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Des étoiles dans la nuit

Summary:

Après la guerre, Andromeda invite Narcissa à passer le réveillon de Noël chez elle.

Work Text:

Lorsqu'elle transplana juste devant la maison qui était sa destination, Narcissa faillit changer d'avis pour la dixième fois depuis le début de la journée, et resta plantée là un long moment, laissant les flocons de neige se déposer sur sa cape pour y fondre, comme autant de souvenirs pleurant d'avoir été oubliés.

Elle pouvait encore partir, elle pouvait encore rentrer chez elle, dans son grand manoir trop vide et trop triste, et s'enfermer dans sa chambre pour y passer la nuit à se lamenter sur ses erreurs et ses regrets. Ce programme, qui constituait son morne quotidien depuis la fin de la guerre, lui paraissait d'une certaine façon bien plus séduisant que ce qui l'attendait si jamais elle trouvait le courage de frapper à la porte et d'entrer.

Au bout de quelques minutes, Narcissa comprit qu'il allait lui falloir prendre une décision. L'air froid lui rosissait les joues et ses doigts commençaient à s'engourdir. Elle songea que c'était peut-être la meilleure façon de mourir pour elle, la plus grandiose, la plus ironique : Narcissa Malefoy embrassant pleinement sa condition de femme de glace le soir du réveillon de Noël.

Poétique, jugea t-elle, mais peut-être trop macabre. Elle ne voulait pas imaginer la réaction de Drago si jamais il apprenait qu'elle s'était laissé mourir de froid. Quant à Lucius... non, elle ne voulait pas penser à Lucius.

Sa baguette serrée au creux de son poing, elle se résolut à avancer jusqu'au pas de la porte. Trois petits coups secs plus tard et elle ne pouvait plus revenir en arrière.

Son souffle s'étrangla dans sa gorge quand le visage d'Andromeda apparut. Ces cheveux bouclés, ces paupières lourdes... comment avait-elle pu oublier à quel point elle ressemblait à Bellatrix ?

« Bonsoir, Cissy. »

Rien qu'entendre de nouveau le son de sa voix lui donna envie de s'enfuir en courant. Narcissa resta de marbre, bien sûr. Ce n'aurait pas été digne d'une Malefoy, et encore moins d'une Black.

« Entre, je t'en prie. »

Elle s'exécuta d'une démarche raide. Dans le salon, un feu de cheminée brûlait – elle s'en approcha pour se réchauffer tout en dévorant la pièce du regard avec une avidité qu'elle ne parvenait pas à dissimuler. Le sapin, les guirlandes et les boules de Noël lui paraissaient invisibles : partout où elle posait son regard, elle tombait sur des visages et des sourires figés – Andromeda avait recouvert ses murs de photos.

Des photos moldues, ne put-elle s'empêcher de remarquer. Nombre d'entre elles représentaient son petit-fils. Seules quelques photos animées étaient disséminées ici et là. Narcissa grimaça quand elle croisa le regard plein de vie de Sirius, qui lui faisait de grands signes et lui adressait un de ses sourires ravageurs.

Ce n'était cependant rien en comparaison de la pierre qui lui tomba dans l'estomac quand elle se retrouva nez-à-nez avec son propre visage, plus jeune, plus innocent, au milieu des visages tout aussi jeunes et tout aussi innocents de ses deux sœurs, juste au-dessus de la cheminée. Elle saisit le cadre d'une main tremblante et caressa le verre du bout des doigts.

Andromeda, qui n'avait rien manqué de son petit manège, la laissa faire.

« Souhaiterais-tu une tasse de thé pour te réchauffer ? »

Narcissa accepta d'un petit hochement de tête par politesse, mais elle n'avait plus froid, désormais. Elle avait l'impression de brûler de l'intérieur.

Andromeda l'invita à la suivre jusqu'à la salle à manger. Un rapide coup d'œil lui indiqua qu'elles étaient seules.

« Où est ton petit-fils ? »

C'était la première fois qu'elle lui adressait la parole depuis des années. Cela lui laissa une impression étrange au fond du cœur.

