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Rating:
Archive Warning:
Category:
Fandom:
Additional Tags:
Language:
Français
Stats:
Published:
2022-06-07
Completed:
2023-11-18
Words:
134,723
Chapters:
117/117
Comments:
50
Kudos:
4
Bookmarks:
3
Hits:
428

Aster

Summary:

Elizabeth, alchimiste de son état, se retrouve à coopérer avec une entité mystique quand elle se retrouve coincée dans une affaire de magie noire. Puis à l'aider. Puis à l'apprécier. Puis à ce que ce soit réciproque. Les deux avaient salement besoin de compagnie, à vrai dire.

Notes:

OK pour être franche, je taffe sur ce truc depuis un bail, et pour éviter de tout jeter d'un coup(y'a déjà 43k mots), je vais poster un chapitre tous les 2 jours jusqu'à ce que tout ce que j'ai déjà fait soit posé.
Je me permets d'utiliser AO3 malgré le fait que ça soit une œuvre originale parce que déjà je me suis inspirée de pas mal de trucs (notamment Bee and Puppycat, le chapitre de Sandman "Des hommes de bonne fortune"...) pour le faire, mais aussi parce que la vibe chill et platonic-fluffy que j'essaie d'avoir fait un peu fanfic au fond.

Chapter 1

Notes:

Partie 1 : Rencontre

Chapter Text

Cette histoire commence en l’an 11 997 du calendrier international. Le monde s’était en grande partie remis des blessures de la Dernière Guerre, l’informatique commençait à se démocratiser et à changer la face de la terre, et la disco était morte et enterrée. J’étais, et je suis toujours, installée en Bretagne. Et j’étais, et je le suis toujours, alchimiste. Enfin, surtout alchimiste. Je travaillais aussi un peu dans le domaine de l’enchantement d’objets. Reconversion professionnelle, vous voyez. L’alchimie était une discipline mourante dans le monde arcanique. Trop peu de personnes qui la prenait au sérieux, trop d’escrocs qui donnaient raison aux autres.


Cette année-là, j’étais allée dans une convention arcanique tenue à Paris. Dans l’espoir de me renseigner un peu sur les avancées récentes, peut-être trouver d’autres alchimistes. Peine perdue, cependant. Ce genre d’évènements me mettait mal à l’aise. J’ai des problèmes avec les foules. Et j’avais du mal à être prise au sérieux. Triste ironie, certains de mes plus grands accomplissements, qui devraient prouver la valeur de ma discipline, seraient sources de ridicule si j’essayais de m’en venter. C’était comme promouvoir de l’homéopathie dans une convention médicale. Au mieux, vous passez juste pour un margoulin. Sauf que moi, j’avais des vrais miracles à montrer.


J’ai cependant attiré l’attention de quelqu’un. Un jeune idiot, j’avais cru, membre d’une assemblée expérimentale. Il semblait prendre mon art au sérieux, et me proposait de joindre un projet mené par son groupe. J’ai fini par l’envoyer paître, cependant, lorsqu’il m’informa du sujet de ses expériences : l’invocation d’esuriit.
Autant vous expliquer tout de suite : les esuriit, c’est des saletés extra-dimensionnelles. Ça détruit tout sur son passage, et c’est incontrôlable. Sauf que, pour une raison que j’ignorais à l’époque, quand ils arrivent sur notre plan, ils débarquent avec une décharge d’énergie magique volatile pure. Qui peut du coup facilement être récoltée, canalisée…Du coup y’a des techniques mises au point pour en invoquer un, et le tuer dès son arrivée avant qu’il n’ait le temps de proprement se former, pour récupérer la décharge de magie venue avec lui. C’est dangereux, stupide, dangereusement stupide et stupidement dangereux. D’autant plus que, dans les rares écrits sur le sujet, on parlait de prédateurs étranges venant frapper les esuriit sauvages et les mages qui les avaient invoqués. Des humanoïdes de feu et d’éclair, aux pouvoirs magiques immenses. Ce n’était donc qu’une magie noire irresponsable qui ne valait pas le risque. Je ne savais même pas pourquoi elle n’avait pas été oubliée au fil des siècles.


