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Language:
Français
Stats:
Published:
2023-06-24
Updated:
2023-07-26
Words:
7,284
Chapters:
3/?
Comments:
21
Kudos:
60
Hits:
940

Trois mois

Summary:

***SPOIL 3x06***

Que s'est-il passé durant les 3 mois où Morgane a attendu Adam ? A-t-elle été sage ou a-t-elle tenté ce cher commandant ?

[Fanfiction collaborative]

Notes:

Cette fic est une fic collaborative. Chaque chapitre sera écrit par une personne différente. Ce seront des OS sans lien entre eux et sans chronologie particulière.

Chapter 1: Diner Alvaro

Chapter Text

- Ça vous dirait de venir manger à la maison ce soir ?

 

Adam se retourna vers Morgane, un peu surpris. Depuis leur discussion à l’extérieur de la DIPJ, leur relation était devenue un étrange méli-mélo d’apaisement et de tension nouvelle. Plus que jamais, ils se sentaient tourner autour de quelque chose mais Adam n’était pas prêt encore. Et Morgane le savait alors pourquoi …

 

- Ça va, Super Poulet, je vous propose pas un rencard ! J’ai les enfants cette semaine. Je voulais juste savoir si vous vouliez venir dîner avec nous. On pourrait même vous cuisiner un truc exprès.

 

Adam vit que Morgane regretta immédiatement cette suggestion et cela le fit s e rétablir à une vitesse surprenante. Les Alvaros en cuisine ? Ça valait tous les sacrifices du monde. Sans laisser le temps à Morgane de se reprendre, il acquiesça, le sourcil haut, moqueur.

 

- Vous feriez à manger ? Pour moi ? Comment est-ce que je pourrais refuser une telle offre ?

 

Morgane fut immédiatement piquée au vif. C’en était presque trop facile.

 

- Mais ouais, grave que je peux faire la cuisine ! Vous croyez quoi ? Avec pleins de légumes et tout, comme vous aimez !

 

- On se dit quelle heure alors, Morgane ? 20 heure ? Ça vous va ?

 

- … ouais. Ouais, 20 heure … Je peux même vous dire ce sera prêt bien avant ça, d’accord ?

 

- Mais j’ai hâte de voir ça, Morgane.

 

Il lui répondit avec un sourire. Morgane continua un peu de ronchonner avant de croiser son regard. Leurs yeux s’agrippèrent comme des aimants et ni l’un, ni l’autre ne semblait pouvoir se détourner. Morgane finit par lui rendre son sourire et c’est comme si tout son visage s’illuminait. Qu’est-ce que ça lui avait manqué ! Bon Dieu qu’est-ce qu’il … Non, non, il ne pouvait pas aller sur ce terrain-là. Pas maintenant. Pas déjà.

 

- Vous allez voir que je peux trop être une petite femme parfaite quand je veux, lui dit-elle avant de se retourner et de s’en aller.

 

C ’était ça son plan ? Lui prouver qu’ils pouvaient être ensemble en lui faisant à manger ? Adam eut envie d’en rire. Elle avait de ces idées parfois. Alors qu’elle s’éloignait, Adam se rendit compte qu’ils étaient seulement en début d’après-midi.

 

- Morgane, vous allez où comme ça ?

 

- C’est que j’ai un dîner à préparer, moi maintenant !

 

Adam la connaissait assez pour savoir qu’il ne servait à rien d’essayer de la retenir maintenant. Quand Morgane Alvaro avait une idée en tête, elle n’en démordait pas. C’était d’ailleurs pour ça qu’il était si heureux que ce soit elle qui ait initié ce délai de 3 mois entre eux. Le commandant se remit au travail avec un sourire aux lèvres qui ne voulait plus partir. Ce soir, il dînerait chez les Alvaros.

 

Il ne fut sorti de sa transe que brièvement, quand Céline s’inquiéta de ne plus voir Morgane. Adam lui répondit simplement qu’elle était rentrée chez elle. Alors que sa supérieure grommelait, Adam ne put s’empêcher de souligner les avancées considérables qu’elle leur avait permis de faire le matin-même et dont ils étaient encore tout occupé à traiter les implications cet après-midi.

 

- Depuis quand tu prends sa défense comme ça toi ?, lui demanda-t-elle.

 

Mais ce n’était pas une vraie question, Adam en était conscient aussi bien que Céline, parce qu’ils savaient tous les deux que ça faisait longtemps, très longtemps, en vérité.

 

oOo

 

À 19 heure pétante, Adam sonnait chez les Alvaros. Morgane lui ouvrit la porte bien trop vite pour quelqu’un qui était censé être en cuisine.

