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Category:
Fandom:
Character:
Additional Tags:
Language:
Français
Series:
Part 39 of Elayan's Bradbury Project 2021
Stats:
Published:
2021-09-10
Words:
2,788
Chapters:
1/1
Kudos:
1
Hits:
4

La Couronne et le Sorcier

Summary:

Les mois ont passé depuis qu'Edgar est entré dans le royaume d'Hectorine. Il l'a épousée et est devenu roi. Mais une lecture s'impose à Hectorine, indiquant que quelque chose est sur le point de se passer.

Notes:

[Projet Bradbury #36] Cette nouvelle a été écrite en une semaine seulement, et relue une seule fois avant publication.
Le super pouvoir d'Hectorine est archi-méta et difficile à expliquer et à présenter. Par définition, ça en fait un sujet de travail intéressant :)

Work Text:

Le soleil clair était encore bas et la brise qui agitait doucement les rideaux était encore fraîche. Un silence studieux régnait sur le bureau royal. Une couronne d'or était posée sur le bureau ornementé qui trônait au centre de la pièce. Le jeune roi Edgar l'avait négligemment abandonnée là, gêné par son poids. Il ne s'y faisait pas. Il préférait ne pas la porter s'il n'y était pas obligé. Il préférait ses boucles blondes libérées de toute entrave. Il en allait de même pour la cape de velours pourpre, qui gisait, esseulée, sur le fauteuil du bureau. Fauteuil sur lequel il n'était pas assis, d'ailleurs. Il se trouvait plus confortable sur le sofa près de la fenêtre, là où l'air matinal pouvait rafraîchir ses joues échaudées par la concentration. Il ne lui viendrait jamais à l'esprit de négliger ses devoirs royaux, mais il ne comprenait pas qu'on attende de lui qu'il rédige tous ses courriers en tenue d'apparat complète alors même qu'il était seul dans cette pièce.

Enfin, presque seul, pensa-t-il en levant les yeux de sa rédaction. Un peu plus loin, sous une autre fenêtre, sa femme était alanguie sur une persienne. Elle brodait alors qu'il travaillait, mais il semblait qu'elle avait délaissé son ouvrage depuis longtemps déjà. Son regard était perdu au loin, tandis qu'elle caressait rêveusement l'arrondi de son ventre. Ils allaient avoir un fils, avait promis la sage-femme. Edgar se fichait de savoir si l'enfant qui naîtrait serait une fille ou un garçon. Il souhaitait simplement qu'Hectorine se porte bien. La semaine précédente, elle ne pouvait pas tenir debout sans être secouée de violentes nausées. Il ressentait un pincement au cœur rien que d'y repenser. Aujourd'hui, sa femme paraissait en pleine santé et il espérait que ça continue ainsi. Mais il savait que, même si c'était le cas, elle devrait tout de même accoucher et il en était terrifié.

Un sourire se posa sur le visage jusqu'alors serein d'Hectorine. Elle tourna la tête vers lui, attendrie et amusée à la fois. Le soleil prenait lentement des teintes plus chaudes, ornant de reflets dorés la coiffure de la reine.

- Mon tendre époux, lui dit-elle avec douceur, vous n'avez pas à vous inquiéter autant. Nombre de femmes sont devenues mères avant moi. Nombre de femmes étaient bien moins entourées que moi. Tout se passera bien.

Edgar écarquilla les yeux de surprise, avant de comprendre.

- Je ne m'attendais pas à ce que vous me lisiez à nouveau un jour, dit-il avec une légère acidité.

Ce n'était plus arrivé depuis des mois. En fait, ce n'était arrivé qu'une seule fois, lors de leur première rencontre, et il goûtait encore l'amertume d'être passé pour un idiot.

- Vous ne m'êtes pas apparu comme un idiot, corrigea Hectorine, dont le souire s'étirait encore davantage.

Edgar posa sa plume et se pinça l'arête du nez. Cette situation était très inconfortable. Il ne pouvait pas contrôler son flot de pensées et Hectorine ne pouvait pas contrôler sa lecture . Savoir qu'elle lisait toutes ses pensées lui faisait craindre ses propres idées. Et s'il se mettait tout d'un coup à réfléchir à quelque chose d'horrible ou d'obscène, sans même que ça l'intéresse particulièrement, juste parce qu'il s'agirait de quelque chose qu'il ne voulait pas qu'elle ait à lire ?

- Venez auprès de moi, s'il-vous-plaît, invita Hectorine en se redressant avec difficulté.

Le poids de l'enfant à naître ne la gênait que très peu, d'ordinaire, sauf quand il s'agissait de quitter une position allongée. Comme si l'enfant était si paresseux qu'il forçait sa mère à rester couchée. Edgar secoua la tête. Quelle idée saugrenue - un excellent exemple de ce qu'il craignait. Des pensées aléatoires qui pouvaient aller dans n'importe quelle direction. Des chevaux fous, affolés par un feu de forêt.

