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L'ambiance est morose. Un silence pesant règne dans la pièce et j'ai le cœur serré et abattu. Assise sur le canapé, je regarde sur la droite et je vois ma sœur Alex qui tente de retenir ses larmes. Elle ne devrait pas les retenir, elle ne devait pas, en ce jour, jouer à la grande sœur, elle aussi avait le droit de se laisser aller, de laisser sortir sa peine et de s'autoriser à pleurer. Je tends la main vers elle et machinalement elle vient tout de suite l'agripper sans pour autant poser son regard sur moi. Son expression est vide de toute expression, elle non plus ne s'attendait pas à cette perte si soudaine, personne ne s'y attendait. Mais la mort frappe là où on s'y attend le moins et elle n'épargne aucun individu. C'est bien la seule chose de vraiment égalitaire sur cette terre.
Je sursaute quand un homme d'une trentaine d'années, habillé dans un beau costume cravate noire, ouvre la porte. Il nous fait savoir que la procession est prête et que nous devons partir. J'aide Alex à se relever et je lui agrippe le bras. Accrochés à elle, nous sommes suivis par tous nos amis, John, Winn, Nia, et les autres. Nous nous mettons en marche et suivons le cortège à pied sur trois kilomètres avant d'arriver au cimetière. La voiture devant nous qui roulait au pas ce stop. Quatre hommes en descendent, ouvrent les portes arrière du corbillard et en sortent le cercueil de notre mère, Eliza, qui venait de mourir d'une maladie fulgurante. Mes pouvoirs, tout aussi puissants qu'ils soient, n'avaient pas pu la sauver.
La pluie commence à tomber, ce n'est pas une journée des plus ensoleillées, mais le temps reflète plutôt la morosité et la tristesse que nous avons tous en ce jour.
Le cercueil, lui, je le trouvais magnifique, il était en bois massif et orné de fils d'or qui en faisait le tour. Nous avions été, Alex et moi, surprises de recevoir un don anonyme plus que généreux et qui nous permet d'offrir à notre mère le digne dernier hommage qu'elle méritait. Mais nous en étions cependant reconnaissantes Alex et moi.
Le cercueil fut amené au-dessus du trou creusé dans le sol et chacun put dire un dernier petit mot en l'honneur de notre mère, une femme généreuse, altruiste, prenant d'abord soin des autres avant de prendre soin de soi. La cérémonie, bien que se passant sous la pluie, se passa très bien, elle était magnifique et je suis sûre que Eliza aurait apprécié. Nous avons respecté chacun des vœux qu'elle avait émis pour sa mort, même si nous n'avions jamais pensé que nous devrions respecter sa volonté aussi rapidement.
La pluie commençait à frapper de plus en plus fort, forçant les gens présents à sortir les parapluies. C'est lorsque je dois ouvrir le mien que je la remarque. Quelques mètres plus loin se trouvait une jeune femme en tailleur noir près d'un grand chêne, tenant un parapluie au-dessus de la tête. Derrière elle se trouvait une limousine, signe qu'elle devait avoir un train de vie luxueux. Nos regards s'accrochent l'espace d'un instant, nous fixant mutuellement des yeux. Sans que je ne sache pourquoi, je sens ma respiration qui se coupe, mon rythme cardiaque augmente, une drôle de sensation s'empare de moi. Et je ne comprends pas, clairement je ne comprends pas ce qu'il m'arrive. Ses yeux étaient d'un vert si intense que j'en oublie l'espace d'une seconde complètement les évènements qui nous ont amenés ici. Mais ce qui m'émeut le plus, c'est la tristesse qui se dégage de sa personne, comme si elle portait le poids du monde sur ses épaules. Serait-ce la mort de ma mère qui la rendait si triste ? D'où la connaissait-elle ? Jamais Eliza ne nous avait parlé d'une femme telle que je la voyais sous cet arbre...
Cette femme ne dit rien, ne fait rien, elle a seulement l'air d'assister à l'enterrement de loin. C'est Alex qui me demande ce qui ne va pas quand elle remarque que j'ai la tête ailleurs. Je me reconcentre donc sur ce qui se passait devant et essaya de ne plus penser à la mystérieuse inconnue. Puis arrive la mise en terre. Je lance une rose blanche sur le cercueil, chacun fait de même puis celui-ci est enfin recouvert.
Quand je me retourne pour voir si la mystérieuse inconnue est toujours-là, celle-ci à disparu.
Nous restons un long moment avec ma sœur à contempler ce qui serait désormais la dernière demeure de notre mère.
Puis nous retournons tous chez les Danvers. Beaucoup de personnes viennent pour nous saluer et nous présenter leurs condoléances. Cela commence à faire un peu trop pour moi et je pars me réfugier dans ma chambre et je finis par m'y endormir. Je suis réveillé en sueur moins de trente minutes plus tard par la vision de cette paire d'yeux émeraude qui a envahi mon esprit. Je commence à me demander ce que cette personne faisait là et quelle était le lien qui l'unissait à ma mère. Éventuellement je voudrais la remercier d'être venue lui rendre un dernier hommage. Qui que ce soit, si cette personne connaissait Eliza, alors cela ne pouvait pas être une mauvaise personne. Au fond de moi j'étais au moins persuadé de ça.
C'est ma sœur qui vient de me sortir de mes pensées en frappant à la porte de ma chambre.
Elle s'assoit au bord de mon lit et nous discutons un peu. On se remémore quelques souvenirs avec notre mère, de comment elle m'avait adopté à la façon particulière qu'elle avait utilisée pour nous forcer à nous entendre avec Alex.
Il faut dire qu'au tout début où je suis arrivé chez les Danvers, Alex et moi ne nous entendions pas du tout. Jusqu'au jour où lassé de nos disputes, Eliza nous avait laissés à 5 km de la maison et nous avait demandé de rentrer à pied et ensemble. Je n'avais pas le droit d'utiliser mes pouvoirs et Alex devait m'aider à me servir de la boussole qu'Eliza nous avait laissé pour nous repérer.
Ce souvenir nous fait sourire toutes les deux, il faut dire que la méthode d'Eliza avait parfaitement fonctionné et que depuis, avec Alex nous étions devenues très proches.
— Alex... je peux te poser une question ?
— Oui bien sûr, évidemment
— Tu as vu qui la jeune femme en limousine qui était à l'enterrement de maman ?
— Oui, vite fait...
— Tu sais qui c'est ?
— Aucune idée, mais maman à su toucher tellement de monde de son vivant...
— Pourquoi tu me demandes ça ?
— Je ne sais pas, tout le monde est venu nous voir pour nous présenter ses condoléances, mais pas cette jeune femme...
— Elle ne savait peut-être pas qui on était...
On continue la conversation quelques minutes, puis Alex m'annonce que ce soir elle va dormir chez sa petite amie Kelly. Elle me demande si je ne préfère pas rester avec elle, mais je lui fais comprendre que quand on a la chance d'avoir trouvé l'amour de sa vie, il faut savoir en profiter tant qu'il est temps, en gros, de ne pas s'inquiéter pour moi, que tout ira parfaitement.
Plusieurs heures plus tard, tout le monde est rentré chez soi depuis longtemps. Je suis allongé sur mon lit, je ne trouve pas le sommeil. Au bout de dix minutes interminables à me tourner encore et encore dans mon lit, je me lève pour prendre mon ordi portable. Après hésitation je tape dans la barre de recherche « brune aux yeux verts ». Mais devant l'absurdité de la situation, je referme mon portable et me recouche de dépit.
Deux semaines plus tard, la vie depuis la mort d'Eliza reprenait doucement son cours. Et aujourd'hui je devais reprendre le boulot à Cat&Co. Je n'avais quasiment pas vu Alex pendant ses deux semaines, elle s'était enfermée dans sa bulle et la seule personne autorisée à y pénétrer était Kelly, et encore, avec difficulté.
Arrivé au journal, James m'informe que je dois aller interviewer une certaine Lena Luthor. D'après James, j'ai un bon relationnel et suis doué pour cerner la personnalité des gens. J'étais donc la personne parfaite pour ce travail. Le nom de Luthor résonnait négativement partout dans le monde et d'après James, la jeune femme était là pour redorer le blason familial. Je devais donc m'en assurer et les prévenir pour le cas où ce serait encore un coup fourré de la famille Luthor.
Je lui demande si Nia ne peut pas y aller à ma place. Avoir affaire avec une personne dont le frère à essayer de tuer mon cousin à de nombreuses reprises ne m'enchante pas vraiment. Après tout, si Lex savait pour la kryptonite, qui d'autre de sa famille était au courant ? Si la jeune femme en avait dans son bureau, j'étais foutu, j'aurai beaucoup de mal à garder secrète ma double identité.
Mais à contrecœur je finis par accepter. Après tout, me plonger dans mon travail de journaliste m'aiderait peut-être à passer à autre chose. Depuis la mort de notre mère, je n'étais plus que l'ombre de moi-même, je n'avais plus envie de rien et je crois qu'au fond de moi je n'arrivais pas à me faire à l'idée qu'encore une fois j'avais perdue une partie de ma famille.
James me donne quelques instructions et quelques mises en garde envers la jeune femme pour l'interview, puis je me mets en route.
D'ordinaire je prends les transports en commun, mais aujourd'hui j'ai une soudaine envie de sentir l'air frais sur mon visage alors c'est en m'envolant que je me rends à deux rues des bureaux de L.Corp. Une fois arrivée, je remets en place mes vêtements, sort le badge que m'a donné James pour signifier que j'avais rendez-vous avez Madame Luthor et me prépare mentalement aux questions que je devrais poser à la jeune femme.
Quand j'arrive à l'entrée, on vient directement à ma rencontre pour me demander si j'avais un rendez-vous avant que je ne montre mon badge pour faire savoir que j'en avais effectivement un. Je dois passer des portiques détecteurs de métaux et un agent de sécurité vient me palper pour voir si je ne dissimulais pas d'arme. Cela me fait sourire un peu au vu de mes pouvoirs, mais je fais vite abstraction.
On m'accompagne jusqu'au vingtième étage et on me fait asseoir en me disant que Madame Luthor sera prête dans quelques instants.
Après cinq petites minutes, une jeune femme se présentant comme l'assistante de Madame Luthor et se prénommant Jess me fait signe que sa patronne est prête et qu'elle va me recevoir.
Quand j'ouvre la porte de son bureau et que je la vois, je me fige sur place, bien incapable de prononcer le moindre mot. Les mêmes sensations que lors de l'enterrement de ma mère m'envahissent, je suis complètement paralysé et sans m'en rendre compte j'ai complètement cessé de respirer.
— Bonjour
— Vous êtes avec moi ? Allo ici la terre ?
— Heu... Oui, pardon, Kara Danvers, journaliste à Cat&Co
— Je savais que les Luthor avaient du pouvoir, mais rendre muet n'en faisait pas encore partie, plaisanta Lena, visiblement amusée par la situation
— Excusez-moi, mais on se connait non ?
