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Soleil de minuit

Summary:

Loki va faire une promenade romantique avec Sigyn et laisse Vali et Narfi tout seuls. Il promet de revenir avant la nuit. Ils promettent d'être sages.

Notes:

L'idée de Jormungand femelle (ou genderfluid, dans mon headcanon), vient de "Ragnarök" d'A.S. Byatt.

Work Text:

"Nous allons juste faire une petite promenade, nous serons rentrés avant la nuit," dit Loki à ses enfants. "En attendant, amusez-vous bien à la maison, et ne vous attirez pas trop d'ennuis. Mais vous savez comment c'est : vous avez le droit de faire ce que vous n'avez pas le droit de faire."

"Ils sont trop jeunes pour ce genre de jeux," murmura Sigyn, mais tout en essayant de lui lancer un regard assassin, elle cachait un sourire derrière sa main. Puis elle s'adressa à nouveau à Vali et Narfi. "Soyez gentils l'un avec l'autre. Vali, occupe-toi bien de ton petit frère. Narfi, écoute bien ce qu'il te dit."

Ils hochèrent la tête. C'était la première fois que leur maman avait décidé qu'ils étaient assez Grands pour qu'elle puisse partir juste avec leur papa et les laisser tout seuls. Vali était fier qu'on lui donne des responsabilités. Narfi pensait que tant qu'on lui demandait juste d'écouter et pas d'obéir ensuite, il pouvait admettre ce rôle subalterne.

Quand leurs parents partirent, Vali et Narfi leur firent de grands signes depuis la fenêtre. Quand ils ne furent plus visibles les uns pour les autres, Vali et Narfi entreprirent immédiatement d'empiler des chaises pour atteindre les étagères les plus hautes, sur lesquelles étaient rangées les sucreries.


"Loki ! Ouvre cette porte immédiatement ! Tu vas me le payer !"

Vali et Narfi se regardèrent avec inquiétude. Ces cris étaient un peu plus effrayants que si leurs parents étaient rentrés plus tôt que prévu. Ils ne leur en auraient pas voulu.

"Viens tout de suite, ou j'enfonce la porte !"

C'était une menace sérieuse. Narfi voulait se cacher, mais Vali décida qu'à défaut de se sauver lui-même, il pouvait au moins sauver la porte. Il l'ouvrit, sauta prudemment en arrière, et se retrouva face à face avec Thor, le dieu du Tonnerre. Des éclairs sortaient de sa barbe. Ses muscles gonflés donnaient l'impression qu'ils allaient exploser s'ils ne frappaient pas quelque chose, tout de suite. Son marteau était levé.

Quand il vit les enfants, il tenta de le cacher derrière son dos.

"Bonjour ! Est-ce que votre père est là ?" demanda-t-il d'une voix qui faisait d'immenses efforts pour ne pas rajouter de jurons entre chaque mot.

"Non !" s'exclamèrent les enfants.

Thor resta un instant décontenancé, semblant réfléchir intensément. Cela ne lui allait pas bien. Il n'était pas dans son élément, comme un poisson échoué sur une plage. Il finit par demander, avec soin, comme s'il avait peur de se piéger lui-même : "Je peux entrer pour vérifier ?"

Vali et Narfi se concertèrent pendant quelques instants. Ce fut Vali, officiellement nommé ambassadeur, qui articula la conclusion commune.

"Oui, monsieur Thor. Mais vous ne cassez rien, et vous nous aidez à attraper la jarre de confiture sur la dernière étagère !"

"Vous êtes des enfants bien élevés, enfin, polis," dit Thor, et pour prouver sa bonne foi, il alla chercher la confiture en premier. Il regarda dans tous les placards et sous tous les lits, mais il ne cassa rien. Vali et Narfi étaient très fiers de la maturité avec laquelle ils avaient géré la situation.

"Vous savez où il est ?" demanda Thor quand il eut fini de tout vérifier.

"Non !" répondirent-ils en choeur.

"Vous savez quand il revient ?"

"Avant la nuit !"

Thor donna encore cette impression de quelqu'un qui manque exploser parce qu'il a trop de tonnerre et d'éclairs en lui. Cela aurait été classe si cela n'avait pas semblé si inconfortable, et aussi, inquiétant.

