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— Je vais te mettre en sécurité. Ne t'en fais pas, je prends le relais.
North n'était pas certain que Toothiana l'entendait. La fée, recroquevillée dans ses bras, semblait envahie par la douleur qui irradiait de son dos. Elle paraissait avoir perdu le contrôle de ses muscles qui se bandaient douloureusement d'un spasme invincible. Le vieil homme la manipulait avec grand soin, l'enfouissant dans son manteau écarlate pour la protéger de la neige qui tombait à gros flocons. Il la sentait légère et palpitante contre sa large poitrine comme un oiseau tombé du nid. Il réaffirma sa prise alors qu'elle gémissait misérablement : malgré toutes ses précautions, il avait effleurée son aile déchiquetée.
Il se concentra sur son chemin : l'épaisse couche de poudreuse qui avait recouvert la vallée entravait sa progression. Le rugissement du torrent non loin était absorbé par ce tampon de ouate. Excepté ce murmure rauque, le bois était parfaitement silencieux. La quiétude du paysage contrastait singulièrement avec son cœur qui battait à la chamade : qui aurait pu croire que dans cet écrin de nacre une bataille faisait rage ?
Un craquement retentit derrière lui et North accéléra sa fuite. Il sentait sur ses talons les Craintifs qui les pourchassaient. Pitch Black les traquait sans relâche depuis quelques semaines : il avait déclaré une guerre ouverte à l'Homme de la Lune en réaction à la création de l'Ordre des Gardiens. Les deux alliés s'étaient laissés surprendre par un escadron de ses créatures de cauchemars. Même en unissant leurs forces, ils n'étaient pas de taille à vaincre un tel bataillon. Toothiana avait envoyé les quelques quenottes qui les accompagnaient quérir de l'aide, mais les secours tardaient à arriver et leurs forces faiblissaient. Les premières blessures s'accumulaient, les poussaient à commettre des impairs puis à plier. A l'instant, North venait d'arracher son amie à la marée de Craintifs qui l'avait renversée, mais leurs longues griffes avaient déjà mis en lambeau les délicates ailes de tulles de la fée. Il avait pris le parti de s'échapper, mais le vieux guerrier n'était pas dupe : ils ne pourraient pas se cacher éternellement. Sa course serait de courte durée avant qu'ils ne soient à nouveau acculés.
Il balaya le terrain du regard en stratège avisé : il cherchait simplement le lieu propice pour continuer le combat tout en protégeant sa camarade. La vallée était encaissée dans un massif de basalte, une falaise de charbon saupoudrée de craie par la tempête. La végétation havre des sommets s'étoffait en descendant jusqu'à la rivière gonflée des pluies d'hiver : ce torrent distillait la vie sur les rochers d'encre où un bosquet de conifères avait fini par prendre racine. Les hautes parois conféraient un avantage au Gardien : en choisissant soigneusement un renforcement rocheux, il évitait la possibilité de le prendre à revers et concentrait ses ennemis face à lui. Il jouait son va-tout en se coupant toute retraite, mais son intuition lui criait qu'une nouvelle fuite le transformerait en une proie facile. Il préférait encore se battre.
Il choisit enfin une fissure géologique au fond de laquelle il allongea Toothiana avec précaution.
— Il faut tenir, Tooth, murmura-t-il en voyant qu'elle fixait deux yeux hagards sur son visage. Ils ne vont pas tarder à arriver.
Elle acquiesça difficilement, encore sonnée. Elle semblait terrifiée, immergée au milieu de cet ouragan d'ennemis et de douleur. North se mordit la lèvre : il connaissait encore mal sa camarade et n'avait aucune idée du temps qui lui faudrait pour retrouver ses esprits, ni même s'il pourrait compter encore sur elle. Avait-elle la tête assez froide pour être un appui solide ? Avant la création des Gardiens, ils ne se parlaient pour ainsi dire jamais, et si ces dernières semaines les avaient rapprochés, c'était la première fois qu'un combat les mettaient en réelle difficulté.
