Work Text:
Ce soir, ils n'ont pas de concert. Ils sont quelque part dans une ville européenne dont ils ont oublié le nom aussi vite qu’on le leur a dit. Louis a donc décidé de sortir et Liam de l'accompagner. Bientôt, c'est Niall qui se joint à eux. Harry et Zayn se retrouvent donc seuls dans l’étage privatisé de l’hôtel dans lequel ils sont. Le premier se plaint d'un mal de tête qui l'oblige à se reposer et le second ne veut juste pas.
Cela fait un moment qu'il ressent ça. Le vide. Ne rien vouloir. L'envie de rien. Belle antithèse, d'ailleurs, avoir envie de rien. Pas seulement pour se bouger (« non, je n'ai pas envie de sortir ce soir », « un foot ? Non merci, je n'ai pas envie », « allez-vous balader sans moi, je n'ai pas envie ! ») mais pour tout. Il n’a plus tellement l’envie de faire des concerts non plus. Il n’a plus envie de sortir tous les soirs avec les garçons comme avant. Il n’a plus vraiment envie de dormir, une boule lui serrant le ventre dès qu’il ferme les yeux et, pourtant, il est si fatigué ; exténué, en permanence. Il n'a plus envie de manger non plus, la nourriture le dégoûte. Il ne sent plus rien lorsqu'il la mâche seulement des morceaux sans saveur qui s'éparpillent dans son être et qui lui donnent l’impression d’être énorme lorsqu’il croise des miroirs et des photos de lui-même sur les réseaux. Alors, lorsque Harry lui a proposé de venir manger dans sa chambre d’hôtel des pizzas qu’ils commanderaient et de choisir celle qu’il voulait, il lui a tout simplement répondu de prendre celles qui lui plairaient car aucune ne lui faisait envie. Rien ne lui fait envie. Il a mangé ; mâchouillé, deux parts parce que Harry était là. Harry et ses yeux verts qui le suppliaient presque d'avaler quelques bouchées. Zayn déteste voir de la tristesse dans les yeux de son bouclé. Il déteste tellement cela qu'il s'est efforcé à avaler, falsifiant un sourire. Un de ses faux sourires qui n'est qu'une ligne pâle qui barre son visage. Harry le lui a rendu, jouant aussi la comédie, une pâle copie de ses si éclatants et habituels sourires. Puis, il a forcé une blague qui a échoué, a alors enchaîné sur la sortie de l'album, puis a un peu parlé de Perrie.
Zayn se retourne dans son lit en fermant fortement ses paupières. Harry n'aime pas Perrie. Il l'apprécie, la respecte, la supporte ; aussi bien dans le sens qu'il l'encourage en tant que chanteuse, que dans le sens qu'elle l'agace. Elle est là et il n'a pas le choix. Cependant, Harry ne l'aime pas. Au début, Zayn ne comprenait pas. Il a mis du temps à réaliser l’animosité du bouclé envers sa petite amie, à réaliser que Harry se renfermait sur lui-même en la présence de la jolie blonde, qu'il restait moins avec Zayn lorsqu’elle était là. Puis, il a surpris cette discussion entre Niall et Harry.
Le bouclé répéta : « Je ne l'aime pas. Je ne sais pas pourquoi, elle est gentille en plus… Je n'y arrive juste pas.
- Tu as le droit, H. Tu ressens des choses contradictoires, ça arrive parfois. » Niall but une gorgée de sa bière tandis que Harry rejeta sa tête en arrière.
Ils étaient tous réunis chez ce dernier pour une soirée avec leurs familles et amis avant leur tournée. On était en 2013, le Take Me Home Tour allait commencer. On était en février, ils fêtaient l'anniversaire du bouclé. Zayn avait été chargé d'aller le chercher pour qu'il souffle ses dix-neuf bougies. Pourtant, un peu en retrait, le métis restait là, écoutant cette conversation dont une partie lui échappait.
Ces derniers temps, Harry lui avait paru plus triste et renfermé. A contrario, il s'était rapproché de Niall, et encore un peu plus de Louis dont il était déjà proche. Il s'était éloigné de Zayn mais se rapprochait des autres. Le métis avait supposé qu'il projetait ses propres émotions sur le benjamin du groupe. Il était triste de cet éloignement qu’il ne pouvait empêcher. Harry, quant à lui, n'était pas triste. C'est Zayn qui l'était et qui aurait souhaité que le bouclé le soit aussi. C'était juste égoïste de sa part de projeter ainsi ses propres émotions sur les autres.
Harry avait les yeux fermés lorsqu'il reprit de sa voix légèrement plus rauque ; et une des premières pensées de Zayn fut que c'était dû au froid et qu'il aurait dû mettre sa veste.
« Zayn est heureux avec elle. Il l'aime. Je devrais être heureux pour lui mais je n'arrive pas à l'aimer. C'est trop compliqué, c'est trop dur. Je n'y arrive pas. »
Sa voix s'était un peu brisée sur la fin. Pendant une seconde, Zayn détesta Perrie de créer cette incertitude, cette fêlure dans la voix du bouclé.
Le métis se souvient parfaitement de ce soir-là. Tout comme il se souvient parfaitement du jour où il a annoncé aux membres de son groupe qu'il avait demandé Perrie en mariage. Inconsciemment, alors qu'il s'adressait à tous, c'était Harry qu'il fixait en prononçant ces mots. Mots qu'il voulut ravaler lorsqu'il vit dans les yeux du vert qu’il préférait une minuscule barrière s'effondrer. Dans la seconde qui suivit, des pas claquaient sur le sol et, bientôt, ce fut la porte de la salle de bain de Liam, chez qu'ils étaient en ce moment. Zayn était affolé de voir son meilleur ami dans cet état et s'apprêtait à le suivre quand la main de Niall se posa sur son bras : « Il va se calmer, ça va aller. »
Mais non, rien allait. Rien n'alla plus. Rien ne va plus.
La façon dont cela commença était floue, avec le recul. Il ne sut jamais vraiment. Était-ce l'après-midi où il annonça son futur mariage ? Était-ce une accumulation de toutes ces interviews d'où il était question de l'événement et où Harry tentait des évasions avec des blagues douteuses s'acharnant à féliciter Niall pour sa présumée grossesse ? Était-ce cet éloignement avec Perrie, dû à leur travail respectif, qui faisait s'évaporer chaque jour un peu plus l'essence de leur couple ? Était-ce parce que deux semaines à être complètement ignoré par son meilleur ami étaient vraiment compliquées à gérer émotionnellement ? Était-ce parce que son esprit était soudainement en vrac sans qu'il ne comprenne pourquoi ? Était-ce, pour toutes ces raisons, qu'un mois après avoir annoncé son mariage à ses amis, et le même laps de temps à être quasi ignoré par Harry, il décida de les inviter à sortir et à boire un verre dans un bar dont il avait entendu parlé ? Était-ce ces retrouvailles obligatoires qui avaient fait qu'il ait autant bu et Harry aussi ? Était-ce pour ça qu'ils s'étaient retrouvés si proches cette nuit-là, comme pour réparer le temps perdu ?