 

- Kara ? Mais vous êtes pas en avance là, vous êtes carrément …

 

Ne voulant pas trop avoir à se justifier, Adam lui tendit le bouquet qu’il lui avait apporté. Il était plein de fleurs aux couleurs chatoyantes et laissait derrière lui une odeur délicieuse. Quand il l’avait vu chez le fleuriste, Adam avait tout de suite pensé à Morgane. La vue des fleurs l’avait rendu muette. D’instinct, elle fit un pas de côté en récupérant le bouquet et Adam en profita pour entrer.

 

- Je vous connais un peu maintenant, Morgane.

 

Après un coup d’œil à l’expression que Morgane arborait en détaillant son bouquet, Adam décida qu’il valait mieux pour lui qu’il prenne ses distances. Il se dirigea donc sans hésitation vers la cuisine. Dans un coin du salon, Théa s’occupait de sa petite-sœur. Ils se saluèrent étrangement, comme s’ils en avaient l’habitude. Eliott était dans la cuisine en train de … de quoi ? De massacrer une carotte ?

 

Comme il l’avait imaginé, la cuisine était un désastre. Les sacs de courses traînaient pêle-mêle sur n’importe quelle surface plane. Le minuscule plan de travail qu’ils s’étaient dégagés était envahi d’épluchures et de morceaux de légumes aléatoires. Quelque chose d’indéfinissable était en train de brûler dans la poêle répandant partout une odeur acre.

 

- Bonjour Eliott, salua prestement Adam.

 

Sans attendre de réponse, il saisit la poêle et la passa sous l’eau, où elle cracha furieusement en faisant s’élever dans la cuisine une colonne de vapeur. De toute façon, il n’y avait rien à sauver du contenu. Adam mit l’ustensile à tremper, alluma la hôte puis se retourna pour aller ouvrir la fenêtre en prime. Ce ne serait pas du luxe.

 

Il ressembla ensuite tous les sacs de course sur la petite table de la cuisine. Repérant au passage des choses qui auraient dû être mises au frais. Adam s’en chargea, rattrapant de justesse une bouteille de lait qui tomba lorsqu’il ouvrit la porte du frigo. Eliott, qui avait à présent parfaitement déchiqueté sa carotte, se tourna enfin vers lui pour lui dire bonjour.

 

Adam ouvrit deux placards avant de trouver ce qu’il cherchait. D’un geste habitué, il ressembla toutes les épluchures et les fit tomber dans le grand saladier qu’il venait de dénicher. Il passa un coup d’éponge sur le plan de travail maintenant libéré et sortit des sacs, les légumes qui avaient échappé au massacre.

 

- Bon Eliott, est-ce que tu veux apprendre à le faire correctement maintenant ?

 

Comme il s’en doutait, le fils de Morgane ne rechignait jamais devant une possibilité d’apprendre. Ses yeux s’illuminèrent de manière assez similaire à ceux de sa mère. Comment pouvait-il y résister ? Il s’installa à côté d’Eliott et lui montra alors tous les gestes, insistant bien sur le rangement au fur et à mesure de tout ce qui pouvait traîner. Eliott était attentif même s’il ne s’arrêtait que très rarement de parler.

 

Alors qu’ils en étaient rendus à couper les carottes en rondelle, Adam sentit, derrière lui, Morgane arriver. Elle les observait en silence, chose rare. Ne sachant pas trop comment il pourrait entamer la conversation et n’étant pas assez sûr de son enseignement pour quitter Eliott des yeux, Adam fit comme s’il ne l’avait pas vu.

 

- Eliott, tu fais n’importe quoi là. Le plus important c’est de faire bien, faire vite ça vient après.

 

- Ouais mais regarde, c’est trop stylé !

 

Eliott avait l’air très fier de ses manières de chef. Adam prit alors ce qui aurait dû être des rondelles pour les lui montrer.

 

- Et ça c’est stylé ? Quand on apprend, il faut y aller doucement.

 

- Laisse loulou, je vais finir.

 

Morgane s’était approchée pour lui prendre le couteau des mains. Son fils la laissa faire sans protester et quitta la cuisine à vitesse grand V. Une fois à ses côtés, Morgane osait à peine le regarder, lui-même n’était pas beaucoup mieux, profitant simplement de sa silhouette dans le coin de ses yeux.

 

- Je le connais quand il est comme ça, c’est qu’il en a marre. Alors vous disiez ?

 

Se rendant compte des doubles sens possibles avec ses explications précédentes, Adam recommença.