- Edgar ! appela Hectorine.

Il tressaillit. La fermeté dans sa voix l'avait surpris. Il se précipita vers elle, saisissant les mains qu'elle lui tendait. Elles étaient froides, mais douces. Il les enserra entre ses paumes, puis souffla sur les doigts et les embrassa doucement.

- Il vous suffit de vous concentrer sur une tâche, murmura Hectorine, quelle qu'elle soit. Vous pouvez retourner à votre courrier si vous le souhaitez ou rester auprès de moi.

Il sourit tant l'invitation était brillante dans les pupilles vertes de sa femme. Il se pencha sur elle pour déposer un baiser sur son front.

- Je ne pense pas que ma prose médiocre vous offre une lecture bien intéressante, s'excusa-t-il dans un gloussement.

- Alors le texte se fera plus lent, le temps d'une ellipse, répondit-elle en haussant les épaules. La lecture n'est pas une science exacte et je ne sais pas encore quel est le sujet de cette scène…

Edgar traça du bout des doigts le contour du visage de sa femme. Il savait depuis son enfance qu'il épouserait une jolie princesse, il avait passé des années à contempler ses portraits, à s'habituer à ses traits, à en apprécier les tracés. Il avait découvert qu'elle était en plus une belle personne, attentive et attentionnée envers lui, simplement pour lui être agréable, ainsi que patiente et compréhensive envers ses défauts. Il essayait de lui rendre la pareille, mais il se demandait souvent s'il faisait aussi bien. Hectorine se détourna, cachant la rougeur de son visage derrière une main embarrassée.

- Vous me flattez trop, balbutia-t-elle. Je souhaite seulement que nos moments ensemble soient les plus agréables possibles. Et puis…

Elle toussota et se redressa, lissant machinalement les plis de sa robe.

- Et puis, vous aussi, vous faites cet effort, déclara-t-elle.

Edgar sourit. Il se pencha à nouveau sur elle, cette fois pour quémander un baiser, qu'il obtint avec une simplicité et un naturel qui lui réchauffa le cœur. Il y avait un goût de miel sur ses lèvres. Il s'efforça de penser le plus fort et le plus distinctement possible, afin d'être certain que ce soit l'élément important de cet instant de lecture , qu'elle ne puisse pas le rater : "Je ne fais pas d'effort, Hectorine, je suis fou amoureux." Il la sentit se raidir sous lui, gênée sans doute, peut-être sur le point de s'échapper à nouveau, puis se raviser et s'agripper à son coude, sans rompre le baiser. Une douce torpeur embruma l'esprit d'Edgar et il perdit la notion du temps.

- Edgar !

L'intéressé revint abruptement à la réalité. Hectorine l'avait repoussé et le maintenait à distance d'une main posée sur son torse. Ses sourcils se fronçaient avec inquiétude et appréhension. Edgar réalisa alors que de lourds nuages s'étaient rassemblés au-dessus du château : l'ambiance était sombre, alors que le ciel était clair quelques instants auparavant. Un vent de mauvaise augure sifflait en s'insinuant dans la pièce.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Hectorine.

Edgar lui retourna son regard interrogateur. Il n'en avait pas la moindre idée. Mais il percevait quelque chose dans ce souffle, pareil au cri de souffrance d'un lointain animal, quelque chose qui crépitait sur toute la surface de son corps. Il sentit sa magie se réveiller instinctivement. Le visage d'Hectorine, qui l'observait toujours, se décomposa lorsqu'elle vit les pupilles claires de son époux virer au violet intense. Nul sorcier ne pouvait camoufler l'usage de la magie. Elle se leva rapidement et, ensemble, ils reculèrent vers le centre de la pièce, à l'affût.

Le jeune roi serra les dents. Des mois s'étaient écoulés depuis qu'il avait été couronné, des mois si tranquilles qu'il en avait oublié la menace que représentait son père. Il avait même arrêté d'espérer qu'il ne viendrait jamais réclamer son dû, convaincu qu'il ne viendrait simplement jamais. Il avait été trop optimiste. Il avait été idiot. Il sentit les mains de sa femme se refermer sur son bras mais se força à ne pas regarder dans sa direction. Elle savait ce qu'il se passait, à présent, elle pouvait lire sa bêtise et, attentionnée, comme à son habitude, elle cherchait à le réconforter. Il ne voulait pas de ce réconfort. Il ne le méritait pas.

- Edgar, je t'en prie, ne dit pas de bêtises, grinça Hectorine.

Cette fois, Edgar tourna sur ses talons plus vite qu'un battement de cils.