« Chez les Weasley, » lui répondit-elle, l'air tranquille, alors qu'elle s'affairait à préparer le thé. « Harry Potter a été invité à passer les fêtes chez eux. Il est passé prendre Teddy. »

« Et toi ? Tu n'as pas été invitée ? »

Narcissa était presque surprise de la sécheresse de sa voix. C'était comme si elle ne pouvait pas s'empêcher de laisser la rancœur sortir de sa bouche en notes gelées.

« Bien sûr que si, » s'esclaffa Andromeda. « Mais... j'avais d'autres projets. »

Le thé était prêt. Elle indiqua à Narcissa qu'elle pouvait s'assoir. Celle-ci remarqua que la table était dressée pour trois personnes, ce qui déclencha chez elle un froncement de sourcils disgracieux qui aurait fortement déplu à sa mère.

Ces autres projets n'étaient ni plus ni moins que l'invitation qu'elle lui avait adressée quelques semaines plus tôt. En la recevant, Narcissa avait d'abord cru à une plaisanterie de mauvais goût, et l'avait jetée au feu. Andromeda, qui avait sans doute anticipé sa réaction, lui avait renvoyé une autre invitation, puis une autre, et encore une autre, jusqu'à ce que Narcissa, excédée, finisse par y répondre de mauvaise grâce.

Elle s'était longuement creusé la tête pour essayer de déterminer pourquoi sa sœur l'avait invitée. Narcissa avait pris le parti de Bellatrix le jour même où Andromeda s'était enfuie avec son Né-Moldu et, durant toutes ces années, n'avait jamais cherché à la contacter, ce qui était d'ailleurs réciproque, alors pourquoi maintenant ?

« Nous attendons encore quelqu'un ? » fut cependant tout ce qu'elle trouva à demander, désignant du regard la troisième assiette.

Andromeda déposa une tasse de thé devant elle et s'assit à son tour.

« Tu dois sans doute te demander pourquoi j'ai tenu à ce que tu viennes ce soir, » lança t-elle sur le ton de la conversation, ignorant sa question.

Narcissa croisa les bras sur sa poitrine, comme pour se protéger.

« Ça m'a traversé l'esprit, en effet. »

Andromeda poussa un léger soupir et se massa les tempes. Elle semblait bien plus vieille qu'elle ne l'était réellement.

« Où est-ce que ton fils passe le réveillon ? » demanda t-elle.

Espérait-elle gagner du temps en changeant de sujet ? Mais gagner du temps pour quoi ? Pour se préparer à la brûlure que leurs mots pleins de colère s'apprêtaient à leur infliger ?

« Chez un ami... enfin, c'est ce qu'il m'a dit. »

Andromeda haussa les sourcils, l'air interrogateur. Narcissa roula des yeux.

« Je ne suis pas née de la dernière pluie. Je sais qu'il fréquente une fille depuis quelques mois. »

« Tu sais qui c'est ? »

« Non. Il m'en parlera lorsqu'il sera prêt. »

Les doigts d'Andromeda se crispèrent autour de sa tasse de thé.

« Et si c'est une Née-Moldue ? Sera t-il obligé de s'enfuir avec elle parce que tu le renieras ? »

Narcissa en demeura sans voix. Andromeda baissa aussitôt la tête, comme honteuse.

« Pardon. Je... je n'aurais pas dû dire ça. »

Le silence retomba pendant quelques secondes. Andromeda en profita pour s'éclipser dans la cuisine et alla chercher les entrées, sans même attendre l'arrivée du convive mystère.

« Pourquoi m'as-tu invitée, Andromeda ? » demanda Narcissa d'une voix plus froide que la neige qui tombait dehors.

Sa sœur prit le temps de prendre une bouchée de saumon fumé avant de lui répondre.

« Parce que... parce que tu es ma sœur. Parce que, maintenant que la guerre est finie, je... »

« Tu quoi ? Tu pensais qu'on pourrait parler du bon vieux temps autour d'un repas et d'une tasse de thé ? Qu'on pourrait oublier le passé ? Qu'on tomberait dans les bras l'une de l'autre ? »

A son plus grand désarroi, Narcissa sentait que le masque qu'elle s'efforçait d'arborer en permanence commençait à se fissurer.