— Si l'on se connaissait, croyez bien que je m'en rappellerai Miss Danvers
Elle contourna son bureau pour venir vers moi et me serrer la main. J'aurai juré qu'un frisson l'avait parcouru à ce moment-là, mais peut-être était-ce moi... Je ne savais plus trop quoi dire ni penser. Devant moi se trouvait la jeune femme présente à l'enterrement d'Eliza. Elle était en retrait et assez éloignée, mais ses yeux, bon sang ses yeux là, jamais je ne pourrais les oublier. Mais visiblement, je ne lui avais pas fait le même effet, car elle n'avait pas l'air de se souvenir de moi. Notre échange visuel avait pourtant été bref, et d'une incroyable intensité.
Mais après tout, peut-être m'étais-je fait des illusions...
- Voulez-vous un café ?
- Pardon ?
- Un café, vous en voulez un ?
- Ha heu, désolé, j'étais perdue dans mes pensées, mais oui, je veux bien merci
- J'ai cru le comprendre en effet, s'amusa la jeune femme
Elle se dirige vers sa machine à café, nous en prépare deux, puis j'arrive a reprendre constance et nous pouvons commencer enfin l'interview.
Lors de celle-ci, j'apprends que la jeune femme tente de redorer le nom des Luthor et qu'elle consacre une grande partie de sa fortune à la recherche pour les maladies rares et qu'elle-même était une brillante scientifique. Elle était bien loin de l'image que les médias tendaient à la faire paraître, elle n'avait même rien à voir. Je trouve d'ailleurs étonnant de n'avoir jamais vu sa photo avant dans les journaux.
Elle me propose d'ailleurs de venir avec elle trois jours plus tard pour qu'elle me présente en exclusivité l'une de ses inventions, qui, d'après elle, allait révolutionner le monde de la médecine.
Curieuse, j'accepte la proposition avec plaisir. Mais je ne comprenais pas, j'étais persuadé que c'était bien la jeune femme de l'enterrement d'Eliza, alors pourquoi faisait-elle comme si elle ne se souvenait de rien. Avait-elle un lien avec notre mère à Alex et moi ? Ma mère étant également une brillante scientifique, s'étaient-elles rencontrées de cette façon ?
Je voulais lui poser la question, mais j'avais peur d'outrepasser mes droits en lui demandant ce genre de chose.
L'interview touchait maintenant à sa fin. Contre toute attente, le temps était passé à une vitesse folle et j'avais passé un moment fort agréable. Lena n'était pas la jeune femme froide et sans cœur que s'évertuait à dépeindre les différents médias. Elle était plus, bien plus que ça. Et je ne comprenais pas encore tout ce que je ressentais en sa présence. C'était nouveau, intense, incroyablement puissant, et je me surprenais à vouloir connaître la jeune femme de façon moins formelle qu'une interview.
Mais soudain, un bruit que j'étais la seule à pouvoir entendre arrive à mes oreilles, une jeune femme était en train de se faire agresser violemment dans la rue et je devais partir en urgence.
Je me lève à la hâte et invente une excuse bidon comme quoi je suis en retard pour rapporter notre interview à mon éditeur, ce qui d'ailleurs, en soi n'était pas totalement faux, puis je m'en vais après lui avoir serré la main.
Ce que je n'entends pas, c'est la phrase que prononce la jeune femme et qui n'arrivera jamais à mes oreilles " Va sauver des vies, Supergirl "
Je sauve la femme qui se faisait agresser et jette l'homme devant le commissariat de la ville, puis je vais à Cat&Co pour travailler sur mon article.
Quand je l'ai fini, James est étonné que celui-ci soit neutre et non pas à charge contre la Luthor.
- Il n'est pas à charge, car il n'y a rien à dire de mal James, tout bon journaliste doit être neutre et savoir voir au-delà de l'image...
- Je ne dis pas le contraire Kara, mais fais attention à toi, on ne sait jamais avec les Luthor...
- Je suis assez grande pour me débrouiller toute seule James, maintenant si tu permets, je vais fignoler l'article pour la version définitive
Le lendemain matin, Jess, l'assistante de Lena, apporta le journal à sa patronne qui le lut attentivement, un sourire s'étirant sur ses lèvres au fur et à mesure de l'article.
" Je vois que Kara a hérité de son altruisme et de sa neutralité"
Après l'avoir lu, elle fit appeler Jess dans son bureau.
- Jess, pourriez-vous faire parvenir ce courrier à Mademoiselle Danvers à Cat&Co s'il vous plaît ?
Elle lui tendit une lettre que son assistante s'empressa de confier à un coursier.
Je suis à mon bureau depuis dix bonnes minutes, je n'arrive plus à réfléchir correctement. Cette Lena est dans toutes mes pensées et je ne comprends toujours pas pourquoi, ou plutôt j'ai peur de comprendre et c'est plus fort que moi...
- Alors Kara cet article ?
- Nia ? Heu, ça avance, ça avance.
- Toi, ça ne va pas, tu veux en parler ?
- C'est gentil, ça ira merci, c'est juste que... j'ai rencontré cette personne qui m'intrigue fortement et je ne sais pas, il y a un truc, je ne saurai pas l'expliquer
- Mmmm intéressant, notre petite Kara est enfin amoureuse !?
- Hein ? Quoi, mais non, voyons ! Je la connais à peine !
- Là ? Donc c'est une femme ! m'interroge Nia en plaisantant.
- Tu... tu m'énerves !
- Je sais, mais c'est aussi à ça que servent les amies !
- Kara Danvers ?
- Oui ?
Un homme s'approche de moi avec un courrier en main et un reçu à me faire signer.
Je signe le document et commence à ouvrir la lettre qu'il venait de me livrer. Puis je la lis, plus un sourire sur mon visage s'étend malgré moi.
" Kara, je viens de lire l'article que vous avez écrit et vous êtes la seule journaliste à être impartiale dans vos écrits, alors si vous et votre journal êtes d'accord, j'aimerais faire de celui-ci l'avant centre de mes recherches et lui faire part en exclusivité de toutes les nouveautés que moi et mon entreprise sortiront à l'avenir. En outre, comme nous avons pu l'évoquer lors de notre entretien, je vous laisse ci-joint le programme et une invitation officielle pour voir ma dernière invention qui pourrait bien révolutionner la médecine. Mon chauffeur viendra vous chercher à Cat&Co à cette occasion pour vous y emmener. Je vous laisse sur le dos de ma carte mon numéro de téléphone personnel si jamais vous avez des questions à me poser. Passez une bonne journée. L.L "
Le sourire qui s'affiche sur mon visage doit être visible depuis la lune, car Nia essaie de me prendre la lettre pour savoir ce qui me met ainsi en joie. J'ai tout juste le temps d'esquiver sa diabolique main, mais elle arrive cependant à m'arracher la carte.
- Lena Luthor te donne son numéro ? Et bah et bah mademoiselle Danvers !
- Ce n'est pas ce que tu crois Nia, elle m'a seulement invité pour que je couvre son invention en tant que journaliste
- Oui bien sûr, une femme aussi riche et puissante qu'elle te donne son numéro personnel uniquement par professionnalisme...
- Tout à fait ! Tentais-je de nier.
- Kara, tu as le droit de te faire plaisir, si elle te plait il n'y a pas de raison de ne pas foncer... après tout ce qui s'est passé ces derniers temps avec le décès de ta mère, le départ de Mon-El... Mais fait quand même attention, son frère à quand même essayer de te tuer toi et ton cousin à de nombreuses reprises...
- Son frère est en prison et elle n'est pas comme sa famille...
- Tu vois, tu la défends déjà...
- Rho tais-toi, bon on se voit ce soir chez moi à la soirée jeux ?
- Évidemment, avec Winn on va écraser l'équipe Danvers !
Quand Nia repart travailler, j'hésite à envoyer un SMS à Lena pour la remercier de la confiance qu'elle me fait en tant que journaliste. Je finis quand même par le faire, un SMS simple.
" Bonjour, c'est Kara, Kara Danvers, je souhaite vous remercier pour l'invitation et mon journal accepte avec plaisir d'avoir toutes les infos en exclusivité de la part de votre entreprise. Et je serai bien évidemment là pour ce dont nous avons parlé lors de notre entretien. Bisous"
Bisous ? Hein ? Mais qu'est ce qui m'a pris d'envoyer ça ??!!!! Non non non, comment on efface ??? Merde merde !!!!
- Qu'est-ce qu'il y a me demande Nia en revenant des beignets à la main
- Je crois que je viens de me prendre la honte de ma vie ! Regarde
Je lui montre le SMS, elle retient visiblement son rire et ne veux pas me vexer. Mais c'est plus fort qu'elle, elle finit par exploser.
- Je le savais qu'elle te plaisait ! arrive-t-elle à dire entre deux rires
- Mais ce n'est pas drôle !
- Ho que si !
La sonnerie d'un SMS retentit. Avec peur et sous le regard curieux de Nia, j'ouvre celui-ci:
" Je ne vous savez pas si familière avec les personnes que vous interviewer, j'ose espérer en être la seule bénéficiaire, nous nous reverrons dans deux jours dans ce cas. Bonne soirée, et pour que vous ne soyez pas la seule à être gêné, Bisous "
Passé les moqueries de Nia qui me disait de foncer, je découvre que Lena était une jeune femme qui savait faire preuve d'humour. Elle avait parfaitement compris que je n'avais pas fait exprès de lui envoyer un bisou, et avec doigté elle avait su remettre les comptes à égalité.
Machinalement je lui envoie un autre SMS, puis un autre, et encore un autre, et finalement nous passons la journée entière à nous envoyer des SMS, apprenant ainsi à nous connaître mutuellement.
J'appris notamment lors de cette journée qu'elle n'était à National City que depuis quelques semaines et ne connaissait encore personne dans la ville. Nous avions une étonnante capacité à communiquer ensemble alors que nous nous connaissions seulement depuis une journée. Pourtant, échanger avec elle était parfaitement naturel, c'était comme si nous nous connaissions depuis toujours.
Il me vient alors une idée, je lui envoyais un dernier SMS pour lui proposer de venir à la soirée jeux de ce soir. Je ne savais pas si j'outrepassais mes droits en faisant ça. Après tout, on ne se connaissait que depuis très peu de temps, mais lui demander me paraissait tellement évident.
— Nia...
— Oui ?
— Je crois que je viens de faire une bêtise...
— Encore pire que le bisou du SMS ?
— Je n'aurais jamais dû te montrer ce que je lui avais écrit... mais oui... encore pire...
— Tu as fait quoi ?
— Je... peut-être, je dis bien peut-être que j'ai invité Lena à la soirée jeu de ce soir
— Ha ouai, carrément, t'es déjà accro toi...
— Mais arrête avec ça, on se connait à peine, mais c'est juste que comme elle ne connait personne en ville, je me disais que ça pourrait lui permettre de se faire des relations, c'est tout...
— Oui, c'est tout, bien-sûr...
— Je te confierai plus rien à toi !
— Bon, de toute façon je dois rentrer chez moi, on se voit ce soir à la soirée jeux, toi et...
— Si tu finis ta phrase, ce n'est pas la peine de venir ce soir ! Tentais-je de plaisanter.