"Je vois," dit-il. Il essayait de ne pas être terrifiant. Il n'y arrivait pas très bien, mais au moins, il faisait des efforts.

Et puis Narfi, qui avait un peu honte d'avoir eu peur au début, demanda. "Mais pourquoi vous le cherchez ?"

Thor eut un rire nerveux et sa main se resserra sur la poignée de son marteau. Il sembla faire un effort pour éviter de maudire Loki sur plusieurs générations, ce qui aurait directement affecté ses interlocuteurs.

"Disons qu'il nous a en... Il nous a fait des p... joué des sales tours, vous voyez ?"

Puis il tourna les talons, et repartir par le chemin qui venait à la maison, en hurlant "Lokiiii !"


Vali et Narfi avaient compris qu'il était préférable que Thor ne trouve pas Loki dans un proche avenir. Il était donc hors de question qu'ils aillent le rejoindre pour lui poser des questions sur cette histoire de tours, même s'ils avaient menti et qu'ils savaient au moins dans quelle direction il était parti.

Et pour l'heure à laquelle il rentrerait, le soleil ne semblait pas près de se coucher.

"On a largement le temps d'aller poser la question ailleurs," dit Vali.

Il lui semblait qu'il n’en pouvait plus de rester à la maison sans éclaircir ce mystère. Il n'avait pourtant pas fini la confiture.

"D'accord," dit Narfi.

Bien sûr Loki avait dit qu'il rentrerait avant la nuit, il pouvait être là d'un moment à l'autre.

"On a le droit de faire ce qu'on n'a pas le droit de faire," murmurait Narfi pour se rassurer.

Et ils marchèrent jusqu'au coin de forêt où habitaient leurs demi-frères et leurs demi-soeurs. Les arbres étaient sombres. Des bêtes sauvages semblaient se nicher dans l'ombre.

Enfin, ils trouvèrent le chemin tracé par la bave venimeuse de Jormungand, et c'était un soulagement, parce qu'ils savaient qu'à partie de ce moment ils pourraient la trouver facilement, et aussi qu'ils ne croiseraient plus personne en chemin, pas même des ours.

Et quand ils purent voir la tête de Jormungand dépasser des arbres, ils savaient qu'il ne leur restait plus qu'une dizaine de minutes à courir. Ils avaient de la chance ; Hel et Fenrir étaient là aussi. Vali et Narfi hésitèrent à parler. Ils n'avaient jamais vu leurs autres frères et sœurs en dehors de la présence de leur père. Ils les voyaient plus comme des cousins, vraiment.

"Ooh, des petits enfants perdus ! Je peux les manger ?" demanda Fenrir.

Ce n'était pas très rassurant.

"Non, ce sont Vali et Narfi !" Hel se tourna vers eux. "Il n'a pas une très bonne mémoire des visages pour les humains. Qu'est-ce que vous faites ici ?"

Hel était un peu effrayante, avec la moitié de son visage noire et desséchée. En fait, les trois étaient un peu effrayants, mais tellement cool. "Thor est venu à la maison se plaindre des sales tours de papa, et on se demandait si tu savais quelque chose..."

"Non, je ne sais pas. Pourquoi je saurais ?" répondit Hel d'un ton un peu offensé. Mais il ne fallait pas s'y fier : elle aurait aussi été très offensée si on ne lui avait pas demandé.

C'est alors que Jormungand s'exclama "Tour !" et se dressa sur la queue.

Elle était immense de cette façon, largement plus haut que tous les arbres. A la fois la tour, le dragon, et, d'une certaine façon, la princesse.

"Tour !" s'exclama Fenrir, et il commença à courir sur le dos de sa sœur. Il prit assez de vitesse pour la maintenir au moment où sa course devenait presque verticale, s'accrocha aux écailles épaisses avec ses griffes, et finit par se percher victorieusement sur sa tête, même si avec ses pattes si proches les unes des autres son équilibre était précaire.

"Ce n'est pas de ce genre de tour qu'on parle !" s'exclama Hel.