Elle n'avait pas craqué quand le Seigneur des Ténèbres avait pris possession de sa maison. Elle n'avait pas craqué lorsqu'il avait confié une mission impossible à Drago, elle n'avait pas craqué lorsque Lucius avait été envoyé à Azkaban à l'issue de la guerre. Elle n'avait pas non plus craqué devant la tombe de Bellatrix, qu'elle avait elle-même creusée dans le jardin du manoir. Rester de glace, toujours, tel avait été son leitmotiv depuis sa plus tendre enfance, alors pourquoi craquait-elle maintenant, devant cette sœur devenue une ennemie qui l'avait abandonnée sans un seul regard en arrière ?

D'un geste rageur, elle se leva et alla se planter devant la fenêtre du salon pour ne pas qu'Andromeda voie les larmes qui brouillaient ses yeux. Celle-ci la rejoignit, mais prit garde à rester à une distance respectable d'elle.

« Non. Je ne pensais rien de tout ça. »

« Qu'est-ce que tu pensais, alors ? »

La colère qu'elle avait si soigneusement enfouie sous des sourires de façade resurgissait, amplifiée par tant d'années de déni, et tout ça coulait, coulait, et coulait, comme de la neige fondue.

Le visage d'Andromeda se fendit d'un sourire. Un sourire triste.

« Je suis fatiguée, Cissy. Tant de gens sont morts... dont mon mari et ma fille. Tant de sang versé. Et, crois-le ou non... je n'ai jamais cessé de vous aimer, toi et Bella. Ni de penser à vous, malgré le fossé rempli d'horreurs qui nous séparait. Voilà pourquoi je t'ai invitée. Parce que tu es ma sœur, et que tu me manques, et que j'aimerais que ce fossé disparaisse. »

Narcissa fut heureuse qu'Andromeda ne puisse pas voir l'expression de son visage, principalement parce que ce qu'elle en distinguait dans le reflet que lui renvoyait la fenêtre l'horrifiait. La rage, la colère et le désespoir se disputaient ses traits délicats, mais il y avait autre chose, aussi, quelque chose qui n'aurait pas dû être là, quelque chose dont elle aurait voulu se débarrasser mais qui s'accrochait, encore et encore...

Elle fit volte-face, et cette fois, rien ne put plus empêcher ses larmes de venir briser l'image de la parfaite aristocrate qu'elle agitait sous le nez du monde entier depuis aussi longtemps qu'elle pouvait s'en souvenir.

« Tu lui as brisé le cœur, tu sais ? » attaqua t-elle.

Andromeda parut prise au dépourvu, et Narcissa s'aperçut que c'était la première fois qu'elle pleurait devant elle.

« A Bellatrix. Tu lui as brisé le cœur quand tu es partie. Tu étais sa première petite sœur, sa protégée. Sa préférée. Vous vous ressembliez tellement, toutes les deux... deux étoiles. Deux guerrières. »

Narcissa avait toujours su au fond d'elle-même que, si elle était la favorite de leur mère, dans le cœur de Bellatrix, elle avait le malheur de n'être que seconde. C'était Andromeda qu'elle préférait et elle n'avait jamais pu vraiment l'en blâmer. C'était avec Andromeda que Bella pouvait faire les quatre cent coups, et lorsque Sirius les rejoignait, ils formaient un trio infernal que leurs parents étaient bien en peine de discipliner. Ils avaient d'ailleurs les mêmes cheveux bruns bouclés qui étaient en permanence ébouriffés. Des étoiles étincelantes et indomptables.

Narcissa, elle, avec ses cheveux blonds et son visage harmonieux, avait toujours été une fleur délicate que sa mère s'était employée à façonner à sa guise. Une fleur de glace, voilà ce qu'elle avait fait d'elle. Une poussière insignifiante face aux tempêtes de feu qu'étaient ses sœurs.