Contre toute attente, Lena accepta de venir à la soirée jeux. Je lui envoie donc mon adresse et l'heure à laquelle elle devait venir. Égoïstement je lui indique de venir une heure à l'avance par rapport à l'horaire à laquelle les autres doivent venir. Je voulais avoir le temps de la briefer sur le déroulé de la soirée et la prévenir sur le caractère de chacun afin qu'elle ne soit pas déroutée par les comportements de mes amis. Surtout il fallait que je la mette en garde au sujet d'Alex, car je suis presque sûr que ma sœur ne serait pas forcément ravie de voir la jeune femme ici.
Elle aussi l'avait remarqué à l'enterrement de notre mère, et je ne voulais pas qu'elle fasse un scandale sur le sujet. Je voulais d'abord savoir pourquoi elle y était avant que ma sœur ne se mêle de quoi que ce soit.
...
Je suis chez moi, je suis en train de tout mettre en place, je commence à stresser un peu, je n'ai prévenu personne à part Nia de la venue de Lena Luthor, et je me demande comment vont réagir mes amis, j'espère que personne ne va prendre mal sa venue.
J'ai quatre paquets de chips dans les mains ainsi qu'une bouteille de vin lorsque l'on frappe à la porte. Je regarde l'heure sur la pendule, il est encore tôt, personne ne doit venir avant deux heures et Lena seulement dans une. Avec difficulté, je me dirige vers mon entrée et tente tant bien que mal d'ouvrir celle-ci. Et lorsque j'y arrive enfin, je manque de tout lâcher quand lorsque je l'ouvre et que je constate que c'est Lena. Elle est venue avec une heure d'avance sur l'horaire que je lui avais donné, soit deux heures d'avance en tout.
Je suis devant elle, mes quatre paquets de chips dans une main, la bouteille de vin dans l'autre, et à la réflexion, j'aurais peut-être dû poser le tout avant de venir ouvrir la porte et de paraître aussi ridicule devant l'une des femmes les plus riches de la planète...
Me voyant en difficulté, Lena s'empresse de m'aider et de prendre la moitié de ce que j'avais dans les mains.
Je l'invite à entrer et nous déposons tout sur la table du salon. Puis nous nous faisons la bise pour nous dire bonjour. Quand ses lèvres touchent ma peau pour m'embrasser et me saluer, je ne sais pas ce qui m'arrive, c'est comme si je n'étais plus la maitresse de mon corps, je ne contrôlais plus rien. Il faut que je trouve une solution pour me sortir de là, alors je prononce les premières paroles qui me sortent de l'esprit, et heureusement, c'était assez intelligible.
— Comment ça se fait que vous soyez venu aussi tôt ?
— Et bien je ne connais pas vraiment de gens dans cette ville, alors j'ai pensé venir avec un peu d'avance pour pouvoir vous aider à tout préparer...
— Merci, c'est gentil, mais ce n'était pas vraiment nécessaire
— J'y tenais, et puis je vous ai apporté du vin également
La bouteille qu'elle avait apportée était l'un de mes vins préférés, donc je la remercie chaleureusement pour cette attention. Puis elle m'aide à tout installer pour la soirée jeux. C'était étonnant avec quelle facilité nous arrivions à communiquer. C'est comme si nous nous connaissions depuis toujours et sans nous en rendre compte, nous étions déjà installés l'une et l'autre sur mon canapé, chacune un verre de vin à la main à rigoler de tout et de rien. Je ne me rends même pas compte lorsque l'on ouvre la porte pour voir Nia arriver, nous surprenant à rire moi et Lena.
Je manque de renverser mon verre de vin quand je la vois et je me dépêche d'aller à sa rencontre pour la saluer. À l'oreille je lui chuchote :
— Si tu dis quoi que ce soit, tu auras affaire à moi...
— Ho mais moi je ne dirais rien, je constate c'est tout, me chuchote-t-elle à son tour à mon oreille.
Nia est la première arrivée. Je fais rapidement les présentations entre les deux femmes, puis chacun de nos autres amis commence à arriver petit à petit.
Tout le monde est un peu étonné que j'aie invité Lena. Mais finalement, personne n'avait son mot à dire, nous étions chez moi après tout. Non, le seul avis qui avait une quelconque importance était Alex. Elle était la seule à avoir vu Lena comme moi à l'enterrement de notre mère, alors comment allait-elle réagir à sa présence ? Mystère. Mais je ne la laisserai pas mettre mal à l'aise la jeune femme.
Je la connaissais peut-être un peu, mais j'avais plutôt un bon instinct pour ce qui concernait les gens et j'avais la conviction qu'elle n'était pas comme sa famille, c'était même une certitude, elle n'était pas comme eux.
Lena, face aux autres, était plutôt timide, bien loin de l'image de la femme sure et forte qu'elle donnait en public. Mais il faut dire qu'elle ne connaissait personne dans la pièce à part moi, enfin si on puis dire, donc ce n'était pas facile pour elle.
Nous n'avions pas encore commencé les jeux, car il manquait encore Alex donc Lena était encore le centre de l'attention de tous, chacun cherchant à apprendre à la connaître. Même James semblait charmé par la jeune femme, un peu trop à mon gout d'ailleurs et je n'aimais pas vraiment ce que cela me faisait ressentir, ce n'était pas agréable, pas agréable du tout.
L'ambiance était détendue quand on sonna à la porte. Ne manquant plus qu'Alex, cela ne pouvait être qu'elle, alors presque je me précipite pour lui ouvrir et la prévenir avant qu'elle ne tape un scandale devant tout le monde.
— Alex, je dois te prévenir, j'ai invité quelqu'un, c'est... tu te rappelles la jeune femme à l'enterrement de maman ? C'est elle, et c'est... enfin c'est Lena Luthor.
— PARDON ?!!
— Un problème ? Lança Winn qui s'inquiéta du ton employé par Alex.
— Non non tkt, on règle un souci entre sœurs et on arrive
— Alex, tu te calmes OK !
— Mais t'es folle ou quoi, après ce que sa famille a fait ?
— Elle n'est pas comme sa famille Alex, alors calme-toi
— Son frère à tenter de tuer Clark, et pourquoi elle était à l'enterrement de maman hein ? Encore un coup fourré de sa famille, je parie !
— Alex ! Je ne sais pas pourquoi elle y était, mais clairement ce n'était pas un coup fourré de sa famille, elle avait l'air effondré lors de l'enterrement et je compte bien savoir pourquoi donc calme-toi sinon on n'aura jamais de réponses ! Et puis c'est quelqu'un de bien, je le sens au fond de moi !
Nous échangeons encore vivement avec ma sœur mais je finis par la convaincre de rester tranquille, elle accepte à la seule et unique condition que ce soit pour pouvoir observer la jeune femme du coin de l'œil. J'étais contre, bien évidemment, mais si ça lui permettait de rester calme, alors on pouvait tout de même passer une bonne soirée.
Alex finit par dire bonjour à tout le monde et serre même la main à Lena tout en se présentant.
La soirée pouvait enfin commencer. D'habitude les équipes sont toujours les mêmes, mais cette fois, comme il y a une nouvelle, je propose, pour ne pas la laisser seule, de faire équipe avec Lena. Celle-ci accepte et Winn est en joie, car il a été désigné pour faire équipe avec Alex. Il est en joie, car il pense qu'il a enfin une chance de gagner certaines parties.
Il déchanta vite. Je m'étais pour l'occasion installé sur le sol, mon dos reposait sur le dossier du fauteuil sur lequel était assise Lena.
Winn était dégoûté, lui qui pensait avoir une chance de gagner enfin des jeux, l'équipe que nous formions avec Lena était encore plus redoutable que celle que je formais avec ma sœur. Nous gagnons presque tous les jeux. Notre entente était presque parfaite, notre complicité était évidente et quand parfois nos mains se frôlaient, des frissons incontrôlables me parcouraient des pieds à la tête et une douce chaleur prenait le contrôle de mon corps. Je ne comprenais pas les réactions de mon corps, je ne me comprenais plus. Si Nia avait effectivement émis l'idée que je puisse être attiré par elle, cette idée m'était pour l'instant totalement incongru et surtout elle était fausse. Pour moi il y avait une autre explication, mais je ne savais pas encore laquelle. Peut-être était-ce le mystère qui entourait sa venue à l'enterrement de ma mère. Je ne le savais pas encore mais je comptais bien connaître le fin mot de l'histoire un jour ou l'autre.
La soirée était maintenant bien avancée et il était bientôt l'heure pour tous de rentrer chez soi. Chacun commençait à se préparer pour pouvoir partir.
En se levant pour partir, Alex fit tomber son sac à main au sol. Ayant atterri près de Lena, celle-ci le ramassa pour le lui tendre.
– Merci mais ça ira, je peux ramasser mes affaires toute seule !
– ALEX ! Intervins-je immédiatement.
Je réussis à apaiser les tensions avant que ça ne dégénère. Lena a été parfaite pour le coup, elle ne voulait pas envenimer les choses et n'avait pas répondu à la provocation évidente de ma sœur. J'étais mal pour elle, vraiment. Alex, si elle s'était tenue tranquille lors de la soirée, ne s'était pas gêné pour faire savoir à la nouvelle venue son animosité envers elle. Je dus d'ailleurs lui lancer plusieurs coups de coude discrets pour qu'elle se calme et ne gâche pas la soirée.
Quand tout le monde fut parti, Lena me propose de rester un peu pour m'aider à tout ranger. Je refuse dans un premier temps mais devant son insistance, je finis par abdiquer.
– Vous n'étiez pas obligé de rester, je me débrouille seule pour ranger d'habitude, vous savez
– Et bien cette fois nous serons deux, et puis vous m'avez invité alors que nous nous connaissons à peine, alors c'est normal je trouve
– Je sais qu'on ne se connait que depuis peu, mais... si vous êtes d'accord, je pense qu'on pourrait se tutoyer non ?
Lena se relève vers moi alors qu'elle était en train de ranger quelques gobelets et s'approche d'une démarche que je qualifierai de presque féline. Je ne peux rien faire d'autre que de déglutir lorsque je la vois si près de moi et intérieurement, je maudis Nia à un point qu'elle n'imagine même pas de m'avoir mis certaines idées en tête de la jeune femme.
Arrivée à quelques centimètres de moi, un sourire sur le visage, elle me sort :
– Est-ce que vous voulez que nous ayons une relation plus intime ?
Le verre de vin que je venais de porter à mes lèvres afin de me donner du courage est recraché aussitôt et j'ai beaucoup de mal à reprendre constance sous le regard, visiblement amusé de Lena.
– Je... non, enfin je... amicalement je veux dire, vous êtes venu chez moi, on a joué à des jeux toute la soirée, je pensais qu'on pourrait se tutoyer voilà tout
– Je sais, je vous taquinais, et bien évidemment que je suis d'accord pour que nous nous tutoyons
Je pousse un ouf discret de soulagement. Sans m'en rendre compte, j'avais cessé de respirer. Mais mon comportement avait l'air de beaucoup amuser Lena et j'avais du mal à comprendre la jeune femme. Je n'avais pas rêvé, elle était bien là à l'enterrement de notre mère à moi et Alex, alors pourquoi faisait-elle comme si elle ne se souvenait pas qu'on se soit mutuellement aperçu ? Elle n'avait rien à se reprocher après tout, l'enterrement était ouvert, toute personne était la bienvenue.
