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Une Corde et un Paquet de Pizzas

Notes:

This is a French translation of Puchikko's work, please check out the original!!

Ceci est une traduction française de l'œuvre de Puchikko. Aller jeter un coup d'œil à l'original svp!!

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

La douce voix d'une femme retentit dans l'étrangement silencieuse supérette, une entrainante berceuse qui arracha un bâillement à Noé.

Cela faisait maintenant une demi-heure depuis le dernier client, et il était à deux doigts de tomber sur place - les heures de fermeture sont les pires.

 

La seule chose qui le gardait éveillé était un papillon de nuit; les portes s'ouvraient à chaque mouvement venant de l'extérieur et à chaque fois, un coup de vent glacé le frappait en pleine face. Après dix minutes de ce jeu d'ouvre-ferme-ouvre-ferme, Noé était certain que ce papillon savait ce qu'il faisait.

 

"Ne t'endors pas, petit Noé!" Il pourrait jurer que c'est ce qu'il pensait. Tiens est-ce que ça pense, les papillons de nuit? Attends, c'est un peu méchant comme question.

 

Noé bâilla à nouveau, cette fois en essuyant les larmes qui manquaient de couler sur son visage. Pourquoi restaient-ils ouverts alors que personne ne venait, ça il ne le comprendrait jamais.

 

Le clack, clack, clack rythmique de chaussures attira son attention. Ce son ne laissait aucun doute; Noé jeta un regard à l'horloge sur le mur, confirmant ses soupçons. Neuf heures, juste à temps. Les portes s'ouvrirent à nouveau, laissant l'air froid s'engouffrer.

 

Neuf heures du soir, comme d'habitude, il entre. 

Il étant l'homme qui, sans faute, vient toujours juste avant la fermeture pour acheter les produits les plus absurdes que Noé ai jamais vu. Une fois, ce gars a même ramené à la caisse un objet qu'il ne savait même pas que l'établissement vendait. Il passait ses articles, comme d'habitude, sans jamais avoir une chance de lui poser de question - l'homme était parti aussi vite qu'il était arrivé.

Noé voulait désespérément mettre un nom sur son visage, mais dès qu'il était sur le point de le lui demander, il était déjà parti.

 

Les talons qu'il portait le grandissaient d'au moins cinq centimètres, Noé l'a remarqué il y a quelque temps. Alors qu'il regardait l'homme et ses chaussures de luxe disparaître dans un dédale de rayons, il se creusa les méninges en étouffant un bâillement.

 

À quel point ce gars est-il petit? Quel est son nom? Y'a-t-il une raison derrière cette boucle d'oreille en forme de sablier qui dépasse de ses cheveux? Quel après-shampooing utilise-t-il? Ses longs cheveux paraissent si doux sous les lumières fluorescentes de la supérette...

 

Soudain, une main attrapa fermement son épaule, le tirant agressivement de sa rêverie. "Noé!"

 

Roland.

 

"Oui!" Noé rougissait, mais malgré cela il se tourna aussitôt pour faire face à son collègue. Roland était un homme grand, blond, et adorable qui était anormalement frivole sur tout - que ce soit du bon ou du mauvais. La dernière fois que Roland a attrapé son épaule si fort était lorsque quelque chose avait été "renversé" dans le rayon numéro neuf, et pourtant il gardait son sourire caractéristique en lui expliquant que ce qui avait été "renversé" ne venait pas d'un produit du magasin. Il frissonna en y repensant.

"Tout va bien?"

 

"Bien sûr!" Roland tapote à nouveau l'épaule de Noé, sans remarquer l'agitation intérieure de celui-ci. "Je voulais savoir si tu voudrais bien aider à la fermeture ce soir. Astolf doit partir plus tôt." L'aura généralement insouciante de Roland s'estompa. "Il fait beaucoup ça en ce moment, j'ai bien peur. Et il ne dit jamais pourquoi."

 

"Oh." Noé hocha la tête, ne sachant pas quoi dire d'autre. "Ouais," il mordit l'intérieur de sa joue, " Ouais, je peux aider."