« Elle t'aimait tellement... » reprit Narcissa dans un souffle. « Elle a refusé de croire que tu étais partie et s'est employée à nier l'évidence pendant des jours. Quand elle a finalement compris... je ne l'avais jamais vue aussi dévastée. Je crois que c'est la dernière fois que je l'ai vue pleurer. »

Elle éprouvait une sorte de satisfaction sauvage à voir la culpabilité se peindre sur le visage d'Andromeda. Elle s'était de nombreuses fois imaginé cet instant, elle avait imaginé combien ce serait bon de jeter au visage de sa sœur tout le mal qu'elle leur avait causé, mais la lassitude remplaça bientôt la chaleur victorieuse dans son cœur et les mots dans sa bouche prirent le goût de cendres froides.

« Tu étais la favorite de Père. Bellatrix était trop sauvage, j'étais trop délicate. Mais toi... toi, tu étais l'héritière parfaite. Après ton départ... disons que l'ambiance à la maison est devenue encore plus détestable, si c'était possible. »

Andromeda accusa le coup avec dignité – une Black restait une Black, après tout, traîtresse à son sang ou pas.

« Et toi, Narcissa ? »

« Quoi, moi ? »

« Qu'est-ce que tu as ressenti ? »

Ce n'était pas de la provocation, même si la réponse était évidente. Andromeda avait simplement senti que Narcissa avait besoin d'exprimer tout ce qui lui pesait sur le cœur, et elle l'encourageait à le faire, même si cela signifiait davantage de reproches.

« A ton avis ? A moi aussi, tu m'as brisé le cœur. Je pensais que nous formerions un trio inséparable pour l'éternité – un quatuor, avec Sirius. Et vous m'avez tous abandonnée. Tu es partie, Sirius aussi, et Bella s'est jetée aux pieds du Seigneur des Ténèbres. »

Narcissa vint se planter juste devant la photo de leur cousin. Son visage séduisant ne portait pas encore les marques d'Azkaban et celles du deuil. Le son fantôme de son rire était comme un millier de coups de poignards dans son cœur gelé.

« Elle l'aimait, tu sais ? Elle l'aimait à en crever. Et il l'aimait aussi. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Tu sais très bien ce que je veux dire. Tu avais déjà vu Sirius avec une fille ? »

Le silence d'Andromeda valait toutes les réponses du monde.

« Quand il est parti et qu'il l'a trahie, elle ne l'a pas supporté. C'est pour ça qu'elle l'a tué, à la fin. Parce qu'elle l'aimait trop. »

Narcissa planta ses yeux dans ceux de sa sœur.

« Et c'est pour ça qu'elle t'aurait tuée, si elle avait pu. Parce que, toi aussi, elle t'aimait trop. »

La gorge nouée, Andromeda ne put qu'acquiescer. Elle essuya deux petites larmes qui perlaient au coin de ses yeux et, d'un signe de la main, l'invita à rejoindre la table, l'informant que la dinde serait bientôt cuite.

Ah, elle était belle, leur famille, ou ce qu'il en restait. Adieu, la grandeur, la noblesse et la pureté, au revoir, la folie, la cruauté et le meurtre. Une étoile éteinte et une fleur fanée – voilà ce qu'était devenue la noble et très ancienne maison des Black.

« Pourquoi est-ce qu'elle ne t'a pas tuée ? » demanda Andromeda une fois leurs assiettes remplies.

« Pardon ? »

« Bellatrix. Toi aussi, elle t'aimait trop. Tu es la seule à être restée à ses côtés pendant toutes ces années. Alors pourquoi elle ne t'a pas tuée ? »

Un horrible sourire déforma les lèvres de Narcissa.

« Parce que ça a toujours été la grande tragédie de Bella : elle ne se rendait compte d'à quel point elle aimait quelque chose qu'une fois qu'il n'était plus à elle. »

Peut-être était-ce la raison pour laquelle son obsession pour le Seigneur des Ténèbres n'avait connu aucune limite, aucune fin : parce qu'il ne lui avait jamais appartenu.

