disait que sa mère, la douce Liv, qui avait été plus ou moins donnée au vieux par sa famille pour éponger une dette, avait fait de son mieux pour que Asveig et lui aient l’enfance la plus normale possible.
Kolbjørn passait ses journées à cracher sa rancœur, jurant que les Sang-de-Bourbe seraient un jour remis à leur place et que si le Seigneur des Ténèbres n’y était pas parvenu, un autre reprendrait bientôt le flambeau, il en était certain.
Liv, elle, faisait de longues balades avec ses enfants, leur racontant des histoires de fées, de chevaliers et de princesses et quand par hasard, ils leur arrivait de croiser quelqu’un, elle saluait toujours les gens avec politesse, inculquant à ses enfants le respect des autres, quels qu’ils soient.
Sauf que Kolbjørn réalisa petit à petit que ses discours n’étaient pas repris en chœur par son épouse et ses enfants. Le vieux était à moitié siphonné, mais pas suffisamment pour ne pas voir que Liv ne partageait pas ses points de vue. Alors, aussi simplement qu’on aurait donné du linge à un elfe, il la renvoya à sa famille. Acceptant, de mauvaise grâce, de considérer les deux enfants qu’elle avait mis au monde comme paiement suffisant pour effacer la dette de celle-ci.
Thorfinn avait toujours su que son père était différent. Mais le jour où il dut dire adieu à sa mère, sa petite sœur s’accrochant à sa main de toutes ses forces pour ne pas pleurer, ce qui aurait indubitablement résulté en une gifle cuisante de Kolbjørn, Thorfinn sut qu’en fait, il haïssait son père.
Il n’avait que neuf ans, sa sœur sept et pourtant, il avait en suffisamment appris, grâce à Liv, pour savoir que le vieux n’était que poison. Et qu’il s’instillerait partout…
Asveig était en sixième année, Thorfinn jouait depuis presque un an pour les Bats de Ballycastle lorsque cela se produisit : le Seigneur des Ténèbres fut de retour.
Aussitôt, Kolbjørn fit venir ses héritiers à lui. Non plus à Rowle Tower, mais dans l’imposante maison qu’il possédait à Londres, bien plus près de là où se déroulerait, sans nul doute, la montée au pouvoir de celui que le vieux continuait à appeler le Maître.
Asveig était arrivée de Poudlard la veille et lorsque Thorfinn pénétra dans l’immense salon seulement pour la voir trembler sous le regard de leur père, il eut l’impression qu’une corde de pendu venait de se placer autour de son cou.
Le choix de Thorfinn était simple : comme Kolbjørn était maintenant trop vieux pour servir le Seigneur des Ténèbres, soit il acceptait de prendre la marque et de servir, soit sa sœur le ferait.
Asveig essaya de lui dire que ce n’était pas grave, qu’elle serait courageuse et qu’elle ferait honneur à la famille… Jamais Thorfinn n’aurait pu laisser son innocente petite sœur ternir son âme ainsi. Alors, il avait accepté. Le vieux lui avait adressé un sourire narquois. Evidemment qu’il savait que son aîné se sacrifierait.
Thorfinn avait été marqué comme du bétail. Ce crâne hideux de la bouche duquel sortait un serpent. Et le pire c’était cette servitude. Dès que Voldemort avait besoin de lui, il lui suffisait de porter sa baguette à son bras et la Marque se mettait à brûler sur ses Mangemorts.
Thorfinn avait vomi de dégoût la première fois qu’il avait dû partir en mission.
Depuis, il s’y était résigné. Comme le vieux n’était pas là, depuis le début, il faisait semblant d’être ce qu’on attendait de quelqu’un de près de deux mètres de haut et dont le métier était de jouer au Quidditch : un benêt.
Il était allé à Poudlard, quelques mois auparavant, menant l’assaut avec les autres après s’être introduit dans l’école par une armoire à disparaître. Il avait lancé des sorts un peu partout. Faisant tomber des armures, cassant des fenêtres, brisant un mur… Tout ce qu’il pouvait pour faire du bruit et donner l’alerte en ayant l’air de prendre part au combat.
Au moment de s’enfuir, alors que Snape tirait derrière lui le gamin Malfoy, on lui avait ordonné de mettre le feu à la cabane d’Hagrid. Il n’avait pas pu faire autrement. Il avait lancé un Incendio sur le toit de chaume et aussitôt un Alohomora sur la porte, pour donner plus de chances à quiconque de s’échapper du brasier.
- « Rowle ! Dolohov ! » aboya Yaxley. Thorfinn releva la tête et fixa l’un des plus proches lieutenants du Lord Noir. « Le Tabou a été brisé. Vous partez en reconnaissance tous les deux à Tottenham Court Road. » Thorfinn allait transplaner quand il entendit Yaxley ajouter : « Bonne chance, Toshka, avec cet idiot, tu en auras besoin. »
Bien joué, Finn. Jouer aux cons, ça au moins, tu y arrives, se dit-il non sans amertume alors que Dolohov venait d’apparaître à ses côtés.
Il espérait que ce soit encore une fausse alerte, il ne savait pas quoi faire si jamais il tombait réellement sur des Indésirables…