 

Malgré sa confirmation, son expression s'aigrit dès qu'il s'est détourné. En bref, Astolf ne l'aimait pas et trouvait toujours un moyen d'éviter Noé lorsqu'ils travaillaient ensemble. Noé savait exactement pourquoi Astolf partait si tôt - le cacher à Roland ne faisait que le faire culpabiliser davantage, mais il ne pouvait pas le dire comme ça à Roland ! Il en ferait tout un plat et suggérerait probablement une réunion de thérapie de groupe le mercredi et ce serait la dernière chose que Noé voudrait.

 

Un sentiment de lourdeur s'accumula dans son ventre et il savait que s'il essayait de lutter contre son sentiment de contrariété plus longtemps, il perdrait la bataille mentale aussitôt qu'elle avait commencé. Alors, il se plongea dedans.

 

Il était sûr qu'il n'avait jamais rien fait de mal, alors pourquoi ? Ça ne pouvait pas être quelque chose qu'il avait dit, n'est-ce pas ? Il saluait toujours Astolfo avec un sourire, parfois un signe de la main, lorsqu'il venait travailler. Le jour du dix-neuvième anniversaire d'Astolfo, Noé lui a même offert une carte, l'a signée et l'a mise dans une jolie enveloppe !

 

"Faut pas tirer une tête pareille." Une voix résonna devant lui, le ton irritant le renvoyant au présent.

 

La tête de Noé fît un tour vers les objets arrivant vers lui sur le tapis roulant, puis revînt à l'homme mystérieux qui venait très certainement de se moquer de son apparence.

 

Chaussures Classe.

 

"Comment ça?" Ses sourcils se froncent en réponse à cette remarque mal placée. La main de Noé vola vers son visage par instinct, frottant sa joue. "C'est juste à ça que je ressemble."

 

"Eh ben, ça doit pas être la joie," marmonna l'homme plus petit dans sa barbe. Si malpoli! "Peu importe, je vais prendre ça et," un doigt ganté pointa quelque chose derrière Noé, "ce magazine, s'il vous plaît."

 

Au moins, les manières du gars n'étaient pas de la merde absolue, songea Noé, arrachant le magazine de son étagère sans un mot. Il scanna les articles, notant mentalement ce que Chaussures Classe avait acheté aujourd'hui. Une corde, un paquet de pizzas et Girls vs Corpses : À quoi s'attendre.

 

... what the fuck?

 

Chaussures Classe a pris ses sacs, le plastique s'agitant alors qu'il s'emmêlait et se tordait dans ses doigts. Alors qu'il s'éloignait, il s'arrêta et inclina la tête pour faire face à Noé, un sourire diabolique se déployant de ses lèvres. "Ne fronce pas trop les sourcils, mon chéri. Tu vas avoir des rides."

 

Et puis il était parti.

 

 

Il venait bien de le tutoyer là ?

 … Mon chéri? Comment ça mon ché-

 

 

 

 "Celui-là, c'est sûr qu'il visite beaucoup ! Tu le connais ?" Roland s'était de nouveau faufilé derrière Noé. Un bruit étranger s'échappa de ses lèvres avant qu'il n'ait eu la chance de l'arrêter, alimentant son embarras.

 

"Bah alors, je t'ai fait peur ?"

 

 

 

 "Non," Noé posa une main sur sa poitrine, son cœur battant sporadiquement. "Je vais bien. Et je ne sais pas qui c'est."

 

 

 

 "Ah, intéressant." Roland se gratta le menton, pensif. "Je pensais juste que vu qu'il t'a appelé 'mon chéri', vous étiez sûrement proches. En plus, il vient toujours à la même heure, tous les soirs, et passe par toi."

 

"Il n'y a pas beaucoup de caissiers aux heures de fermeture", Noé haussa les épaules en rougissant. Tout n'était qu'une coïncidence. Une coïncidence très, très, étrange.

 

 

 

 "Je suppose," soupira Roland. "En tout cas c'est un drôle d'oiseau. Bon!" Il tira Noé par les bras, l'éloignant de son poste, "On a une fermeture à faire !"

 

Avant que les portes ne soient hors de sa vue, il se retourna pour les regarder, ses sourcils se fronçant une fois de plus.

 

 -

 

 Il devrait prendre un exemplaire de ce magazine avant de partir.

 

****

 

"Ah, mon chéri, je suis si content que tu sois là!"

 

 

 

"J-Je travaille ici," Noé bégaie, "je suis toujours là."