D’ailleurs, ils l'avaient réparé d'une drôle de façon, le temps. D'une façon qu'ils n'avaient jamais essayé avant. Liam fut le premier à s’excuser de quitter la soirée, Niall finit par s'éclipser avec une jeune femme rencontrée quelques heures auparavant et Louis avait lui aussi disparu ; probablement parti retrouver sa petite amie. Tout cela pour dire que Harry et Zayn étaient désormais juste tous les deux. Enfin, tous les deux parmi des centaines d'inconnus.
Le bouclé se déhanchait sur la musique trop forte, et objectivement un peu mauvaise, tenant un verre dans sa main mais il ne saurait dire le combien. Il avait perdu le compte après la première heure. Il dansait avec une femme dont il ne pouvait déterminer ni l'âge ni la couleur de cheveux ; celle-ci semblait changer en fonction des lumières. Il cherchait du regard Zayn, tout en essayant de l’éviter comme il le faisait depuis le début de la soirée. Il voulait juste être certain qu'il ne faisait pas n'importe quoi. Mais qu'est-ce que c'était, au fond, faire n'importe quoi ? Danser en sous-vêtements sur le bar ? Boire trop de verres jusqu'à en vomir ? Danser avec quelqu'un ? Harry essaya de le distinguer au milieu de cette foule où tout le monde paraissait se ressembler. Sa vision était un peu floue à cause de l'alcool. Il imagina Zayn danser avec une femme, puis avec un homme, et il ne sut quelle image le fit le plus souffrir. Il détestait imaginer Zayn avec quelqu'un tout autant qu'il détestait savoir qu'il était justement avec quelqu'un. Quelqu'un qui deviendra sa femme. Harry recula. La jeune femme face à lui parut surprise qu’il arrête de danser mais s’en désintéressa rapidement.
Il repéra le métis. Ou bien était-ce Zayn qui l'avait reconnu ? Qu'importe puisqu'au final ils étaient là, tous les deux, établissant un contact visuel, l’espace entre eux rétrécissant au fur et à mesure qu’ils s’avançaient vers l’autre. La musique était encore trop forte. Elle résonnait dans l'esprit de Harry. Il ne savait plus vraiment ce qu'il faisait, où il était. Il avait mal au crâne. Il y avait soudainement trop d'odeurs ; trop de parfums, mêlé à de l'alcool et probablement à cette infâme odeur de gerbe. Tout semblait soudainement décupler. C'est probablement pour cela que lorsque Zayn frôla sa main, cela lui prit si fort l'estomac. Il n'avait jamais ressenti une telle secousse. Tout son être semblait vibrait. Probablement la musique, non ?
Cela commença dans ses doigts. Un délicieux picotement qui remonta le long de son bras jusqu'à l'épaule. Ça se divisa. Une partie glissa le long de sa colonne vertébrale, qui fut parcourue de frissons, l'autre se perdit vers la poitrine. Les battements de son cœur accélèrent. Ça descendit jusqu'à son estomac qui se tordit délicieusement. Une flopée de papillons s'envola et il serra fort les lèvres pour qu'aucun ne tente de s'échapper.
Il ne comprenait pas, ou plutôt, il avait peur de trop bien comprendre ce qu'il se passait là, maintenant, en lui. Tout sembla s'enchaîner brutalement ; de son déplaisir d'être en présence de Perrie, de son éloignement involontairement volontaire envers Zayn, de ses sautes d'humeur lorsque ce dernier n'était pas là, de son degré de taquineries qui avait augmenté sur scène. Tout prenait sens dans son esprit, s'entrechoquait. Il en était effrayé. Ça le tétanisa. Il aurait pu s'écrouler, là, maintenant, au milieu de tous ces corps dansants bien qu'il n'en voyait plus qu'un ; devant lui. Il n'avait plus conscience de quiconque. Seule l’eau de Cologne du métis arrivait jusqu'à ses narines. Ses jambes flageolèrent, puis tout s'arrêta.
« Harry, tu vas bien ? »
Ça commença par sa nuque, cette fois. Il retenait son souffle. Il ferma les paupières, essayant de mieux ressentir la respiration de Zayn a son oreille. Son souffle qui chatouillait son cou. Oui, tout allait bien. Tout allait tellement bien. Cela faisait des semaines que tout n'était pas allé aussi bien. Comment avait-il pu être si ignorant ? Lui, Harry Styles, celui qui prônait partout l'amour, haut et fort, ne s'était pas aperçu de cet amour qu'il avait en lui. Comment était-ce possible ? Il hocha la tête, toujours les yeux clos. Puis, doucement, il tendit la main et, entre ses doigts, il prit ceux de Zayn. Les frissons recommencèrent, il sourit. Tout allait enfin bien.
Dire que Zayn était surpris était un euphémisme. Harry qui l'avait évité depuis des semaines, depuis des mois, prenait sa main, là, maintenant. Il serra les longs doigts du bouclé entre les siens puis décida de faire glisser sa paume dans la sienne. Il entrelaça leurs doigts, se convainquit que la seule raison était de ne pas se perdre dans la boîte bondée, et Harry ouvrit les yeux. Il avait un sourire béat qui lui barrait le visage. Leurs peaux se touchaient. Un instant, le métis fut agacé que leur rapprochement se faisait ici, entourés de tous ces inconnus, comme témoins de leur perte partielle.
Puis tout disparu.
Les gens, la musique, l’agacement de Zayn, tout.
Lorsque plus tard il y repenserait, comme ce soir, il se dira qu'ils ont bien joué la carte de l'amnésie volontaire. Harry qui se remit à lui parler mais évitant tout contact physique, même le prendre dans ses bras, même lui parler pendant les concerts, l’évitant s’ils risquaient d’être seuls dans une pièce. Et lui, Zayn, lui jouant le petit ami parfait auprès de Perrie, déclinant avec des excuses à ses amis leurs sorties car il la voyait si peu et ils voulaient passer du temps ensemble. Lui qui s'apercevait ses éclairs de tristesse dans les yeux de Harry, devenant de plus en plus profond à chacune de ses excuses.
Mettant cela sur les effets de l'alcool, mettant cela sur l'effet de leur réconciliation. Dès qu'il repensait à ce soir-là, dans les souvenirs de Zayn, il n'y avait que Harry. Parfois, d'autres éléments lui revenaient. La couleur du t-shirt d'un des danseurs près d'eux, le goût de la mauvaise bière du bar dans sa bouche, les dernières traces de tabac encore sur sa langue, la musique qui était en train de passer. Des détails inutiles mais qui revenaient parfois, puis il les oubliait de nouveau parce qu'ils étaient stupidement inutiles.
En revanche, il se souvenait parfaitement de Harry. Harry était partout ce soir-là. Il se souvenait de la façon dont la boucle, qui habituellement frôlait son front, retombait lourdement sur l'arrière de sa tête. Il se souvenait du t-shirt noir qu'il portait, c'était d'ailleurs un de ses vieux t-shirts à lui. Il se souvenait de son jean qui tombait parfaitement sur ses jambes. Il se souvenait de la chaleur des doigts de Harry serrés entre les siens. Il se souvenait de la suite aussi. Le bouclé s’en souvenait aussi. Il se souvenait de tout. Mais aucun ne pourrait dire qui avait l'avait initiée.