- Toi , ne dis rien ! aboya-t-il en lui agrippant violemment les épaules.

Le regard terrifié qu'elle lui lança le fit chanceler. Il la lâcha immédiatement et fit même un pas en arrière, surpris de sa propre agressivité, sonné par la peur qu'il avait causé chez elle. Plusieurs émotions se succédèrent sur le visage d'Hectorine, toutes indéchiffrables, jusqu'à ce que la compréhension s'y installe enfin. Edgar ne desserra pas les dents, mais c'était un réconfort de savoir qu'elle garderait le silence sur son pouvoir.

Le vent s'intensifia tout à coup. Des bourrasques violentes jetèrent chaises et objets au sol. Des piles de papier s'envolèrent en tourbillon. Un bougeoir fut arraché de son lambris et s'écrasa au pied du couple royal. Les yeux d'Edgar sautaient d'un point à l'autre, suivant les bruits des chutes et des chocs. Quelque part dans ce brouhaha visuel s'en trouvait l'instigateur, quelque part dans ces courants d'air malfaisants. Il réalisa bien vite que l'œil du cyclone s'était fixé sur le bureau. La couronne était le seul objet à ne pas avoir été renversé, elle était toujours posée là où elle avait été laissée. Le vent retomba tout à coup et, comme s'il avait toujours été là, un homme se dressa devant ce symbole de pouvoir.

Un violent frémissement glacé frotta contre les vertèbres d'Edgar. Il se raidit et serra les poings pour n'en rien laisser paraître. L'homme le toisait avec un mépris certain. C'était une personne riche et puissante à n'en pas douter : ses habits de velours sombre témoignaient de son opulence. Sa longue barbe était si soignée qu'elle en brillait. Mais les traits de son visage, contractés par une colère froide, et la rage qui brillaient dans ses yeux violets, suffisaient à faire oublier le respect qu'il pourrait inspirer en faveur d'une peur instinctive. Une peur contre laquelle Edgar luttait avec toute la volonté qu'il avait en lui.

- Voilà des mois que j'attends de tes nouvelles, fils.

La barbe n'avait même pas frémi. La voix n'avait été qu'un murmure. Mais les mots du roi-sorcier portaient plus loin que ceux de n'importe qui d'autre, et leurs échos résonnaient longtemps aux oreilles de ceux qui les entendaient. Son regard quitta le visage fermé d'Edgar pour se porter sur celui de la femme qui se tenait derrière lui, avant de tomber sur son ventre arrondi.

- Tu as eu d'autres occupations, semble-t-il.

Edgar fit un pas en avant, soudain rouge de colère.

- Pars d'ici ! hurla-t-il. Va-t-en !

Le roi-sorcier perdit sa superbe dignité en haussant les sourcils sous l'effet d'un étonnement étrangement naturel. Un sourire amusé déforma sa barbe et il se mit à glousser, comme pris par surprise par un bon jeu de mots. Les entrailles d'Edgar se contractèrent. Jamais il n'avait ressenti une telle fureur. Il se moquait ! Il se moquait de lui ! Il aurait voulu lui faire ravaler son rire, ici et maintenant, mais il lui restait juste assez de sang-froid pour hésiter. Il ne s'était jamais mesuré à son père - il n'avait même jamais utilisé sa magie que pour de petites choses sans prétention -, comment savoir s'il était seulement capable de lui faire face ? Aussi, Hectorine était juste là, ce n'était pas un aspect de lui qu'il souhaitait lui montrer. Non, il devait éviter d'en venir là. Il desserra les poings et s'efforça de respirer calmement. Il devait placer la protection de sa famille en priorité.

- Tu as choisis le pire moment pour apprendre à penser par toi-même, siffla le roi-sorcier en se tournant nonchalamment vers le bureau. Mais je ne t'en veux pas : tu es mon fils et tous les fils font des erreurs. Il est encore temps de réparer la tienne et d'accomplir ta tâche.

Il se pencha en avant pour observer la couronne. En l'absence de lumière du soleil, elle semblait vidée de toute sa substance royale. Une bête coiffe en métal gravé. Edgar sentait son cœur battre à en faire vibrer ses os. Sa tâche… Il avait l'impression d'avoir toujours été auprès d'Hectorine, d'avoir toujours habité dans ce château, d'avoir toujours été roi. Ses souvenirs de sa vie avant son couronnement semblaient appartenir à quelqu'un d'autre. Quelqu'un sans intention, sans désir ni avenir. Il avait des responsabilités, à présent - non, il était responsable . Responsable de son royaume et de ses sujets. Responsable de son château et de sa servitude. Responsable de sa femme et de son enfant à naître. Et la tâche qui lui avait été donnée par le passé entrait en contradiction avec ces responsabilités.