 

Chaussures Classe éclata de rire, un rire qui rappela à Noé les carillons éoliens que son grand-père collectionnait. Ils chantaient et dansaient dans le vent, créant des mélodies que Noé souhaitait ne jamais oublier. Le rire de Chaussures Classe, cependant, fit chanter les carillons de son cœur. Cela faisait frissonner son corps de partout.

 

"Et bien, tu es marrant toi ! Dis-moi, Noé," son nom coula de ses lèvres comme du miel fraîchement récolté, et la langue de Noé était inconfortablement grosse dans sa bouche. Chaussures Classe a appuyé un doigt ganté sur la poitrine de Noé et le contact lui a donné l'impression qu'un feu de forêt avait éclaté dans ses veines. Chaud. Son doigt était insupportablement chaud. Un doigt s'est transformé en deux, qui se sont transformés en trois, qui se sont transformés en une main entière glissant sur sa poitrine.

 

Son cœur bondit presque hors de sa gorge. Noé déglutit difficilement, une faible tentative pour l'empêcher de s'envoler.

 

 

 

 "Noé," murmura Chaussures Classe à son oreille et il sentit une légère trace de sa langue sur le lobe de son oreille, "Est-ce que tu-"

 

"Tu vas être en retard !" Une voix féminine cria : "Je ne reviendrai pas te réveiller !"

 

 

 

 Noé bondit de son lit, les couvertures s'accumulant autour de sa taille. Transpirant. Il transpirait.

 

 

 

 Un rêve, c'était ça. Il rêvait.

 

Noé porta ses paumes à ses yeux et frotta vigoureusement. Chaussures Classe. Il a fait un rêve avec Chaussures Classe et-

 

 

 

 -Oh mon Dieu. Noé serra plus fort son visage, se souvenant de tout ce dont il avait rêvé. Pourquoi, de toutes les choses! De toutes les possibilités infinies pour rêver, son cerveau avait choisi ça!

 

"Mrrp."

 

 

 

 Noé découvrit ses yeux et vit Murr, son chat, sauter sur le lit et se diriger vers lui. Ses bras tombèrent avec un gros soupir. Les doigts de Noé parcouraient sa fourrure et Murr plongea son menton quand sa tête fut grattée, en demanda plus en se frottant contre le genou de Noé qui était sous les couvertures.

 

 

 

 "Tu es affectueux aujourd'hui," sourit Noé, ébouriffant la queue de Murr, "C'est pour quelle occasion?"

 

Murr fit un bruit en réponse, sauta du lit et miaula plus fort. Noé épousseta les couvertures et se leva pour le suivre lorsque sa porte s'ouvrit violemment.

 

 

 

 "Noé !-oh."

 

 

 

 "Bonjour, Domi !" Il salua, ignorant le bruit sourd de la porte.

 

 

 

 "On est presque l'après-midi, tu sais." Domi ricana, les mains sur les hanches. "J'ai essayé de te réveiller trois fois ce matin! Ça te ressemble pas du tout !" Elle s'avança, "Quelque chose ne va pas?"

 

"Quoi? Non!" Les mains de Noé se sont levées dans un geste défensif : "Je vais bien ! J'ai juste eu le dernier quart de travail hier soir", a-t-il expliqué rapidement.

 

 

 

 Domi plissa les yeux. "Tu mens."

 

 

 

 "Je ne mens pas ! Je le jure, demande à Roland !

 

 

 

 "Tu es toujours sur la défensive quand tu mens," elle croisa les bras, avec un air dépité. "Crache le morceau."

 

"Y'a rien à cracher !" Noé passa ses doigts dans ses cheveux. Elle était terriblement persistante et Noé ne pensait pas pouvoir supporter plus longtemps. "Je dois m'occuper de Murr", se décida-t-il à dire, et il commençait à la dépasser quand une main sur sa poitrine l'arrêta brusquement.

 

 Elle mordilla sa lèvre inférieure, l'air inquiète. "Tu me le dirais si quelque chose n'allait pas, hein?"

 

Cela attira l'attention de Noé. "B-bien sûr."

 

 

 

 "D'accord," la main de Domi tomba sur le côté et elle se détourna, "Va prendre soin de Murr, il devient nerveux."