Zayn soupire fortement. Il remonte le drap sur lui et, son dos contre le matelas, il fixe le plafond. Il a mal au cœur. Il n'a pas mal comme le veut la métaphore pour dire qu'on se sent mal, qu'on veut vomir. Non. Il a physiquement mal au cœur. Il se sent vide, il ne ressent rien, sauf ce mal de cœur qui le fait se tordre de douleur. Il souffre tellement et il a l'impression que personne ne le comprendra jamais, n'essaiera jamais de comprendre sa souffrance. Il n'a plus envie de rien. Enfin, si, une chose. C'est fou de ne plus avoir envie de rien mais d'avoir quand même envie de quelqu'un. Il a tellement besoin de cette personne. Il réalise qu'il pleure uniquement lorsqu'il sent le sel de ses larmes sur ses lèvres. Il renifle, passe brusquement sa main sur ses yeux. Sa main que Harry avait prise ce soir là. Il la porte à ses lèvres et mord la paume. La douleur qu’il ressent calme un instant celle de son cœur et il hurle, un hurlement étouffé par sa main meurtrie. Il suffoque. Ses larmes ne cessent de couler. La porte de sa chambre d’hôtel s'ouvre. Harry est là.
Harry ne cessait de sourire. Il se sentait si bien, tellement bien. Tout s'éclairait brusquement pour lui. Au fond, si ce n'était pas Zayn qui avait demandé à sortir ce soir, il aurait décliné. Il savait qu'il aurait refusé une sortie organisée par les garçons car, pour lui, seule la présence du métis donnait un sens à cette soirée. Il tira la main de Zayn pour l’approcher de lui. Leurs torses se collèrent et le sourire de Harry grandit, si seulement cela était encore possible. Ses yeux pétillaient et Zayn se noya dans les nuances émeraude brillante, il se laissa guider par elles, tout comme il laissa les mains de Harry guider son corps, leurs corps, au rythme de la musique. Il était si surpris et le sourire de son meilleur ami l'éblouissait, si fort. Il le lui rendit doucement.
« Tu es sûr que ça va ? »
Zayn tourne la tête vers Harry. Il est dans l'embrasure de la porte. Il ne devine que sa silhouette. Une grande ombre mince dans l'encadrement de sa porte entourée de la lumière du couloir. Même ainsi, partiellement à contre jour, il est beau. Le bouclé l'observe depuis sa place, puis fait un pas dans la chambre du métis qui se cache sous sa couette. Il entend la porte se refermer, des pas approcher et il devine son meilleur ami si proche.
« Pourquoi je pose la question ? C'est évident que ça ne va pas. »
Zayn sent des mains qui repoussent un peu la couverture mais pas pour le dévoiler. Harry se glisse simplement dans son lit, passe la couette au dessus de lui, et, soudainement, tout semble s'apaiser. De sa main droite, il prend celle du métis et il la pose sur sa poitrine. Harry évite de la positionner sur son cœur bien qu'il se doute que son meilleur peut sentir les forts battements dans sa cage thoracique.
« Respire au même rythme que moi », il souffle.
Il inspire profondément, expire tout autant, et Zayn essaie aussi. Il essaie et tout s'apaise. Il respire au même rythme que son bouclé et tout semble de nouveau aller. Les battements de son cœur s'apaisent, sa respiration redevient peu à peu normale, son cœur ne lui fait plus si mal. Leurs doigts sont enlacés sur la poitrine tatouée de deux hirondelles et le corps de Zayn se rapproche de la chaleur de celui de Harry.
Zayn sentait à travers le t-shirt du plus jeune les battements irréguliers de son cœur. Ils étaient collés l'un à l'autre, ivres d'alcool, ivres de leurs retrouvailles, ivres de cet amour qu'ils refusaient d'avouer. Si, n’importe quand mais encore plus ce soir, son meilleur ami lui avait demandé de quitter Perrie, il l'aurait fait sans hésiter. Harry ne le lui a jamais demandé, alors il a tout simplement cru que son amour était à sens unique. Perrie était quelqu'un de bien. Il l'aimait. C'était une personne agréable et ils s'entendaient sur tellement de choses. Il avait sûrement eu une sorte de béguin pour elle à une époque, un amour doux, mais pas le même amour que ce que Harry lui faisait ressentir.
Quand le bouclé était là, lorsqu'il chuchotait à son oreille pendant les concerts, lorsqu'ils riaient ensemble, Zayn se sentait infiniment heureux. Il ressentait toutes ses propres émotions plus fortement en présence du bouclé et il prenait à cœur chacune de celles de ce dernier. Harry était son meilleur ami. Harry était son rayon de soleil. Harry était celui qu'il admirait. Il avait du succès avec les filles, semblait rapidement se faire à cette image de célébrité qui leur collait à la peau depuis désormais trois ans, il était fait pour briller. Zayn, quant à lui, encore plus en ce moment, voulait rester discret. Il aimait chanter, il aimait écrire des chansons, il aimait la sensation grisante d’avoir des gens qui vous écoutent, qui sont là spécifiquement pour vous. Il n’avait, néanmoins, jamais aimé les mises en scène et, dirigé par un management exigeant qui ne croyait pas en la musique qu’il composait, il avait l'impression de se perdre lui-même.
Si n'importe qui du staff avait été présent à cette soirée dans ce bar, Zayn et Harry aurait été séparés. Pas juste éloignés mais carrément séparés, chacun d'un côté de la piste de danse, ne pouvant plus s'approcher, pouvant à peine se jeter un regard. Mais il n'y avait personne de leur métier ce soir, juste eux. Juste eux et cette envie de s'amuser. Juste eux et cette fine ligne qui semblait si facile à franchir. Alors, lorsque les mains de Harry passèrent sous son t-shirt, frôlant son ventre mince, appuyant dans le bas de son dos pour l'approcher, Zayn ne recula pas. Non. À la place, il gémit involontairement avec douceur et laissa sa tête tomber dans le cou du plus grand. Ce dernier avait les mains froides. C'est l'excuse qu'il se trouva pour justifier le son qu'il avait laissé échapper. Harry rit et ce son résonna beaucoup trop bien en Zayn. Cela l'effraya dans un premier temps. Mais c'était son meilleur ami, c’était Harry, alors il serra plus leurs corps et il ondula son bassin contre celui de l’autre, porter par les notes qui sonnaient enfin bien après autant d’alcool ingurgité.
« Qu'est-ce que tu - ?
- Je prends juste mes cigarettes. T'en veux une ?
- Euh, ouais. Merci. » Harry détourne les yeux alors que la main de Zayn est posée tout près de sa tête.
Il a sorti leurs deux visages de sous les draps et est penché au-dessus de lui. Le plus grand des deux retient sa respiration, essayant de calmer son cœur qui s'excite de cette soudaine proximité. Le métis finit par s'approcher encore plus de son visage et le plus jeune pense une seconde qu'il va l'embrasser. Celle d'après il pense qu'il aimerait ça. Cependant, Zayn ne fait rien d'autre que de glisser entre ses deux lèvres entrouvertes la tige de nicotine. Il laisse quand même traîner un peu trop longtemps ses doigts sur la lèvre inférieure, sur le menton, laisse juste un frôlement dans le cou de Harry. Il lui tend le briquet après avoir allumé sa propre cigarette et se rallonge aux côtés de ce dernier. Pourtant, ce n'est pas comme avant. Son corps est plus proche de celui de Harry, leurs deux peaux sont entièrement en contact et leurs yeux continuent de s'éviter.