Après que j’ai refusé l’offre, donc, le type me demande les références d’articles que j’ai écrits, au moins histoire d’avoir des idées. Je lui donne donc 2-3 revues de sciences arcaniques dans lesquelles j’ai été publiées, et pour quels articles. Je fais souvent dans le nom de plume, mais pour l’une d’entre elle, c’était sous mon vrai nom, Elizabeth Carter.


Sauf qu’en fait c’était une grosse erreur. De donner mon vrai nom à ce type dont je savais qu’il pratiquait de la magie noire. Parce qu’il s’avère qu’il a fait ses recherches après…et qu’il a trouvé un de mes papiers. Un de mes VIEUX papiers. Parce que voilà quelque chose que je ne mentionne pas souvent : je suis née en 11 843. Donc oui, si vous faites le compte…j’avais 154 ans, à l’époque. Sans avoir l’air d’en avoir plus de 35. Quand je vous disais que j’avais fait des miracles. Et pas de bol, ce mec avait trouvé un de mes premiers articles. Je n’étais même pas encore immortelle à l’époque de celui-là. Les étoiles seules savent comment il l’a trouvé.


Et je m’étais rendu compte de mon erreur quelques semaines plus tard. Alors que j’étais tranquillement dans une chambre d’hôtel lors de petites vacances que je m’étais offerte, j’ai été sauvagement attaquée, assommée, et kidnappée par une bande de malfrats surprenamment bien organisés. Je me suis réveillée au milieu d’une salle de rituel, suspendue en l’air au milieu d’un cercle runique, à me demander ce que j’avais fait pour mériter ça. Plusieurs individus patibulaires m’encerclaient, et parmi eux je reconnu l’énergumène avec qui j’avais discuté l’autre fois. Ce dernier, après un court discours sardonique où il se fit un plaisir de détailler comment il m’a trouvé et découvert ma longévité, ne s’est cependant pas donné la peine de m’expliquer ce qu’il comptait faire de moi.
Quand lui et sa cabale commencèrent à incanter des psaumes impies dans des langues interdites, la première hypothèse que je formulai était que j’allais servir de sacrifice, mais je ne voyais pas l’intérêt de spécifiquement prendre quelqu’un comme moi pour ça. La deuxième étant que c’était un moyen de m’asservir afin de me forcer à les aider.


Cependant, quand toutes les lumières s’éteignirent et que le plafond juste au-dessus de moi sembla se fendre, ouvrant une faille vers un abysse de nuit infinie et de flammes sans lumière, je compris que ma première hypothèse était la correcte. Etant immobilisée et incapable de faire quoi que ce soit pour me sauver, j’ai passé ce que j’imaginais être mes derniers instants à essayer de me résigner face à mon trépas imminent.
Puis, un projectile occulte s’extirpa de l’abysse, et me transperça le buste en une fraction de seconde. J’avais l’impression de m’être fait tirer dessus. Mais alors que je criais sous la douleur de l’impact, je vis que les lumières des cercles runiques maintenant le rituel en place commençaient à frétiller, et l’abysse au-dessus de moi se mettait à grandir. Et j’avais l’impression que quelque chose commençait à en sortir. Et vu la réaction des mages autour de moi, ce n’était pas exactement prévu.


