Work Text:
Tokyo Metropolitan Bokutoh Hospital
"C'est terminé, vous pouvez refermer..."
La chose fut faite en peu de temps, permettant à Kenjirou de sortir de la salle de chirurgie, dans laquelle il étouffait presque. Il avait été chanceux qu'on lui autorise, après avoir dû s'arrêter à cause de ses nausées, de pouvoir opérer à cinq mois et demi de grossesse, il le savait.
Il sentit des petits mouvements, alors qu'il se débarrassait de sa blouse et de son masque chirurgical, le faisant sourire. Il caressa distraitement son ventre, dont la rondeur démontrait bien son état. N'étant pas celui qui devait voir les parents du jeune patient, il put se diriger tranquillement vers le vestiaire pour Omega.
Il fut particulièrement soulagé en constatant que la pièce était vide de monde. Il enleva sa blouse blanche pour la remettre dans son casier, profitant du calme ambiant. Le lieu, décoré avec soin bien qu'il soit moins grand que ceux pour Alphas et Bêtas, donnait toujours envie de se détendre. Le tout était accentué par les phéromones si doux que dégageaient souvent les occupants du vestiaire.
Son estomac se mit à gargouiller, ce qui au vu de la situation était assez logique, son opération ayant duré une bonne partie de la journée. Sans compter ses divers visites avant qu'il n'opère, lui laissant tout juste le temps de se poser quelques minutes pour grignoter. Il alluma son portable - il ne l'utilisait jamais pendant ses heures de service - afin de jeter un coup d'oeil à des éventuels messages..
Mis à part quelques textos de son ancien Senpai à la chevelure rouge, qu'il lut sans s'embêter à répondre, il avait deux appels en absence et un message vocal. Il l'écouta rapidement, inquiet de ce fait inhabituel de la part de son interlocuteur. Il raccrocha et récupéra son manteau, décidé à sortir, pour le rejoindre.
"Semi Sensei! intervint une infirmière, à peine fut il hors du vestiaire. Vous avez de la visite.. votre mari vous attend à l'accueil principal."
Kenjirou fronça les sourcils, décontenancé, repensant au message qu'il venait d'écouter.
"Ah bon!? Vous êtes sûre, Daishou San!?"
La réponse affirmative de la Bêta le fit grincer des dents. Il la remercia brièvement, et marcha tranquillement vers le lieu qu'elle lui avait indiqué. Quelques personnes, dont des membres du personnel hospitalier, le dépassèrent, le bousculant presque au passage. Il ne se gêna pas pour les insulter copieusement, exaspéré par ce genre d'attitude.
Son exaspération monta en flèche alors qu'il parvint à destination, en voyant le monde qu'il y avait. Il aperçut même les quelques infirmières qui l'avaient dépassé, moins d'une minute plus tôt, s'exciter un peu trop. Il avança tant bien que mal à travers la foule, particulièrement dense.
Il parcourut la salle du regard, cherchant le responsable de tout ce brouhaha. Il le remarqua à proximité des vigiles, en train d'attendre que le calme revienne. Eita Semi, son mari et Alpha, était un musicien jouant pour l'un des groupes les plus en vogue du moment, DawnBreaker.. Alors, forcément, son apparition pouvait parfois causer des chambardements compliqué.
Le médecin avait l'habitude, et savait dans quoi il allait embarquer, quand il s'était lié avec son senpai de Shiratorizawa. Il arrivait même qu'on les aborde dans la rue, pour que Eita signe des autographes ou prenne des photos. Ça ne durait jamais bien longtemps, pas suffisamment pour faire perdre patience à l'Omega.
Cependant, cette fois ci, entre la fatigue et les hormones qui le travaillait, il n'avait pas une once de pitié, ou de patience en lui. La jalousie - voir un brin de possessivité - enfla bien vite dans son coeur, tant il détestait à quel point ils le collaient tous.. Comment osaient ils le toucher !? C'est son mari, son Alpha! Et il ne le partagerait jamais !
Il poussa quelques uns de ses collègues, pour se frayer un chemin dans la foule, indifférent à leurs regard indigné.
"Kenjirou! s'exclama le musicien, soulagé de pouvoir le voir, tandis que le susnommé lui fit face. Tu es enfin là !?!
"Tu n'étais pas censé rentrer si tôt, non!? rétorqua ce dernier, alors que la foule se dispersait. Tu m'avais dit que tu ne pourrais pas être à la maison avant demain matin.."
Eita rit, à peine gêné, tandis qu'il pris la main de son époux dans la sienne.
"T'as oublié que tu dois toujours m'attendre à la voiture!? continua l'Omega. Tu sais bien comment ça fini par tourner.."