 

- Pour couper de fines tranches, vous pouvez vous aider de votre ongle pour éviter de vous couper, comme ça …

 

oOo

 

Avec Adam aux commandes, la préparation avança bien plus vite, et eut beaucoup plus de chances d’être comestible. La poêlée de légumes chantait sur le feu et le riz finissait juste de cuire. Pour l’entrée Adam avait fait une salade avec ce qu’il avait pu trouver et Morgane avait acheté une tarte pour le dessert.

 

Quand vint le moment de mettre le couvert, Théa squattait un fauteuil, Eliott était occupé à démonter un vieux jouet de Chloé et cette dernière avait disparu. Adam fit le tour de la pièce et finit par la voir en haut de l’escalier. Il n’était pas vraiment un expert en enfant mais il lui semblait plutôt une mauvaise idée que Chloé descende les marches seule de face comme elle s’apprêtait à le faire. Il se précipita donc pour l’attraper avant qu’elle ne tombe.

 

- Oups là ! Qu’est-ce que c’est que ces cascades que tu nous fais ? Je suis pas sûr que mon frère aimerait avoir de la concurrence.

 

- Wow ! Vous faites de l’humour noir ? Et bien dit donc Karadec, j’aurais jamais imaginé ça de vous.

 

Morgane l’attendait en bas des marches. Quand il se retourna vers elle, tenant sa fille à bout de bras, elle eut un regard étrange.

 

- Ça mord pas un enfant, Kara. Venez, donnez-là moi, demanda Morgane. Ça se tient comme ça au moins.

 

Morgane installa sa fille sur la hanche et passa un bras autour d’elle. Adam la regardait comme s’il la voyait pour la première fois. Une fois encore, leurs yeux s’accrochèrent mais cette fois-ci c’est Morgane qui brisa le contact en premier.

 

- Bah alors ma crotte. Je t’ai déjà dit que les escaliers, ce n’était pas top top pour l’instant.

 

Alors que Morgane s’occupait de sa fille, Adam retourna dans la cuisine pour sortir de quoi mettre la table puisque aucun des autres enfants n’avaient bougé. Il ne parvenait pas bien à comprendre ces sentiments qui le traversait alors qu’il installait les assiettes et les couverts au son de la vie des Alvaros. Pourquoi son cœur semblait-il prendre tant de place dans sa poitrine soudainement ?

 

Adam essaya de ne pas y penser en allant chercher les verres mais quand il revint, Théa, Eliott et Morgane, avec Chloé sur les genoux, étaient installés et l’attendaient. Adam dut faire une pause à l’entrée du salon avant de pouvoir continuer, le cœur battant. Le pire était qu’il n’avait pas l’impression d’interrompre quelque chose ou de s’incruster quelque part où il ne serait pas voulu.

 

Morgane le regardait avec une sorte de sourire en coin qui lui faisait dire que, étrangement, elle savait ce qui lui passait par la tête. Adam ne manqua pas son doigt qu’elle repliait pour lui faire signe de s’approcher, comme si l’attirer vers ce dîner le rapprochait en fait de quelque chose de plus intime, de quelque chose qu’il aurait peut-être dû voir venir en acceptant cette invitation. Mais quand elle le regardait comme ça, il ne pouvait que se plier à sa volonté. Ce qui ne devrait pas être bien rassurant.

 

Adam s’assit. Les enfants se jetèrent sur la nourriture et Adam fut comme happé dans une spirale Alvaro dont il semblait impossible de sortir. Enfin ça, il n’aurait pu le vérifier que s’il avait essayé.

 

Tout était cacophonique. Le moindre centimètre carré de la table était un champ de bataille. Il semblait que la seule façon de pouvoir se servir était de lutter pour attraper le plat dès qu’il passait à proximité. Les discussions étaient tout aussi chaotiques. On répondait à celui qui parlait le plus fort ou aléatoirement à un de ceux qui étaient le plus proche de soi. Adam en était estomaqué et pourtant, cela semblait fonctionner.

 

Il parvenait rarement à en placer une mais parvenait pourtant à profiter pleinement de l’ambiance dans laquelle il se trouvait plongé. Ce brouhaha était si différent de ce à quoi il était habitué, l’opposé même, mais il n’en était pas gêné. Là au milieu du bruit et des enfants de Morgane, il avait l’impression d’être plus proche d’elle que jamais.

 

Il avait été là quand elle avait accepté la mort de Romain. Il avait été là lorsqu’elle s’était saoulée dans son ancien jardin après sa rupture avec Ludo. Il avait été là alors qu’elle découvrait que les 16 dernières années de sa vie avaient été un mensonge. Il avait assisté à tous ces évènements, qui faisaient, ou avaient fait, de Morgane ce qu’elle était.