Je ne comprenais peut-être pas, mais au fond de moi je savais que ce n'était pas pour nuire au super ou autre. Lena n'était pas comme sa famille.
Elle me sort de mes pensées en me demandant où se trouve la poubelle pour les déchets.
– Tiens, elle est là-bas derrière le mini bar
– Kara, je sais qu'on se connaît depuis peu, mais je voudrais te remercier, peu de personnes auraient fait preuve d'autant de générosité que toi envers une inconnue, surtout une Luthor
Je sens une pointe de tristesse dans le ton de sa voix. Lena n'avait visiblement pas l'habitude que des gens soient sincères et honnêtes avec elle.
– C'est normale Lena, et puis je suis loin d'être comme tout le monde tentais-je de plaisanter
– Ho non, en effet...
Il y a un blanc ou aucune de nous deux n'ose parler puis elle regarde sa montre et me fait savoir qu'elle devrait y aller.
– Lena... il est 3 h du matin, c'est trop dangereux de rentrer à cette heure-ci, tu devrais rester ici pour la nuit, j'ai une chambre d'ami et ce qu'il faut pour dormir si tu veux
Après une hésitation, Lena finit par accepter devant mon insistance.
Je lui montre donc la chambre d'ami et lui donne une chemise longue pour qu'elle puisse dormir, puis je lui indique aussi où se trouve la salle de bain au cas où elle voudrait prendre une douche.
Nous nous sommes couchés il y a maintenant plus d'une heure. Je suis dans mon lit, je me tourne et me retourne inlassablement. Je n'arrive pas à dormir. Dès que je ferme les yeux, j'ai la vision des émeraudes de Lena et cela me perturbe beaucoup. Jamais quelqu'un ne m'avait fait ressentir ce que je ressens en sa présence, jamais personne ne m'avait regardé comme me regarde Lena, un regard plein de tendresse et d'autre chose dont je ne saurais définir la teneur. Finalement, les paroles de Nia, pourtant prononcées sous le ton de la plaisanterie, étaient peut-être plus vraies que je ne voulais bien l'admettre et cela commençait à m'effrayer au plus haut point. J'éprouvais un sentiment d'impuissance, je ne savais plus quoi faire. Je finis par hurler de rage dans mon coussin. Je n'en peux plus, il faut que je trouve un moyen de me calmer alors je me lève et me dirige vers ma cuisine pour me servir un verre d'eau. Je n'avais pas beaucoup d'espoir que cela m'aide, mais au moins ça me rafraichirait un peu et peut être les idées avec...
Je suis seulement vêtu d'une longue chemise qui m'arrive à mi-cuisse, la même que j'avais prêtée à Lena pour qu'elle puisse dormir. Mais alors que je suis encore dans le couloir, me dirigeant vers ma destination, je heurte Lena de plein fouet qui avait eu la même idée que moi, et au même moment. Il fait nuit, seule la lumière provenant de la lune éclaire faiblement la pièce. Tout y est sublimé par des couleurs chatoyantes, et pour la première fois je peux voir le teint laiteux et magnifique de Lena. J'ai le cœur au bord de l'implosion. Devant moi se trouvait la personne la plus magnifique que je n'avais jamais vue de ma vie. Devant moi se trouvait la personne qui provoquait sur mon corps une pléiade d'émotions que je n'arrivais pas à comprendre. Devant moi se trouvait la personne qui m'effrayait aussi le plus. C'était comme si Lena possédait sur moi un pouvoir invisible, un pouvoir qui pourrait me rendre à sa totale merci et c'était à la fois grisant, effrayant et terriblement excitant...
J'ai l'impression d'être privé d'oxygène lorsque Lena effleure la peau de ma main pour s'excuser de m'être rentrée dedans. « Ce n'est rien » m'entendis-je dire dans un souffle hésitant et tremblant.
Je relève les yeux vers elle. Je sais que je devrais me détourner, lui laisser le passage pour qu'elle puisse aller à la cuisine, mais c'est comme si une force invisible m'empêchait d'esquisser le moindre mouvement. Mon ouï me laisse entendre que son rythme cardiaque est tout aussi erratique que le mien. Alors je ne suis pas la seule à être dans un état de totale absence ? À être en dehors de toute pensée logique, Lena aussi le ressentait aussi, cette connexion invisible que nous vivions en ce moment même.
Mon regard dérive sur ses lèvres que je trouve de plus en plus invitantes et attirantes.
– Tu... enfin tu... si tu veux aller boire de l'eau, il y a des verres sous... sous l'évier là-bas soufflais-je d'une voix plus mielleuse que je ne l'aurais voulu
– Je devrais te... te laisser passer alors, tu.. es chez toi après tout
– Assurément... alors... pourquoi ne le fais-tu pas ?
– Je... je ne sais pas...
Je ferme les yeux pour tenter de reprendre une certaine constance. Je veux pour passer afin de me diriger vers la cuisine mais la main de Lena me retient et m'en empêche.
J'ai maintenant ses doigts agrippés au mien. Je ne me suis jamais senti aussi vulnérable qu'en cet instant.
– Kara, je... je voudrais m'excuser...
– T'excuser pourquoi ?
– Pour ça...
Sur ces dernières paroles, elle remonte sa main restée libre le long de mon bras. Elle déclenche sur toute la ligne de son passage une nuée de frissons que je n'avais jamais encore ressenti de ma vie de manière aussi intense. Sa main arrive sur mon cou, qu'une délicate caresse s'affaire à me faire frémir de tout mon être.
Au moment ou je pensais me retirer, afin de ne pas craindre devoir faire ce que je pourrais considérer comme une bêtise au vu des circonstances, Lena m'attira à elle pour apposer ses lèvres sur les miennes.
Elle se retire aussitôt, cherchant dans mon regard un quelconque reproche. Mais ce qu'elle y lit ce n'est pas un reproche, non, bien au contraire. Elle peut lire dans mon regard le même désir, la même envie que je peux lire dans le sien.
Alors pour ne pas la laisser dans l'incertitude, cette fois c'est moi qui me rapproche d'elle pour m'emparer de ses lèvres avec une avidité qui ne laissait place à aucun doute sur les envies qui m'animait.
Cette fois ce baiser n'est pas un simple effleurement. Lena passe l'une de ses mains à l'arrière de ma nuque pour me rapprocher encore plus près d'elle tandis que son autre main se pose sur mon bas ventre pour me diriger et me plaquer contre le mur. Quand je sens sa langue demander timidement le passage, je place mes deux mains derrière son cou et lui accorde volontiers et avec délectation l'entrée de ma bouche. Nos deux langues ne faisaient maintenant plus qu'une, nos deux corps ne faisaient maintenant plus qu'un, animés d'une volonté qui leur était propre.
À bout de souffle, nous finissons par nous éloigner l'une de l'autre et posons nos fronts l'un contre l'autre. Je ne suis pas encore sûr de ce que je ressens, mais une chose était certaine, c'était bien plus puissant que tout ce que je n'avais jamais ressenti dans ma vie.
Front contre front, souffle contre souffle, je sens une larme couler sur mon visage. Un peu étonné, je me recule pour voir le débat intérieur qu'avait l'air de vivre Lena.
– Qu'est-ce qui t'arrive ? Ça ne va pas ? Tu... tu regrettes ?
– Non, bien sûr que non... c'est juste que...
– Que... quoi ?
Je caresse sa joue avec tendresse pour tenter de la rassurer, lui faire comprendre qu'elle pouvait tout me dire.
– Je... je ne peux pas Kara, je... suis désolé
Sur ces dernières paroles, elle s'en va en courant se réfugier dans la chambre d'ami.
Je reste complètement paralysé l'espace d'un instant avant de reprendre conscience et de commander à mes pas d'aller dans la chambre d'amis. Devant celle-ci, timidement, je frappe à son entrée. Comme je n'obtiens pas de réponse, j'ouvre doucement et passe la tête par l'entrebâillement de la porte.
Lena est là, assise sur le lit, la tête plongée dans les mains.
– Je... je peux entrer ?
– Tu es chez toi Kara, donc... évidemment
– Peut-être, mais je n'irai jamais sans ton consentement Lena...
Je m'assois sur le bord du lit en me plaçant à ses côtés. Après un moment d'hésitation, j'ose prendre sa main dans la mienne dans un geste que je voulais rassurant.
– Lena, qu'est ce qui ne va pas ? Je... enfin j'ai fait quelque chose de mal ?
– Non, cela n'a aucun rapport Kara...
– Est-ce que cela à un rapport avec ma mère et la raison pour laquelle tu étais à son enterrement ?
Lena détache vivement sa main de la mienne. Je comprends alors que ma question à fait mouche. Mais maintenant je m'interroge encore plus sur les raisons de Lena à y avoir assisté.
– Je... je ne pensais pas que tu t'en rappellerais...
– Comment pourrais-je ne pas me rappeler du regard qui m'a bouleversé au point d'en troubler mes nuits... avouais-je à demi-mot
– Je... je ne peux pas t'en parler maintenant mais... oui, cela à un rapport... je ne peux pas t'en parler aujourd'hui... mais je te promets que je te raconterai tout et que je ne te cacherai rien, jamais...
– Tu connaissais ma mère ?
– Je... je te dirais ce que tu dois savoir dans deux jours lorsque je te présenterai mon invention qui devrait révolutionner la médecine
Je ne voyais pas le rapport avec cette invention et sa présence à l'enterrement de ma mère mais je décidais de lui faire confiance. Quelque chose en moi me hurlait de toutes ses forces que je n'avais rien à craindre de la jeune femme.
Je ne la connaissais que depuis quelques jours et pourtant, j'avais l'impression de la connaître depuis des années. Ce que je ressentais en sa présence était... je n'avais pas de mots pour le décrire. Mais c'était puissant, intense et bon sang ma libido n'avait jamais été autant en ébullition qu'en sa présence.
– Bien, je suppose que je vais devoir te faire confiance... En attendant je vais te laisser dormir, parce que sinon...
– Sinon ?
– Il vaut mieux que je parte de cette chambre avant de ne plus pouvoir me... contrôler... tentais-je de plaisanter, mais ma voix, elle, était tremblotante
Je vois Lena qui se mordille les lèvres et intérieurement je me maudis d'avoir autant self-contrôle. Mais il le fallait. J'avais maintenant la confirmation que Lena connaissait ma mère et je voulais savoir les tenants et les aboutissants avant de m'engager dans une relation avec la jeune femme.
Car c'était bien de cela dont il s'agissait. Ce que je ressentais pour Lena, alors que je la connaissais à peine, ce n'était pas juste un simple flirt ou un quelconque besoin d'assouvir un fantasme. Non, je sentais qu'il y avait plus, bien plus...
– En tout cas le mien est mis à rude épreuve, m'avoue-t-elle, son regard déviant sur mes jambes nues
– La prochaine fois, je mettrai un pyjama kangourou...
– Hummm, je ne suis pas sûre que ça fonctionne...
