Chapter Text
Quand Jeanne ouvrit les yeux, elle était loin de se douter que ce lundi était le jour qui allait mettre fin à sa tragique routine. Elle se leva du lit de Rigel et sortit discrètement de la chambre. Elle s’habilla et prépara les vêtements de son mari.
Jeanne se dirigea ensuite vers le salon, Rigel était ivre mort, affalé dans le canapé. Elle avait arrêté de compter les jours qu’elle passait dans sa chambre sans lui après la première année. La jeune femme déposa les vêtements sur un des coins de la petite table, attrapa son sac et sortit.
Jeanne était vétérinaire, elle travaillait dans un cabinet avec deux de ses collègues. Elle prit place sur son vélo et prit la route. Elle n’habitait qu’à cinq minutes du cabinet, elle était donc d’habitude toujours la première arrivée. Etonnamment ce matin, la voiture de Romain était déjà là.
« Bienvenue Jeanne ! »
« Bonjour Romain, je suis ravie de vous voir ! »
« Moi aussi. Cela fait si longtemps… Combien de temps avez-vous été en arrêt ? Trois mois ? »
« Six. »
« Six ! Je voulais venir plus tôt pour vérifier que tout soit en ordre. Je ne me souviens pas être pas du temps que vous avez passé en arrêt mais je me souviens que vous aimez quand tout est à sa place. Alors j’ai fais un peu de rangement … »
« C’est très attentionné de votre part, merci. »
Il lui fit un grand sourire et s’affaira à donner des consignes aux deux aides vétérinaires qui venaient d’arriver. Anna et Roseline.
« Bonjours mesdames »
« Bonjour Docteur ! »
« Vous allez mieux ? »
« Oui, merci »
Jeanne leur sourit et de dirigea vers son bureau. Personne n’y était entré, pas même la femme de ménage. Il lui semblait pourtant avoir laissé un double des clés… Il allait falloir qu’elle vérifie.
Pour sa reprise Jeanne n’avait rien à faire d’intéressant. Le médecin du travail lui avait déconseillé de faire de trop gros efforts, elle avait déjà du insister fortement pour qu’il la laisse retourner dans son cabinet.
« Jeanne, je peux vous parler ? »
« Entre Romain »
« Je suis désolé de venir vous voir ainsi alors que vous venez de revenir… Mais vous sentez vous réellement mieux ? »
Jeanne pinça ses lèvres entre elle. Elle ne pouvait pas répondre n’importe comment à Romain. C’est seulement grâce à lui que son cabinet avait pu rester ouvert, elle lui devait beaucoup. Elle ne voulait pas lui mentir, mais elle ne pouvait pas lui dire la vérité non plus.
« Je me suis assez rétablie pour revenir vous donner des ordres. »
Il rit et se gratta l’arrière de la tête.
« Je sais que la situation avec Ri… avec votre mari n’est pas simple mais… »
« Romain, je te remercie pour ta compassion. J’aimerai cependant que nos vies privées restent un sujet que l’on aborde sur nos heures de libre, pas celles ou nous travaillons. »
« Je comprends. Excusez-moi, je suis inquiet voilà tout. »
« Vous n’avez pas à vous en faire Romain. »
Il la salua et quitta la pièce. Jeanne avait de la paperasse à rattraper, et elle était fatigué rien qu’en voyant la pile de document qui se trouvait face à elle.
Cette tâche lui prit toute la journée. Roseline était venue la voir pour lui proposer de déjeuner, Jeanne avait refusé. Elle voulait à tout prit terminer cette pile avant de sortir de son bureau. Ce qu’elle avait finit par réussir à faire, elle sortit du cabinet à 21h30.
Elle prit la route du retour, elle avait deux heures avant que Rigel ne rentre. Quatre si il s’arrêtait au bar avec ses collègues.
Jeanne mit sa clé dans la porte et remarqua que celle-ci n’était pas verrouillée. Étonnant, Rigel faisait toujours le tour de toute la maison avant de partir… Elle entra dans la maison et se figea. André et Yves, deux anciens collègues de Rigel se trouvaient assis à la table du salon.
Les deux pompiers, âgés d'une quarantaine d’années, leurs uniformes étaient impeccables, leur attitude professionnelle et empreinte de compassion. L'air sérieux et solennel ils annoncèrent le décès de Rigel à Jeanne. On pouvait voir à leur expression qu'ils connaissaient bien la situation et qu'ils étaient tristes pour elle. Les deux hommes étaient des amis de Rigel avant qu’il ne décline, et ils avaient du mal à cacher leur émotion.