"J'ai été imprudent.. reconnu son mari, qui lui caressa doucement le ventre. Et comment va ma petite princesse ? Elle a beaucoup bougé, aujourd'hui ?" ajouta-t-il, pendant qu'ils se dirigèrent vers la voiture.
"Oui, surtout quand j'étais en train d'opérer.. elle remuait bien, mais pas au point de me gêner.."
"Elle est déjà très gentille avec sa maman.. sourit le musicien, ouvrit la porte, côté passager. Il paraît que tu as fini pour aujourd'hui, et que tu es en repos demain. Tu veux qu'on aille manger quelque chose?"
L'estomac de son compagnon grogna bruyamment pile à ce moment-là, l'embarrassant légèrement.
"Eh bien.. admit il, du bout des lèvres, en attachant sa ceinture. J'ai sûrement un peu faim. Le sandwich de tout à l'heure était.."
"Quoi!? Encore!? Raaah Kenjirou.. Tu dois faire attention ! Même si t'as le feu vert pour travailler et tout le reste.. tu dois penser à lâcher du lest et manger mieux que ça ! Je ne veux pas que tu.."
"Je n'ai pas la même constitution que Satori San, Eita.. le coupa l'ancien passeur. Et si jamais j'avais le moindre problème, je serais au bon endroit, n'est ce pas?"
Seul le silence lui répondit, prouvant que son époux était ennuyé par sa froide logique, une fois de plus. Plus un bruit se fit dans l'habitacle de métal, durant une dizaine de minutes. Kenjirou, en reconnaissant la route emprunté par le plus âgé, ne se gêna pour lui demander.
"Tu nous emmène manger où ? C'est bien à.."
"Ouais, à SugoAku... confirma l'Alpha. Il est encore assez tôt pour pouvoir y manger en toute tranquillité.."
Le regard du médecin se mit à briller, ravi du choix de son mari. SugoAku était un petit restaurant de ramen, tenu par des jumeaux Omegas. C'était le meilleur endroit où il avait pu déguster ce plat, mais n'avait pu y aller depuis un certain temps, à cause de son emploi du temps.
"Mais... comment t'as su que je voulais y retourner ? demanda-t-il, étonné. Je n'ai rien dit qui..."
"Depuis quelques jours, tu t'es mis à parler dans ton sommeil.. avoua Eita, tout en se garant. Habituellement, c'est plutôt les ronflements qui empirent pendant la grossesse.. Mais toi, t'as élevé le niveau!"
"La ferme, chanteur de pacotille.."
Les joues rouges, ennuyé de s'être fait ainsi avoir, le chatain se détacha et se prépara à sortir, mais fut retenu par son compagnon.
"Tu as raison, ce n'est pas très drôle.. Mais c'est super mignon, tu sais.."
"N'importe quoi.. grommela le plus petit. Tu dois en avoir marre, oui.. Déjà je te soule tout le temps, je te réveille à des heures pas possibles parceque j'ai des envies bizarres.."
Les yeux écarquillés de surprise, le musicien l'écouta vider son sac, sangloter, ce qui le choqua encore plus, accoutumé à son calme olympien.
"De toute façon... conclut Kenjirou avec aigreur. Il y a pleins de greluches prêtes, et prêts, à me remplacer. Et qui seront moins chiants pour toi.."
"Qu'est-ce que tu racontes comme conneries, voyons... soupira son mari. Je suis très bien avec toi!? J'aime le fait que tu prennes des formes, et du poids, pour notre famille.. tu es si magnifique, à prendre soin de notre petit trésor, et à lui laisser prendre toute la place, ici.." ajouta-t-il, en lui caressant le ventre.
Il relâcha ses phéromones, espérant apaiser son Omega. Ce qui fonctionna plutôt bien, de ce qu'il pouvait ressentir, via leur lien.
"Tu sais.. Le fait que tu sois casse pieds, ça date pas d'hier, alors te prend pas la tête! Même si t'es plutôt calme comparé à quand on était à Shiratorizawa.."
"Vas te faire voir! rétorqua le médecin, piqué au vif, à présent bien plus zen. Pour la peine, je prendrais autant de ramen que je veux.. et tu prendras un "Smiley" aussi!"
"D'accord, Kenjirou tout ce que tu vou.. oï, tu sais très bien que j'ai du mal avec tout ce qui est épicé !!! Pourquoi est-ce que tu.."
Eita se tourna vers le chatain, qui le dévisageait, l'air moqueur.
"Pas la peine de tout prendre au pied de la lettre, tu sais.. ricana celui-ci, en sortant de la voiture. Bon on y va oui? Je meurs de faim!"
L'ex passeur plus âgé le suivit tout aussi vite, maudissant intérieurement les hormones et les humeurs changeantes de l'amour de sa vie. Même si, vu le cadeau incroyable qu'il lui faisait, il était prêt à supporter n'importe quoi de sa part...