 

Ici, maintenant, c’était différent. C’était Morgane. L’essence-même de ce qu’elle était. Il avait l’impression d’être logé en son cœur et c’était bien plus intime que ce qu’il n’aurait cru quand il avait accepté. Bien trop intime. Est-ce que Morgane s’en rendait compte ? Est-ce que c’était pour ça qu’elle lui avait demandé de venir ?

 

Il était parti si loin dans ses pensées, perdu à observer cette petite famille, si différente de la sienne et pourtant dont il aurait voulu être aussi proche, qu’il ne remarqua pas que Morgane le couvait des yeux. Ce ne fut que lorsqu’il se surprit de la virulence avec laquelle il voulait faire cela plus souvent, qu’il leva le regard vers elle. Ils se sourirent comme si le chaos autour d’eux n’existait plus.

 

Sa rupture avec Roxanne avait chamboulé sa vie et il savait que les personnes normales auraient besoin de temps pour digérer un tel évènement, pourtant Adam n’avait eu qu’une seule envie, se jeter dans les bras de Morgane car elle serait son ancre. I l le savait. Il le savait depuis longtemps. Et peut-être que ça lui avait fait peur. Peut-être que c’était pour ça qu’il avait demandé à Morgane un peu de temps.

 

Il lui avait demand é du temps et pourtant il était là, avec elle, avec ses enfants, comme si c’était normal. À la fin du repas, Théa et Eliott tentèrent de fuir la table mais Morgane les rappela à l’ordre.

 

- Hep, hep, hep ! Il faut débarrasser là, vous croyez pas que ça va se faire tout seul ?

 

D’instinct, Adam se leva et commença à rassembler les assiettes. Les enfants se précipitèrent l’un sur les couverts, l’autre sur les verres pour les emmener le plus vite possible à la cuisine avant de disparaître. Morgane soupira qu’ils n’avaient encore rien mis dans le lave-vaisselle mais les enfants étaient bien loin déjà.

 

- Je suis désolée, il faut vraiment que j’aille coucher Chloé sinon après elle se réveille et c’est la merde, lui dit Morgane en réajustant sa fille somnolente sur sa hanche.

 

- Pas de soucis Morgane. Faites comme chez vous, lui répondit-il avec un sourire.

 

Il avait passé tant de temps à souhaiter que les choses soient si simples entre eux. Morgane se leva, reconnaissante et Adam remplit le lave-vaisselle et finit de débarrasser la table comme s’il était chez lui. Après une soirée pareille il pouvait presque croire ce mensonge. Il entendait vaguement à l’étage, Morgane qui sermonnait les deux plus grands. Il ne put s’empêcher de sourire.

 

Quand Morgane redescendit, la table était propre et tout le reste avait été rangé. Le regard que lui adressa alors sa partenaire était indéchiffrable et malgré tout, Adam sut qu’il devait partir au plus vite s’il ne voulait pas faire quelque chose qu’il regretterait, ou pire, qu’il ne regretterait pas du tout.

 

- Bon et bien Morgane, c’était une très bonne soirée. Merci pour l’invitation.

 

- Vous partez déjà ?, demanda-t-elle si visiblement déçue.

 

Non, je reste. Je reste cette nuit. Je reste les nuits suivantes. Je reste jusqu’à ce que vous en ayez marre de moi et que vous me chassiez, Morgane !

 

- Oui, je devais passer chez ma mère pour voir quelque chose avec Sofiane.

 

Morgane tenta bien de lancer quelques conversations mais Adam ne voulant plus qu’à moitié jouer le jeu, de peur d’où est-ce que ça pourrait l’emmener, les sujets s’épuisaient les uns après les autres. Finalement lorsqu’ils arrivèrent à la porte et que Morgane ne trouva plus aucune excuse pour le retenir, elle ouvrit la porte.

 

- Même pas un petit baiser d’au revoir ?

 

Adam sentait que Morgane ne riait qu’à moitié. Dans d’autres circonstances il aurait sûrement ignoré cette moitié un peu trop sérieuse mais la soirée avait été si bonne que lui-même n’avait pas la force de se le refuser. Il s’approcha d’elle et se délecta de son instant de surprise, avant de déposer un baiser sur sa joue.

 

- Bonne nuit, Morgane.

 

L’intéressée baragouina quelque chose d’à peine intelligible en retour. Adam se retourna prestement et sortit dans la nuit. Une fois la porte refermée derrière lui, sa première pensée fut que ces 3 mois allaient certainement être bien plus long que ce qu’il avait d’abord pensé.