Le lendemain matin, lorsque nous prenons notre petit déjeuner, j'ai beaucoup de mal à ne pas repenser aux événements de la veille et plusieurs fois je manque de renverser mon café, ma tartine, ou encore ma petite cuillère, tant et si bien que je me maudissais de l'intérieur d'être aussi maladroite.
Et par-dessus tout je n'arrivais pas à regarder Lena droit dans les yeux. Quand je le faisais, je repensais à la douce chaleur qui m'avait envahi lorsque ses lèvres étaient sur les miennes et me donnait envie de recommencer encore et encore.
Rien que le fait d'y penser faisait pulser mon entrejambe violemment. « bon sang ça ne peut pas s'arrêter cinq minutes »
– Qu'est-ce que tu dis ?
– Rien ? Pourquoi ?
– Je t'ai entendu marmonner, donc je me demandais...
Je ne pensais pas avoir dit ces paroles à haute voix. Du coup j'essaie de faire comme si de rien n'était, mais au vu du petit sourire en coin de Lena, c'était peine perdue.
Nous finissons par aller vaquer chacune à nos occupations, Lena appela son chauffeur qui vint la chercher tandis que je m'envolais vers Cat&Co.
Deux jours, c'était le temps qu'il fallait que j'attende pour avoir enfin des réponses, connaître le lien de ma mère avec Lena et savoir si ce que j'avais vécu avec elle cette nuit n'était pas seulement le fruit de mon imagination. C'était tellement irréel que je me disais que ce n'était pas possible, que quelque chose d'aussi beau, puissant et magique ne pouvait pas m'arriver, et encore moins aussi vite après la tragédie que nous venions de vivre.
C'est Nia qui me sort de mes pensées en me tapotant l'épaule.
– Et bah, tu penses à quoi, ou plutôt à qui comme ça ?
– À rien, qu'est ce qui te fait dire ça ?
– Peut-être parce que ça fait déjà au moins dix fois que je t'appelle et qu'avec tes supers-pouvoirs, juste un chuchotement aurait dû suffire...
– Alors, tu vas me dire que tu penses à ta belle brune aux yeux verts ou tu vas encore nier l'évidence ?
– Nia !!!
– Alors ?
– Bon, si je te dis un truc, tu promets de ne pas m'embêter après ?
– Je ne te promets rien mais tu peux toujours essayer...
– Hier soir, quand vous êtes tous partis, Lena est restée pour m'aider à ranger et...
– Et vous avez couché ensemble ?
– Quoi ? Mais non, voyons ! Enfin... pas tout à fait...
– Bah c'est oui ou c'est non du coup ?
– C'est plus compliqué que ça Nia... je lui ai proposé de rester dormir dans la chambre d'ami vu qu'il était tard et que je ne voulais pas qu'elle rentre seule si tard le soir...
– C'est sûre qu'elle n'aurait pas pu appeler son chauffeur, c'était bien évidemment exclu... se moqua Nia ouvertement
– Sûrement, mais enfin là n'est pas le sujet... Dans la nuit je me suis levé pour boire de l'eau et Lena avait eu la même idée et du coup on s'est rentré dedans, et...
– Et ?
– Et... on s'est embrassé
– Ho mais c'est super ça !!!! Je le savais, je le savais qu'elle te plaisait !!!
– Mais chute !!!! Tout le monde nous regarde !!!
– Bon et là suite ?
– Je te jure Nia, je n'ai jamais rien ressenti de pareil... même ce que j'ai vécu Mon-El ne m'a jamais procuré autant de sensation que le simple baiser que nous avons échangé et...
– Et ça commençait à déraper fortement, puis elle s'est mise à pleurer et elle s'est réfugiée dans la chambre d'ami
– Ha mince... est-ce qu'elle t'a expliqué ce qui lui arrivait ?
– En partie... mais ce n'est pas encore clair...
– Je ne la connais presque pas, la seule fois où je l'ai vu c'était hier à la soirée jeux, mais je pense que tous ont pu remarquer le regard qu'elle te lançait... Même James a lâché l'affaire avec elle quand il s'en est aperçu... Vous deux, c'est une évidence, ça ne sera pas une simple histoire d'amitié...
– Je ne suis pas sûre qu'Alex pense la même chose, surtout après ce que j'ai appris sur Lena...
– Quoi donc ?
– C'est... personnel... il faut déjà que je mettre les choses au clair avec la jeune femme...
La journée suivit ainsi son cours normalement. Mais avec Lena, nous avions échangé encore plus de SMS que la veille. Nous parlions de choses banales ou de choses plus sérieuses. Elle m'en apprenait sur sa famille et je lui racontais ma vie avec les Danvers. Mais malgré les SMS, je sentais qu'elle se retenait, qu'elle portait un poids sur ses épaules dont elle avait du mal à se débarrasser. Et même si je voulais connaître le lien qui l'unissait à ma mère, je ne voulais pas que ce secret la fasse sentir mal. J'étais persuadé qu'il n'y avait pas de raison qu'elle se fasse autant souffrir.
Deux jours plus tard, il était enfin l'heure de mon rendez-vous avec Lena, à la fois pour mon article et pour qu'elle me dise enfin ce qui la liait à ma mère.
C'est avec surprise qu'une limousine est envoyée pour venir me chercher en bas de Cat&Co. Lena n'était pas présente mais le chauffeur m'assura que nous allions la rejoindre à l'aéroport.
Je suis un peu surprise, et je me demandais bien où se trouvait le lieu de rendez-vous.
Après dix minutes de trajet, je remercie le chauffeur et rejoins Lena qui m'attendait déjà devant le terminal d'embarquement. Quand je la vois, mon cœur s'emballe immédiatement et j'ai le plaisir de constater que pour elle c'est la même chose. Bien qu'ayant échangé pendant ces deux jours par SMS, nous ne nous étions pas revus depuis la soirée jeux et je ne savais pas trop comment je devais lui dire bonjour. Devais-je lui serrer la main, lui faire la bise, l'embrasser ?
Lena dut voir de la fumée sortir par mes oreilles et percevoir mon trouble, car je ne me pose plus la question lorsqu'elle s'approche de moi pour m'enlacer et me murmurer dans le creux de l'oreille que je lui avais manqué.
– Alors, où allons-nous Miss Luthor
– Vois par toi-même...
Lena me tend les billets d'avion et à peine ai-je lu le nom de la ville où nous allions que je relève ma tête vers elle prestement.
– Midvale ? Nous... nous allons à Midvale ? Mais quoi, où, comment ?
– Je te promets que tu auras toutes les réponses à tes questions Kara, en attendant vient, ne prenons pas de retard à l'embarquement.
Dans l'avion, je ne peux m'empêcher de remarquer l'émotion que Lena essaie de contenir. Elle a les yeux rouges, le regard fuyant, il est clair qu'elle tentait par tous les moyens de ne pas pleurer devant moi. Je ne sais pas si on en est à ce stade de la relation, ni même si nous avons une relation tout court, mais lentement, je fais glisser ma main vers la sienne et y entremêle nos doigts de façon à ce que par ce simple geste, elle sache que je suis là. Elle tourne la tête vers moi, un léger sourire aux lèvres, me remerciant silencieusement.
– C'est normal Lena, c'est comme ça quand on ai... enfin... quand on apprécie quelqu'un
– Tu ne devrais pas...
– Je ne devrais pas quoi ?
– Penser ce que tu as failli dire... il y a de forte chance que dans quelques heures tu me haïsses...
– Je suis sûre que non Lena... je suis persuadé que tu te fais beaucoup de mal alors que tu ne le mérites pas
– On verra...
Le positionnement des sièges n'est pas très pratique mais néanmoins j'arrive à guider Lena pour qu'elle puisse poser la tête sur mon épaule.
Nous passons tout le reste du voyage dans cette position, Lena, la tête reposant sur moi, nos deux mains jointes et ma main libre qui lui caressait les cheveux avec douceur. J'étais tellement bien en sa présence, tellement à ma place, que je me demandais quelle révélation si terrible pouvait-elle me faire. J'avais tenté de la rassurer en lui faisant comprendre que ça ne changerait rien à ce que je pense d'elle, mais une part de moi avait peur malgré tout... Peur que plus rien ne soit comme avant, peur qu'elle est raison et que je doive renoncer à la seule personne au monde capable de me faire vibrer de façon si intense que j'ai l'impression de me liquéfier sur place à la moindre parole de sa part ou au moindre de ses touchés.
Nous arrivons à Midvale, trois heures plus tard. L'un des chauffeurs de Lena nous attend déjà et nous embarquons pour une destination qui m'était inconnue. Cependant, ayant passé mon enfance dans cette ville, au passage de la voiture dans les rues, je suis capable de reconnaître le café où ma sœur et moi allions lorsque nous étions au lycée, ou le bar où Alex avait pris sa première cuite et le square où j'avais eu mon premier baiser, d'un garçon un peu gauche mais que je trouvais mignon.
Le regard de Lena s'était crispé un peu à l'évocation de ce souvenir. Mais je ne savais pas vraiment si c'était à cause de celui-ci ou parce que l'on se rapprochait de l'endroit où nous devions aller.
Finalement nous prenons un petit chemin que je ne connaissais pas. Où plutôt je le connaissais mais au bout ne se trouvait rien d'autre qu'un immense terrain vague.
Mais quand nous arrivons, ce n'est plus le terrain vague que j'avais connu dans mon enfance. À la place se trouvait un grand bâtiment, affublé d'énormes vitres en verre fumé et qui empêchait de voir l'intérieur. Quelques gardes de sécurité faisaient des rondes et avaient ordre, d'après Lena, d'empêcher quiconque ne travaillait pas ici de rentrer à l'intérieur.
Nous descendons, nous passons les portiques de sécurité. Chaque personne déjà à l'intérieur s'empresse de saluer Lena. Celle-ci était visiblement très appréciée par le personnel. Cela me confirmait à demi-mot que Lena n'était pas la femme que les médias tentaient de dépeindre.
D'ailleurs, je trouve étonnant de ne jamais avoir vu de photo d'elle avant de faire sa connaissance. Mais à vrai dire, les journaux à scandales n'étaient pour moi pas du journalisme mais un ramassis de conneries. Lena m'en avait cependant montré certains dans l'avion pour que je sache pourquoi, journalistiquement, elle n'avait fait confiance qu'à moi. J'avais su faire la différence et faire du vrai journalisme d'après elle.
Nous arrivons devant une grande porte que Lena ouvre avec son pass. Elle m'affirme qu'elle est la seule à y avoir accès.
À l'intérieur des machines d'analyses sanguines, des extracteurs ADN, de multiples microscopes, clairement, j'avais devant moi un laboratoire médical équipé de toutes les meilleures technologies.
– C'est un laboratoire de recherche médicale bien grand pour une seule personne non ?
– En effet... Jusqu'à il y a quelques semaines, nous étions deux...
– Je ne comprends pas
– Ta mère...
– Ma mère ?
– Oui, cela faisait plusieurs années que nous nous connaissions et étions devenues amies, elle était également ma partenaire de laboratoire, la seule autre personne à part moi-même à avoir accès à ce labo...