J’ai…perdu le fil de ce qu’il s’est passé dans les quelques secondes qui ont suivi. Je me suis retrouvée à terre, toujours souffrant de l’impact reçu plus tôt, et je crois que la faille s’était refermée. J’en déduisis que les charmes et sortilèges s’étaient brisés. Et avant que j’aie le temps de me demander la cause de cette disruption, la réponse apparut au-dessus de moi : l’intrus que j’avais pressenti venir, finissant de prendre forme. Je n’avais jamais vu d’esuriit auparavant, mais j’avais lu des descriptions. Et plus tard, j’ai contemplé à quel point ces dernières ne faisaient pas honneur à l’horreur qui s’était manifestée devant moi.
Une figure à peine quadrupède, semblant formée de tentacules de nuit et de flammes obscures, se déplaçant de façon aberrante et sauvage. On lui devinait des yeux, et même une bouche, parmi les amas informes de matière et d’énergie. Il ne resta pas en place bien longtemps, sautant sur les mages qui ne s’étaient pas enfuit à temps. J’étais encore au sol, pendant ce temps. En plus de la douleur de l’impact plus tôt, je venais en plus d’avoir un esuriit juste au-dessus de moi. Et sans même m’avoir remarqué, sa présence seule m’avait blessée. J’ai encore du mal à décrire ce qui m’était arrivé. J’avais l’impression de bruler, mais pas brûler comme avec du feu. C’était plus comme avec de l’acide : une douleur persistante, mordant ma chair et ravageant la surface de ma peau pour s’enfoncer ensuite dans mes muscles.


Donc autant dire que je ne passais pas une très bonne journée. J’ai eu plusieurs expériences désagréables au cours de ma vie, mais celle-ci devait figurer parmi les pires.


Mais alors que j’essayais avec peine de me redresser sur mes membres à moitié dévorés et que l’abomination continuait son carnage au milieu des mages qui multipliaient les maléfices pour tenter de l’arrêter, quelque chose d’inattendu arriva.


Car dans les ténèbres et le chaos survint la lumière.


Au début j’étais juste éblouie et repoussée par l’éclat de lumière. Puis, quand je pus ouvrir les yeux, j’ai contemplé l’une des apparitions les plus étranges que j’ai pu voir de ma vie. Au beau milieu de la salle était apparue la silhouette d’une femme, nimbée de flammes et d’éclairs arborant toutes les couleurs du monde. Cette énergie sauvage et bariolée semblait exploser d’elle en permanence, comme un brasier dont le feu se rependait à plusieurs mètres à la ronde.
Et à l’arrivée de cette guerrière auréolée, même l’horreur sauvage qui s’était immiscée dans notre monde avec une furie inconcevable s’était tue et immobilisée pendant quelques instants.


Puis le combat commença. Bien qu’être témoin d’un duel entre une horreur à la limite du concevable et une entité mythique à l’aura légendaire soit tentant, les décharges d’énergies ressortant de leur affrontement finissait de réduire en miettes ce qu’il restait de la salle de rituel. Je pouvais survivre à des sévices bien pires que la plupart des gens, mais je n’étais pas du genre à tenter le diable non plus. Par chance, avec mes mains maintenant libérées (bien qu’endommagées), j’avais un moyen de me sortir du pétrin dans lequel j’étais. J’attrapai alors le pendentif que je portais autour de mon cou, dans lequel j’avais dissimulé une petite mesure de sécurité en cas de gros pépins : une perle de téléportation. Une de mes dernières, hélas. Avec elle, j’ai pu gentiment disparaître de cet endroit maudit et me re-matérialiser chez moi.


Et c’était seulement une fois que les miasmes de la téléportation dissipés que je me suis rendu compte que mes affaires était encore à l’hôtel à l’autre bout du pays. Mais bon, vu mon état, mieux valait être en terrain connu.


Après quelques minutes passées par terre à accuser le choc de ce qui venait de se passer, je finis par me relever et aller me regarder dans le miroir, pour constater les dégâts que j’avais pris. J’avais de profondes brûlures sur une bonne partie du visage, du torse, et du bras gauche. Ce dernier était presque inutilisable vu à quel point les muscles avaient été ravagés par le feu de l’esuriit. Mais bon, rien que je ne saurais régénérer d’ici quelques jours. En attendant, ça faisait quand même un mal de chien.