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Les Larmes du Phénix (Snarry)

Summary:

Lors de la bataille de Poudlard, Harry a sauvé la vie de Severus Rogue et révélé au monde sorcier son véritable rôle d'espion aux ordres de Dumbledore.
Quelques mois plus tard, quand il revient au château avec ses amis pour valider leur année d'ASPIC, il le retrouve un peu changé, mais les images de la guerre qui le hantent et la dépression qui le guette l'empêchent de s'en rendre pleinement compte.

Alors qu'il ne sourit plus depuis des mois et qu'il cherche à s'isoler, un événement qui ne va pas se dérouler comme prévu va le rapprocher de son terrible professeur de potions.
Dans ce contexte d'après-guerre où de nouvelles menaces semblent émerger, ce qu'aucun d'eux n'avait prévu est sur le point de se produire.

Cette histoire est un snarry, oui, mais un snarry où Harry est majeur et n'est jamais qualifié « d'adolescent ». Parce que ça va deux minutes les fanfics cheloues.
Je crois que c'est aussi un snarry qui prend son temps. Si vous espérez du smut dès le chapitre 3, vous risquez de rester sur votre faim.

Chapter 1: Larmes et encouragement

Notes:

(See the end of the chapter for notes.)

Chapter Text

La journée est superbe. Le soleil est de sortie et une légère brise circule dans les rues de Préaulard.
Les mains dans les poches de son pantalon moldu, Harry Potter déambule sans se presser.

Le Poudlard Express n'arrivera pas avant trois bonnes heures et, bien qu'il soit heureux de retrouver l'école si chère à son cœur, celui-ci ne peut s’empêcher de se serrer à l'idée de revenir une fois encore dans ce lieu où tant de drames ont eu lieu.

Sa malle volette à ses côtés grâce à un charme d'accompagnement et il arrive au final bien plus vite que prévu à la grille de la célèbre école de magie.
Fermée.
Bien sûr.
Elle ne serra ouverte qu'au moment de faire entrer les élèves. Pourquoi n'y a-t-il pas réfléchi avant de faire le déplacement ?

Dans un soupir, l’Élu, sort sa baguette et d'un mouvement du poignet, lance le sort qui lui permettra de ne pas avoir à poireauter stupidement en attendant la foule qu'il a souhaité éviter en ne prenant pas le train pour sa dernière rentrée.

— Expecto Patronum.

En lieu et place du fier cerf à la large ramure, apparaît un faon malingre qui peine à tenir sur ses quatre petites pattes.

— Va chercher Mcgonagall ou un autre professeur, ordonne-t-il en se concentrant sur la demande que l'animal argenté devra transmettre.

Sans attendre son reste, le faon s'éloigne en boitillant, infiniment plus lent que la version de lui-même au top de sa forme que Harry ne parvient plus à invoquer depuis des mois.

En soupirant, le jeune homme s'assied sur la malle qu'il a posée sur le chemin. Préférant ne pas regarder plus longtemps la forme argentée amputée de ce qui la rendait si sublime disparaître sur le sentier menant au château, il baisse les yeux sur le gravier qu'il trifouille du bout du pied.

Cette rentrée, il n'était pas sûr de la faire. Cette septième année de rattrapage. Et si Hermione n'avait autant insisté, il y aurait probablement renoncé.

— Mais Harry ! Comment veux-tu devenir Auror si tu ne termines pas ta scolarité ? Jamais tu ne pourras intégrer les formations du ministère si tu ne passes pas tes ASPIC !

Alors comme ça, le ministère serait foutu de lui refuser un poste parce qu'il lui manque un stupide diplôme ? À lui ? L'élu ? Celui qui a survécu ? Celui qui a vaincu ?

Foutaises. Il n'en croit pas un mot.

Et en même temps, il est le premier à vouloir être traité comme les autres. Comme si sa destinée n'avait pas été incroyable et qu'il n'avait pas tué le plus puissant mage noir de tous les temps. Comme s'il était vraiment « juste Harry ».

Il soupire une fois encore, car là n'est même pas le problème. Le problème, c'est qu'il n'est plus du tout sûr de vouloir être Auror.

Continuer à se battre, devoir peut-être à nouveau tuer, être encore et toujours une source d’inquiétude pour ses proches. Ces mêmes proches qu'il mettra en danger par le simple fait d'exister et de courir après de nouveaux mages noirs. Et se souvenir jour après jour de tous ceux qui ont donné leur vie pour que lui puisse continuer la sienne. Une vie dangereuse, injuste, égoïste.
Il n'est plus aussi sûr qu'il l'était quand il avait 14 ans que ce soit ce qu'il souhaite pour le restant de ses jours.