Après une seconde d'hésitation, il lui glissa entre les mains un coutelas qu'il avait tiré de sa ceinture, puis il se redressa et se campa à l'entrée du goulot de basalte. Il dégaina d'un geste assuré les deux sabres qui battaient ses cuisses : peu importe si Toothiana ne trouvait pas la force de reprendre les armes, il lui offrirait le répit dont elle avait besoin.
La neige s'était épaissie et arrêtait le regard à une dizaine de mètres sur un brouillard immaculé et tumultueux. Le vent sifflait en s'engouffrant dans la vallée et remuait la poisse épaisse des flocons. North entendit les Craintifs avant de les apercevoir. Leurs cris stridents et courts crissaient dans l'atmosphère glacée, recouvraient le rugissement des rafales : les créatures se répondaient l'une à l'autre par dizaines, s'appelaient, se chassaient, se regroupaient. L'oreille dressée, le vieil homme suivait leur progression par leurs hurlements aigus qui évoquaient le gémissement des ongles sur un tableau noir.
Enfin, le premier d'entre eux apparu : émergeant de la brume, on devinait une silhouette rachitique et déguindée. La tête nue et chauve couronnait un corps qui semblait partir en lambeau. Il n'avait pas de jambes, seulement cette extrémité qui claquait dans les rafales comme un vieux tissu mangé par les mites et qui s'élevait du sol à la manière d'une fumée. Du cou mince et tortueux se dressaient deux bras squelettiques immenses, si fins qu'on aurait pu les briser comme des allumettes, deux lignes décharnées qui se cassaient brutalement aux articulations avec des excroissances épineuses, terminées par de longs doigts tortueux comme des brindilles. Cette forme imprécise se distinguait de la toile immaculée du paysage par une noirceur qui semblait absorber le scintillement de la poudreuse. Au milieu de son visage inexpressif était percée deux grands yeux ronds au travers desquelles passait la neige. Dès qu'il aperçut sa cible, le spectre ouvrit une large bouche garnie de dents acérées et poussa un cri si aigu qu'il recouvrit le concert de l'escadron.
Peu à peu, à une vitesse exponentielle, les ombres se dessinaient, de plus en plus nombreuses, et rassemblaient leur silhouettes d'arbre en plein hiver en une véritable forêt de troncs tortueux qui barrait l'horizon. La masse se rapprochait lentement tel un nuage d'orage. Les Craintifs attendaient, flottant dans la tempête comme une lessive miteuse pendue aux quatre vents. North réaffirma sa prise sur la poignée de ses sabres. Il attendait la confrontation, car avancer signifiait ouvrir l'entrée de la fissure où gisait Toothiana.
Soudain, le Craintif le plus proche fondit sur lui : une parade de son sabre le trancha proprement en deux. Un mugissement aigu raisonna et donna le signal de l'offensive, et aussitôt un tourbillon de ténèbres s'abattit sur le Gardien comme tombe le crépuscule. Où que se porte le regard, les silhouettes noires sifflaient dans l'air, guettant l'ouverture qui leur permettrait de mordre leur proie. North recula, boucha l'entrée du goulot de ses larges épaules, et dressa devant lui un mur impénétrable d'acier. Ses lames volaient, fendaient sans mal les rebuts de cauchemar qui l'agaçaient comme un nuage de moustique ; le métal rencontrait à peine une résistance avant de déliter les créatures nébuleuses. Toute sa vie d'aventures et de combats se réveillait dans ses muscles longtemps mis au repos, et ses mains imposantes, si délicates pour ouvrager les jouets, retrouvaient leur ardeur pour déchainer les fers qui prolongeaient ses bras. Une énergie nouvelle coulait dans ses veines, le frisson de l'aventure et la joie féroce de l'adrénaline.