– Je ne comprends toujours pas, comment, comment ma mère et vous vous vous connaissiez ? Et comment ça se fait qu'elle ne nous en ait jamais parlé à moi ou Alex ?
– Elle ne voulait pas vous inquiéter... Ta mère était malade depuis bien plus longtemps que lorsque vous l'avez découvert avec Alex...
Je sens des larmes qui commencent à me monter aux yeux. Je suis déjà sous le choc de découvrir que ma mère connaissait Lena. Mais ce n'est rien comparé à ce qui allait suivre. Lena me fait donc asseoir sur le canapé et s'assit à côté de moi pour me raconter son récit.
« J'ai rencontré ta mère à une conférence sur les nanotechnologies il y a environ cinq ans. À cette époque, je venais tout juste d'hériter de la fortune des Luthor et je n'avais pas encore fait mes preuves. Ce jour-là, je devais présenter un projet sur des nanorobots qui seraient capables de guérir n'importe quelle maladie avec une simple programmation informatique. Malheureusement, ce genre de projet n'est pas pour plaire à l'industrie pharmaceutique. Imagine, un simple petit robot capable de tout guérir, ça serait la ruine pour toute l'industrie médicale.
Je me suis fait huer et à cette conférence, j'ai fait un bide total. Mais une femme que je ne connaissais pas, ta mère, est venue me voir à la fin de mon intervention et m'a posé pleins de questions sur mon projet. Comment ça marchait, le débat éthique que cela pourrait créer, etc...
Ta mère était une brillante scientifique, et comme c'était la première à croire en mon projet elle m'a proposé son aide, ce que j'ai accepté tout de suite. Normalement je ne fais pas confiance aussi facilement, mais avec Eliza, je savais que je pouvais le faire. Il y avait quelque chose en elle de différend, une bonté d'âme inégalée. Et très vite nous sommes devenues des amies proches.
Puis un jour, alors que nous étions en train de travailler sur notre projet, ta mère s'est soudain sentie mal et elle s'est évanouie. J'ai appelé les secours, on lui a fait tout un tas d'examens mais personne ne trouvait ce qu'elle avait. Alors j'ai utilisé les ressources de L-Corp pour faire des analyses plus poussées et j'ai trouvé ce qu'elle avait. C'était une maladie rare, bien plus que rare. Une centaine de cas recensés dans le monde dans toute l'histoire de l'humanité. Alors forcément, il n'y avait pas de traitement. Et malheureusement, une fois le diagnostic tombé, il ne lui restait plus que deux mois à vivre grand maximum avec la médecine traditionnelle. C'était à peine trois mois après notre rencontre. »
Je suis maintenant en larme, sous le choc de ce que me disait Lena, puis, une révélation, et surtout une question me vint à l'esprit.
– Si... il ne lui restait plus que deux mois à vivre grand maximum et que c'était il y a plus de 4 ans, comment est-ce possible alors ?
– Je vais t'expliquer, ne t'en fais pas
« J'ai proposé à ta mère que nous testions les nanorobots sur elle. Si on arrivait à programmer ceux-ci pour qu'ils détruisent uniquement les cellules malsaines de son corps, alors elle pourrait en guérir. Je savais que cela pourrait marcher, car... J'ai la même maladie que ta mère... Ne t'inquiète pas Kara, j'ai réussi à en guérir, mais j'ai dû passer outre les protocoles traditionnels de médecine pour ça. Si les autorités sanitaires ou la FDA étaient au courant, clairement j'irais en prison pour de très longues années... J'ai donc parlé à ta mère de ce traitement, traitement pour lequel nous travaillons déjà toutes les deux en secret. J'ai dû lui parler de ma maladie, la même que la sienne. Et passés outre l'étonnement et les chances statistiques que nous ayons toutes les deux la même chose, aussi rare soit-elle, nous avons décidé de tenter le coup.
Je savais qu'elle allait être fatiguée, que les douleurs seraient horribles, car j'en étais déjà passé par là. Quand nous nous sommes connues, j'avais déjà bien avancé dans mon traitement mais je n'arrivais pas à guérir totalement, je ne faisais que retarder l'échéance. Alors j'ai fait construire ce complexe ici à Midvale pour que ta mère et moi puissions travailler ensemble et qu'elle puisse être chez elle chaque soir, recevoir sa famille quand celle-ci viendrait la voir et qu'elle puisse avoir la vie la plus normale qu'il fut été possible. Ta mère était bien plus qu'une amie, elle était également mon mentor. Son expertise scientifique n'avait aucun égal. Ta mère était brillante, très brillante, et c'est grâce à elle que nous avons pu compléter mon traitement et concevoir le programme informatique chargé d'indiquer aux nanobots comment détruire les cellules malsaines de mon corps.
Grâce à ce programme, j'ai pu guérir intégralement. Ta mère, elle, cela ne marchait pas pour elle. On n'a jamais compris pourquoi. La maladie déclinait, puis elle revenait en force. Le traitement semblait marcher, puis la maladie revenait. Pendant toutes ses années je lui ai parlé, j'ai tenté de marchander, demandé à de multiples reprises d'en parler à ses filles, toi et Alex. Mais elle ne voulait pas vous inquiéter. C'est grâce à ta mère que je suis en vie aujourd'hui et moi... et moi je n'ai pas pu la sauver, je ne suis pas digne de la personne qu'elle a été, à cause de moi elle est morte... »
Je me lève du canapé et commence à faire les cent pas dans la pièce. J'ai les mains qui se crispent et je ne sais pas comment je dois réagir. Découvrir que sa mère était malade était une chose, savoir qu'elle l'était depuis des années en était une autre. Comment avait-elle pu nous cacher une chose aussi importante, comment avait-elle pu...
Je finis par m'effondrer en larmes et Lena vient aussitôt me prendre dans mes bras pour me rassurer.
– Mais attends, ça veut dire que tu me connaissais avant notre rencontre ?
– Pas vraiment... ta mère m'a en effet beaucoup parlé de ses filles, elle m'en a fait la description dans les moindres détails. Mais jamais elle ne m'avait montré de photos ou autre. Je suis une Luthor, j'aurais pu faire mes propres recherches et voir par moi-même, mais Eliza était mon amie, et je respectais ses choix. Mais quand je t'ai vu pour la 1re fois à l'enterrement de ta mère, celle-ci m'avait tant fait ta description que j'ai tout de suite su qui tu étais...
– Mais quand je t'ai vu, j'ai aussi compris pourquoi elle ne m'avait jamais montré de photos...
– Pourquoi ?
– Parce qu'elle savait que sinon je découvrirais qui tu étais, qui tu étais vraiment...
– Comment ça ?
– Quand nos regards se sont croisés à son enterrement, j'ai su que toi et la super-héroïne de National City ne faisiez qu'une...
– Quoi ? Mais comment, tu as pu le deviner ?
– Et bien... j'ai un peu honte...
– Au point où nous en sommes, je pense que nous avons dépassé ce stade Lena...
– Bah... heu... disons que j'avais déjà un peu fantasmé sur l'héroïne... et ce jour-là, j'ai su. J'ai su, car deux personnes différentes et distinctes l'une de l'autre ne pouvaient pas provoquer en moi cette étincelle qui embrase tout mon être... Sinon je crois que je serais devenue folle...
J'esquisse un faible sourire à cet aveu. Mais cette fois c'est Lena qui s'effondre en larme. Elle se reprochait la mort de ma mère, la mort de son amie la plus proche, elle se pensait responsable de tout.
Lena et moi sommes maintenant toutes les deux en pleurs. J'ai du mal à assimiler les révélations qu'elle venait de me faire. Savoir que ma mère était son amie, son mentor, mais surtout, savoir qu'elle nous avait caché sa maladie depuis si longtemps alors que nous-mêmes ne l'avions su que quelques semaines avant sa mort, était un choc dont il fallait assimiler la violence.
Et Lena qui pleurait aussi, se reprochant sa mort. Mais elle n'y était pour rien, ce n'était pas sa faute. Elle qui pensait qu'après sa révélation je pourrais la haïr, c'était tout le contraire qui se produisait.
Je suis dans les bras de Lena mais je m'éloigne légèrement d'elle et pose mon front contre le sien. Du bout des doigts j'essuie les larmes qui coulent de son visage. Je peux entendre son cœur s'emballer comme un cheval fou dans sa poitrine tout comme bat le mien.
– Lena, toi qui avais peur que je te haïsse, il n'y a aucune raison à cela... ce que tu as fait... même si j'ai encore du mal à l'assimiler... c'est de nous donner du temps...
– Lena, regarde-moi dans les yeux
Lena relève doucement la tête vers moi, les yeux encore rougis, mais elle n'ose pas soutenir mon regard. Alors je pose deux doigts sous son menton pour le lui faire relever vers moi. J'ancre mes yeux en elle, je veux qu'elle comprenne que je ne lui en veux pas.
– Lena, tu nous a offert du temps, du temps avec notre mère, si... tu n'avais pas été là, elle nous aurait quittés il y a déjà bien longtemps...
– Mais pourquoi j'ai réussi à me sauver et pas elle, je ne sais pas si je pourrais me le pardonner un jour... j'ai perdu mon amie, mais toi tu as perdu ta mère...
Je n'ai pas de mots assez forts pour lui exprimer toute la gratitude et toutes les émotions qu'elle me fait ressentir. Alors mû par un besoin irrépressible, je prends son visage en coupe « Lena arrête de t'en vouloir » m'entendis-je dire la voix tremblante d'émotion avant de m'emparer de ses lèvres avec passion.
Comment une femme que je connaissais seulement depuis quelques jours pouvait-elle me fait ressentir ça. Cette sensation, ses lèvres qui se mouvent à la perfection avec les miennes, je crois que je pourrais l'embrasser jusqu'à la fin de mes jours et ne jamais m'en lasser...
Cette fois Lena ne me repousse pas comme la première fois où nous nous sommes embrassés, non, cette fois, elle finit par accepter l'évidence, que nous sommes liés d'un lien unique que rien ne pourrait briser, le genre de lien que l'on ne rencontre qu'une seule fois dans une vie.
C'est à bout de souffle qu'à contrecœur nous nous séparons, posant nos deux fronts l'un contre l'autre. Du bout de mes doigts, je viens effacer les perles salées coulant encore de son visage. Seulement cette fois, lorsque je me recule pour pouvoir ancrer mon regard dans le sien, si la mélancolie d'avoir perdu son amie est toujours présente, j'y vois également autre chose, une pointe de désir dans un océan d'amour. Personne ne m'avait regardé comme ça, personne ne m'avait déstabilisé à ce point d'un simple regard, et personne ne m'avait jamais rendue aussi fiévreuse. J'étais surnommé la fille d'acier, mais je savais déjà que Lena avait le plus grand des pouvoirs, celui de me rendre complètement à sa merci, et cela était loin de me déplaire, bien au contraire...
Je passe une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Je lui souris, je la trouve tellement magnifique en cet instant que je peine à réaliser ce qui est en train de se passer. Alors lorsqu'elle passe ses bras autour de mon cou pour m'attirer à elle, sa main fourrageant ma chevelure, ses lèvres se posant sur les miennes avec envie, je me dis que rien au monde ne pourrait m'atteindre autant que les frissons qui me parcourent avec délectation.