 

— Monsieur Potter.

Harry relève la tête précipitamment.

— Le Poudlard express n'est plus assez bien pour vous, maintenant que vous êtes devenu une véritable célébrité ?

Rogue. Pourquoi, entre tous les professeurs, fallait-il que ce soit sur lui que tombe son patronus en premier ?
Se relevant, Harry marche jusqu'à la grille, toujours fermée, pour faire face à l'homme austère qui se tient de l'autre côté.

— Je l'étais déjà avant, il me semble. Et je pensais que vous, plus que quiconque, comprendriez que je ne souhaite pas me retrouver au milieu de la foule. Sur un quai bondé, par exemple, ou encore dans un train rempli d'enfants qui ont passé les quatre derniers mois à entendre être répétées des histoires par trop romancées à mon sujet.

Rogue plisse le nez et ses lèvres remontent en un rictus agacé.

— Toujours aussi arrogant, Potter.

Mais d'un mouvement de sa baguette, il suspend le sort qui maintient la grille fermée et celle-ci s'entrouvre juste assez pour permettre à Harry de passer, accompagné de sa large malle.

En remontant vers le château à ses côtés, Rogue ne daigne même pas lui adresser un regard. Harry ne s'était pas attendu à autre chose, mais malgré tout, il est déçu. Leur relation aurait pu s'améliorer au vu des révélations faites après la guerre, mais au lieu de ça, Rogue semble encore plus le détester qu'avant.

 

En arrivant dans la cabane hurlante, après l'attaque de Nagini, Harry, Hermione et Ron avaient trouvé Rogue mourant et celui-ci, en lui attrapant le poignet, lui avait enjoint de récupérer ses souvenirs. Demande à laquelle Harry avait voulu se plier sans traîner.

— Une fiole, Hermione. Vite !

Il s’apprêtait à récupérer les larmes du directeur, quand il avait remarqué que la fiole tendue par son amie n'était pas vide. Dans son fond, un liquide opalin à peine visible, presque totalement évaporé après tant de mois. Et alors, Harry avait poussé une exclamation de surprise.

Sans qu'il le veuille, il avait été ramené un an plus tôt, le jour de la mort d'Albus Dumbledore.
Après avoir pleuré le vieil homme tombé du haut de la tour d’astronomie et lui avoir rendu un dernier hommage, le jeune sorcier avait vu apparaître le phénix rouge qui lui avait un jour apporté le vieux choipeau dans la chambre des secrets.

L'oiseau, dévasté par la perte de son plus vieil ami, chantait une mélodie à vous briser le cœur. Il avait tournoyé un long moment au-dessus du château, puis s'était finalement posé aux côtés d'Harry, qu'il reconnaissait peut-être comme le favoris du décédé. Il avait chanté juste pour lui un long moment alors qu'Harry lui caressait la tête, puis avait versé quelques larmes avant de s'envoler et de disparaître à jamais.

Les larmes qui avaient coulé de ses yeux, Harry les avait emprisonnées dans une fiole vide qui traînait dans une de ses poches, trop conscient de la valeur de ces quelques gouttes.

La fiole avait ensuite été rangée dans sa malle et avait fini par disparaître peu de temps après, alors qu'il logeait chez les Weasley. Harry avait alors pensé qu'il l'avait perdue et, au fil des mois, elle lui était sortie de la tête au point d'en oublier jusqu'à son existence.

Ce soir-là, pourtant, au chevet du professeur de potion qui s'éteignait dans ses bras, elle refaisait surface, et Harry comprenait enfin qu'elle n'avait jamais été perdue. Qu'elle attendait juste son heure.

Hermione, en préparant les sacs dans leurs dos, l'avait emportée sans même savoir de quoi il s’agissait. Et aujourd'hui, alors qu'elle n'aurait pas pu être plus utile un autre jour, à l'exception peut-être de celui de la mort de Dobby, ou de la fois au Ron s'était fait désartibulé, elle se présentait à nouveau à lui.

Pourtant, l'idée de l'utiliser sur Rogue n'était pas si évidente.
L'homme était un traite, il avait tué Dumbledore, terrorisé les élèves et avait accepté qu'ils se fassent torturer par des mangemorts.

Harry avait hésité.
Et Rogue l'avait poussé une fois encore à prendre ses souvenirs. Avant qu'il ne soit trop tard.

C'était la guerre, et il n'y avait pas de temps pour l'hésitation.
Harry avait versé les larmes de Fumseck sur les blessures de Rogue et avait emprisonné ses souvenirs dans la fiole nouvellement vide avant que l'homme ne récupère ses esprits et ne change d'avis.

