Work Text:
1 - La fois où Modus faisait la sieste
Modus était profondément endormi adossé à un mur dans les archives de la cathédrale. Il s'était endormi alors qu'il était en train de bricoler un de ces bidules, il tenait encore un tournevis entre les mains.
Octavius tomba sur lui par hasard. Il fut frappé par le calme que dégageait Modus, un spectacle plus que rare.
Octavius ne put s'empêcher de ressentir un élan d'affection particulièrement fort pour le vieux Chroniqueur. Il jeta un coup d'œil autour de lui puis s'approcha discrètement. Il profita de sa proximité avec Modus pour observer son visage. Il hésita un instant puis, contre tout bon sens, décida d'embrasser Modus.
Alors qu'il se penchait sur Modus, Octavius entendit du bruit derrière lui. Il se retourna rapidement et constata avec horreur que Nokia le fixait d’un air circonspect.
“- C’est pas ce que tu crois ! S’écria Octavius paniqué.
-Je ne crois rien du tout, se défendit Nokia.”
Un grognement fit sursauter Octavius. Modus était en train de se réveiller.
“- Qu’es qui se passe ? Dit Modus en se redressant.
-Modus ! Tu devrais avoir honte de dormir au travail ! S'exclama Octavius en espérant brouiller les pistes. Devant Nokia en plus !
-Qu’es que tu racontes ? Il n'est pas là.”
Octavius se retourna, Nokia avait disparu, il avait profité d’un moment d'inattention pour s’enfuir.
“- Tiens ça me fait penser, dit Modus, tu connais la blague de la chaise ?
-Je… Non… Gémis Octavius, pas ça...
-Elle est pliante !”
Octavius se demanda une fois encore comment il avait fait pour tomber amoureux de Modus. Quelque chose devait aller de travers chez lui.
2 - La fois où Octavius était malade
Octavius était cloué au lit. Il était bien embêté, car la fièvre l'empêchait d'aller travailler. D'autres auraient sans doute apprécié de ne pas avoir à remplir leurs obligations, mais pas lui. En plus, l'idée que Modus soit seul au milieu des archives l'angoissait.
Contre toute attente, il entendit frapper à la porte.
"- Entrez, dit-il d'une voix faible"
Modus passa l'encadrement de la porte, un grand sourire sur le visage.
"- Alors on sèche le travail ? Dit Modus d'une voix très enthousiaste, tu ne vas tout de même pas nous claquer entre les doigts ?"
Octavius connaissait bien Modus et se rendit compte qu'il déguisait son inquiétude avec des plaisanteries.
"- Tous vas bien, le rassura Octavius, c'est n'est qu'une petite grippe.
-Tu as pris un médicament au moins ?"
Octavius hocha la tête. Modus s'installa sur un siège à côté de lui.
"- Il ne faudra pas faire ça tous les jours, hein ? Dit Modus avec un sourire. Sinon je ne serais pas très efficace au travail.
Octavius lui rendit son sourire, mais se sentait trop faible pour entretenir la discussion. Modus lui tenait donc compagnie, lui parlant de ces projets, de ces futures blagues, etc.
Au bout d'un moment, Octavius se rendit compte que Modus lui avait pris la main, Octavius avec la tête qui tournait à cause de la fièvre. Il se demandait si c'était vraiment en train de se produire.
Modus se pencha doucement vers Octavius, ce dernier retient son souffle. Leurs lèvres se touchaient presque. Mais, au dernier moment, Modus releva la tête et se leva.
"- Je vais te faire du thé !"
Et pour le plus grand désespoir d'Octavius, il regarda Modus disparaître dans la cuisine.
3 - La fois où Nokia est sorti de derrière une étagère
Modus, Octavius et Nokia étaient réunis dans les archives de la cathédrale. Ils essayaient désespérément de mettre la main sur un document crucial pour l'avancée de leurs travaux.
"-Ah ! Fit Nokia. Je crois que je sais !
-Nokia attend ! Demanda Octavius"
Mais Nokia s'était déjà faufilé entre deux étagères et avait rapidement disparu.
Octavius poussa un soupir.
"- J'avais espéré qu'il nous aide à déplacer cette pile de carton…"
Octavius indiqua un empilement de cartons qui semblait passablement instable.
"- Mais regarde comme je suis vieux, dit Modus avec une grimace comique, mon pauvre dos n'y survivra pas !
- Rohh ça va ! Répondit Octavius d'un air hargneux, je vais m'en occuper tout seul !"