Tout en nous embrassant avec passion, nous arrivons tant bien que mal à atteindre le canapé. Lena bute sur celui-ci et c'est à califourchon que je finis sur elle. Une nouvelle fois je passe mes mains dans ses cheveux avec douceur, puis je prends son visage en coupe déposant mille et un baisers partout sur celui-ci. Commençant par son front, je dépose ensuite mes lèvres sur chacune de ses tempes, ses joues, le coin de sa bouche, provoquant un râle de frustration de sa part alors qu'elle tentait en vain de m'attirer à elle pour de nouvelles douceurs buccales. Je m'amuse de son impatience, veux la faire languir, mais mon self-contrôle est mis à rude épreuve lorsque lassée, elle passe ses mains sous ma chemise pour être en contact direct avec ma peau. Nous ondulons l'une sur l'autre avec de plus en plus d'entrain tant l'envie se faisait maintenant de plus en plus pressante.
J'embrasse maintenant son cou, qu'elle penche en arrière en fermant les yeux et se mordillant les lèvres d'envies. Ses mains, elles, s'affairent à remonter le long de mon corps avec une lenteur parfaitement calculée, entraînant dans leur sillage ma chemise qui était clairement de trop entre nous deux. Je lève les bras afin qu'elle puisse retirer ce tissu qui n'était plus utile.
À peine fut-il enlevé que je la vois se mordre sa lippe d'envie. Son regard, celui qu'elle pose sur moi en cet instant, est tellement différent que tout ce que j'ai pu connaître dans ma vie, tellement plus intense, que je ne peux m'empêcher de lui dire dans une voix rendue rauque par le désir le plus fou que je n'avais jamais ressenti « tu es tellement belle Lena ».
Son sourire est la plus belle des récompenses, ses gestes la plus douce des tortures et les cris qu'elle finit par ne plus pouvoir retenir, la plus douce des mélodies...
Deux heures plus tard, nous en sommes littéralement en nage, épuisé, mais heureuse comme jamais nous ne l'avions été dans nos vies. La mort nous avait réunis, et d'une certaine manière, c'était comme si ma mère veillait sur moi de l'endroit où elle était, comme si c'était elle qui avait mis Lena sur mon chemin.
Lena est maintenant endormie, elle est dans mes bras, elle est en paix. Je plisse mes yeux et je ne peux m'empêcher de l'observer des pieds à la tête, attirant sur mon bras une légère tape sur mon bras.
– Arrête ça Kara...
– Je ne peux pas admirer la plus belle des femmes ?
– Ose me regarder droit dans les yeux et dis-moi que tu n'étais pas en train de scanner mon corps pour voir si vraiment toute trace de la maladie de ta mère n'était plus dans mon organisme ?
Je baisse la tête, honteuse, Lena avait vu juste.
- Désolé... je voulais être sûre que je n'allais pas te perdre toi non plus... répondis-je en enfouissant ma tête dans le creux de son cou
- Ne t'en fais pas Kara, je comprends... je suppose que si j'avais tes pouvoirs j'aurais fait exactement la même chose... et depuis que je te connais te perdre est l'une des choses qui m'effraie le plus..
- Je sais que l'on ne se connait que depuis peu de temps mais... ce que je ne ressens en ta présence Lena... jamais, jamais je ne l'ai ressenti de ma vie. J'ai eu des flirts, et quelques histoires à l'âge adulte, mais toi... "Je lui caresse le visage avec douceur tout en la fixant droit dans les yeux ", toi, c'est au-delà de tout, je crois qu'aucun mot ne pourrait décrire la force et la puissance de ce que je ressens pour toi...
Lena est émue, j'entends son cœur qui bat comme s'il voulait sortir de sa poitrine. Je prends alors sa main et la pose sur mon propre organe. Je lui demande de fermer les yeux et d'écouter, d'écouter ses battements. Elle me sourit, la plus belle des récompenses.
" Je ressens la même chose arrive-t-elle à me dire " entre deux souffles. Puis elle se lève, laissant à ma vue son corps à demi dévêtu ce qui me fait me mordre les lèvres d'envie...
- Kara, mes yeux son plus haut me taquine-t-elle lorsqu'elle revient vers moi, une boîte à la main
- Je devrais être désolé, mais... je ne le suis pas, tu es si magnifique que je pourrais passer ma vie à te regarder avec délice...
- Seulement regarder ?
- Mmmm, peut-être un peu toucher aussi...
Lena rigole, l'un de mes nouveaux sons préférés.
- Qu'est-ce qu'il y a dans cette boîte ?
- Tiens, regarde par toi-même
J'ouvre celle-ci. À l'intérieur des photos, des photos de ma mère avec Lena. Il y en avait beaucoup, preuve que ma mère et Lena se connaissaient depuis longtemps. Sur l'une d'elles, je peux voir Eliza et Lena côte à côte, bras dessus bras dessous, et tout sourire. Lena m'explique que c'était pour l'inauguration de ce bâtiment, qu'elle et ma mère étaient fières de son ouverture même si beaucoup de ses recherches devaient se faire dans le plus grand des secrets.
Il y a beaucoup d'autres images de ma mère avec Lena. Le plus souvent, elles sont toutes les deux en blouse, dans leur laboratoire. Mais il y en a aussi certaines où elles sont toutes les deux en ville. Je reconnais le bar où j'allais étant plus jeune avec ma sœur. Lena et elle avaient l'air d'y aller souvent en dehors de leurs heures de travail et d'après les photos, elles avaient l'air de bien s'y amuser.
L'émotion est forte, trop forte, les larmes commencent à vouloir sortir. Je me rends compte qu'un pan entier de la vie de ma mère nous a passé sous silence avec Alex. Mes mains se mettent à trembler légèrement et une larme finit par couler sur l'une des photos ou ma mère et Lena sont en train de trinquer dans ce fameux bar.
Lena s'empresse de me prendre dans ses bras dans un geste rassurant et apaisant. Elle embrasse le haut de ma chevelure et comme si j'avais attendu ce simple geste, les vannes s'ouvrent et je verse maintenant toutes les larmes de mon corps.
- Tu n'as rien à te reprocher Kara tente de me rassurer Lena
- Je le sais bien mais... pourquoi ne nous a-t-elle rien dit... je ne comprends pas... il y a visiblement tellement de choses que nous ignorons moi et ma sœur sur notre mère...
- Je ne connais pas les raisons qui ont poussé ta mère à ne rien vous dire mais... j'ai appris à la connaître tout au long de ses années et je sais une chose, elle vous aimaient toutes les deux plus que tout et... même si elle ne m'en à jamais rien ne dit, je peux supposer qu'elle vous a caché la vérité pour que les derniers moments passés avec vous soient vrais et sincères et non pas parasité par la maladie...
Ses paroles me touchent, au fond de moi je suis presque sûre qu'elle avait raison. Et quelque part je suis rassuré que quelqu'un ai été là pour ma mère, que celle-ci n'est pas traversée cette épreuve seule. Savoir qu'elle a eu une amie à qui se confier, avec qui traverser cette horreur et surtout avec Lena, me conforte dans l'idée que la jeune femme est l'antithèse absolue de sa famille.
Dans les bras protecteurs de Lena, mes larmes finissent par se tarirent. Elle passe une mèche de mes cheveux derrière mon oreille et embrasse le bout de mon nez avec tendresse. Mais ce simple baiser ne me suffit pas, alors j'empoigne la taille de Lena pour la presser au plus près de mon corps et c'est dans un élan pleins de passion et de tendresse qu'une nouvelle fois nous nous laissons aller à nos envies. C'était fou ce que la jeune femme me faisait ressentir. Je crois que je ne pourrais jamais aimer ou désirer quelqu'un plus que je ne l'aime elle.
Après nos ébats, nous finissons tout de même par nous rhabiller, presque à contrecœur tant nous l'alchimie en tous deux était puissante et enivrante. Elle confirme également mes doutes sur le mystérieux don pour l'enterrement de ma mère, il venait bien d'elle...
Nous restons à Midvale plusieurs jours. Et malgré la douloureuse raison qui nous avait poussés à venir ici, j'avais passé la semaine la plus intense, la plus folle et la plus merveilleuse des semaines de ma vie.
Mais nous finissons tout de même par rentrer à National City. N'arrivant plus à nous quitter, nous passions toutes nos nuits soit chez l'une, soit chez l'autre.
Puis, un matin, alors que Lena dormait paisiblement dans mon lit pendant que je lui préparais un petit déjeuner au lit, Alex débarqua sans prévenir.
- Alex ? Mais qu'est ce que tu fais là, pourquoi tu n'as pas frappé à la porte ?
- Bah parce que j'ai la clé alors pourquoi je ne l'aurais pas fait ?
- Il ne t'est pas venu à l'idée que je pouvais ne pas être seule ?
- C'est le cas ?
- Heu...
- Je veux savoir maintenant, dis moi ?
- On t'en parlera quand nous serons prêtes, c'est encore assez... nouveau...
C'est ce moment que choisit Lena pour apparaître quasiment dans le plus simple appareil, vêtu simplement de l'une de mes chemises, le reste étant entièrement nu...
- LENA ? Tu sors avec Lena Luthor ?
- Calme-toi Alex tu veux !
- Mais Kara, sa famille essaie de tuer les super depuis des années!!! Ne t'approche plus de ma sœur toi !!! lui intime-t-elle violemment en la montrant du doigt
Cette fois s'en est trop. Si jusqu'ici je n'avais rien dit, je ne peux plus laisser Alex insulter la femme que j'aimais, car oui, j'étais folle amoureuse de cette femme.
- Alex, ne parle pas d'elle comme ça, elle n'est pas sa famille, elle n'est pas comme Lex et elle est au courant de mon secret et pourtant je suis toujours en vie... Alors tu vas te calmer parce que j'aime cette femme plus que tout au monde ! Elle me rend heureuse, elle me fait vibrer, elle est la perfection faite femme et jamais de ma vie je ne m'étais sentie aussi vivante que lorsque je suis dans ses bras...
- Tu... tu m'aimes ? demande Lena timidement qui jusque là s'était interdit d'intervenir
Je m'approche d'elle pour la prendre dans mes bras, faisant complètement abstraction de la présence de ma sœur qui fulminait dans son coin.
- Oui, je vous aime Miss Luthor, je vous aime follement, je vous aime passionnément, et je vous aime plus que tout, mon souffle, ma vie, mon bonheur c'est toi Lena. Je n'ai jamais été plus heureuse que dans tes bras.
Sur ces dernières paroles, Lena m'embrasse avec passion.
- Hé ho, je suis encore là hein !!!
- Alex, je sais que tu n'apprécies pas les Luthor, mais il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas dans l'histoire.
— Il n'y a rien à savoir en dehors du fait que c'est une Luthor !
— ALEX ! MAINTENANT ÇA SUFFIT ! Lena était une amie proche de maman et si elle n'avait pas été là, elle serait morte depuis plusieurs années !!! Maman était malade depuis bien plus longtemps que ce qu'elle nous avait annoncé !!!