Les bottes solidement ancrées dans le sol, il dressait sa haute stature face au danger. Sa carrure cubique interdisait l'entrée de la fissure comme une porte de pierre. Il faisait partie intégrante de la paroi de basalte qui l'entourait, aussi solide et inamovible qu'elle : les Craintifs s'écrasaient sur cette falaise sans parvenir à l'ébrécher. L'acier de ses sabres miroitait du même éclat que la poudreuse sur la roche noire. A l'aise dans ce décor qui s'accordait à sa ténacité, North devenait une force de la nature, un géant de fonte, un promontoire qui fendait avec aisance les flots du torrent de ténèbres qui se déversait face à lui. Cette puissance qu'il sentait bouillonner dans ses entrailles le grandissait démesurément ; son humeur euphorique débordait de toute part et son gros rire s'échappait de sa bouche élargie, grande ouverte comme pour croquer à belles dents dans l'escadron des Craintifs. Ses talents d'épéistes avaient fait sa renommée de son vivant, et son orgueil s'enflammait à l'idée de tenir en respect ces redoutables ennemis en surnombre.
Pourtant, la première morsure survint. Sans s'en apercevoir, North avait ralenti le vol mortel de ses lames, et un Craintif avait plongé dans l'ouverture pour lui arracher un lambeau d'épaule avant d'être décapité. Le pic de douleur chassa quelque peu l'adrénaline qui coulait dans ses veines, et le guerrier perçut le contrecoup de sa fatigue.
Au début, il prit seulement conscience de la sueur qui inondait ses muscles bandés et jetait un goût de sel sur ses lèvres. Il humecta rageusement ses babines pour étouffer cet aveu de faiblesse avant de remarquer que le souffle lui manquait. Sa poitrine se soulevait douloureusement à chaque effort à une cadence effrénée tandis que l'air glacial lui brûlaient les bronches en s'engouffrant dans ses poumons avides. Sa défense s'amollissait malgré lui, perçant de grandes échappées dans le mur de ses sabres : une, puis deux, puis dix blessures s'accumulèrent. Il s'acharna, reprit de la vitesse alors que son coeur battait furieusement à ses tempes avec le rythme d'une locomotive emballée. Un liquide poisseux suintait de ses plaies, tachant de rouge son manteau d'écarlate : le sang coulait le long de ses membres en emportant leur vigueur. Un adversaire lui arracha une épée qui tournoya avant de se perdre dans la tempête. Le Gardien dû redoubler d'acharnement pour maintenir sa garde avec une seule arme : l'effort lui monta violemment à la tête et jeta un voile noir devant ses yeux.
North tituba, recula d'un pas, s'adossa à la bouche de la fissure pour en barrer malgré tout l'accès. Un bourdonnement sourd emplissait sa tête soudain lourde comme du plomb. Son pouls battait vigoureusement à ses oreilles d'une cadence irrégulière. La sueur qui brûlait ses yeux l'aveuglait, brouillant devant lui l'ombre noire des Craintifs et la gaze blanche des flocons. Il avala difficilement sa salive teintée d'un arôme métallique. Ses muscles, stoppés en plein travail, se tétanisaient douloureusement. Un coup sourd dans l'estomac lui scia les jambes, et il glissa misérablement le long de la falaise, éperdu. Il tomba à genoux, seul face à la vague de noirceur qui se rassemblait avec un murmure en raz de marrée devant lui pour l'assaut final. Il leva stupidement les yeux sur cette houle sombre et ses doigts engourdis par le contact de la neige laissèrent échapper son dernier sabre. Il regardait, le souffle court, assez brave encore pour contempler sa perte.
Alors un bruissement de soie chuinta à son oreille. Un souffle passa dans son cou, il sentit une main fine ramasser la lame qu'il avait laissé choir. Un éclair vert fila à son côté et creva le mur houleux des Craintifs qui éclata en un tumulte de ténèbres. La tornade des créatures qui filaient en arc de cercle dessinait une colonne noire dans la tempête immaculée. Au milieu de ce tumulte, de brillants reflets d'acier scintillaient avec un panache d'or et d'azur. Le grondement de l'ennemi avait explosé en une cacophonie de hurlements stridents, tant de surprise que de douleur.