Le silence qui suivit fut presque reposant. Les plus terribles vérités avaient été dites, après tout. Et, quand il n'y a plus de colère, il ne reste que le vide. Narcissa le connaissait bien : n'était-ce pas ce que sa vie entière avait été ? Un énorme vide ?

Elles n'échangèrent plus que des banalités d'une platitude effrayante jusque la fin du repas, mais au fond, cela lui paraissait mille fois préférable aux mots plus tranchants que des éclats de glace qu'elles avaient lancés.

« Je... je suis désolée, pour ton mari, » offrit timidement Andromeda après avoir apporté la bûche.

Narcissa haussa les épaules.

« Tu l'aimes encore ? »

« Je ne sais pas. Peut-être. C'est difficile à dire. »

Penser à Lucius était si douloureux qu'elle s'évertuait à le garder hors de son esprit toute la journée. Elle l'avait aimé, de cela, elle était sûre, et leur mariage n'avait pas été arrangé. C'était elle qui avait imposé son choix à son père, qui, en raison de la pureté du sang des Malefoy, n'avait rien trouvé à y redire.

Cependant, elle lui en voulait énormément. Si elle partageait dans une certaine mesure l'idéologie des Sang-Pur concernant le statut de sang, elle n'avait pas montré un enthousiasme débordant lorsqu'il avait rejoint les Mangemorts, et cette méfiance s'était peu à peu changée en horreur. Il n'en avait jamais rien su, bien sûr. Narcissa était restée de glace, encore et toujours. Et personne ne l'avait vue fondre de l'intérieur.

« Je... je suppose que je suis désolée pour ton mari. Et pour ta fille. »

La stupeur sur le visage d'Andromeda était presque comique. Narcissa aurait peut-être ri, si elle était plus jeune. Si elle savait encore rire.

« Merci, Cissy. »

Elles terminèrent leur part de bûche et, quelques minutes plus tard, la pendule sonna les douze coups de minuit. Narcissa se leva et Andromeda l'imita. Il était temps pour elle de partir et pourtant, c'était comme si un sortilège la figeait sur place et l'empêchait de quitter les lieux.

Quand Andromeda fit mine de l'enlacer, elle ne se déroba pas. Pressée contre sa grande sœur, elle eut de nouveau l'impression d'avoir dix ans et de chercher du réconfort auprès d'elle après une nouvelle crise de folie de leur père.

« Joyeux Noël, Narcissa. »

Laissant tomber ses dernières barrières, elle lui rendit son étreinte.

« Joyeux Noël, Andromeda. »

Celle-ci s'écarta et lui pressa la main.

« Je t'aime, Cissy. Toi et Bella, vous êtes toujours restées dans mon cœur, et j'aurais tout donné pour que l'on puisse s'assoir toutes les trois autour de la table pour le réveillon de Noël. »

Narcissa avisa alors le troisième couvert sur la table d'un œil nouveau. C'était leur sœur, le troisième convive, celui qui les avait accompagnées en pensée à défaut d'être présent. Ses yeux s'humidifièrent de nouveau.

« La... la tombe de Bellatrix se trouve dans le jardin du manoir. Si tu veux... je pourrais te montrer l'endroit. »

Les yeux d'Andromeda s'éclairèrent. C'était juste une simple proposition, ça n'engageait à rien, et pourtant... et pourtant...

« J'aimerais beaucoup ça, » répondit-elle simplement.

Après un dernier regard jeté à la photo au-dessus de la cheminée qui les représentait toutes les trois, Narcissa se dirigea vers la porte, salua une dernière fois Andromeda, et disparut dans la nuit.

La brève impression que tout ce qui s'était passé n'était qu'une création de son esprit flotta dans ses pensées quelques secondes mais se dissipa rapidement. Narcissa n'avait pas exactement passé une bonne soirée, mais elle ne regrettait pas d'avoir accepté l'invitation d'Andromeda.

Elle leva le regard vers le ciel et, pour la première fois depuis que sa sœur avait tourné le dos à leur famille détraquée, se mit en quête des étoiles qui à ses yeux brillaient plus fort que les autres, le cœur apaisé.