« Tu veux parler de ce qu'il se passe ? » Le bouclé demande prudemment après un instant silencieux. Il a peur d'insister, il a peur que Zayn se braque, il a peur de le voir s'échapper. La tête de son meilleur ami bascule sur son épaule. Ils restent ainsi longtemps avant que le plus âgé rejette la fumée en soupirant :
« Je n'en peux plus, H. J'ai envie de partir. »
Quelques temps après leur première rencontre, Harry avait annoncé que les garçons du groupe pouvaient le surnommer H. Pour rire, Zayn avait dit que dans ce cas, Z lui irait très bien. Harry lui avait répliqué qu'il ne pouvait pas le copier en utilisant son initiale, il n'avait qu'à prendre le A ; en plus, ça sonnait comme sa deuxième syllabe. Zayn avait ri en acceptant. Pendant une période, tous l'avaient appelé de cette façon. Finalement, ils avaient grandi et, après plusieurs mois, le surnom s'était effacé comme une vieille blague trop racontée. Un jour, le bouclé voulut faire son premier tatouage. C'était à une soirée, Zayn s'était offert une machine à tatouer quelques jours auparavant, il en avait envie alors il a demandé. Harry avoua ce qu'il avait envie de se faire tatouer, insistant que c'était l'initiale de sa mère. Cependant, ses yeux étaient plongés dans l’ambre de ceux de Zayn comme s'ils essayaient d’instaurer une langue différente avec le métis. Il lui avait fait son « A ». Fièrement, il ne pouvait s'empêcher d'annoncer à tout le monde que c'était son œuvre ; un bout de lui pour son Harry. En y réfléchissant, ils ont tellement de l'un dans l'autre, tellement de tatouages en commun, tellement de souvenirs partagés, tellement de confidences échangées tard dans la nuit.
Zayn est quelqu'un de timide. Quand il s'est inscrit à X-Factor, il était persuadé qu'il ne réussirait pas à monter sur scène. Pourtant, il l'avait fait. Il avait été mis en groupe avec ses quatre futurs collègues, il était devenu célèbre. Son caractère premier reste cependant toujours ancré en lui. Il est timide et ne confie pas facilement son amitié ni sa confiance. Néanmoins, dès qu'il a rencontré Harry, il s'est senti compris et en sécurité. Le plus jeune est devenu la personne dont il est le plus proche dans le groupe, celui qu'il va voir quand sa famille lui manque et qu’ils sont sur les routes, celui avec lequel il n’a jamais peur d’être lui-même. Il n'était pas habitué à ça, à l'amitié, se sentir entouré, apprécié, compris lorsqu'il était juste silencieux et naturel. Il est simplement lui lorsqu’il est avec Harry et, bien que tous les garçons acceptent cela, la considération de ce dernier est toujours la plus importante. Alors, lorsqu'il ressentit les premiers picotements près de son coeur, il ne s'étonna pas plus que ça. C'était les premières décharges de l'amitié, non ? Zayn ne savait pas vraiment. Il n'avait jamais eu d'amis. Bien qu'il ne ressente pas cela pour les autres membres de son groupe, il s'est dit que c'était la preuve que Harry était un ami spécial. Son meilleur ami, tout simplement.
« Comment ça « partir » ? » La voix de Harry se brise dans l'obscurité. Il s'étouffe avec la fumée. Il ne s'est même plus pourquoi il a accepté la cigarette, il n’aime pas ça. Il a envie de pleurer. Il ne comprend pas. Enfin, si, il comprend une chose. Il comprend que Zayn ne mange plus, dort peu, s'éloigne de lui et de leurs amis. Il comprend que Zayn se renferme, ne sort plus, rit peu. Il comprend qu'il l'évite. Il comprend qu'il a cette vérité en lui depuis longtemps et Harry regrette de ne pas avoir vu la détresse de Zayn. Son Zayn qui lui avoue qu'il veut partir, mourir.
« Je ne suis plus heureux, pas comme ça du moins. Je veux quitter le groupe. »
Son souffle frôle la clavicule de Harry. Zayn se tourne un peu vers lui pour voir son visage. Il ne devine que son profil. Le bouclé écrase la cigarette à peine entamée sur la table de nuit. Il tente de digérer les paroles du métis. Quitter le groupe, pas mourir juste quitter, partir du groupe. Et, une fois qu’il les a correctement comprises, c'est lui qui meurt un peu.
Harry se colla contre Zayn. Celui aux origines pakistanaises mouvait avec une certaine sensualité son corps contre celui de son vis-à-vis et ce fut à Harry de laisser échapper un gémissement. Il ne le retient pas, ne le cacha pas, il le laissa s'immiscer entre eux. Il le laissa tinter aux oreilles de Zayn qui rougit légèrement. Harry se disait qu'il avait attendu trop longtemps, qu'il s'était caché trop longtemps ses propres sentiments alors il ne voulait pas les cacher au métis. Il voulait les lui offrir, les lui donner. Contrairement à Zayn, il n'inventa pas d'excuse. Il plongea juste la tête dans son cou et y posa un baiser à la base, près de la clavicule. Le corps entier du jeune homme frissonna et le bouclé enserra plus ses hanches, l'approchant encore plus de lui même si cela semblait impossible. Plus tard, ce ne fut plus leur proximité qui était impossible. Ce qui était impossible c'est de déterminer qui avait initié ce rapprochement-ci.
La bouche de Harry avait un étonnant parfum de cerise. Celle de Zayn de tabac avec un arrière goût mentholé de dentifrice masqué par les effluves de l'alcool. Cela n'était pas dérangeant pour le plus jeune qui approfondit le baiser. Il s'était déjà questionné sur la sensation qu'aurait cette bouche sur la sienne. Pourtant, aucun de ses fantasmes n'avaient atteint la perfection de cette douceur-ci, la délicatesse que c’était d’avoir ses lèvres sur celles de Zayn Malik. Quant à ce dernier, jamais il n'aurait pu penser qu'embrasser Harry pouvait être si bon, si sincère, aussi inattendu qu'attendu. Cela semblait être un point culminant autour duquel il a gravité toute sa vie. Les lèvres pleines et roses qu’il a toujours aimé regarder, les détaillant si précisément au crayon sur son carnet. Cette nuit Harry était tout à lui. Ils n'étaient plus que tous les deux, seuls au monde. Il attrapa fermement sa nuque et attira le plus grand vers lui, le sentant sourire fortement. Leurs dents s'entrechoquèrent dans ce baiser souriant, ou le sourire embrassé, mais l'un comme l'autre s'en fichaient.
« J'en avais tellement, tellement, envie.
- Moi aussi, H., moi aussi. »
Et doucement, Zayn se fit emporté dans une dangereuse pente. La bouche de Harry, le parfum de Harry, la présence de Harry, Harry, lui faisaient perdre tout contrôle. Ils se regardèrent longuement, leurs nez collés puis une des mains du métis se faufila pour attraper celle tatouée du brun. Il serra leurs doigts. Il les entraîna hors de la piste, hors du bar. Il était si tard, il était si tôt. Le ciel d'été était dégagé, la nuit était froide, le vent soufflait. Ils étaient ensemble. Leurs propres chaleurs corporelles les réchauffait. L'alcool coulait dans leur sang et leurs cœurs pulsaient si rapidement dans leurs poitrines. Ils s'éloignèrent de la boîte, ils marchèrent longuement. Leurs mains ne se lâchaient pas. Ils ne se parlaient pas. Ils déambulaient dans Londres, insouciants et heureux. Le vent balayait leurs cheveux et ils riaient sans pouvoir le contrôler dans la nuit bleutée et les rues vides. Ils firent quelque chose qu'ils n'avaient pas pu faire depuis des années. Ils prirent le métro, s'achetant des tickets à une borne comme des gens normaux.