Octavius tourna le dos à Modus et s'empressa de se mettre au travail. Il saisit fermement la première boîte.
"- Octavius attention ! S'écria Modus."
Dans un bruit de papier froissé, Octavius se retrouva submergé sous un tsunami de rouleaux, cartons et autres feuilles volantes.
Octavius entendit Modus paniqué écarter les documents avec violence tout en appelant son nom.
"- Je vais bien ! Cria Octavius, un peu étouffé par un livre qui lui écrasait le visage. Fait attention veux-tu ? Les documents sont fragiles !"
Le visage de Modus apparu alors qu'il rejetait sur le côté les derniers cartons qui emprisonnaient Octavius.
"- J'ai eu si peur ! S'exclama Modus en écrasant Octavius dans ses bras."
Octavius essaya de le repousser gentiment, mais Modus le tenait fermement.
"- Arrête de faire ta drama queen, je vais bien !"
Octavius fut surpris de voir que Modus avait l'air sincèrement paniqué.
"- Oh Modus, murmura Octavius."
Il leva la main pour caresser la joue du Chroniqueur. Octavius se redressa pour s'approcher doucement du visage de Modus. Leurs lèvres n'étaient plus qu'à quelques centimètres.
Nokia émergea soudainement de derrière une étagère, brandissant fièrement un document. Octavius s'arrêta dans son geste et sentit son visage s'embraser.
"- Je l'ai trouvé ! S'exclama Nokia."
Nokia s'arrêta brusquement en regardant Octavius qui était à présent en train de se débattre dans les bras de Modus.
"- Heu… Je dérange ? Je peux repasser plus tard.
-Non ! S'exclama Octavius extrêmement gêné. Reste ! Il n'y a rien de dérangeant voyons ! Ha ! Ha !
-Mais oui, Nokia, dit Modus en s'esclaffant. Reste ! C'est toujours mieux à trois !
-Non merci, répondit Nokia d'une voix neutre."
Nokia tourna aussitôt les talons et s'éloigna à toute vitesse.
Alors que Modus était occupé à rire comme un fou, Octavius se dégagea de son étreinte. Il tenta ensuite de lui coller une énorme gifle que Modus esquiva avec une grâce surprenante.
S'ensuivit ensuite une longue et douloureuse prise de bec.
4 - La fois où on demanda des conseils à Chrome
La fête battait son plein. Octavius et Modus avait eu la surprise d’avoir été invité par Nokia à une petite fête organisée chez une de ces amies.
Ils avaient été accueillis par les hôtes Kissme et Rachad dans une belle maison située dans les quartiers louches de Cathédrale.
Il avait croisé également une femme noir au regard renfrogné qui semblait très proche de Nokia. Il se rappelait vaguement avoir été présenté à elle par Kissme (sous un nom dont il ne se souvenait plus). Mais il était plus perturbé par le fait d’avoir entendu Nokia l'appeler à plusieurs reprises “Chrome” et “maman”.
Octavius était confortablement installé dans un canapé à côté de son ami Chroniqueur.
Octavius fit son plus beau sourire à Modus. Il avait bu quelques verres et se sentait à présent bien plus courageux que d'ordinaire. Ils étaient assis à quelques centimètres l'un de l'autre. Cette fois-ci, c'était la bonne ! Octavius se rapprocha de Modus, prêt à l'embrasser.
"-Si tu veux… On peut rentrer tous les deux à la cathédrale…
-Nan, répondit Modus en s'écartant soudainement, tu ne m'en voudras pas, mais je préfère faire la fête pour une fois, je n'ai pas envie de trier des archives."
Et sur ces bonnes paroles, Modus le laissa planté là.
"Dure" commenta une voix proche d'Octavius.
Octavius se retourna et aperçut Chrome assise non loin qui sirotait sa bouteille.
“-Je ne sais vraiment plus quoi faire, dit Octavius d'un air désespéré, puis il jeta à Chrome un regard plein d'espoir, qu'est-ce que vous croyez qu'il faut que je fasse pour qu'il me comprenne ?
- Je ne sais pas, dit Chrome en haussant les épaules, je suppose qu'il faut que tu lui mettes le grappin dessus."
Octavius la regarda avec un air interrogateur.
"- Vous les hommes vous êtes vraiment que des bébés, dit-elle d'une voix forte, tu vois bien qu'il ne comprend rien Modus ! Faut jouer franc jeu sinon t'es bon pour la friendzone à vie !"
Elle avait dû considérer que la conversation était finie, car elle se leva d'un bond et abandonna Octavius.