De grandes trouées étaient apparues dans la formation, et North, hébété, aperçut Toothiana qui dansait dans la mêlée. Ses traits étaient imprécis dans le brouillard épais qui obstruait ses sens : il saisissait seulement sa silhouette aiguë qui voltigeait derrière le nuage orageux des Craintifs. Soudain, elle bondit hors de la cohue et se dressa devant lui, face au danger, superbe. L'adrénaline qui parcourait ses veines avait chassé sa fatigue et sa douleur : la tension courait sous son plumage frémissant comme le cours impétueux d'un torrent. Elle avait ramassé le deuxième sabre sur le champs de bataille, et ses bras délicats semblaient prolongés par deux longues griffes effilées. Elle avait rabattu sur son dos son aile déchirée comme la voile inutile d'un navire, mais elle déployait derrière sa traine de plume tout un bruissement de tulle irisée qui la grandissait. Avant que les Craintifs n'aient pu s'organiser, elle avait replongé au coeur de la bataille, vive comme le vent.
L'esprit d'analyse du vieux guerrier décomposait machinalement la situation. Lui n'aurait pas pris le risque de s'éloigner d'un camarade à terre. Ainsi, elle le découvrait et le laissait à la merci de la première attaque ; néanmoins elle représentait une telle menace, décimant les rangs des attaquants, que les spectres délaissaient leur proie facile pour unir leur force et abattre ce feu follet mortel.
Alors qu'il était perdu dans ces réflexions, une créature se précipita sur lui en rugissant. North, tiré de sa stupéfaction, sentit son coeur s'emballer et porta la main à la gaine de son poignard, qu'il trouva vide. Ses yeux s'agrandirent, fixés sur la gueule béante qui s'ouvrait déjà pour saisir sa nuque. Cependant, avec une promptitude sidérante, Toothiana avait rattrapé le spectre et l'achevait un coup d'estoc. Son regard d'améthyste ne s'arrêta même pas sur son ami ; elle avait aussitôt repris son tourbillon mortel en s'enfonçant au coeur du bataillon ennemi. C'était une libellule, un farfadet empanaché de plumes de cuivre. North resta bouche bée : il avait eu vent des légendaires talents d'épéiste de Toothiana, mais il devait avouer qu'il n'y avait pas prêté foi jusqu'alors, trompé par son attitude de femme d'affaire enthousiaste et débordée.
Les flocons s'étaient encore épaissis et avaient levé un brouillard étourdissant de blancheur. Même à courte distance, il devenait difficile de distinguer le combat. North se concentrait sur son ouïe, le coeur serré d'angoisse, guettant le soupir qui indiquerait une défaillance de son amie. Malgré ses efforts pour remuer ses membres endoloris, ses muscles semblaient de plomb et refusaient de répondre à son incroyable volonté. Il restait cloué comme une statue de marbre à l'entrée du caveau qu'il avait choisi pour défendre leur position. Au milieu du tintamarre de crécelle des spectres, il remarqua soudain un bourdonnement qui ronflait à l'horizon et se mêlait au sifflement du vent. Rapidement, ce vombrissement gagna en décibel comme le bruit d'une averse amenée par le mistral qui frappe en giboulée la terre sèche. En effet, une poignée de seconde plus tard, une avalanche de grelons bariolés s'abattit sur la vallée. Un piaillement de moineau couvrit les plaintes déchirantes des Craintifs, et North déboussolé cligna des yeux, ébloui par le spectacle.
Sur toute la largeur de l'étroit horizon vierge comme une toile de peinture, les spectres mettaient leur zébrures sombres dans un tumulte désordonné. Sur ces troncs noirs et décharnés semblaient pousser une multitude de bourgeons d'un vert tendre, fluides et mobiles comme des guêpes, qui suçaient les branches charbonneuses de leur sèves et les crevaient peu à peu. Ils valsaient comme des colibris, insaisissables : une marrée ininterrompue de libellules aux ailes de gaze qui décimaient les ombres aux grands yeux. North reconnu enfin les fées des dents. Un éclair de lucidité le frappa : les messagères s'étaient sûrement divisées pour aller chercher d'une part les autres Gardiens et d'autre part leurs semblables.