Cette nuit, ils n'étaient plus Harry Styles et Zayn Malik de One Direction. Cette nuit, ils étaient juste Harry et Zayn. Harry et Zayn, un peu trop ivres, un peu trop joyeux, un peu insouciants. Juste cette nuit comme un aparté. Demain matin, ils savaient que tout serait différent. Ils avaient une image à maintenir et des contrats qu’ils ont eux-mêmes signé qui les attendaient leur rappelant les règles du management. Le métis avait des obligations envers sa fiancée et une religion qui n'acceptait pas forcément l'amour entre deux hommes. Mais était-ce vraiment de l'amour ? Zayn n'était certain de rien. Donc il serra plus fort les doigts de Harry entre les siens. Ils attendirent impatiemment le métro. Ils étaient en périphérie de Londres et se dirigeaient vers le cœur de ville.
Le métro ne tarda pas. La rame était quasiment vide. Ils restaient serrés l'un à l'autre sur la banquette, gloussant un peu stupidement et joyeusement. Harry étala son corps sur les sièges, sa tête posée sur les cuisses de Zayn. Ce dernier passait avec une inlassable délicatesse ses doigts entre les boucles de son collègue qui ronronnait presque. De l'autre main, il serrait toujours celle de Harry contre le cœur du plus jeune.
« J'ai encore envie de t'embrasser » le plus jeune marmonna, les yeux clos.
Il imagina un refus. Alors il avait parlé bas, espérant secrètement ne pas se faire entendre et avouant, tout aussi secrètement, une véritable envie qui lui retournait l'estomac. Il était tard. Demain, il mettra sa confidence sur l'alcool. C'est ce qu'il se promit pour ne pas jeter un froid entre lui et son meilleur ami. Pourtant, Zayn répondit favorablement à sa requête. Il plaça ses lèvres au-dessus de sa bouche, Harry sentit tout d’abord le souffle chaud mais, imaginant rêver, il n'osa pas ouvrir les paupières. Puis, la bouche du barbu se plaqua contre la sienne et ils bougèrent leurs lèvres en une synchronisation parfaite, bercés par le métro.
« Tu - tu n'es plus heureux ? » Harry déglutit, répétant cette phrase qu'il n'arrivait pas à assimiler. « Chanter c'est toute ta vie, Z. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas. »
Une larme roule contre sa volonté le long de sa joue et s'écrase dans les cheveux corbeau de son meilleur ami. La main du métis remonte jusqu'à son visage mais, d'un mouvement de tête, le bouclé se dégage. Zayn aimerait que cela ne lui fasse pas si mal au cœur. La douleur revient et elle est presque plus insupportable que la précédente. Il se redresse, appuyant son menton dans sa paume. Il observe le visage de Harry, du moins ce qu'il en voit maintenant que le plus jeune s'est tourné de l'autre côté. Ça lui serre le cœur de voir toute cette souffrance en lui. Harry a toujours été mauvais pour cacher ce qu’il ressentait, du moins aux yeux de Zayn. Il voit toujours lorsque ses yeux brillent moins fort, que ses lèvres sont moins relevés, que ses sourires sont moins étincelants. Il sait toujours et ce soir, même dans la lumière seulement de la lune dans cette chambre d’hôtel, il sait que Harry souffre et que c’est une douleur qu’il ne veut plus jamais voir sur ses traits. Il ne voulait pas le voir lutter à ce point avec la nouvelle de son départ, il voulait juste qu'il soit le premier au courant de sa décision. C'était important pour lui.
« Harry, bébé, je suis désolé.
- Ne m'appelle pas « bébé », je te l'interdis. Tu ne peux pas partir, nous quitter, me quitter, et m'appeler « bébé ». Tu ne peux pas, t'as pas le droit. Tu comprends ça ? »
Le ton monte rapidement. Harry se met à crier. Harry ne crie jamais. Alors, sans pouvoir le retenir, Zayn se met à pleurer. Il pleure devant la détresse de son meilleur ami, son meilleur... son meilleur tout. Il n'aura jamais de meilleur mot pour définir Harry. Son tout.
« T'as pas le droit de pleurer non plus. Non, Z, non. C'est toi qui veux partir. Tu peux pas. Tu peux pas. » Sa voix s'étrangle sur la fin. Il éclate à son tour brusquement en sanglots.
Il réalise ce que Zayn lui a dit. Il n'est pas heureux, il n'est plus heureux et lui, lui, il n'a rien vu. Enfin, si, il a vu des choses mais il n'a pas agi. Il n'a pas agi et maintenant il se retrouve submergé par toute la peine de Zayn, de son Zayn. Son Zayn qui ouvre ses bras et lui qui s'y réfugie. Lui, qui lui en veut tellement mais qui vient quand même au creux de son cou, coller son torse au sien, leurs cœurs face à celui de l’autre. Les bras du plus âgé se referment sur son corps et il l'entraîne dans sa chute sur le matelas. Harry se retrouve au dessus. Il profite du câlin, il en a tellement besoin.
Ils tombèrent sur le matelas de Zayn. Se dévorant littéralement les parties de leurs visages qu'ils réussissaient à atteindre. L'alcool, ils mettaient tout sur l'alcool même si leurs corps leur soufflaient que c'était plus, tellement plus, que quelques verres de trop. Ce fut Zayn le premier a retiré son t-shirt. Harry avait écarquillé les yeux trop surpris du geste, trop heureux de voir ce torse qu'il avait déjà vu mille fois d'une autre manière, trop heureux de le voir de cette manière. Il laissa échapper un gémissement qu'il noya dans le tissu de son propre t-shirt quand il le fit passer par dessus sa tête. Du moins, jusqu'à son col se coince. Il entendit le rire du métis, ce son aigus qu’il adorait entendre, puis rapidement il sentit ses doigts. Il tentait de l'aider. Le t-shirt se retrouva sur le sol, les lèvres de Harry sur celles de Zayn, puis les lèvres de Zayn sur le torse de Harry et bordel, c'était si bon. La façon dont le plus âgé pouvait sentir le cœur du bouclé battre sous la fine peau de sa bouche lui retourna l'estomac. Ce dernier lâcha d'ailleurs un juron avant de glisser ses doigts entre les mèches corbeau.
Cette nuit-là fut parfaite.
Cette nuit-là, pour la première fois, ils se sentirent complet.
Cette nuit-là prit trop vite fin.
Cette nuit-là, ils n'en reparlèrent pas.