 

 

 

 Elle partit, le laissant seul dans sa chambre - le laissant réaliser que c'était terriblement calme sans ses réprimandes.

 

Y avait-il vraiment quelque chose qui le dérangeait ? Il ne pensait pas. Il était juste fatigué, c'est tout ! Sauf si…

 

 

 

 "Mrroww !!"

 

 

 

 "Compris, oui, désolé ! J'arrive! Hé, aïe, ne mords pas !"

 

---

 

 

 

 "Tu m'as l'air contrarié, tout va bien ?"

 

 

 

 Pourquoi les gens n'arrêtaient pas de lui demander ça ?

 

 

 

 "Je vais bien, juste fatigué", Noé rassura Roland, qui, bien sûr, se penchait sur lui avec une inquiétude suintante - sa paume reposait sur son épaule. Ça commençait à devenir fréquent.

 

 "Je vérifie juste", sourit Roland, son aura positive immobilisant momentanément Noé. "Tu fais une de ces têtes ! Souris, Noé, souris !"

 

Des doigts pâles agrippèrent les joues de Noé et les soulevèrent en un sourire tremblant. Noé ne put s'en empêcher et éclata de rire en écartant les mains de Roland. Un petit rire les interrompit ; une petite vieille femme avec un chapeau de plumes criard était apparue de presque nulle part.

 

 

 

 Elle s'exclama aussitôt que Noé eût établi un contact visuel avec elle. "Vous avez de si beaux yeux!" La femme le complimenta avec un fort accent tout en déposant lentement un nombre monstrueux de boîtes de conserve sur le tapis roulant. « Vous devez être très populaire auprès des dames, n'est-ce pas ?"

 

Merde, il perd toujours ses mots dans ce genre de situations ! Roland est parti alors que Noé tâtonnait avec l'une des boîtes de nourriture pour chat qu'il scannait, la laissant presque tomber par terre, essayant de trouver comment réagir sans avoir l'air d'un abruti complet.

 

« M-merci beaucoup, en effet! » Il se ridiculisait, bon sang, mais la vieille femme ne sembla pas s'en apercevoir. Elle continua, au grand dam de Noé.

 

 

 "Vos cheveux sont très uniques. Est-ce que vous les teignez ?"

 

Aah bordel, plus de questions ?

 

 

 

 "Euh-"

 

 

 

 La confusion déforma ses traits, les rides s'approfondissant alors qu'elle fixait Noé d'un air interrogateur. Elle le jugeait, c'était sûr.

 

"Enfin, bien sûr ! Personne ne peut avoir des cheveux si blancs naturellement."

 

 

 

 Noé garda la bouche fermée et hocha la tête en silence, scannant canette après canette, essayant de garder la conversation aussi courte que possible. "Votre total aujourd'hui est de cinquante euros."

 

La vieille femme fouilla dans son sac à main et en sortit une poignée de coupons.

 

 

 

 Bien évidemment.

 

 

 

 Noé commença également à les scanner lorsqu'une voix familière attira son attention.

 

« Dante, prends cette liste et fonce ! »

 

 

 

 "Pourquoi moi?" Un autre homme gémit, sûrement Dante, si Noé devait deviner. Dante gémit et arracha la liste de Chaussures Classe en demandant pourquoi il devait le faire. Attends. Chaussures Classe ? Pourquoi était-il venu si tôt ?

 

 

 "Parce que!" Chaussures Classe cria : "Tu dois bien faire quelque chose d'utile pour une fois ! Maintenant vas-y, et arrête de m'embêter !"

 

Chaussures Classe poussa Dante avec suffisamment de force pour le faire trébucher et presque tomber. Noé cacha son ricanement sous une fausse toux et tapota sur la caisse, prétendant qu'il ne regardait pas.

 

 

 

 "Trente et un, cinquante-deux."

 

 

 

 "Ah, voilà qui est mieux."

 

Noé a accepté l'argent et l'a glissé dans la caisse en disant au revoir à la femme. Alors qu'il était sur le point de faire signe au client suivant d'avancer, il entendit à nouveau la voix de Chaussures Classe. Il hurlait, ce qui n'étonna pas le moins du monde Noé.

