Actions

Work Header

Being with you makes the flame burn good (Insaisissable)

Summary:

" I'm what's left of when we
Swam under the moon
Now the rest of my days are just
Waiting for when
You come down and tell me
I was meant for you, baby
Being with you
Makes the flame burn good "

Notes:

Il s'agit d'un drabble scaramona, basé sur le bop qu'est I don't smoke de mitski!
stream mitski on spotify, bsx <3

Work Text:

Il y avait ce mot qui lui revenait constamment lorsqu'il lui venait subitement de songer à lui, durant des nuits trop obscures, trop solitaires. « Insaisissable ».

Il était un coup de tonnerre dans le ciel, provenant de nul part et partout à la fois. Il était une bourrasque de vent qui vous poussait dans une direction sans jamais savoir pourquoi.

 

Elle savait que tout cela n'était pas sain, qu'une telle personne ne saurait jamais s'arrêter, s'ancrer dans le sol telle les racines d'un arbre, et apaiser son cœur meurtri, son âme détruite. Elle savait que le côtoyer, l'accueillir dans ses bras, dans sa vie, lui apporterait aussi bien le danger que la douleur, mais comment lui nier tout cela ? Comment lui refuser l'amour qu'il recherchait tant ? Et peut-être qu'elle aussi le désirait tout autant.

 

Il était une flamme, celle d'une bougie qui vous éclairait la nuit, et celle d'une cheminée, qui vous réchauffait confortablement lors d'une tempête. Et il y avait ces instants miraculeux, où il parvenait à l'aimer comme personne ne l'avait jamais fait, avec douceur et sincérité, comme l'humain qu'il n'était pas. Ou peut-être était-ce justement cela... Peut-être que son amour était si irrésistible, si insaisissable car il était divin, inimaginable. Parfait pour elle, dont le destin était de poursuivre la vérité de ce monde, qui transcendait l'espèce humaine.

Si bien que lorsqu'il lui soufflait au creux de l'oreille qu'elle avait été faite pour lui, une partie d'elle aurait juré qu'il disait vrai.

 

Comment expliquer tout cela autrement ? Comment expliquer la façon dont leur corps s'emboîtaient l'un à l'autre, comme les pièces perdues d'un puzzle oublié. S'ils n'étaient pas les composantes d'un tout, alors pourquoi le toucher était si bon ? Pourquoi était-il si naturel de l'accepter dans son intimité, de lui offrir tout ce qu'elle avait et d'en recevoir la contrepartie sans réserve ? Comment arrivait-elle à justifier ses actes, sa froide cruauté ? Comment pouvait-elle affronter son regard glacé, vierge de tout regret, mais si emplis d'amour pour elle ?

Quand était-elle devenue si égoïste ?

 

Peut-être était-ce naïf. Mais elle accepterait ces moments de perdition sans condition, ces moments où elle ne pouvait s'empêcher de se bercer d'illusion, de le garder près de son cœur, ignorant volontairement le fait qu'il finirait inévitablement par la brûler, par se nourrir d'elle, devenant par là un véritable feu de forêt, destructeur et cruel. Il l'oublierait. Après tout, il vivrait longtemps après elle ; elle n'était qu'une étoile parmi la toile céleste qu'était sa vie.

Déjà morte. Déjà oubliée.

 

Et peut-être que le plus douloureux était qu'en dépit de tout cela, de la souffrance qui viendrait inévitablement, elle lui sauvegarderait cette place auprès d'elle aussi longtemps qu'il la voudrait.

Il viendrait à elle, et elle lui dirait de poser sa tête sur ses genoux. Elle lui caresserait les cheveux tandis qu'il lui confirait toutes les horribles choses qu'il avait faites, attendant de ses lèvres la rédemption dont il n'avait cure. Elle pleurerait en silence, et il garderait les yeux clos, aveugle à sa douleur. Pour lui, elle ferait pénitence auprès de tous les dieux assez cléments pour l'écouter encore.

 

Il aimait ce jeu, il aimait l'avoir près de lui, sentir son corps tremblant contre le sien. Il aimait observer que sous cette peur, il y avait cette pure adoration, dont la profondeur aurait pu rendre un dieu jaloux.

Mais comme un jeu ne se joue qu'à deux, Mona ne pouvait quant à elle s'empêcher d'aimer la façon dont il la regardait, comme si elle était plus qu'elle n'était, un mystère de l'univers, une super nova. Quelque chose de précieux, qu'il voulait absolument détenir. Elle lui laisserait ce plaisir.

 

Lorsque le monde s'apaiserait enfin, que ses sanglots cesseront enfin, alors elle prendra la parole pour lui faire dire à quel point elle lui avait manqué.

Il ouvrirait les yeux, un tendre sourire colorant ses lèvres. Il lui caresserait sa joue, doucement, attentivement, comme pour ne pas la briser. Il lui chuchoterait tous ces jolis mots qu'elle aimait tant, ignorant le fait que ses joues étaient baignées de larmes.

Et elle refuserait de reconnaître que ses mains à lui étaient trempées de sang.