Lorsque l'Anglais aux origines pakistanaises se réveilla dans son lit, son collègue avait déjà disparu. Il se dit qu'il avait rêvé. Cela ne pouvait pas être vrai. Il imagina Harry l'embrasser et ses sens s'affolèrent. Peut-être qu’il ressentait réellement quelque chose. Mais toute cette nuit devait être un fantasme. Pourtant, quand il s'observa dans le miroir de sa salle de bain, c'était bien la marque des lèvres de Harry ancré sur sa clavicule. Il se dépêcha de s'habiller, attrapa ses clefs et sortit précipitamment de la maison. Il se rendit chez son tatouer habituel, mauvaise idée un lendemain de cuite, et il lui expliqua en quelques mots son projet. Sa peau était encore à vif, il avait mal au crâne, il n'avait rien mangé depuis la veille, mais ça valait le coup. Ça devait valoir le coup. Il rendait tout cela réel, tous ses sentiments, ce capharnaüm depuis déjà trois ans. Tout prenait sens, maintenant. Ils avaient franchi ce pas. Harry ne devait pas ressentir la même chose que lui, sinon il serait resté. Mais peu importait, Zayn était enfin en paix avec lui-même. Le tatoueur leva l'aiguille et admira le résultat. Il lui tendit un miroir et le chanteur sourit. C'était exactement ce qu'il voulait. La trace des lèvres de Harry encrées à jamais dans sa peau.
« Ne pars pas. S'il te plaît, je t'en supplie. Ne quitte pas le groupe. Ne me quitte pas. »
Harry bégaie, il bataille avec ses propres mots, il s'écorche avec. Ça lui fait si mal de demander ça. Ça rend tout réel. Il ne veut pas que ça le soit. Il veut avoir imaginé les mots de Zayn, pas qu'il en ait réellement eu la pensée, mais qu'au moins tout cela ne soit pas réel.
« Harry », le métis tente doucement, caressant du bout des doigts la joue du bouclé qui a son visage au dessus du sien. Des yeux verts, une larme s'échappe et glisse jusqu’à la bouche de Zayn. Zayn qui répète dans un murmure le prénom du jeune homme penché sur lui. Le y disparaît contre les lèvres de Harry lorsqu'il échoue sa bouche sur celle de Zayn.
C'est maladroit. Ce n'est pas comme la première fois, la seule fois. C'est plus fort que ça. Déjà, ils ne sont pas ivres. Ils sont juste deux âmes perdues dans le torrent de l'amour. Ensuite, la tempête intérieure à laquelle Harry fait face s'apaise à l'instant où Zayn répond à son baiser. C'est d'une délicatesse infinie. Il se délecte de sa bouche, de sa langue, de son odeur. Ils collent leurs corps l'un à l'autre. Les mains du métis agrippent la nuque de son meilleur ami pour approfondir le baiser, agrippant quelques mèches. Le baiser qui ne ressemble pas à grand-chose. Il mêle larmes, peur, amour, passion, espoir. Harry aurait aimé se dire que cela suffira à faire changer Zayn d'avis. Il aimerait se dire que la façon dont leurs bouches sont faites pour être ensemble, la façon dont leurs mains caressent le corps de l’autre, la façon dont ces mêmes corps réagissent à leurs touchers mutuels, la façon dont leurs cœurs battent à l’unisson maintenant et depuis trois ans, la façon dont la tendre douleur qu’ils ressentent dans leurs estomacs quand ils sont si proches, la façon dont des stupides papillons passent carrément de lui à Zayn à ce moment devraient suffire à garder Zayn, ici, avec lui mais il sait pertinemment que ce ne sera pas le cas.
Ils étaient au bord de la piscine. Trois semaines qu'ils s'ignoraient mutuellement et qu'ils rejetaient mentalement la faute de leur mutisme sur l'autre. Leurs amis avaient tenté de comprendre ce soudain changement dans leurs comportements mais avaient rapidement abandonné lorsqu'ils ont compris que leurs suppliques ne changeraient rien. Harry et Zayn étaient aussi têtus l’un que l’autre et ils ne voulaient plus vraiment se parler. Évidemment, ils parlaient. Ils s'échangeaient des banalités. Pour n’importe qui d’autres ne les connaissant pas personnellement, ils parlaient mais la vérité était juste que c’était... plat, différent de d'habitude. Il manquait quelque chose. Les trois jeunes hommes se doutaient que c'était en lien avec cette soirée qu'ils avaient tous quittée. Ils imaginaient une histoire avec une femme. Peut-être que Zayn avait trompé Perrie et que Harry l'avait surpris, le confrontant ? Ils ne savaient pas vraiment, ils ne cherchaient pas non plus vraiment à comprendre. Ils voulaient juste qu'ils en discutent et que ça s'arrange.
Zayn, allongé sur un transat, laissait pour la première fois depuis qu'il avait fait son dernier tatouage les rayons du soleil frôler sa peau. Il avouait que cela commençait à devenir agaçant d'avoir le torse couvert lors de ses séances de bronzage. Harry, quant à lui, abordait fièrement une paire de lunettes de soleil de la marque de sa sœur. Derrière les verres opaques, ses yeux parcouraient depuis un quart d'heure le torse tatoué de son... amant d'une nuit. Il s'aperçut que le métis l'observait en retour. Il est vrai qu'il n'avait pas bougé depuis un moment, après être allé se baigner dans la piscine de Louis, et les garçons avaient tous supposé qu'il s'était endormi. Zayn profita donc de cet instant pour le regarder, les gouttelettes glissant de ses boucles jusque son torse. Lorsque cela devient trop gênant pour Harry dont les joues rougissaient, il se décida à prendre la parole.
« Sympa ton nouveau tatouage.
- Tu- hum, tu trouves ? » La voix de Zayn était incertaine. Il était bien trop gêné d'avoir été surpris à le mater.
« Ouais. Perrie doit être contente d'en avoir un nouveau pour elle, la trace de ses lèvres en plus. » Harry était amer. Il laissa sa tête retombée sur le transat et ferma les yeux.
« Ce n'est pas la trace de ses lèvres à elle. » C'était si bas que Harry pensa avoir rêvé. Il avait certainement dû le rêver.
Pourtant, ce soir, en embrassant le torse dénudé de Zayn, il laisse ses lèvres se poser sur l'encre rouge. Effectivement, ce ne sont pas les lèvres de le blonde. Ce sont les siennes que le métis a représentées. Il embrasse plus de fois qu'il ne le faudrait la peau, tellement de fois qu'il finit par l'entendre gémir délicieusement son prénom. Ça électrise plus qu'il ne le faudrait sa peau.
Puis Zayn, Zayn, Zayn. Zayn partout, tellement partout que Harry en pleure, Harry se mord si fortement les lèvres pour faire valser la douleur de son cœur vers sa bouche ensanglantée. Zayn qui ne regarde que lui, qui ne voit que son bouclé, son meilleur ami, son meilleur amant. Harry entièrement, seulement Harry. Harry qui souffre tellement en cet instant.
Leurs mains, leurs doigts, leurs lèvres, leurs bouches. Ils se redécouvrent, ils se frôlent, ils s'admirent, ils s'aiment, ils pleurent, ils souffrent.