 

Ils étaient terriblement occupés aujourd'hui pour une raison inconnue. Le jeudi n'a jamais attiré autant de monde et Noé commençait à en ressentir les effets secondaires. Le mouvement répétitif de saisir les chiffres, scanner et placer dans un sac pendant des heures pourrait lui donner un canal carpien. C'est comme ça que ça marche, non ?

 

 

 

 Les files d'attente étaient si longues qu'il ne pouvait pas compter le nombre de personnes qui l'attendaient. C'était tellement stressant ! Les enfants qui pleuraient et les tout-petits exubérants n'aidaient pas non plus.

 

"Dante, espèce de connard ! Donne-le-moi !"

 

 

 

 Mon dieu, Chaussures Classe est la personne la plus bruyante du magasin! Pourquoi est-il si agité aujourd'hui ?

 

 

 

 En pilote automatique, Noé gardait un œil sur son travail et l'autre sur Dante et Chaussures Classe.

 

Dante avait quelque chose dans la main et le tenais

hors de portée de Chaussures Classe, provoquant le garçon. Il sautait pour l'attraper, mais sans succès. Dante n'a fait que le tenir plus haut encore et se moquait des tentatives infructueuses de son ami pour atteindre l'objet.

 

 

 

 "Si tu étais juuuste un peu plus grand, tu y arriverais peut-être !", a raillé Dante entre deux rires, son expression suffisante surplombant Chaussures Classe.

 

Noé avait presque pitié de lui.

 

 

 

 Presque.

 

 

 

 Noé finissait la transaction d'un autre client lorsqu'il s'aperçut qu'il les avait perdus de vue. Son sourire de service-client vacilla lorsqu'il regarda autour de lui, sans apercevoir les deux hommes.

 

Il avait tellement de questions à lui poser ! Il a besoin de savoir ce que Chaussures Classe allait acheter aujourd'hui, traitez le de fouineur si vous voulez, d'accord ? Et c'est qui ce gars qui traine avec lui ?

 

 

 

 "Ugh, pourquoi choisir cette caisse? Il y en a une qui est ouverte juste là, allons-y!"

 

 

 … Quand on parle du loup?

 

"Arrête de chouiner ! Je ne t'emmènerai plus jamais si tu continues à te comporter comme un gosse," Chaussures Classe frotta deux doigts gantés sur sa tempe, "Va attendre dehors si ça te dérange tant que ça."

 

 

 

 "VA aTtENdRE dEhORs Si çA te DÉraNgE tANT QuE ÇA", se moqua Dante, ce qui lui valut un vif coup de pied dans la jambe.

 

 

 "Aïe! Espèce de putain de-"

 

« Bonjour, mon chéri ! Surpris de me voir ? »

 

 Toujours aussi familier.

 

 Le visage de Noé se mit à brûler et il détourna les yeux, "Ouais, un peu."

 

 

 Fancy Shoes lâcha un bruit de joie et donna un coup de coude à Dante pour qu'il commence à mettre ses affaires sur le tapis pour que Noé les scanne.

 

"On achète des choses normales aujourd'hui à ce que je vois", Noé n'a pas réussi à s'empêcher de commenter les habitudes d'achat de Chaussures Classe, se permettant d'être familier lui aussi. Cette fois, que des articles normaux, il en était choqué! Oeufs, farine, cassonade, fruits…

 

 

 

 "Pff- Et qu'est-ce que c'est censé vouloir dire!"

 

 

 

 "Rien! C'est juste que… D'habitude tu viens toujours juste avant la fermeture et tu achètes la combinaison de produits la plus étrange, c'est tout." Noé expliqua: "En plus, tu viens toujours seul."

 

"Ah, oui, Dante." Fancy Shoes roula les yeux. "C'est juste un parasite qui me suit partout, pas besoin de t'inquiéter de lui, mon cher Noé."

 

 

 

 Dante s'en est immédiatement offensé et les deux ont recommencé à se chamailler, mais Noé était trop choqué pour s'en soucier.

 

 

 

 Noé.

 

Chaussures Classe a dit son nom. Comment le connaissait-il? Ce type était-il un stalker ?

 

 

 

 "C'est écrit sur ton badge, mon chou."

 

 

 

 Oh. C'est vrai.

 

"Ah- Oui euh- j'oublie parfois," lâcha Noé maladroitement. Dieu que c'était embarrassant. "C'est juste qu'aucun client ne m'appelle comme ça, tu m'as juste pris au dépourvu, c'est tout. Alors tu aimes cuisiner?"