"Mais c'est trop cool !" s'exclama Narfi. Vali le pensait aussi, mais il pensait que Hel était encore plus cool, aussi il s'abstint de le préciser.

"Si ce n'est pas maman, c'est forcément à Asgard," commenta Hel. "Venez, on va consulter nos sources à Asgard !"

Fenrir redescendit. Narfi s'approcha de lui timidement, posa la main sur sa patte - il aurait aimé le faire sur son cou, mais il était trop haut.

"Tour ?" demanda-t-il.

Fenrir eut un jappement joyeux, attrapa Narfi par le col de son manteau, le lança en l'air et le rattrapa sur son dos. Narfi avait un manteau déchiré, et le plus grand sourire de sa vie sur son visage.

Ils mangèrent sur le chemin, des baies, un hérisson égaré (Fenrir), un ours qu'il fallut poursuivre (Jormungand).

"Comment tu fais pour manger des hérissons ? Ça ne pique pas ?" demanda Narfi.

"Mes dents piquent plus." répondit Fenrir.

Vali aurait bien aimé le rejoindre sur son dos, mais il n'osa pas demander en second.

"Tu crois qu'on a le temps d'aller jusqu'à Asgard ?" demanda-t-il à Hel.

Elle haussa les épaules. "Probablement. Le soleil est encore haut dans le ciel."


"Bien, voilà comment nous allons faire," s'exclama Hel.

Elle avait décidé qu'elle était le chef du groupe, et personne n'avait envie de la contredire. Vali réveilla Narfi qui s'était endormi sur le dos de Fenrir. Il se sentait lui-même un peu épuisé.

"Fenrir, Jormungand et moi allons faire les idiots devant le Bifrost, pour attirer l'attention. Pendant ce temps, vous allez rejoindre les écuries et poser des questions à Sleipnir. Odin saura que vous êtes là, mais il n'aime pas vous voir."

Vali repensa à Odin. C'est vrai qu'il ne l'avait pas souvent vu, même quand il visitait Asgard. Odin avait toujours quelque chose à faire. Mais être le Père des Ases devait prendre beaucoup de temps.

"Pourquoi ?" demanda Vali.

"Je ne sais pas, je suppose que vous lui rappelez des choses déplaisantes ? Peut-être des choses qui ne sont pas encore arrivées, vous savez comment il est. En tout cas, vous avez de meilleures chances d'y arriver que nous."

Vali et Narfi se couchèrent dans l'herbe, attendant qu'une foule se rassemble et qu'ils puissent passer inaperçue.

Hel regarda son frère et sa sœur, et leva le poing en souriant.

"Vous ne vous attendiez probablement pas à ça, mais c'est le moment de faire une tour."


Pendant que tout le monde regardait Hel, montée sur le dos de Fenrir, qui lui-même était monté sur la tête de Jormungand avant qu'elle se dresse tout droit, Vali et Narfi purent se mêler à la foule et aller dans le sens opposé sans que Heimdall lui-même y prête grande attention, tout occupé à calmer des gens qui hurlaient que c'était la fin du monde. Les deux enfants se faufilèrent dans les écuries.

"Sleipnir !" murmura Vali. "Est-ce que tu sais pourquoi tout le monde cherche mon père ?"

Pendant ce temps, Narfi demandait "Est-ce que je peux monter sur ton dos ?"

Sleipnir hocha la tête pour les deux questions, avec un hennissement d'approbation.

Pendant que Narfi lui montait difficilement sur le dos - Sleipnir était docile, mais pas aussi prêt à aider que Fenrir - Vali essayait de se rappeler les nombreux exploits que son père lui avait racontés, pour se demander ce qu'il avait fait cette fois.

"Il a humilié Thor ?"

Sleipnir secoua la tête en signe de dénégation.

"Quelqu'un d'autre ?"

Même comportement, et aussi quand Vali demanda "Est-ce qu'il a kidnappé quelqu'un ?"

Par contre, il hocha vigoureusement la tête pour "Est-ce qu'il a volé quelque chose ?"

C'était un bon début. Mais Narfi n'avait pas envie que la distraction perde de son intérêt et qu'on les surprenne ici.