Le masque de colère d'Alex semble se fissurer. Je lui demande de s'asseoir et lui explique la situation et tout ce que Lena m'a précédemment appris. Alex a du mal à croire ce qu'elle entend, mais elle est bien obligée de se rendre à l'évidence quand nous lui montrons les photos de Lena et Eliza ensemble, les montrant proche et complice.
Elle est autant sous le choc que je l'ai été précédemment et elle me reproche de ne pas lui avoir dit plus tôt. C'est vrai que nous aurions pu, mais nous ne savions pas vraiment comment nous y prendre pour lui annoncer une telle chose.
Six mois plus tard.
Aujourd'hui, avec Lena, nous emménageons ensemble. Les relations entre ma sœur et Lena se sont beaucoup améliorées avec le temps. Il faut dire qu'Alex voit de jour en jour comment Lena me rend plus heureuse que jamais. Elle-même à bien dû admettre que je n'avais jamais autant rayonné qu'en présence de la jeune femme. Et c'était le cas. Notre rencontre était l'évidence même, notre passion jamais assouvie, parfois au grand dam d'Alex qui à plusieurs reprises nous avait surprises. Elle n'oubliait plus de frapper à la porte désormais avant de rentrer chez nous, jamais...
Et maintenant nous en étions là, nous emménagions ensemble. Si au départ nous avions envisagé que j'emménage chez Lena, finalement nous avions convenu de nous trouver notre propre chez nous, un chez nous que nous aurions choisi à deux. Et nous étions littéralement tombés sous le charme de ce loft aux styles à la fois rétro et moderne. Avec Lena nous n'avions même pas eu besoin de discuter, c'était lui notre nouveau chez nous.
Lena est en train de ranger quelques cartons. Je m'arrête un instant dans ma tâche pour poser mon regard sur elle. Je la trouvais magnifique. Je n'avais peut-être pas de mot assez fort pour décrire ce que je ressentais pour la jeune femme, mais dans tous les cas, j'avais parfaitement conscience de la chance que j'avais de l'avoir dans ma vie. Et je voulais passer le reste de celle-ci à faire tout mon possible pour la rendre heureuse.
— Arrête de rêvasser et viens m'aider à porter ses cartons, autant que la force de supergirl serve à quelque chose non ?
— Je suis outré que je ne te serve qu'à ça...
Lena laisse sur le sol le carton qu'elle s'apprêtait à prendre puis s'approche de moi de manière féline. Je recule de plusieurs pas, mais peine perdue, je finis acculé contre le mur sans aucune chance de lui échapper et le regard qu'elle pose sur moi ne me disait rien qui vaille...
— Kara Kara Kara... me susurre-t-elle dans le creux de l'oreille, qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? me demande-t-elle en me mordillant doucement mon lobe, faisant monter en moi une puissante montée de mon désir pour elle
Je déglutis fasse à sa détermination et son regard qui en disait long sur ses intentions. Personne ne m'avait jamais regardé comme ça, jamais...
— Je... je suppose que tu vas devoir faire avec ?
— On dirait bien oui... me dit-elle avant de me soulever par la taille et nous mener sur le canapé de notre nouveau salon
Deux heures plus tard, épuisé, nue et encore sur le canapé, je remarque un vieux carton posé dans un coin et je ne me rappelais pas qu'il soit ni à moi ni à Lena. Quand je lui demande ce que c'est, elle me dit que ce sont des affaires qu'elle a ramenées de son labo de Midvale et qu'il y a probablement une part des recherches de ma mère dedans.
Je me lève, je cherche la chemise que j'avais précédemment et qui a été jetée je ne sais où dans le feu de l'action.
— Ne m'aide pas surtout Lena...
— Pourquoi faire ? La vue est plutôt plaisante de mon point de vue...
— Diablesse...
— Mais ta diablesse !
Je trouve enfin ma chemise, coincé quelque part entre deux cartons, je l'enfile et me dirige vers celui où se trouve les recherches de Lena et de ma mère. Je tombe encore sur quelques photos des deux femmes puis je suis intrigué par une petite boite. Je l'ouvre, et à mon grand étonnement, à l'intérieur se trouve un DVD sur lequel il est écrit « pour mes filles et Lena »
Je montre lui montre l'objet.
— Tu... tu étais au courant ?
— Non, c'est la première fois que je vois ce DVD, à ton avis c'est quoi ?
— Je ne sais pas, mais si c'est pour nous trois, je devrais appeler Alex pour qu'on puisse découvrir la vidéo ensemble...
— Oui, appelle là, je vais préparer de quoi grignoter et boire pour quand elle arrivera
J'embrasse Lena puis j'appelle ma sœur.
— Alex, tu devrais venir à la maison notre appart...
— Pour me retrouver à faire la chandelle, non merci...
— Alex, c'est maman... avec Lena on a trouvé un DVD qu'elle a laissé pour nous trois dans nos affaires, on ne l'a pas encore lu, on attend que tu viennes pour ça...
Je peux entendre ma sœur qui réfléchit puis elle finit par me dire qu'elle sera là dans vingt minutes. À peine j'ai raccroché que je me précipite dans les bras de Lena. Elle me serre aussitôt dans ses bras. Je me sens tout de suite mieux. Je suis peut-être l'héroïne de National City, mais mon héroïne à moi, c'est elle.
Nous restons bercés dans les bras l'une de l'autre jusqu'à l'arrivée de ma sœur après nous être habillés. Je vais lui ouvrir et après nous avoir dit bonjour, nous nous installons à même le sol, dos contre le canapé, et nous lançons le DVD après que Lena nous ai servi à boire.
« Alex, Kara, si vous voyez cette vidéo c'est que je ne suis plus de ce monde. Il y a quelques années, j'ai été diagnostiqué d'une maladie orpheline dont seulement une centaine de cas ont été recensés dans le monde. Personne ne trouvait ce que j'avais. Et c'est grâce à Lena Luthor que l'on a enfin pu poser un diagnostic sur la malade qui me rongeait. À ce moment-là, une fois le diagnostic posé, je n'avais plus que quelques semaines à vivre. Lena, que j'avais rencontrée quelques mois plus tôt et avec qui je travaillais sur ses recherches, m'a tout de suite proposé de tester le traitement qu'elle avait expérimenté sur elle. J'ai accepté. Grâce à celui-ci, j'ai survécu quatre ans de plus, quatre ans alors que je n'avais plus que quelques semaines à vivre.
Alors, mes filles, ne culpabilisez pas. Je ne vous ai rien dit par choix, mon choix. Je voulais que nos derniers instants soient vrais, que l'on puisse parler, rigoler, nous engueuler parfois, comme si la vie durerait toujours. Si vous aviez su que j'étais malade, vous n'auriez pas osé vous exprimer, vous confier... Toutes vos paroles, vos gestes, tout aurait été parasité, vous vous seriez retenue pour ne pas me blesser ou ne pas me fatiguer. Et je ne voulais pas, je ne voulais pas vous voir vous inquiéter en permanence pour moi. Mais nous avons eu du temps, grâce au traitement de Lena, j'ai eu du temps pour vous voir grandir, tomber, vous relever et ne jamais baisser les bras.
Alex, je suis presque sûr que tu dois en vouloir à Lena. Mais sache qu'elle a été bien plus qu'une partenaire de recherche, elle a été une amie et une alliée précieuse. Et tout au long de ses années, elle a tenté de me convaincre de vous parler à toi et Kara. Donc ne lui en veut pas, ce n'est pas de sa faute. Mais son traitement a marché pour elle, alors ses recherches ne seront au moins pas resté veines. Bien sûr, j'aurais voulu qu'il marche aussi sur moi, mais si vous voyez ceci, c'est que ce n'est malheureusement pas le cas. De toute façon, vous êtes mes enfants et je vous aime. Mais Alex, ne reproche jamais à Lena ma mort ou les actes de sa famille, elle n'est pas comme eux et ne le sera jamais.
Lena, tu t'es toujours demandé pourquoi je ne t'ai jamais montré de photo de mes filles. Ce n'était pas pour cacher l'identité secrète de Kara comme tu dois le penser sûrement. Mais avec le temps, j'ai appris à te connaître, et je connais ma fille sur le bout des doigts. Je savais que si je vous présentais, il ne faudrait pas longtemps pour que vous vous liiez l'une à l'autre, que ce soit de manière amicale ou autre... C'était tellement évident que je ne vous ai pas présenté. Parce que si c'était le cas, il n'aurait pas fallu longtemps pour que toi, Lena, tu es a mentir à Kara car je savais que jamais tu ne trahirais mon secret. Et Kara, un jour ou l'autre, t'en aurait énormément voulu de lui avoir caché une telle chose. Et je ne voulais pas de cela. Je ne voulais pas créer de fossé entre vous deux. Je ne voulais pas forcer Lena à te mentir...
Je voudrais d'ailleurs m'excuser pour ça. C'était égoïste de ma part, je l'avoue. Mais je suis sûr que vous allez apprendre à vous connaître et j'espère que vous me pardonnerez et rattraperez le temps perdu...
Voilà, mes filles, Lena, sachez que je vous aime, j'espère que vous arriverez à toutes vous entendre et que vous serez heureuse dans vos vies.
Nous avons toutes les larmes aux yeux. Ma mère nous connaissait tellement bien moi et Lena qu'elle savait que l'on s'aimerait au premier regard. Et elle avait raison, elle avait tellement raison. Et elle savait aussi qu'Alex en voudrait à Lena. Notre mère nous avait bien mieux compris que nous même. Elle était notre mère après tout.
— Lena... je... je crois que je te dois des excuses pour tout ce que je t'ai fait subir ces derniers mois... avoue Alex honteuse
— Ce n'est rien Alex, c'est compréhensible, et puis tu es moins "chiante" depuis quelque temps alors tout va bien, tenta de plaisanter Lena.
— Bon, je vais vous laisser, je pense que vous avez des choses à vous dire toutes les deux, et sûrement des choses à faire que je ne veux pas savoir...
Alex nous fait la bise à chacune et repart chez elle. Elle n'ose pas nous le dire mais je pense plutôt qu'elle est partie rejoindre Kelly. Elle pense que personne n'a rien remarqué mais aucun n'est dupe, elle et Kelly ont clairement emménagé ensemble...
À peine Alex, partie que je me réfugie de nouveau dans les bras de Lena. Elle me berce tendrement. Il n'y avait pas besoin de mot, pas besoin de parler, simplement de la présence l'une de l'autre.
— Ma mère nous connaissait tellement qu'elle savait que nous tomberions amoureuses...
— Oui, dès que j'ai croisé tes yeux azur à son enterrement, je savais que je te voulais dans ma vie
— C'est comme si de là-haut ma mère veillait sur nous...
— Ta mère était quelqu'un de bien, elle sera toujours dans nos cœurs
— Sur une note plus joyeuse, que dirais-tu d'inaugurer chaque pièce de l'appartement ?
— Mmmmm inaugurer comment ?
— Laisse-moi te montrer... lui susurrais-je au creux de l'oreille avant de l'embrasser avec ferveur
Nous savions que nous avions désormais toute une vie pour nous aimer, ma mère y avait veillé.