 

 

 C'était au tour de Chaussures Classe d'être surpris. "Je suis pâtissier."

 

 

 

 « C'est super cool ! Qu'est-ce que tu prépares habituellement?"

 

Une conversation légère, enfin. Chaussures Classe avait l'air de prendre tout son temps, rien que pour faire chier Dante, qui semblait désespérément vouloir y aller. Noé se dit que les cartes jouaient enfin en sa faveur!

 

 

 

 "Oh tu sais, tout ce qui est commun," il haussa les épaules, "les gâteaux, les tartes, ce genre de choses. Je pourrais aussi avoir un paquet de cigarettes ?"

 

"Non pas moi, mais le parasite, oui" Chaussures Classe lui tendit quelques billets, leurs doigts se frôlant momentanément. Le corps entier de Noé avait un besoin urgent d'un redémarrage système, immédiatement.

 

 

 

 "Mon nom n'est pas 'parasite', espèce de charlatan!" Dante grogna.

 

 

 

 "Tais-toi, sangsue. On est en public."

 

"Oh ! Alors c'est ça ton nom? Charlatan?"

 

 

 

 Noé savait que ce n'était pas le cas - mais peut-être que s'il le poussait légèrement, il obtiendrait les réponses dont il avait désespérément besoin.

 

 

 

 "Hein?" Dante secoua la tête, "Non, c'est Vanitas. Même si ce serait putain de drôle."

 

Vanitas.

 

 

 

 "Hé oh, je te dérange ? Alors maintenant tu crache les informations personnelles de tout le monde à droite à gauche ?" Vanitas siffla à travers ses dents serrées, "C'est quoi la suite, mon numéro de téléphone?"

 

 

 

 "Bien sûr," dit Dante. "Zéro six, cinquante-neuf, deux-"

 

"D'accord, ça suffit salaud!!" Vanitas s'écria, frappant son épaule à plusieurs reprises. "Prends les sacs, je t'emmène à la garderie."

 

 

 

 Noé se mordit la lèvre inférieure pour s'empêcher de rire, mais il souhaita silencieusement que Vanitas n'ait pas empêché Dante de sortir son numéro. Pas qu'il lui enverrait un texto ou quoi que ce soit ! Pas du tout, non, il était juste curieux. Il n'arriverait pas à s'en souvenir, de toute façon !

 

Dante pouffa et sortit du magasin avec une poignée de sacs de courses, le laissant seul avec Vanitas.

 

 

 

 "On se revoit demain, Noé." Vanitas porta sa main à ses lèvres et lui souffla un baiser avec un clin d'œil, son air effronté l'accompagnant jusqu'à ce qu'il soit hors de vue.

 

Noé déglutit, sa pomme d'Adam se soulevant alors que les engrenages de son cerveau tournaient à toute allure. Avant qu'il ne puisse réfléchisse assez fort pour causer un mal de tête, Roland s'exclama à côté de lui.

 

 

 

 "Oh, Noé ! Tu m'as menti, comment as-tu pu ?" Il se frotta vigoureusement le visage, cachant ses larmes. "En fait tu le connais!"

 

 

 

 "Je-je ne le connais pas ! Roland, par pitié calme-toi !"

 

"Je peux pas me calmer ! Vous êtes clairement ensemble et tu m'as menti à ce sujet!"

 

 

 

 "Roland, je t'en prie, je peux t'assurer qu'on est pas ensemble", soupira Noé exaspéré, "on m'a dit son nom il y a à peine quelques minutes."

 

 

 

 "T'es sûr de toi?" Roland s'essuya le nez sur sa manche.

 

"Oui, très sûr."

 

 

 

"Ok, je veux bien te croire, mais!" Roland pointa sur Noé un doigt accusateur, "Si j'apprends que vous l'êtes, tu me le payeras!"

 

 

Noé combattit l'envie de monter les yeux au ciel pour la millième fois ce matin.

 

Tu fais chier, Vanitas.

 

 

Notes:

Hope you enjoyed this taste of full immersion. The following chapters will be translated as well, stay tuned!

On espère que vous avez apprécié. Les chapitres suivants seront également traduits ;)