5 - La fois où ils avaient un peu trop bu
Plus tard dans la soirée, Modus retrouva Octavius avachis dans un coin complètement saoul.
"- Octavius, dit Modus avec un grand sourire, je te cherchais, je crois qu'il est grand temps pour toi d'aller au lit."
Modus aida Octavius à se relever. Octavius grognait de mécontentement, mais se laissa faire.
Modus traîna Octavius jusqu'à la chambre prêtée par Kissme et Rachade. Octavius se laissa tomber sur le canapé.
"- Quelle soirée n'est ce pas ? Dit Modus en s'installant à côté de lui.
- Voui, répondit Octavius d'une voix pâteuse. Mais tu m'as beauuuucoouuup manqué !"
Modus regarda Octavius d'un air suspicieux, il s'apprêtait à se moquer de lui quand soudain, Octavius passa ses bras autour de son cou. Le Chroniqueur, pris par surprise, eut un mouvement de recul.
"- Octavius… Qu'est-ce que tu fais ?
-Tu le sais très bien, dit Octavius dans un gloussement.
-Tu ne devrais pas faire ça, dit Modus sur un ton presque sévère."
Octavius recula, visiblement blessé et se mit à sangloter.
"- Tu ne m'aime pas, c'est ça ?"
Modus, qui ne s’attendait pas à cette réaction, paniqua pendant un instant.
"- Mais non ! Ça n'a rien à voir, c'est juste que tu as bu et que tu comptes beaucoup pour moi... Modus n'avait jamais été aussi sérieux de toute sa vie. Je ne voudrais pas que tu regrettes de… De faire ce genre de choses avec un vieux Chroniqueur comme moi…"
Modus fixait le sol embarrassé. Au bout d'un moment, voyant qu'Octavius ne lui répondait pas, il releva la tête. Le jeune Anabaptiste était avachi sur le canapé, profondément endormi.
Modus dans un soupir, déposa une couverture sur Octavius et sortit de la pièce sans un bruit.
6 - La sixième fois sera la bonne
Octavius se réveilla le lendemain de la fête avec un horrible mal de tête.
Il ne se trouvait pas dans ces appartements à la cathédrale. Il mit un moment à se rappeler qu'il était chez Kissme et Rachade. Il était dans un petit salon attenant à une chambre.
Il se leva du canapé sur lequel il se trouvait, au même moment, Modus surgit hors de la chambre.
"- Enfin réveillé ! Pas trop mal au crâne ? Demanda Modus d'un air joyeux.
-Un peu, grimaça Octavius.”
Modus resta silencieux un instant, il avait l’air soudainement très sérieux. Octavius l’observait en fronçant les sourcils. Il se demandait ce qui se passait dans la tête de l’homme.
“-Octavius, ça m’embête de te dire ça comme ça, mais tu devrais arrêter de courir après de vieux Chroniqueur comme moi.
-Qu'est-ce que …? Octavius répondit sincèrement surpris.
-Hier soir... Tu ne te souviens pas ?
-Humf … Vaguement... Menti Octavius dont les embarrassants souvenirs commençaient à remonter.
-Je ne suis pas idiot, tu sais, je vois bien ce que tu essaies de faire. Modus souriait comme s'il racontait une bonne blague. Je sais qu’on dit que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures, mais...
-Mais je m’en contre-fiche, moi, de ton âge ! S’emporta Octavius. Je veux juste être avec toi !
Octavius se planta devant Modus et pointa un doigt menaçant sur lui.
-Et je ne veux même pas entendre parler de la différence entre Chroniqueur et Anabaptiste !”
Modus ne répondit rien, il fixait Octavius comme s’il calculait toutes les possibilités qui s’offrait à lui. La détresse pouvait se lire sur le visage du jeune Anabaptiste et Modus ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable. Octavius lui attrapa la main, effrayé à l’idée que Modus essaie d’échapper à la conversation.
“-Tu es sûre de toi ? Demanda Modus”
Octavius hocha la tête timidement. Modus ferma l’espace qui les séparait et le prit dans ses bras. Octavius n’osa plus bouger de peur de rompre le charme. Il releva la tête pour observer le visage de son ami et ce dernier en profita pour l’embrasser. Octavius profita de chaque secondes de ce baisé qu’il avait tant attendu.
“- Je pense que ce n'est quand même pas une bonne idée. Dit Modus sans pour autant avoir lâché Octavius”
Octavius resta silencieux et préféra simplement lui sourire. C’était à présent son rôle de prouver à Modus que lui aussi pouvait avoir son Happy Ending.
Fin