"Tu veux venir dehors avec nous ?" demanda-t-il à Sleipnir.

Oui, il voulait. Alors Vali entreprit de défaire le nœud qui le retenait. Quand il eut fini, il resta embarrassé, à se demander comment sortir d'Asgard le plus discrètement possible.

Mais alors, Sleipnir lui mâchouilla la manche et tira, de façon qui indiquait clairement que Vali devait monter sur son dos aussi, et Vali ne se fit pas prier. Il monta juste derrière son frère.

Sleipnir fit quelques pas jusqu'à dans la cour des écuries, puis il s'envola.

Non, ce n'était pas vrai. C'était juste un saut. Mais c'était un saut tellement immense qu'il avait franchi la muraille d'Asgard, ce que personne n'était censé faire, et il caracola un peu, pour le principe. Vali était tellement content qu'il n'avait même pas peur de tomber.

"Par là !" indiqua Narfi, et il leur fallut peu de temps pour rejoindre la forêt, et faire des signes discrets depuis l'orée des bois pour indiquer que la diversion était finie.

Ils comprirent le message, même si Jormungand sembla un peu déçue.


"Est-ce que c'est toujours de la même couleur ?" demanda Hel.

Après une brève hésitation, Sleipnir secoua la tête. Plusieurs autres questions permirent de savoir que cette couleur était le noir.

Puis Fenrir poussa un terrible rugissement, auquel Sleipnir répondit par des hennissements paniqués.

"D'accord, donc Loki a volé la nuit, et les Ases sont paniqués et veulent la retrouver." Devant la stupéfaction générale, il ajouta. "Oui, je parle cheval. Mais le jeu était amusant, au début !"

"C'est pour ça qu'on a eu le temps de marcher jusqu'à la forêt, et ensuite jusqu'à Asgard, avant que le soleil se couche !" s'exclama Vali.

Il regarda le ciel et ajouta "C'est pour ça qu'il ne se couche pas du tout !"

"C'est pour ça que j'ai tellement envie de dormir..." soupira Hel.

"Tu pourrais faire une sieste !" s'exclama Vali, qui avait très envie d'en faire une.

"Il est hors de question que je dorme en plein jour !" s'exclama Hel dramatiquement. "Ou alors, quelqu'un devrait me creuser une tombe pour que je puisse m'y coucher !"

"Je veux qu'il fasse nuit aussi !" protesta Fenrir. "Il y a plein d'animaux bons à manger qui ne sortent que la nuit."

"Alors on y va !" s'exclama Vali. "On retrouve notre père, et on récupère la nuit !"

Cela semblait plus facile que de creuser une tombe.

"Pourquoi il l'a prise ?" demanda Jormungand.

"Parce qu'il a dit que sa promenade avec maman durerait jusqu'à la tombée de la nuit !" s'exclama Narfi.

Vali était un peu vexé qu'il ait trouvé cela avant lui.

Ils se regardèrent tous, et n'eurent pas besoin de parler, cheval ou autrement, pour décider que c'était une raison vraiment idiote, et pour se promettre d'aller la reprendre.


"Est-ce que vous êtes sûrs qu'il l'a sur lui ?" demanda Hel.

"Je pense," dit Vali. "Thor a cherché partout chez nous, en tout cas."

Sleipnir hennit.

"Non, on ne va certainement pas aller chercher Thor !" objecta Fenrir. "Cela ne le concerne pas. Il faut régler ça par nous-mêmes, en famille !"

Sleipnir sembla un peu déçu, mais ne protesta pas.

Le plan était maintenu, donc. Du moins, s'ils les trouvaient. Vali et Narfi étaient revenus chez eux, avaient indiqué la direction dans laquelle ils étaient partis. Fenrir avait décrété être parfaitement capable de suivre leur odeur à partir de là. Il était aussi le seul à pouvoir trouver Thor, donc s'il n'était pas intéressé, ce n'était pas un plan très réalisable de toute façon.

Enfin, ils arrivèrent à la plage où Loki et Sigyn s'étaient installés au soleil. Comme ils n'étaient pas très discrets, il était hors de question d'utiliser l'effet de surprise.