Parce que Zayn et Harry s'aiment tellement, depuis si longtemps. Parce qu'aucun des deux n'a réussi à le dire à temps. Parce qu'ils ne le réalisaient pas. Parce qu'il faut parfois se retrouver face à une décision qui fait mal, si mal, pour tout comprendre. Harry comprend que Zayn partira, même là, avec lui, il n'est déjà plus entièrement là. Zayn sait que sa décision ne changera pas. Il s'éloigne, il s'éloignera. Parce que son amour est trop fort, parce qu'il pense que Harry ne le ressentira pas. Parce qu'ils se sont aimés, si fort, deux nuits. Deux nuits pour l'éternité. Deux nuits pour leur éternité. Parce que Harry a changé la façon dont Zayn se voyait, la façon dont il voyait le monde.
Lorsque Zayn se réveille le lendemain, il sait que quelque chose entre Harry et lui vient de se briser. Harry qui dort encore, ses cheveux bruns et longs entourant son visage sur l'oreiller. Il est collé contre Zayn, son visage enfoui dans son torse, un léger ronflement qui s'échappe d'entre ses lèvres. Lèvres que le métis veut embrasser. Il ne le fera pas, car cela signifierait réveiller Harry et il ne peut pas. Il se glisse hors du lit, doucement. La tête du bouclé se niche dans son oreiller, le nez empli de son odeur, empli de Zayn. Il ferme fortement les paupières. Il ne doit pas craquer. Il enfile un bas de survêtement qui traîne dans sa valise ouverte et se dirige vers la porte. Le sol craque un peu sous ses pieds.
« Zayn ? »
Mince. Raté. Il se tourne légèrement vers Harry dont les paupières sont toujours closes. Du moins, d'où il est car, en s'approchant du lit, il devine ses iris derrière les cils à peine relevés.
« Tu pars ? C'est aujourd'hui que tu as décidé ça ?
- Non, pas aujourd'hui. Je dois en parler aux autres, je dois en parler au management. Mais oui, je vais partir. Je partirai, Harry.
- Même si je te dis que « je t'aime » ?
- Ne le dis pas. Ne le dis pas, H. S'il te plaît, ne dis pas ça. Ce serait comme planter un couteau dans mon cœur.
- Tu crois que ce que tu m'as avoué hier ça m'a fait quoi ? » Le ton n'est même pas méchant. Juste peiné. Juste un simple constat. « Tu crois que ça fait quoi de réaliser que l'homme qu'on aime depuis ses dix-huit ans va partir... Tu me quittes, Z, et ça me brise... »
Zayn finit de s'approcher et s'assoit en tailleur sur le sol, son visage au niveau de celui de Harry. Ce dernier a refermé les yeux mais il sent la présence du métis à ses côtés. Il ferme à son tour les paupières, prenant une grande inspiration. Sortir en douce de la chambre aurait été lâche mais tellement plus simple.
« Harry, bébé... » Le dernier mot prend un goût salé sur ses lèvres.
« Je peux faire comme si tu n’avais rien dit, oublié, effacé. Je peux.. partir avec toi ? Je peux faire ça. On pourrait partir ensemble. Plus de management, plus de regards, plus rien hormis toi et moi. Moi et toi, Zayn ! »
Quand il ouvre les paupières, les cheveux corbeau sont la première chose qu'il voit. La tête enfoncée dans le matelas, Zayn pleure. Il pleure leur bêtise. Il pleure sa décision, sa décision qui est si ancrée en lui à présent. Partir lui semble désormais la meilleure chose à faire. La meilleure chose à faire pour lui, pas pour Harry. Le bouclé aime sa vie sur scène, il aime cette vie-là, ici avec les gars, avec les fans. Il aime ça et Zayn ne peut pas lui imposer quoique ce soit. Il ne peut pas lui imposer de partir. Pas alors que le bouclé dit être prêt à tout quitter pour être avec lui. Ce serait si égoïste de sa part d’accepter. Les doigts de Harry se perdent dans ses cheveux, doucement. Il les laisse caresser son crâne, les laisse jouer avec ses mèches noires et les laisse se perdre dans sa nuque. Il aime leur contact. Il aime les frissons que ça lui procure. Il aime les papillons qui s'envolent tout au creux de lui. Et, il aime Harry. Il aime si fort Harry.
« Je ne peux pas accepter. Je ne peux pas t'imposer ça.
- Je te le propose !
- C'est ma décision, H, pas la tienne. On le sait tous les deux.
- J'ai besoin de toi...
- Je suis toujours là, je serai toujours là.
- Tu me quittes. Tu nous quittes » Les doigts de Harry s'agrippent désormais à ses cheveux. Ce n’est pas douloureux, c’est juste plus réel. Il sent son front sur l'arrière de sa tête et les larmes du bouclé qui se perdent dans ses mèches. Ça le brise si fort, Zayn. Ça le brise si fort de sentir toute cette souffrance, toute cette douleur qu'il a lui même provoquée.
« Je ne te quitte pas. Je ne te quitte pas toi, bébé. Je quitte le groupe, pas toi. Peu importe où tu seras, où je serai, si tu en as besoin je reviendrai toujours vers toi.
- Promets-le moi. J'ai besoin de l'entendre.
- Je te le promets. » Il sent le doux baiser de Harry. Il ne le regarde pas, mais il le sent ; si proche et si loin en même temps. « J'aimerais qu'on parte, il avoue. J'aimerais qu'on parte, qu'on oublie tout, qu'on vive que tous les deux. Loin des gens, loin des rumeurs, loin de ce en quoi je crois, loin de mes peurs. Tu changes qui je suis, H. Tu changes ma façon de voir. Tu changes ma façon de me voir. Je voudrais seulement voir le monde à travers toi, parce qu'il est si beau dans ces moments-là. Il est si beau quand je nous imagine ensemble. Juste toi et moi. Mais pour être juste toi et moi, ça signifie qu'on est cachés. Je ne peux pas nous visualiser avec des gens, on n'est que tous les deux, tout le temps. C'est beau mais pas suffisant. Je ne veux pas qu'on soit cachés, je veux qu'on soit... nous. Nous fondus dans la masse. »
Harry pleure plus fort et presse ses lèvres sur sa peau. Ce n’est pas doux, c’est sec, c’est poignant et ça marque l’intérieur de Zayn. Il comprend. Il comprend que ses sentiments sont réciproques, il comprend qu'ils pourraient s'aimer. Ils le pourraient et ils se seraient aimés si fort. Ils le pourraient s'ils retournaient à cette nuit-là. Cette nuit où ils étaient Zayn et Harry et non Zayn Malik et Harry Styles de One Direction.
« Tu ne pars pas à cause de moi.
- Je t'aime bien trop pour ça.
- Redis-le.
- Plus tard. Je - bébé, je suis tellement désolé ; de ça, de tout ça.
- Moi aussi, A. Moi aussi. » Le cœur de Zayn se serre avec tout l’amour qu’il peut ressentir à l'entente du surnom. Il relève délicatement la tête et, avec tout autant de délicatesse, il plonge son regard miel dans les yeux si vert de Harry. Il se noie dans le vert, ce vert qu’il aime tant. Ce vert qu’il a tant cherché à reproduire dans ses graffitis. Il coule à l’intérieur du vert, doucement.
« Je suis tombé pour toi. Je ne sais même plus vraiment quand. C'est arrivé à un moment. J'étais là, t'étais là, je me suis noyé et je n'avais aucune envie de remonter. Je suis tombé amoureux de toi, si fort. Je ne suis pas désolé pour ça, je ne m'excuserai jamais de t'aimer, bébé. Mais je suis infiniment désolé de savoir que je ne pourrai jamais être tien, comme tu ne pourras jamais être mien.