Edgar n'accomplirait pas sa tâche. Il ne tuerait pas sa reine et il ne donnerait pas sa couronne à son dangereux roi-sorcier de père.

Mais il était plus qu'improbable que l'importun se contente de repartir sans obtenir ce qu'il voulait. Il se pouvait même que la situation dégénère rapidement. Il fallait qu'Hectorine sorte d'ici au plus vite. Ce roi-sorcier était plus menaçant d'instant en instant et Edgar était de toute évidence déterminé à en découdre.

Pars avec lui, pars avec lui, pars avec lui.

Comme un mantra, Edgar se répétait la même pensée. Son regard était braqué sur la silhouette du roi-sorcier qui observait les pierreries de la couronne avec attention, mais dans son dos il faisait discrètement signe à sa femme. Le capitaine de la garde avait discrètement ouvert une porte dissimulée dans le mur, entre deux grosses armoires. Hectorine hésita un bref instant avant de se résigner à la décision qui menait à la sécurité du plus grand nombre.

- Pensez-vous que je ne vous vois pas ? demanda doucereusement le roi-sorcier, sans quitter la couronne des yeux. Je suis et je vois partout où le vent me porte.

- C'est entre toi et moi, s'interposa Edgar.

- Pas si tu continues à t'opposer à moi, lui répondit son père.

Le nez d'Edgar se plissa d'une rage contenue. Hectorine observa un bref instant le roi-sorcier, son époux, puis le soldat. Ce dernier tenait la porte ouverte pour elle, de profondes traces d'inquiétude gravées sur tous ses traits.

- Je ne repartirai pas sans ma couronne, annonça calmement le roi-sorcier.

- Ce n'est pas la couronne qui fait le roi, répondit Hectorine sur le même ton.

Les pupilles du roi-sorcier se fichèrent sur elle comme deux flèches enflammées. Hectorine n'eut le temps d'émettre qu'un faible hoquet de stupeur avant que l'homme ne se dissolve dans l'air pour réapparaître juste devant elle, un bras en l'air. Le capitaine et le roi réagirent instantanément : le premier bondit hors de son couloir caché et l'autre se rua sur son père. Hectorine fut happée par la poigne puissante du soldat, mais son regard restait rivé sur ce gigantesque sorcier, démesurément grand, au-dessus d'elle. Elle vit la lumière se ternir autour de lui et, à l'inverse, ses yeux violets se mettre à briller. Mais avant qu'il n'abatte son bras, elle avait été arrachée à sa proximité. Avant qu'il n'abatte son bras, une autre lumière pourpre naissait là où se trouvait Edgar. Et tandis qu'elle était avalée par l'ombre des étroits corridors dans les murs du château, elle put entrevoir une explosion crépitante de rouge et de bleu.

Après, ce fut le noir complet. Le bras du capitaine la tenait fermement contre lui, l'entraînant à sa suite le long d'un corridor tortueux qu'il connaissait par cœur. Elle n'entendait plus aucun son provenant du bureau. Était-ce dû à l'épaisseur des murs ? Étaient-ils sortis ? Ou bien le combat était-il déjà terminé ? Elle ne pouvait pas le savoir. Elle savait seulement qu'elle ne voyait rien, qu'elle n'entendait rien. Enfin, presque rien. Elle pouvait percevoir les reflets d'une faible lumière dont la source était introuvable. Elle pouvait entendre sa propre respiration, sifflante et erratique. Elle lisait les mots qui exprimaient ces perceptions.

- Milan, attends, arrête, bégaya-t-elle, prise d'une soudaine angoisse.

Le soldat ne se fit pas prier et obéit immédiatement. Dans le noir, elle pouvait quand même sentir son regard. Ses pupilles devaient être habituées à la pénombre. Elle sentit ses paumes rugueuses la palper avec délicatesse, cherchant les indices d'une blessure quelconque.

- Je vais bien, lui jeta-t-elle en lui saisissant les poignets. Mais… mais pourquoi… pourquoi ?

- Quoi ? fit Milan, désemparé.

Il ne cherchait pas à se libérer. Il attendit, mais aucune réponse ne vint. La respiration d'Hectorine remplissait le silence du couloir, dont les contours devenaient de plus en plus facilement perceptibles. Milan pressa son front contre celui d'Hectorine.

- On peut rien pour lui, soupira-t-il. Les trucs de magie, c'est pas pour les gens comme nous. Et c'est pas juste mon avis, c'est le sien aussi. "Protéger la reine de la magie", qu'il m'a dit. Ça fait bien un ordre facile à suivre.

- Je sais déjà tout ça, répondit Hectorine dans un murmure préoccupé.

- Alors quoi ?

- Ma lecture aurait dû s'arrêter, murmura-t-elle tout bas.

Encore plus bas, une pensée se présentait à elle :

Je suis ma propre héroïne ?

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