Alors Toothiana apparut, surgissant de ce flot vert comme une Vénus guerrière. Les plaies qui couraient sur sa peau étaient cachées par son plumage : seules, une myriade de gouttelettes écarlates dessinait une rivière de rubis sur ses plumes d'émeraude. Sa traîne de tulle et de gaze battait l'air avec un grésillement entêtant et redoutable en l'auréolant d'un halo irisé. A ses poignets, ses anneaux d'or tintaient à chaque revers des deux grandes lames qui prolongeaient ses mains fermes et délicates, comme les cors annonçant la venue d'une altesse. Les larges boucles, à ses oreilles, battaient en cadence sa face majestueuse contractée par un effort superbe. A son front couronné d'un chatoiement de couleurs vives, une plaie jetait un diadème de pourpre. Ainsi dans l'écrin verdoyant de son armée apparaissait dans toute sa grandeur Toothiana, la Reine des fées.
North la contemplait, le souffle coupé. Il n'avait jamais douté un seul instant des choix de l'Homme de la Lune, mais à présent il comprenait pourquoi leur guide mystérieux avait placé sa confiance dans cette fée qui avait des mères la tendresse prévenante et la rage protectrice. Il revint humblement sur son premier jugement : bien que ce soit la seule femme du groupe, elle n'avait rien à envier à ses confrères, tant sur la ténacité que sur la combativité. Il retint un sourire et nota pour lui même d'éviter de s'attirer les foudres de la Gardienne.
Soudain, il entendit un cri rauque et un boomerang l'effleura avant de revenir au plus épais de la mêlée. Le scintillement d'une langue de sable dorée s'ajouta au tableau saisissant de cette bataille titanesque. Un instant plus tard, il distingua dans le brouillard Bunnymund et le Marchand de Sable qui s'élançaient au coeur du combat avec férocité. D'un bond, le Lapin de Pâques s'était retrouvé à ses côtés, s'était assuré de son état, et l'avait relevé d'un coup d'épaule amical. North sentit ses joues s'empourprer de honte, avant que sa joie terrible de combattant aguerri ne reprenne le dessus : qu'importe son accès de faiblesse, il ne mettait pas sa fierté à vaincre seul. Au contraire, la présence de ses alliés insufflait une énergie nouvelle dans ses veines. Il fit jouer un instant ses articulations rouillées par le froid avant d'entreprendre de se frayer un passage à l'aide de ses poings énormes.
— Toothtiana !
La fée comprit aussitôt le message tacite et lança un sabre que North saisit au vol avant de trancher un Craintif. Le Gardian s'adossa à son amie qui d'instinct avait replié ses ailes.
— Me mettre en sécurité, hein ? lança Toothiana d'une voix taquine.
— Je vois que tu n'as pas besoin de mon aide, répliqua-t-il dans un grand éclat de rire.
— Disons que nous sommes quittes !
Ils échangèrent un regard emprunt d'une toute nouvelle connivence, bien conscients que sans leurs interventions respectives, aucun des deux n'aurait survécu. L'Ordre des Gardiens était encore jeune, mais pour la première fois ils mesuraient la puissance potentielle de leur association. C'était cette force de groupe qu'ils devraient apprendre à exploiter pour prendre l'avantage sur le Roi des Cauchemars.
Par ailleurs, North avait toujours considéré qu'on ne connaissait bien ses amis qu'après avoir croisé le fer à leur côté. De plus, frôler la mort était un bon révélateur de talents et un excellent mortier pour cimenter une équipe. A l'image de la forge, le danger fondait et liait les différents éléments de leur groupe pour obtenir un alliage bien plus résistant que leurs fers de lance pris isolément. Il se fendit d'un sourire enthousiaste : malgré le péril, il était ravi de découvrir des ressources qu'il n'aurait jamais soupçonnées chez sa nouvelle alliée.