Ainsi, il avait pu découvrir, horrifié, les combines de Dumblerdore, la mise à mort à laquelle Rogue avait dû se résoudre contre son grès. Il l'avait vu, aimant Lily, sa propre mère. Il avait découvert qu'il était le premier à être arrivé sur les lieux du massacre 16 ans plus tôt. Il avait vu le professeur pleurer, aussi dévasté que lui, gros bébé joufflu, désormais orphelin.

Après la bataille de Poudlard, Rogue avait été jugé et Harry s'était levé, comme Dumbledore en son temps, pour laver l'honneur du mangemort repenti.

Il avait été forcé de partager les souvenirs du Maître des Potions pour prouver ses dires et, à partir de ce jour-là, l'homme taciturne était devenu un nouveau héros. Admiré, apprécié et reconnu pour le rôle qu'il avait joué dans la résistance contre les forces du mal.

Rogue était libre.

Mais plus encore, Rogue le haïssait.

Lui, qui avait caché toute sa vie durant les bons côtés de sa personnalité, ne pouvait supporter d'être ainsi devenu l’Égérie des gentils.

 

Malgré ça, Harry ne regrette rien.
Certes, Rogue est un emmerdeur, mais ce jour-là, il a sauvé un innocent, un résistant, un espion doué qui s'est oublié dans l'Histoire, qui a tout donné à l'Ordre sans jamais rien recevoir en échange, que la haine de ses élèves et de ses coéquipiers. Et si ça ne rattrape pas tous les morts qu'il y a eu avant, tout ceux qu'il y a eu après, au moins n'a-il pas eu à ajouter sur ses épaules le poids de la culpabilité de cette mort là en plus des autres.

 

Ils n'ont fait que longer la forêt interdite jusqu'à présent, en silence, chacun plongé dans son propre enfer personnel, et enfin, après un ultime virage, les voilà qui font face au château.

Harry retient de justesse une exclamation de surprise, mais Rogue a le temps de la voir se peindre sur son visage.

— Ça semble vous surprendre, Potter, grince-t-il.

— Le château... Il est... comme avant.

— Bien sûr, qu'il est comme avant. Vous pensiez que nous le rebâtirions sur les plans de Fontainebleau ?

Est-ce... une tentative d'humour ?
Non, c'est du sarcasme, à n'en pas douter. Pourtant, Harry se retourne vers son professeur, incertain.

— Nous ne vous avons pas aperçu lors de la reconstruction, Potter, lâche, dédaigneux, le Maître des Potions.

— Je ne pouvais pas...

— Trop occupé ?

— Trop accablé.

Pendant un instant, Harry croit que l'homme à ses côtés n'osera rien ajouter. C'est déjà bien assez difficile comme ça, non ? Mais, contre toute attente, il plonge ses yeux noirs dans les siens, plus clairs, et reprend.

— Il faudra vous ré-autoriser à vivre, Potter. Vous fustiger ainsi ne fera pas revenir les morts.

Dans la voix du professeur, Harry sent une lassitude, mais ne parvient pas à identifier si elle lui est destinée ou si elle est le témoin du mal-être qui habite peut-être aussi l'homme.

— C'est censé être... des paroles d'encouragement ? Professeur ?

Ce dernier mot est ajouté précipitamment, après un regard assassin de Rogue, mais celui-ci n'a pas relevé l'impertinence d'Harry depuis leur rencontre aux grilles de l'école et ne comptait pas le faire à ce moment non plus.

Lui-même trouve ça surprenant. Depuis quand est-il si conciliant ?

Détournant les yeux pour les poser sur les tours du château, il soupire d'agacement.

— Bien sûr que non. Mais n'oubliez pas que vous avez vos ASPIC à passer cette année, Potter. Et que vous n'avez pas eu beaucoup d'occasions l'an passé pour étudier. Cessez de vous torturer l'esprit pour des choses que vous ne pouvez pas changer.

— Ça ressemble quand même beaucoup à des mots d'encouragements.

— Souhaitez-vous vraiment que je retire des points à Gryffondor avant même le début de l'année ?

Pour la première fois depuis des mois, Harry étouffe un sourire.
Jamais le Rogue d’antan ne l'aurait menacé de la sorte. Il lui aurait juste retiré les points.

Notes:

Hey les gens !

Cette fanfiction est en cours de publication sur Wattpad depuis fin novembre 2021. Comme il ne me reste que trois ou quatre chapitres à écrire, j'ai commencé une petite relecture/correction des premiers et je vais les publier ici en plus de là-bas.
Ça devrait aller assez vite puisque les 15 premiers sont prêts et que j'avance plutôt vite dans mes corrections.

En espérant que ça vous plaise, même si ce chapitre n'est vraiment que de l'exposition.
Des bisous.