"Papa," s'exclama Narfi - tout avait été prévu à l'avance. "On a décidé de faire des meilleurs tours que toi ! Tour !"

Alors Fenrir, Sleipnir et Hel montèrent sur le dos de Jormungand.

"Regarde, regarde !" cria-t-elle, alors qu'elle faisait des nœuds avec son corps, permettant à Hel de monter sur Sleipnir, à Sleipnir de monter sur Fenrir, qui se mit à courir jusqu'à la tête. Alors que Jormungand se dressait sur sa queue, Hel brandit fièrement un enfant au bout de ses bras. Narfi, lui, avait gardé le rôle de présentateur.

Pendant ce temps, Loki, qui avait été surpris au début, était en train de se tordre de rire hystériquement, et même Sigyn avait le genre de sourire trop large qui pouvait devenir un rire à n'importe quel moment.

Pendant ce temps, Vali accomplissait sa Mission. Lui participait à jouer l'autre sorte de tour.

Oui, parce que l'enfant au bout des bras de Hel n'était qu'un oreiller qui portait ses vêtements, qu'ils avaient récupérés quand ils étaient passés à la maison. Pendant ce temps, lui devait fouiller les affaires de son père pendant qu'il était déconcentré, et... oui ! dans les poches du manteau qu'il avait retiré, il y avait une jarre pleine d'un fluide noir.

Mais Loki, malgré le rire, n'était pas si inattentif qu'il en avait l'air, et il se rendit compte de quelque chose. Il avait l'air furieux, et Narfi se rendit compte qu'il ne pouvait pas s'enfuir assez vite.

Mais à ce moment, la tour se décomposa, et Hel retombe entre eux deux.

"Pas un geste ! Je n'arrive pas à croire que tu as volé la nuit, que tu as troublé l'ordre naturel à ce point !" protesta-t-elle.

"Mais n'importe qui aurait fait comme moi s'ils n'avaient qu'une seule journée pour une sortie romantique !" protesta Loki. Hel le regarda avec peu de sympathie. "Je veux dire, la plupart auraient fait comme moi s'ils avaient un peu d'imagination, et les autres ont arrêté de regarder leur femme de toute façon !"

"Sérieusement..." murmura Sigyn, mais elle ne semblait pas vraiment fâchée.

"Est-ce que tu t'es rendu compte que la sortie durait un peu plus longtemps que prévu ?" lui demanda Loki.

"Pas vraiment, mais..." Alors que Loki prenait cela comme un triomphe, Sigyn regarda Vali avec tendresse. "C'est le moment de l'ouvrir. Ton père se plaindra un peu, mais tu as le droit de faire ce que tu n'as pas le droit de faire, tu te rappelles ?"

Vali ouvrit la jarre, tirant sur le bouchon de toutes ses forces, et la nuit tomba immédiatement. Les étoiles semblèrent sauter dans le ciel. Vali eut à peine le temps de voir une aurore boréale, avant de s'endormir immédiatement.


Hel, Fenrir et Jormungand s'étaient aussi endormis immédiatement. Narfi avait le droit de faire le trajet sur le dos de Sleipnir, pendant que Sigyn portait Vali dans ses bras.

"C'était agréable, mais ne fais plus cela ?" demanda-t-elle.

"C'est beaucoup demander ! Mais je promets, au moins, de ne plus le faire avant l'été prochain."

Sigyn eut un petit reniflement, mais accepta cela. C'était mieux que rien. Il lui était difficile d'extraire des promesses de Loki, parce que quand c'était pour elle, il pouvait même essayer de les tenir.

"C'était la journée la plus amusante de ma vie !" s'exclama Narfi, pour encourager la paix familiale, et aussi parce que c'était vrai.

Sleipnir hennit. Narfi ne comprit pas, mais Loki parlait cheval aussi, à en juger par sa réaction un peu affligée. Peut-être même que cela concernait les habitants d’Asgard.

"Tu es fier d'eux, au fond," dit Sigyn.

Narfi aurait bien aimé écouter plus de détails, surtout que ça le concernait, mais il finit par s'endormir lui aussi. Cela avait été une longue, une très longue journée.