- Je t'aime, je t'aime tellement. »
Zayn essuie du bout des doigts les larmes de Harry. Il scelle leurs lèvres un instant et vient le prendre dans ses bras, grimpant à nouveau sur le matelas. C'est fort. Ça dure longtemps. Ils restent un moment comme ça, juste serrés l’un contre l’autre, se chuchotant des mots doux. Ils restent un moment comme ça, étrangement plus proche l’un de l’autre qu’ils ne l’ont jamais été, plus proche qu’ils ne le seront probablement jamais. Le bercement qu’ils s’imposent et les mots qu’ils murmurent. Ils leur restent peu de temps ensemble, quelques semaines.
Il y aura une troisième nuit. La plus belle aux yeux de Harry. Ce sera doux, ce sera bien, ce sera amoureux. Juste de l'amour. Un amour sincère qui leur soufflera que ce n'est pas la fin. Zayn ne dormira pas cette nuit-là, Harry non plus. Du moins, ce dernier ne dormira pas avant que le métis ne parte. Ils resteront jusqu'aux dernières minutes l'un contre l'autre, nus. Ils profiteront jusqu'aux derniers instants ensemble. Ils s’embrasseront beaucoup cette nuit-là, les lèvres enflées, les yeux rougis et le cœur débordant d’amour sincère. Ils retraceront du bout des doigts et du bout des lèvres leurs tatouages, jouant avec l’encre et s’ancrant un peu dans l’autre, marquant l’étendue de leurs peaux par des baisers, des suçons, des souvenirs, de l’amour, des doigts qui involontairement impriment leurs traces sur la cuisse de l’un, dans l’épaule de l’autre, dans la hanche de l’autre. Ils s’aimeront tellement, tellement, que pendant des années ils pourront se souvenir de cette longue nuit. Ils pourront se souvenir de comment les lumières de Hong Kong caressaient et illuminaient leurs corps à travers la vitre de l’hôtel, ils pourront se souvenir du goût sur leurs langues, ils pourront se souvenir de l’amour qui les unissait, ils pourront se souvenir de combien ça les a dévastés cette nuit-ci, la cascade d’amour qu’ils se sont pris, le nombre de fois où ils se sont dits qu’ils s’aimaient, les promesses qui les entouraient, les mots qu’ils n’ont jamais prononcés à haute voix, ceux qu’ils se sont enfin confiés, le nombre de sourires qu’ils se sont faits, les fossettes de Harry apparaissant toujours, toujours, et les pommettes de Zayn lui faisant mal, si mal. Ils se souviendront de tout ça, des années durant. Lorsque Zayn ira à la douche cette nuit-là, Harry le rejoindra. Ce sera dans la salle de bain de la chambre d’hôtel du bouclé que son aîné retira sa bague en forme de rose et la lui donnera ; signe d'une promesse muette. Alors, pour le remercier, le jeune homme retirera pour la première fois depuis des années sa chaîne en or et l'attachera autour du cou de son amant. Observant leurs reflets dans le miroir embué, ses lèvres s'éparpilleront dans sa nuque, quelques larmes s'échapperont. Puis, ce sera l'heure. Fatidique heure du glas.
Ils s'observent, se regardent, s'admirent, maladroits. De faibles sourires sur leurs lèvres, ils ne montent définitivement pas très haut, et leurs yeux rouges démontrent juste l’état de leurs pensées les plus intimes. Comme toujours quand il s'agit de gestes affectifs, c'est Harry qui fait le premier pas. La veille, Zayn a fait ses « aux revoirs » aux autres membres du groupe. Il ne reste plus que Harry. Il est trois heures vingt-six du matin, ils sont sur le trottoir devant leur hôtel. Harry vient prendre Zayn dans ses bras. Étonnamment, c'est Zayn qui éclate en sanglots. C’est lui que le plus jeune berce doucement en lui répétant que « ça ira, tout va bien, tout ira bien ».
« Arrête de pleurer, Z. Tout ira bien. On se retrouvera, un jour, quelque part, à un autre endroit, hein ?
- Oui, oui, bien sûr que oui.
- Je t'aime.
- Je t'aime, bébé. Ne l'oublie pas.
- Jamais.
- On ira bien.
- J'espère. »
Le vent souffle fort en cette étrange matinée. Zayn serre contre lui Harry, resserrant sa prise sur ses épaules, s’accrochant à lui, comme si dans ce geste il pouvait emporter un bout de lui là-bas. Là-bas peu importe où il ira, il ne le sait pas encore. Il a décidé qu'il avouera tout à Perrie dès son arrivée en Angleterre, il a trop de respect pour elle pour lui mentir sur ce qu’il s’est passé. Il devine déjà comment ça finira. Tellement moins de larmes que dans cette relation si difficile qu'il quitte maintenant.
Son tout. Il quitte son tout et ça le déchire. Son âme sœur. C'est ce qu'est Harry, son âme sœur. La personne avec qu’il se sent le plus lui, cette personne qui illumine sa vie et réchauffe son cœur, son soleil. Alors, au fond de lui, il sait qu'un jour ils se retrouveront. Peu importe où, peu importe quand. Un jour, ils se retrouveront car des sentiments comme les leur ne peuvent pas s'éteindre.
C'est l'heure, définitivement. Zayn doit y aller, il doit partir. Il s'écarte dans un élan de courage du plus grand et il le regarde une dernière fois dans les yeux. Ses grands yeux verts, émeraude brillante dans la nuit noire, qui lui redonnent envie de vivre, qui lui redonnent envie de se battre, qui lui redonnent envie, tout simplement. Il observe attentivement les traits de Harry et les redessine mentalement. Il veut en faire le tour de ses doigts, mais ils ont si peu de temps. Alors, furtivement, il fait juste le tour de ses lèvres avec les siennes. C’est un baiser léger, comme un frôlement d’aile de papillon, peut-être un des papillons qui a fini par lui échapper. C’est un doux baiser, pas un de ces longs et langoureux baisers d’adieu car ce n’en est pas un, ce n’est clairement pas un adieu.
« Je t'aime. »
Il entre dans la voiture et en claque la portière. Harry n'a pas répondu. Le métis ne regarde pas en arrière quand le chauffeur démarre et l’emmène vers l’aéroport. Harry est probablement encore sur le trottoir à regarder la voiture partir ou il est tout simplement rentré car nous sommes fin mars et le temps n’est pas encore clément. Zayn ne sait pas et il ne le saura probablement jamais, puisqu’il ne s’est pas retourné. Il fixe la route devant lui, une chanson qu’il ne connaît pas passe sur l’autoradio et ne semble être qu’un chuchotement dans le noir face à lui. Il porte à ses lèvres la chaîne suspendue à son cou et l'embrasse ; un dernier morceau de H.
Ils sont déjà loin lorsqu'il reçoit la notification sur son portable.
Oui, ils iront bien. Oui, un jour, ils se retrouveront, ensemble. Ils pourront s'aimer ensemble et non séparés. L'un avec l'autre. L'un proche de l'autre. Il lève les yeux vers les étoiles qu’il peut voir dans le ciel et regarde de nouveau son téléphone :
« All the love as always. H »
